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Cultures industrielles · Pomme de terre

Variétés tardives de pomme de terre

Les pommes de terre tardives répondent à des objectifs de rendement, de transformation ou de fécule qui ne garantissent pas la conservation.

Mis à jour le 03/10/2026 Lecture 6 min
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Variétés tardives de pomme de terre — illustration documentaire (Cultures industrielles, Pomme de terre)
Variétés tardives de pomme de terre · Photographie documentaire SILLOVA
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères essentiels

Quatre points pour comprendre le sujet.

Cycle

Variété tardive

Choix

Destination du lot

Fécule

Rendement spécifique

Stockage

Aptitude distincte

01 · Guide

Définir la tardivité

La maturité variétale décrit la vitesse relative de sénescence et d’atteinte de la maturité physiologique. Dans le système français de référence, une note élevée correspond à une maturité plus précoce et une note faible à une maturité plus tardive.

La précocité de tubérisation décrit la rapidité avec laquelle le rendement tubercule se met en place; la maturité décrit le rythme du cycle végétatif; la date d’arrachage est une décision de conduite qui peut être avancée ou retardée selon le débouché, le contrat, le calibre, la matière sèche, l’état sanitaire et la météo. Une tardive peut donc être défanée avant sa sénescence naturelle si le cahier des charges l’exige, mais ce raccourcissement peut limiter le potentiel de rendement ou de fécule.

L’aptitude à la conservation est une notation distincte, intégrant notamment le comportement germinatif et les pertes de poids. La base française attribue par exemple une note de conservation 5 à Eris, 4 à Makhaï et Producent, 5 à Hinga, alors que Kerpondy et Kelly atteignent 7. Cela montre que la durée de végétation au champ et l’aptitude au stockage sont deux axes séparés.

02 · Guide

Comprendre le rendement des tardives

Tant que le feuillage reste sain, hydraté et photosynthétiquement actif, un cycle plus long peut poursuivre l’accumulation de biomasse vers les tubercules. Cet avantage potentiel explique l’intérêt des tardives dans les systèmes visant un tonnage élevé, des gros calibres ou une forte production de fécule. Il ne s’agit toutefois pas d’un mécanisme automatique: la variété, le nombre de tubercules, l’état du couvert, l’azote, l’eau et la température déterminent la conversion de ce temps supplémentaire en rendement commercial.

Pour la féculerie, la cible économique est le rendement en fécule, pas le tonnage brut. Le CTPS raisonne donc le rendement féculier comme le produit du rendement tubercule par la teneur en fécule, avec un témoin officiel. Brennus illustre ce raisonnement: 10,28 t/ha de fécule dans les essais mentionnés par le GEVES, soit 118,84 % du témoin officiel.

Dans une exploitation multi-variétés, associer des classes de maturité différentes permet d’étaler défanage, arrachage, réception, séchage et stockage. Pour une usine, une féculerie ou une ligne de transformation, cette diversité peut aussi sécuriser un calendrier d’approvisionnement. La contrepartie est une exposition plus tardive aux sols humides, au tassement, aux températures basses et aux difficultés de séchage à la mise en stockage.

03 · Guide

Situer la filière et la fécule

La SAA 2025 provisoire estime 241 758 ha de pommes de terre en France pour 10,202 Mt. La consommation représente 207 296 ha et 8,886 Mt, tandis que la féculerie représente 10 800 ha et 509 199 t. Le segment féculier est donc beaucoup plus réduit en surface que la conservation, mais il concentre une partie importante des génétiques tardives du Catalogue.

Les estimations Agreste ont été révisées au fil de la campagne. Début juillet 2026, la féculerie est estimée à environ 10 000 ha, soit -5 % sur un an et environ -38 % par rapport à la moyenne 2021-2025; la conservation et demi-saison est estimée à 166 000 ha, soit -13,4 % sur un an. Le 7 août, Agreste estime la production de pommes de terre de conservation à environ 6,5 Mt, -22 % sur un an, dans un contexte de sécheresse et de températures caniculaires affectant plusieurs grandes cultures.

04 · Guide

Lire une fiche variétale

Les fiches SEMAE/FN3PT reprennent les caractères issus des évaluations officielles GEVES. Elles distinguent maturité, rendement, calibre, conservation, matière sèche ou fécule, qualité culinaire, repos végétatif, sensibilité à l’égermage et résistances aux bioagresseurs. Ces caractères doivent être lus ensemble.

Pour les variétés de consommation inscrites avant 1995, les tardives sont historiquement comparées à Kerpondy = 100, alors que les classes moins tardives utilisent Bintje. Les variétés féculières utilisent Kaptah Vandel comme référence historique du rendement en fécule. Depuis 1995, les fiches expriment le rendement par rapport aux témoins officiels des deux années CTPS précédant l’inscription. Un 118 % de 2022 ne peut donc pas être classé directement devant un 110 % d’une autre époque sans essai harmonisé.

05 · Guide

Comparer les profils tardifs

Kelly est une variété de consommation classée « demi-tardive à tardive », inscrite dans la fiche consultée avec un rendement à 116,14 % du témoin. Elle présente une proportion de gros tubercules notée 6, une conservation 7, une matière sèche 6 et un groupe culinaire C avec coloration à la friture claire. Son profil sanitaire est contrasté: mildiou feuillage 8, virus Y 6, mais gale commune 2 et mildiou tubercule 4.

Dans une stratégie de transformation ou de matière sèche, Kelly peut être intéressante par la combinaison maturité, rendement et friture claire. Le risque gale doit toutefois être mis au premier plan sur parcelles à historique ou conditions favorables à la maladie.

Kerpondy, inscrite en 1949, est classée « demi-tardive à tardive » et reste une référence historique pour l’expression des rendements des anciennes tardives. Sa fiche indique conservation 7, groupe culinaire B, matière sèche 4, mildiou feuillage 5, tubercule 8 et gale commune 8.

06 · Guide

Repères de conservation et de fécule

Les notes de conservation et les rendements féculiers se lisent séparément de la maturité. Le tableau regroupe les repères cités dans la fiche.

Repères de conservation et de fécule cités dans la fiche
VariétéRepère documenté
ErisNote de conservation 5
MakhaïNote de conservation 4
ProducentNote de conservation 4
HingaNote de conservation 5
KerpondyNote de conservation 7
KellyNote de conservation 7
Brennus10,28 t/ha de fécule, soit 118,84 % du témoin officiel (essais cités par le GEVES)

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

La tardivité garantit-elle une bonne conservation?

Non. La conservation est notée à part de la maturité. Eris reçoit 5, tandis que Kerpondy et Kelly atteignent 7.

Le rendement en fécule se confond-il avec le tonnage?

Non. Pour la féculerie, la cible économique est le rendement en fécule. Il résulte du rendement tubercule multiplié par la teneur en fécule.

Peut-on comparer des rendements de deux années différentes?

Pas directement. Les rendements sont exprimés par rapport aux témoins officiels de chaque période. Sans essai harmonisé, un 118 % ne se compare pas à un 110 % d’une autre époque.

Traçabilité

Sources utilisées

Les principales références utilisées pour vérifier les repères de cette page.