Référence agronomique · France

Santé des cultures · Maladies des cultures

Helminthosporiose de l’orge

Pyrenophora teres · code OEPP PYRNTE

L’helminthosporiose de l’orge, associée à Pyrenophora teres, produit des taches brunes parfois dessinées en réseau sur les feuilles. Le champignon peut se conserver sur les résidus et provenir de semences infestées ; sa progression dépend de l’humidité, du vent et de la sensibilité variétale. Le diagnostic exige de distinguer ces lésions de la rhynchosporiose, de la ramulariose et des grillures liées au stress avant toute décision de protection.

Mis à jour le 01/10/2026 Lecture 5 min
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Feuilles d’orge à examiner pour identifier des taches foliaires
Helminthosporiose de l’orge · Photographie documentaire SILLOVA
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Quatre repères pour observer l’orge

Une lecture synthétique des informations à retenir avant d’entrer dans le détail.

Agent principal

Pyrenophora teres

La base OEPP le répertorie sous le code PYRNTE ; Drechslera teres est un ancien nom.

Aspect des taches

Réseau ou taches brunes

Les formes peuvent varier ; un halo jaune entoure souvent les lésions.

Source de risque

Résidus et semences infestées

Les repousses d’orge peuvent aussi entretenir l’inoculum.

Suivi au champ

60 feuilles dès un nœud

Observer trois feuilles supérieures sur vingt tiges et noter les deux maladies associées.

01 · Symptômes

Reconnaître les deux faciès foliaires

La forme en réseau produit des nécroses brun foncé parcourues de fines lignes en mailles de filet, souvent entourées d’un halo jaune. La forme en taches donne des lésions brunes linéaires, rectangulaires ou ovales. Les taches peuvent fusionner lorsque la maladie progresse. Examiner plusieurs plantes et plusieurs étages foliaires : la couleur ou la forme d’une seule lésion ne suffit pas à établir le diagnostic.

ARVALIS décrit généralement un gradient de symptômes des feuilles basses vers les feuilles hautes. Une tache verdâtre qui devient gris blanchâtre avec un liseré brun évoque davantage la rhynchosporiose. Les petites lésions rectangulaires tardives peuvent rappeler la ramulariose. Les grillures physiologiques, souvent plus marquées sur les faces exposées à la lumière, ne sont pas une infection. Si les symptômes se chevauchent, faire confirmer leur origine avant de décider une intervention.

02 · Risque

Relier le risque aux résidus, aux semences et au climat

Le champignon peut passer l’hiver sur des résidus d’orge et sur des repousses ; des semences infestées apportent une autre source de contamination. Au printemps, les tissus atteints produisent des spores qui gagnent d’autres feuilles, notamment avec le vent et les pluies. L’humidité favorise leur production et leur dispersion. Le risque dépend donc à la fois du précédent cultural, des résidus présents, de la variété et de la météo de la campagne.

La présence de quelques anciennes lésions sur les feuilles basses ne démontre pas que les feuilles supérieures seront touchées. À l’inverse, une progression rapide après une période humide justifie de rapprocher les observations. Consigner le stade, la variété, la part de feuilles atteintes et la météo récente aide à distinguer un foyer ancien d’une contamination active. Une photo prise dans les mêmes zones facilite le suivi.

03 · Surveillance

Compter les feuilles atteintes à partir du stade un nœud

Pour les orges d’hiver, ARVALIS propose de regarder les trois feuilles supérieures bien dégagées de vingt tiges principales à partir du stade un nœud, soit soixante feuilles. Le comptage additionne les feuilles atteintes par helminthosporiose ou rhynchosporiose. Les deux maladies peuvent être présentes ensemble et leur cumul importe davantage qu’une étiquette posée trop vite sur chaque tache.

La référence ARVALIS de 2021 présente des seuils indicatifs de 10 % de feuilles atteintes pour les variétés sensibles et de 25 % pour les variétés moins sensibles. Ce sont des repères issus d’un protocole et d’une campagne donnée, pas un ordre de traiter automatiquement. Confronter les résultats à la sensibilité de la variété, au bulletin régional actuel, au stade et aux conditions à venir. En cas de doute, un diagnostic spécialisé évite une mauvaise décision.

04 · Prévention

Réduire l’inoculum et choisir une variété adaptée

Éviter les successions rapprochées d’orge et gérer les repousses limite la continuité de l’inoculum. ARVALIS recommande au moins deux ans entre deux orges dans les situations à risque et insiste sur l’emploi de semences saines. Une variété moins sensible constitue un levier majeur ; sa note doit être vérifiée dans les références de la campagne et mise en balance avec le débouché, le rendement et l’adaptation locale.

Si les symptômes progressent sur les feuilles hautes, une éventuelle protection se décide avec le conseil technique régional et les autorisations applicables. Cette fiche ne prescrit ni produit ni dose : les essais et les homologations évoluent. Après une intervention, continuer à observer la parcelle pour mesurer l’évolution des symptômes plutôt que de supposer que le risque a disparu.

05 · Nomenclature

Retrouver la maladie sous ses différents noms

La base OEPP emploie Pyrenophora teres, code PYRNTE, pour l’agent de l’helminthosporiose de l’orge. Elle répertorie aussi Drechslera teres et Helminthosporium teres parmi les autres noms scientifiques. Ces appellations peuvent donc apparaître dans des fiches techniques de dates différentes sans désigner nécessairement une maladie différente.

Le nom scientifique facilite la recherche documentaire, mais les décisions au champ reposent sur l’identification des symptômes, la culture et le contexte de la parcelle. Vérifier toujours la date et la portée géographique d’une recommandation avant de l’appliquer.

06 · Repères

Retenir les repères de suivi

Quatre repères résument l’observation de la maladie : l’agent, l’aspect des taches, la source du risque et la méthode de comptage.

Repères de suivi de l’helminthosporiose de l’orge
RepèrePoint à retenir
Agent principalPyrenophora teres
Aspect des tachesRéseau ou taches brunes
Source de risqueRésidus et semences infestées
Suivi au champ60 feuilles dès un nœud

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

Comment distinguer helminthosporiose et rhynchosporiose de l’orge?

L’helminthosporiose montre souvent des taches brunes parfois dessinées en réseau. La rhynchosporiose évolue plutôt vers un centre gris blanchâtre bordé de brun. Examiner plusieurs feuilles et faire confirmer les lésions atypiques.

Pourquoi les références citent-elles Drechslera teres?

L’OEPP classe Drechslera teres parmi les autres noms scientifiques de Pyrenophora teres, le nom qu’elle privilégie sous le code PYRNTE.

D’où vient le risque d’infection?

Le champignon peut se conserver sur les résidus d’orge et les repousses. Des semences infestées apportent une autre source de contamination.

Traçabilité

Sources utilisées

Les principales références utilisées pour vérifier les repères de cette page.