01 · Guide
Identification au champ
Cotylédons très petits, linéaires, de l’ordre de 1 cm de long pour environ 1 mm de large; ils sont fugaces et peuvent avoir disparu au moment de l’observation.
Longs poils mous à la base du pétiole: caractère utile, à observer à la loupe si nécessaire.
La variabilité de découpe et de pilosité peut être forte; éviter un diagnostic fondé sur un seul critère.
02 · Guide
Écologie, habitats et répartition
Le coquelicot est présent sur une large gamme de sols. Les sources françaises signalent néanmoins une fréquence élevée en sols calcaires ou argilo-calcaires, et le focus Biovigilance le décrit comme plutôt associé à des pH neutres à basiques et à des milieux assez riches en nutriments. Il s’agit d’une tendance écologique, non d’un critère exclusif: la présence est possible dans des textures très diverses.
03 · Guide
Cultures touchées et facteurs de risque
Capacité à réaliser de vrais faux-semis: délai suffisant, sol fin et rappuyé, humidité, possibilité de détruire les levées.
04 · Guide
Nuisibilité et impacts
Infloweb rapporte une expérience illustrative: pour 77 coquelicots/m², la baisse de rendement du blé était de 12 %, 16 % et 42,5 % lorsque la densité du blé était respectivement de 207, 116 et 39 plantes/m². L’intérêt de ce résultat est moins de fournir un « seuil » universel que de démontrer l’interaction entre densité d’adventice et compétitivité de la culture. Un blé mal implanté laisse au coquelicot beaucoup plus de ressources et de lumière.
Sélection et diffusion de résistances lorsque le même mode d’action est répété sur des populations nombreuses.
Contraintes renforcées en production de semences: exigences de pureté variétale/spécifique et difficulté de triage à vérifier dans les règlements techniques concernés.
| Densité du blé (plantes/m²) | Baisse de rendement du blé |
|---|---|
| 207 | 12 % |
| 116 | 16 % |
| 39 | 42,5 % |
05 · Guide
Diagnostic parcellaire et suivi
La gestion durable nécessite de passer d’un diagnostic ponctuel à un suivi spatial et pluriannuel. Une densité moyenne masque les foyers: entrées de parcelle, zones de recouvrement, passages de roues ou marges peuvent concentrer les plantes résistantes et devenir les sources de dissémination. La cartographie peut rester simple: points GPS ou zones dessinées sur le registre parcellaire, accompagnées de photos standardisées.
Photos avant/après et présence d’autres adventices: si toutes les espèces échouent, un défaut d’application est plus probable; si le coquelicot seul survit, la suspicion augmente.
06 · Guide
Diagnostiquer et prévenir les échappées
Compter les plantes dans plusieurs secteurs, distinguer les foyers anciens des nouvelles levées et observer les survivants après intervention. Un coquelicot resté seul après un programme ne prouve pas à lui seul une résistance.
La rotation, les faux-semis bien positionnés et le désherbage mécanique sur jeunes plantes peuvent diminuer la pression. Lorsque la résistance est plausible, demander une confirmation et éviter de répéter le même mode d’action.
07 · Guide
Interpréter un échec de désherbage
Le réseau INRAE R4P documente des résistances du coquelicot aux inhibiteurs de l’ALS dans plusieurs régions. Un échec local doit cependant être interprété avec la dose réellement appliquée, le stade des plantes, la météo et le fonctionnement du matériel.
Comparer les survivants dans les foyers et les autres adventices présentes, puis conserver des photos et l’historique des modes d’action utilisés. Si la résistance reste plausible, demander un diagnostic adapté ; dans l’intervalle, diversifier les leviers agronomiques et empêcher les plantes restantes de produire des graines.
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Comment reconnaître le coquelicot au stade jeune?
Les cotylédons sont très petits, linéaires, d’environ 1 cm de long pour 1 mm de large, et fugaces. Les longs poils mous à la base du pétiole aident au diagnostic, à observer à la loupe si nécessaire.
Un coquelicot survivant prouve-t-il une résistance?
Non. Un coquelicot resté seul après un programme ne prouve pas à lui seul une résistance. Il faut comparer les survivants, la dose appliquée, le stade des plantes et la météo.
La densité du blé change-t-elle les pertes?
Oui. Un blé moins dense laisse plus de ressources au coquelicot. Pour 77 coquelicots/m², la baisse de rendement passe de 12 % à 42,5 % lorsque la densité du blé tombe de 207 à 39 plantes/m².





