01 · Référence
À retenir
La battance est une dégradation structurale de la couche superficielle du sol sous l’action de la pluie ou de l’aspersion Les agrégats se désagrègent les particules fines se réorganisent et colmatent les pores une pellicule peu perméable seal apparaît lorsque le sol est mouillé puis devient une croûte plus dure en séchant Le phénomène est particulièrement fréquent dans les sols limoneux pauvres en matière organique mais il peut se rencontrer dans de nombreuses textures dès…
Battance, croûte de battance et érosion ne sont pas synonymes : la battance décrit la fermeture de la porosité de surface ; le ruissellement et l’érosion sont des conséquences possibles quand la pluie excède l’infiltration et que de l’eau circule en surface.
02 · Référence
Définitions : battance, scellement de surface, croûte et érosion
Le GIS Sol définit la battance comme la sensibilité d’un sol à la fermeture de la porosité en surface, avec formation d’une croûte qui réduit l’infiltrabilité. Cette définition distingue clairement la battance d’un simple tassement mécanique : la battance naît d’abord de l’action de l’eau sur une surface structurée ou fraîchement travaillée, même sans passage d’engin. Elle peut ensuite être aggravée par le rappui, lissage, piétinement ou trafic.
Dans la littérature anglophone, « surface sealing » désigne surtout la couche à faible conductivité hydraulique formée pendant l’évènement pluvieux ; « crusting » désigne la consolidation de cette couche après dessiccation. En pratique française, « croûte de battance » englobe souvent ces états successifs. Cette distinction est utile : une surface peut déjà être hydrauliquement colmatée avant d’être visiblement dure et cassante.
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Mécanismes physiques et physico-chimiques de formation
Le modèle conceptuel de Le Bissonnais (1996), aujourd’hui central dans l’évaluation de la stabilité structurale, distingue quatre familles de mécanismes. Ils se combinent souvent au cours d’une même pluie. Leur compréhension permet d’expliquer pourquoi un sol peut battre après une pluie modérée mais pas après une autre, et pourquoi deux sols de même texture réagissent différemment.
La séquence classique débute par la destruction d’agrégats exposés Les particules et microagrégats libérés sont déplacés à très courte distance par l’impact des gouttes ou par l’eau qui s’infiltre Les éléments les plus fins se logent dans les pores de surface d’autres se réorganisent en une couche dense À mesure que la pluie se poursuit…
04 · Référence
Sols sensibles : texture, argile, matière organique, calcium et sodium
La sensibilité maximale est fréquemment observée dans les textures limoneuses ou limono-sableuses : la proportion de particules fines est suffisante pour colmater rapidement les pores, mais la teneur en argile et en matière organique peut être insuffisante pour former des agrégats très stables. Les « terres douces » à dominante limoneuse sont historiquement décrites comme faciles à travailler lorsqu’elles sont ressuyées mais capables de « bétonner » après pluie et séchage.
La texture n’explique cependant pas tout Un limon riche en carbone organique bien structuré et protégé par des résidus peut résister nettement mieux qu’un limon appauvri et intensément affiné À l’inverse certaines surfaces sableuses peuvent former un seal hydraulique très fin si suffisamment de limons argiles sont disponibles pour boucher les pores Les sols argileux…
05 · Référence
Pluie, humidité initiale et irrigation par aspersion
La pluie ne se résume pas à un cumul en millimètres. L’intensité, la taille des gouttes, leur vitesse et la durée contrôlent l’énergie appliquée à la surface. Une pluie intense sur sol nu peut détruire rapidement des agrégats fragiles. Si l’intensité dépasse la capacité d’infiltration décroissante, l’eau s’accumule puis ruisselle. Les pluies successives renforcent parfois le seal formé lors du premier épisode.
L’humidité antécédente modifie les mécanismes Un agrégat très sec plongé brutalement dans l’eau est sensible à l’éclatement par compression de l’air interne une humectation lente peut limiter ce mécanisme Mais un sol déjà humide n’est pas nécessairement protégé l’impact mécanique et la dispersion peuvent continuer à dégrader la surface La méthode ISO issue de Le…
06 · Référence
Stabilité structurale : norme ISO 10930 et DMP/MWD
La stabilité structurale mesure la résistance d’agrégats à l’action de l’eau. La méthode française développée par Le Bissonnais et Le Souder a été normalisée puis intégrée à la norme internationale ISO 10930:2012, reprise en France comme NF EN ISO 10930 (2013). La mesure porte sur des agrégats de 3 à 5 mm et évalue leur fragmentation après différents traitements.
Le résultat est décrit par la distribution granulométrique des fragments et le diamètre moyen pondéré DMP MWD en anglais INRAE rappelle que le DMP augmente avec la stabilité Les classes de Le Bissonnais sont souvent présentées ainsi 0 4 mm très instable 0 4-0 8 instable 0 8-1 3 moyennement stable 1 3-2 stable 2…
07 · Référence
Diagnostic au champ et mesures complémentaires
Le diagnostic visuel se fait idéalement après une pluie puis après dessiccation. Chercher une surface lissée, brillante lorsqu’elle est humide, une pellicule continue, de fines fissures polygonales au séchage, des dépôts de limon dans les creux, des traces de ruissellement, des rigoles et une levée en « plaques ». Sous la croûte, des plantules peuvent être courbées, épaissies ou en tire-bouchon, signe qu’elles ont épuisé leurs réserves avant de percer.
Comparer une zone nue à une zone sous résidus une tournière à l’intérieur une trace d’outil à un inter-rang ou une zone de texture différente permet d’identifier le facteur dominant La battance est souvent hétérogène quelques pourcents de différence en limons ou matière organique une rupture de pente ou une concentration de ruissellement peuvent changer…
08 · Référence
Conséquences hydrologiques : infiltration, ruissellement et érosion
La fonction la plus directement affectée est l’infiltration. Les particules fines qui remplissent les macropores réduisent la conductivité hydraulique de la surface. Assouline (2004) et de nombreux travaux de pluie simulée montrent que la capacité d’infiltration peut chuter fortement au cours d’un même épisode. Le ruissellement débute lorsque l’intensité de pluie excède cette capacité réduite et que le stockage dans les dépressions est rempli.
| Terme | Description | Moment typique | Impact dominant |
|---|---|---|---|
| Battance | Processus de dégradation et fermeture de la porosité superficielle | Pendant et après pluie/aspersion | Infiltration, levée |
| Scellement / seal | Pellicule dense, peu perméable, parfois millimétrique | Sol humide pendant pluie | Chute de conductivité hydraulique |
| Croûte / crust | Seal consolidé après séchage | Après dessiccation | Résistance mécanique à la levée |
| Érosion hydrique | Détachement et transport de particules | Quand ruissellement + énergie suffisante | Perte de sol, boues, transferts |
| Tassement | Réduction de porosité sous charge mécanique | Trafic/piétinement | Structure en profondeur, portance |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Que faut-il retenir sur à retenir ?
La battance est une dégradation structurale de la couche superficielle du sol sous l’action de la pluie ou de l’aspersion Les agrégats se désagrègent les particules fines se réorganisent et colmatent les pores une pellicule peu perméable seal apparaît lorsque le sol est mouillé puis devient une croûte plus dure en séchant Le phénomène est particulièrement fréquent dans les sols limoneux pauvres en matière organique mais il peut se rencontrer dans de nombreuses textures dès Battance croûte de battance et érosion ne sont pas synonymes la battance décrit la fermeture… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur définitions : battance, scellement de surface, croûte et érosion ?
Le GIS Sol définit la battance comme la sensibilité d’un sol à la fermeture de la porosité en surface avec formation d’une croûte qui réduit l’infiltrabilité Cette définition distingue clairement la battance d’un simple tassement mécanique la battance naît d’abord de l’action de l’eau sur une surface structurée ou fraîchement travaillée même sans passage d’engin Elle peut ensuite être aggravée par le rappui lissage piétinement ou trafic Dans la littérature anglophone surface sealing désigne surtout la couche à faible conductivité hydraulique formée pendant l’évènement pluvieux crusting désigne la consolidation de… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur mécanismes physiques et physico-chimiques de formation ?
Le modèle conceptuel de Le Bissonnais 1996 aujourd’hui central dans l’évaluation de la stabilité structurale distingue quatre familles de mécanismes Ils se combinent souvent au cours d’une même pluie Leur compréhension permet d’expliquer pourquoi un sol peut battre après une pluie modérée mais pas après une autre et pourquoi deux sols de même texture réagissent différemment La séquence classique débute par la destruction d’agrégats exposés Les particules et microagrégats libérés sont déplacés à très courte distance par l’impact des gouttes ou par l’eau qui s’infiltre Les éléments les plus fins… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur sols sensibles : texture, argile, matière organique, calcium et sodium ?
La sensibilité maximale est fréquemment observée dans les textures limoneuses ou limono-sableuses la proportion de particules fines est suffisante pour colmater rapidement les pores mais la teneur en argile et en matière organique peut être insuffisante pour former des agrégats très stables Les terres douces à dominante limoneuse sont historiquement décrites comme faciles à travailler lorsqu’elles sont ressuyées mais capables de bétonner après pluie et séchage La texture n’explique cependant pas tout Un limon riche en carbone organique bien structuré et protégé par des résidus peut résister nettement mieux qu’un… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur pluie, humidité initiale et irrigation par aspersion ?
La pluie ne se résume pas à un cumul en millimètres L’intensité la taille des gouttes leur vitesse et la durée contrôlent l’énergie appliquée à la surface Une pluie intense sur sol nu peut détruire rapidement des agrégats fragiles Si l’intensité dépasse la capacité d’infiltration décroissante l’eau s’accumule puis ruisselle Les pluies successives renforcent parfois le seal formé lors du premier épisode L’humidité antécédente modifie les mécanismes Un agrégat très sec plongé brutalement dans l’eau est sensible à l’éclatement par compression de l’air interne une humectation lente peut limiter ce… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur stabilité structurale : norme iso 10930 et dmp/mwd ?
La stabilité structurale mesure la résistance d’agrégats à l’action de l’eau La méthode française développée par Le Bissonnais et Le Souder a été normalisée puis intégrée à la norme internationale ISO 10930 2012 reprise en France comme NF EN ISO 10930 2013 La mesure porte sur des agrégats de 3 à 5 mm et évalue leur fragmentation après différents traitements Le résultat est décrit par la distribution granulométrique des fragments et le diamètre moyen pondéré DMP MWD en anglais INRAE rappelle que le DMP augmente avec la stabilité Les classes… [S01][S02][S03]





