01 · Référence
Synthèse exécutive
L’alimentation ovine se raisonne selon le stade et le système: une brebis tarie, une brebis portant plusieurs agneaux et un agneau en croissance ne valorisent pas la même ration. Les fourrages sont la base du calcul; les compléments corrigent des écarts mesurés, sans remplacer le suivi de l’ingestion et de l’état corporel.
L’alimentation ovine est un pilotage par phases. Une brebis tarie, une brebis en fin de gestation portant deux fœtus, une laitière en début de lactation, une agnelle de renouvellement et un bélier en préparation de lutte ne doivent pas être conduits comme un seul lot.
Il couvre les brebis allaitantes et laitières, les agnelles de renouvellement, les béliers et les agneaux, en bergerie, au pâturage ou en systèmes mixtes. Les valeurs chiffrées sont des repères de raisonnement et non des recettes universelles: la ration finale doit être construite à partir du poids, du stade, du nombre d’agneaux portés/allaités, du niveau laitier, de l’état corporel, de la qualité réelle des aliments et des objectifs de production.
02 · Référence
Définition et objectifs de l’alimentation ovine
Alimenter un ovin consiste à apporter, sous une forme ingérable et sûre, l’énergie, les protéines, les minéraux, les vitamines, l’eau et la fibre nécessaires à l’entretien, à la croissance, à la gestation, à la lactation, à la reproduction et aux objectifs de production. La ration doit aussi préserver le fonctionnement du rumen, l’immunité, la longévité et le bien-être.
03 · Référence
La filière ovine française et ses systèmes
L’alimentation doit être replacée dans la diversité des systèmes français: élevages herbagers et fourragers du Centre-Ouest, systèmes de montagne et du Massif central, pastoralisme méditerranéen, systèmes laitiers fortement saisonnés autour de Roquefort, des Pyrénées et de la Corse, ateliers plus intensifs de bergerie et productions biologiques.
L’alimentation ovine est un pilotage par phases. Une brebis tarie, une brebis en fin de gestation portant deux fœtus, une laitière en début de lactation, une agnelle de renouvellement et un bélier en préparation de lutte ne doivent pas être conduits comme un seul lot.
04 · Référence
Physiologie digestive et ingestion
Le mouton est un ruminant: la ration alimente d’abord un écosystème microbien. La digestion ruminale transforme une partie des glucides en acides gras volatils, fournit une part importante de l’énergie à l’animal et transforme l’azote alimentaire en protéines microbiennes. La vitesse de dégradation, le niveau d’ingestion et l’équilibre entre fourrage et concentré modifient donc la valeur réellement obtenue à partir des aliments.
Le rumen fonctionne mieux avec des apports réguliers, une fibre suffisante, de l’eau disponible et des transitions progressives.
La capacité d’ingestion n’est pas constante: elle dépend du poids, du stade physiologique, de la prolificité, du niveau de production, de la qualité et de l’encombrement des fourrages, de la température et de la conduite.
05 · Référence
Système INRAE 2018 et unités de rationnement
Le système INRAE 2018 rénove le rationnement des ruminants pour mieux prendre en compte ingestion, interactions digestives, valeur réelle de la ration, besoins et réponses productives. INRAtion V5 et Rumin’al sont les outils associés utilisés pour calculer et analyser les rations.
06 · Référence
Note d’état corporel : piloter les réserves
La NEC transforme un phénomène invisible — mobilisation/reconstitution des réserves — en indicateur de conduite. La palpation lombaire est plus fiable que l’œil, surtout sur animaux lainés. Le suivi est plus utile sur un échantillon représentatif et répété aux mêmes stades que sur une mesure isolée.
07 · Référence
Brebis taries et entretien
Chez une brebis adulte, tarie, non gestante ou en début de gestation, le poste alimentaire peut être limité si l’état corporel est satisfaisant et que le fourrage disponible couvre l’entretien. La priorité devient alors de conserver l’état, ne pas gaspiller le meilleur fourrage et préparer les périodes à besoins élevés.
Réserver les meilleurs fourrages aux brebis en fin de gestation, en lactation, aux agnelles et aux lots maigres.
Faire analyser les lots de foin/ensilage: deux fourrages d’aspect voisin peuvent entraîner des besoins de complémentation très différents.
08 · Référence
Répartir les fourrages selon les lots
Réserver les fourrages les plus riches aux brebis en fin de gestation, en lactation et aux jeunes animaux. Les brebis taries à faibles besoins peuvent valoriser des ressources moins concentrées. Vérifier l’ingestion réelle et la note d’état corporel après tout changement de lot.
| Lot | Ressource à privilégier |
|---|---|
| Brebis en fin de gestation | Fourrages les plus riches |
| Brebis en lactation | Fourrages les plus riches |
| Jeunes animaux | Fourrages les plus riches |
| Brebis taries à faibles besoins | Ressources moins concentrées |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Faut-il donner les meilleurs fourrages à toutes les brebis?
Non. Il faut réserver les fourrages les plus riches aux brebis en fin de gestation, en lactation et aux jeunes animaux. Les brebis taries à faibles besoins peuvent valoriser des ressources moins concentrées.
Deux fourrages d’aspect voisin ont-ils la même valeur?
Pas forcément. Il faut faire analyser les lots de foin ou d’ensilage, car deux fourrages d’aspect voisin peuvent entraîner des besoins de complémentation très différents.
À quoi sert la note d’état corporel?
La NEC transforme la mobilisation et la reconstitution des réserves en indicateur de conduite. La palpation lombaire est plus fiable que l’œil, surtout sur animaux lainés.





