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Santé des cultures · Maladies des cultures

Ergot des céréales : reconnaître et gérer les lots à risque

Claviceps purpurea · maladie des épis

L’ergot remplace des grains de céréales par des sclérotes sombres qui peuvent contenir des alcaloïdes toxiques. Le principal enjeu est la conformité du lot récolté, plus que la perte de rendement. Dès qu’un sclérote suspect apparaît dans un épi ou une benne, il faut identifier le risque, prévenir le collecteur, isoler le lot concerné et décider du contrôle adapté. Pour les campagnes suivantes, utiliser des semences sans sclérotes, maîtriser les graminées adventices et rompre le cycle du champignon.

Mis à jour le 02/10/2026 Lecture 6 min
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Épi de céréale examiné pour repérer les sclérotes de l’ergot
Ergot des céréales · Photographie documentaire SILLOVA
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Quatre décisions face à l’ergot

Une lecture synthétique des informations à retenir avant d’entrer dans le détail.

Reconnaître

Sclérote sombre

Il remplace un grain et présente une section claire à la cassure.

À la moisson

Isoler le lot

Prévenir le collecteur et organiser une évaluation représentative.

Conformité

Deux mesures

Les sclérotes et les alcaloïdes relèvent de catégories réglementaires distinctes.

Campagne suivante

Rompre le cycle

Semences saines, graminées maîtrisées et rotation adaptée.

01 · Diagnostic

Reconnaître le sclérote dans l’épi ou le grain récolté

L’ergot des céréales est provoqué par le champignon Claviceps purpurea. Sur un épi contaminé, un organe dur et sombre, le sclérote, se forme à la place du grain. ARVALIS indique qu’il est souvent allongé, noir à violet à l’extérieur et clair à la cassure. Sa taille varie : les sclérotes issus de graminées adventices peuvent être petits et passer inaperçus parmi les grains.

Le seigle est particulièrement sensible, puis le triticale ; blé, orge et avoine peuvent également être atteints. Pendant la floraison, un miellat collant peut précéder l’apparition du sclérote. Au champ, examiner les épis et les graminées adventices, notamment vulpin et ray-grass. Dans la benne, ne pas supposer que tous les fragments noirs ont la même origine : un doute sur l’identification ou sur l’étendue de la contamination justifie une évaluation du lot.

Le champignon remplace quelques grains, mais le préjudice principal tient aux alcaloïdes toxiques associés aux sclérotes. Un faible impact apparent sur le rendement ne signifie donc pas que la récolte est conforme pour l’alimentation humaine ou animale.

02 · Récolte

Délimiter le risque et prévenir le collecteur

Si des sclérotes suspects sont observés à la moisson, ARVALIS recommande de contacter le collecteur de céréales. Consigner la parcelle, l’espèce cultivée, la zone de la benne et le moment d’observation. Séparer les lots de parcelles suspectes des lots qui ne présentent pas le même risque jusqu’à la décision de contrôle et de destination.

Les sclérotes ne se répartissent pas uniformément dans une benne. Un coup d’œil sur la surface ou une poignée de grains ne suffit pas à déclarer un lot conforme. Le plan d’échantillonnage et, si nécessaire, les analyses d’alcaloïdes doivent être décidés avec l’organisme qui reçoit le grain et selon sa destination. La mesure de fragments visibles et la mesure chimique des alcaloïdes répondent à deux questions différentes.

Deux mesures distinctes pour un lot suspect
MesureCe qu’elle indique
Fragments visibles de sclérotesPrésence visible dans le lot
AlcaloïdesTeneur chimique à comparer à la ligne réglementaire applicable à la destination

03 · Cycle

Comprendre pourquoi la floraison et les graminées comptent

Les sclérotes tombés au sol survivent entre deux campagnes. Selon ARVALIS, ceux situés près de la surface peuvent germer après l’hiver et émettre des spores au printemps. Les spores contaminent les fleurs des céréales et des graminées adventices. Un miellat apparaît sur les fleurs atteintes, puis un nouveau sclérote se forme sur l’épi et peut retourner au sol pendant la récolte.

Le risque augmente lorsque l’inoculum est présent et que la floraison des hôtes offre une porte d’entrée. Un accident de fécondation ou une floraison prolongée peut également rendre une parcelle plus exposée. Les graminées en bordure et dans la culture entretiennent le cycle, même si la céréale semée paraît peu atteinte. Une observation limitée aux épis de la culture peut donc sous-estimer les sources de sclérotes ramenés à la récolte.

04 · Prévention

Combiner semences saines, rotation et maîtrise des graminées

Pour éviter de réintroduire l’ergot, utiliser des semences sans sclérotes. Dans une parcelle infestée, une rotation avec des cultures non hôtes rompt le cycle des céréales à paille ; ARVALIS évoque au moins deux années sans ces céréales après une forte contamination. Le désherbage des graminées adventices et la gestion des bordures réduisent les relais de contamination.

Un labour peut enfouir les sclérotes au-delà de la zone où ils produisent des spores en surface. ARVALIS avertit toutefois qu’un nouveau labour l’année suivante risque de les remonter. Cette option n’est donc cohérente que si la suite de l’itinéraire maintient les sclérotes enfouis ; elle doit être compatible avec la parcelle et les autres objectifs de travail du sol.

L’ergot n’a pas de solution curative simple une fois les sclérotes présents sur les épis. Les mesures utiles se répartissent entre prévention au semis, suivi de la parcelle, tri éventuel du grain récolté et sécurisation de la rotation. Ne pas transformer les limites réglementaires d’un lot en seuil de traitement au champ.

05 · Lot

Nettoyer un lot seulement avec contrôle de résultat

Un nettoyage peut enlever une partie des sclérotes mais son efficacité dépend de l’équipement, de son réglage et de la composition du lot. Dans un essai publié par ARVALIS, un nettoyeur-séparateur a réduit la teneur en sclérotes, tandis qu’un trieur optique ou une table densimétrique a obtenu un retrait beaucoup plus élevé. Ces résultats d’essai ne prouvent pas qu’un lot donné est devenu conforme.

Avant de choisir une destination, faire vérifier le résultat sur le produit réellement obtenu après nettoyage. Les fractions écartées ne doivent pas être réintroduites dans la chaîne alimentaire sans évaluation. Le collecteur ou l’opérateur de tri peut préciser les analyses, les pertes de grain et le coût de l’opération. Garder la traçabilité de la parcelle, du lot initial, du procédé et du lot final permet de décider à partir des mesures plutôt que de la seule apparence.

06 · Réglementation

Lire le règlement européen selon la destination

Le règlement européen 2023/915 consolidé fixe des teneurs maximales pour les sclérotes dans certains grains non transformés et pour les alcaloïdes dans plusieurs produits céréaliers destinés à l’alimentation.

Les catégories et unités diffèrent selon le produit. Il faut comparer le résultat d’analyse à la ligne réglementaire applicable au lot considéré, et non à un seuil unique pour toutes les céréales et tous les usages.

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

L’ergot fait-il surtout perdre du rendement?

Le sclérote remplace un grain, mais le risque majeur décrit par ARVALIS concerne la qualité sanitaire et la conformité du lot, en raison des alcaloïdes toxiques.

Que faire si des sclérotes apparaissent dans la benne?

Identifier et isoler le lot suspect, prévenir le collecteur, puis organiser un contrôle représentatif avant de décider d’un nettoyage ou d’une destination. Un examen visuel seul ne garantit pas la conformité.

Le nettoyage suffit-il à rendre un lot conforme?

Non. Un nettoyage peut enlever une partie des sclérotes, mais l’absence de gros sclérotes visibles ne remplace ni le contrôle du lot ni la mesure des alcaloïdes lorsqu’elle est requise.

Traçabilité

Sources utilisées

Les principales références utilisées pour vérifier les repères de cette page.