01 · Référence
Définition : prairie naturelle, permanente et STH
Le terme « prairie naturelle » est utile pour décrire une prairie ancienne dominée par une flore spontanée, façonnée par le milieu et par des décennies de fauche ou de pâturage. L’INRAE rattache d’ailleurs « prairie naturelle exploitée » et « surface toujours en herbe » au concept de prairie permanente, défini comme un couvert herbacé installé depuis de nombreuses années, riche en espèces spontanées et en équilibre sous l’effet conjoint du milieu et des pratiques. [S01]
Mais les catégories ne sont pas synonymes au sens strict. La statistique agricole (SAA) classe en STH les prairies semées de longue durée et les prairies naturelles productives ; la PAC emploie une définition juridique de prairie/pâturage permanent fondée notamment sur la présence durable d’herbe ou d’autres plantes fourragères herbacées pendant au moins cinq années révolues. Ainsi, une vieille prairie semée peut être « permanente » sans être « naturelle » au sens botanique. [S02-S03]
02 · Référence
Place en France et chiffres clés
Les prairies structurent une part majeure de l’agriculture française, surtout dans les bassins d’élevage et les zones de montagne. La SAA 2023 recense en France métropolitaine 8 713 982 ha de surfaces toujours en herbe au sein des exploitations, pour 26 640 760 ha de SAU des exploitations. Cela représente environ 32,7 % de cette SAU. S’y ajoutent 1 656 485 ha de STH hors exploitations (surfaces collectives et hors champ statistique des exploitations). [S04]
Ces chiffres ne doivent pas être assimilés à une superficie de « prairies naturelles » : la STH inclut aussi des prairies semées de longue durée. À l’inverse, la catégorie Teruti « surfaces toujours en herbe » repose sur une logique d’occupation du sol différente ; les écarts entre sources viennent donc en partie des nomenclatures et des champs d’observation. [S04-S05]
03 · Référence
Campagne fourragère 2026 : le retournement météo
La campagne 2026 illustre pourquoi une prairie ne se pilote jamais sur une « moyenne annuelle » seule. Au 20 avril, la pousse cumulée des prairies permanentes était supérieure de 53 % à la référence 1989-2018 et en avance d’environ quinze jours. Au 20 mai, l’excédent restait de 20 %. Au 20 juin, le cumul était revenu à la normale, mais la pousse du dernier mois avait fortement ralenti. [S07-S09]
La rupture intervient ensuite : -15 % au 30 juin, -30 % au 31 juillet, puis environ -33 % au 10 août. Agreste attribue cette dégradation à la succession de chaleur, canicules et sécheresse, avec une pousse quasiment bloquée dans de nombreuses régions. Cette séquence impose une gestion adaptative : débrayer des paddocks au printemps excédentaire, constituer des stocks, puis réduire le chargement instantané et protéger les résiduels quand la pousse s’effondre. [S08-S11]
04 · Référence
Origine, histoire et dynamique d’une prairie naturelle
Sous une grande partie des climats français, une surface herbacée laissée sans utilisation tend à évoluer vers la friche, le fourré puis le boisement. Beaucoup de prairies dites naturelles sont donc en réalité des écosystèmes semi-naturels maintenus par l’activité agricole : fauche, pâturage, restitution de déjections, épandages organiques et entretien des ligneux. [S06-S13]
Leur flore garde la mémoire des pratiques. Une première fauche tardive favorise des espèces capables de monter à graines ; une fauche très précoce et répétée sélectionne davantage d’espèces tolérantes à la défoliation. Un pâturage ras et fréquent favorise des plantes de petite taille, des rosettes et des espèces tolérant le piétinement ; à l’inverse, la sous-utilisation favorise refus, hautes herbes et ligneux. [S13-S14]
Stabilité ne veut pas dire immobilité : la composition botanique fluctue avec météo, fertilisation, date de première utilisation et intensité du pâturage.
La banque de graines et les propagules locales comptent : une restauration botanique peut prendre plusieurs années, surtout si les espèces sources ont disparu du paysage.
Le sol porte une partie de la mémoire : matière organique, structure, acidité et hydromorphie changent lentement ; corriger la cause vaut mieux que resemer sans diagnostic.
05 · Référence
Typologie agroécologique
Il n’existe pas une « prairie naturelle type ». Les typologies françaises croisent altitude, humidité, fertilité, pH, régime d’exploitation, pente et composition botanique. Le CBN Massif central a recensé 68 types dans son travail, dont 60 intégrés à la typologie multifonctionnelle, nourrie par des centaines de relevés et des suivis de parcelles. [S12]
06 · Référence
Composition botanique et groupes fonctionnels
La valeur d’une prairie naturelle vient de la complémentarité des espèces Les graminées construisent l’essentiel de la biomasse et de la fibre les légumineuses peuvent fixer de l’azote atmosphérique et relever la teneur en protéines les dicotylédones non légumineuses apportent diversité de racines minéraux secondaires…
07 · Référence
Lire la prairie par les plantes indicatrices
Une plante isolée ne prouve rien L’intérêt du diagnostic botanique vient des assemblages d’espèces de leur abondance de leur distribution et de l’historique de la parcelle Les outils du CBN Massif central utilisent justement des groupes indicateurs pour interpréter humidité fertilité acidité intensité d’utilisation et…
08 · Référence
Sol, pH, structure, hydromorphie et fertilité
La prairie permanente protège le sol par un couvert quasi continu et un réseau racinaire dense Mais sa portance et sa productivité dépendent de la profondeur exploitable de la texture de la teneur en matière organique de la réserve utile de l’aération et de la…
| Question | Repère de travail | Décision SILLOVA |
|---|---|---|
| Qu’appelle-t-on prairie naturelle ? | Couvert herbacé ancien dominé par des espèces spontanées, généralement jamais retourné ou non ressemé depuis longtemps ; souvent inclus dans les prairies permanentes/STH. | Ne pas confondre terme agronomique/écologique et statut PAC. [S01-S03] |
| Combien en France ? | En 2023 : 8,714 Mha de STH dans les exploitations métropolitaines, plus 1,656 Mha de STH hors exploitations. | Ordre de grandeur national robuste, mais la STH englobe plus que les seules « prairies naturelles ». [S04] |
| Quand pâturer ? | Entrer sur un couvert suffisamment portant et feuillu en pâturage tournant laitier 10-12 cm herbomètre et sortie 5-6 cm constituent un repère fréquent à adapter à la flore… | Priorité : résiduel suffisant, pas de piétinement, rotation ajustée à la pousse. [S18-S19] |
| Quand faucher ? | Plus tôt = meilleure valeur alimentaire mais rendement et floraison moindres ; plus tard = plus de biomasse/fibres et davantage de reproduction florale. | Choisir la date selon qualité recherchée, stocks, biodiversité et cahiers des charges. |
| Faut-il fertiliser ? | Oui si le diagnostic montre un besoin et si l’objectif productif le justifie. En prairie riche en espèces, l’excès d’azote simplifie la flore. | Raisonner N/P/K sur analyses, exportations, légumineuses et effluents ; éviter la dose automatique. [S20-S22] |
| Faut-il retourner une prairie dégradée ? | Rarement en première intention. | Diagnostiquer d’abord tassement, pH, hydromorphie, sous/surpâturage, fertilisation et espèces indésirables ; vérifier PAC/Natura 2000 avant toute intervention. [S32-S35] |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Que faut-il retenir sur définition : prairie naturelle, permanente et sth ?
Le terme prairie naturelle est utile pour décrire une prairie ancienne dominée par une flore spontanée façonnée par le milieu et par des décennies de fauche ou de pâturage L’INRAE rattache d’ailleurs prairie naturelle exploitée et surface toujours en herbe au concept de prairie permanente défini comme un couvert herbacé installé depuis de nombreuses années riche en espèces spontanées et en équilibre sous l’effet conjoint du milieu et des pratiques S01 Mais les catégories ne sont pas synonymes au sens strict La statistique agricole SAA classe en STH les prairies… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur place en france et chiffres clés ?
Les prairies structurent une part majeure de l’agriculture française surtout dans les bassins d’élevage et les zones de montagne La SAA 2023 recense en France métropolitaine 8 713 982 ha de surfaces toujours en herbe au sein des exploitations pour 26 640 760 ha de SAU des exploitations Cela représente environ 32 7 de cette SAU S’y ajoutent 1 656 485 ha de STH hors exploitations surfaces collectives et hors champ statistique des exploitations S04 Ces chiffres ne doivent pas être assimilés à une superficie de prairies naturelles la STH… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur campagne fourragère 2026 : le retournement météo ?
La campagne 2026 illustre pourquoi une prairie ne se pilote jamais sur une moyenne annuelle seule Au 20 avril la pousse cumulée des prairies permanentes était supérieure de 53 à la référence 1989-2018 et en avance d’environ quinze jours Au 20 mai l’excédent restait de 20 Au 20 juin le cumul était revenu à la normale mais la pousse du dernier mois avait fortement ralenti S07-S09 La rupture intervient ensuite -15 au 30 juin -30 au 31 juillet puis environ -33 au 10 août Agreste attribue cette dégradation à la… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur origine, histoire et dynamique d’une prairie naturelle ?
Sous une grande partie des climats français une surface herbacée laissée sans utilisation tend à évoluer vers la friche le fourré puis le boisement Beaucoup de prairies dites naturelles sont donc en réalité des écosystèmes semi-naturels maintenus par l’activité agricole fauche pâturage restitution de déjections épandages organiques et entretien des ligneux S06-S13 Leur flore garde la mémoire des pratiques Une première fauche tardive favorise des espèces capables de monter à graines une fauche très précoce et répétée sélectionne davantage d’espèces tolérantes à la défoliation Un pâturage ras et fréquent favorise… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur typologie agroécologique ?
Il n’existe pas une « prairie naturelle type ». Les typologies françaises croisent altitude, humidité, fertilité, pH, régime d’exploitation, pente et composition botanique. Le CBN Massif central a recensé 68 types dans son travail, dont 60 intégrés à la typologie multifonctionnelle, nourrie par des centaines de relevés et des suivis de parcelles. [S12] La typologie est une simplification opérationnelle. Pour un diagnostic botanique fin, utiliser les clés du CBN, les typologies régionales et un relevé de terrain. [S12-S14] [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur composition botanique et groupes fonctionnels ?
La valeur d’une prairie naturelle vient de la complémentarité des espèces. Les graminées construisent l’essentiel de la biomasse et de la fibre ; les légumineuses peuvent fixer de l’azote atmosphérique et relever la teneur en protéines ; les dicotylédones non légumineuses apportent diversité de racines, minéraux secondaires, appétence ou composés bioactifs. Une flore très diverse peut contenir plusieurs dizaines d’espèces par mètre carré. [S06-S15] [S01][S02][S03]





