Référence agronomique · France

Cultures · Prairies, fourrages & couverts

Engrais verts

Les engrais verts sont des cultures intermédiaires utilisées pour les services du sol. Les légumineuses fixent de l’azote ; les autres espèces captent surtout l’azote disponible.

Mis à jour le 03/10/2026 Lecture 5 min
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Engrais verts — illustration documentaire (Cultures, Prairies, fourrages & couverts)
Engrais verts · Photo : Garden Club2011 · CC BY-NC-SA
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères essentiels

Quatre points pour orienter la lecture de cette fiche.

Fonction

Couverture du sol

Limiter le sol nu pendant l’interculture.

Légumineuses

Fixation d’azote

La biomasse influence la restitution.

Autres espèces

Piégeage

Capter l’azote déjà présent.

Destruction

Préparer la suite

Raisonner le calendrier et l’eau.

01 · Référence

Définition agronomique des engrais verts

La fertilisation par engrais vert n’équivaut pas à l’application d’un engrais minéral. L’azote est contenu dans une biomasse organique, puis devient disponible à un rythme déterminé par le rapport C/N, la nature des tissus, la température, l’humidité, la fragmentation, le contact sol-résidus et la date de destruction. Il peut donc être disponible trop tôt, au bon moment, trop tard, ou être temporairement immobilisé par les microorganismes.

02 · Référence

Histoire et évolution du concept

La terminologie s’est également spécialisée : « CIPAN » a été associée à la protection de l’eau, « engrais vert » à la restitution de fertilité, « couvert multi-services » à une combinaison d’objectifs. La sélection variétale évolue dans le même sens : GEVES/CTPS évaluent des plantes de services sur des caractères correspondant à leurs usages agronomiques et environnementaux.

03 · Référence

Légumineuses : moteur de fixation biologique de l’azote

Les légumineuses peuvent acquérir une partie importante de leur azote depuis l’atmosphère grâce à la symbiose racinaire avec des bactéries fixatrices. Elles transforment ainsi un flux externe au stock minéral du sol en azote organique végétal. Ce mécanisme explique leur intérêt comme engrais vert, surtout dans les systèmes cherchant à réduire la dépendance aux engrais azotés.

Cette capacité n’est pas gratuite ni constante. La fixation dépend de l’espèce, du peuplement, de la nodulation, de la disponibilité en eau, de la température, du pH, de la présence de bactéries compatibles et surtout de la biomasse atteinte. Une légumineuse très peu développée n’apporte qu’un service azoté limité. Lorsque le sol contient beaucoup d’azote minéral disponible, la plante peut en absorber davantage et réduire proportionnellement sa fixation symbiotique.

Un couvert contenant des légumineuses peut fournir de l’azote à la culture suivante si sa biomasse est suffisante. La quantité disponible dépend de la part de légumineuses, de la date de destruction et de la minéralisation ; elle ne doit pas être appliquée comme crédit forfaitaire à toutes les parcelles.

Services azotés et soufrés selon le type d’espèce
Type d’espèceService cité
LégumineusesFixation d’azote, dépendante de la biomasse atteinte
Autres espècesPiégeage de l’azote disponible
CrucifèresCapture du soufre

04 · Référence

Non-légumineuses : piégeage, recyclage et carbone

Les crucifères se distinguent également par leur capacité de capture du soufre. ARVALIS rappelle qu’un couvert ne « fabrique » ni phosphore ni potassium : il les prélève, les redistribue dans son profil racinaire et les restitue plus ou moins rapidement après décomposition.

05 · Référence

Date de semis : premier déterminant de biomasse

Il faut arbitrer entre semer tôt dans du sec et attendre une pluie. ARVALIS observe qu’en conditions très chaudes et sèches, retarder le semis jusqu’au retour d’une humidité favorable peut être plus efficace qu’un semis précoce qui échoue. Le bon indicateur n’est donc pas seulement la date civile, mais la probabilité d’obtenir une levée rapide et homogène.

06 · Référence

Modes de semis et préparation de l’implantation

La technique de semis doit assurer une répartition homogène, un contact terre-graine suffisant et une profondeur compatible avec la taille des graines, sans multiplier inutilement les passages. Les principales options sont le semis à la volée avant moisson, la volée avec incorporation superficielle, le semoir à dents ou disques, le semis direct dans chaumes, ou le semis sous couvert de la culture précédente.

07 · Référence

Densité de semis, PMG et calcul des mélanges

Dans un mélange, raisonner la fraction de la densité pure espèce par espèce. Deux mélanges de même masse peuvent donner des populations très différentes si les tailles de graines diffèrent. Vérifier le poids de mille grains, la germination et la répartition réelle au semis.

08 · Référence

Biomasse : variable centrale des services

Le développement du couvert doit être suivi en biomasse et en stade. Plus de croissance peut accroître certains services, mais aussi compliquer la destruction ou prélever davantage d’eau avant la culture suivante. La date de fin du couvert se décide en fonction de la rotation et des conditions de la parcelle.

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

Un engrais vert équivaut-il à un engrais minéral?

Non. L’azote est contenu dans une biomasse organique et devient disponible selon le rapport C/N, la température, l’humidité et la date de destruction.

Les légumineuses apportent-elles de l’azote automatiquement?

Pas de façon forfaitaire. La fixation dépend de l’espèce, de la nodulation, de l’eau, de la température et surtout de la biomasse atteinte.

La date de semis suffit-elle à décider?

Non. Le bon indicateur est la probabilité d’obtenir une levée rapide et homogène, car semer tôt dans du sec peut échouer.

Traçabilité

Sources utilisées

Les principales références utilisées pour vérifier les repères de cette page.