01 · Guide
Définition : prairie naturelle, permanente et STH
Le terme « prairie naturelle » est utile pour décrire une prairie ancienne dominée par une flore spontanée, façonnée par le milieu et par des décennies de fauche ou de pâturage. L’INRAE rattache d’ailleurs « prairie naturelle exploitée » et « surface toujours en herbe » au concept de prairie permanente, défini comme un couvert herbacé installé depuis de nombreuses années, riche en espèces spontanées et en équilibre sous l’effet conjoint du milieu et des pratiques.
Mais les catégories ne sont pas synonymes au sens strict. La statistique agricole (SAA) classe en STH les prairies semées de longue durée et les prairies naturelles productives; la PAC emploie une définition juridique de prairie/pâturage permanent fondée notamment sur la présence durable d’herbe ou d’autres plantes fourragères herbacées pendant au moins cinq années révolues. Ainsi, une vieille prairie semée peut être « permanente » sans être « naturelle » au sens botanique.
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Place en France et chiffres clés
Les prairies structurent une part majeure de l’agriculture française, surtout dans les bassins d’élevage et les zones de montagne. La SAA 2023 recense en France métropolitaine 8 713 982 ha de surfaces toujours en herbe au sein des exploitations, pour 26 640 760 ha de SAU des exploitations. Cela représente environ 32,7 % de cette SAU. S’y ajoutent 1 656 485 ha de STH hors exploitations (surfaces collectives et hors champ statistique des exploitations).
Ces chiffres ne doivent pas être assimilés à une superficie de « prairies naturelles »: la STH inclut aussi des prairies semées de longue durée. À l’inverse, la catégorie Teruti « surfaces toujours en herbe » repose sur une logique d’occupation du sol différente; les écarts entre sources viennent donc en partie des nomenclatures et des champs d’observation.
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Campagne fourragère 2026 : le retournement météo
La campagne 2026 illustre pourquoi une prairie ne se pilote jamais sur une « moyenne annuelle » seule. Au 20 avril, la pousse cumulée des prairies permanentes était supérieure de 53 % à la référence 1989-2018 et en avance d’environ quinze jours. Au 20 mai, l’excédent restait de 20 %. Au 20 juin, le cumul était revenu à la normale, mais la pousse du dernier mois avait fortement ralenti.
La rupture intervient ensuite: -15 % au 30 juin, -30 % au 31 juillet, puis environ -33 % au 10 août. Agreste attribue cette dégradation à la succession de chaleur, canicules et sécheresse, avec une pousse quasiment bloquée dans de nombreuses régions. Cette séquence impose une gestion adaptative: débrayer des paddocks au printemps excédentaire, constituer des stocks, puis réduire le chargement instantané et protéger les résiduels quand la pousse s’effondre.
04 · Guide
Origine, histoire et dynamique d’une prairie naturelle
Sous une grande partie des climats français, une surface herbacée laissée sans utilisation tend à évoluer vers la friche, le fourré puis le boisement. Beaucoup de prairies dites naturelles sont donc en réalité des écosystèmes semi-naturels maintenus par l’activité agricole: fauche, pâturage, restitution de déjections, épandages organiques et entretien des ligneux.
Leur flore garde la mémoire des pratiques. Une première fauche tardive favorise des espèces capables de monter à graines; une fauche très précoce et répétée sélectionne davantage d’espèces tolérantes à la défoliation. Un pâturage ras et fréquent favorise des plantes de petite taille, des rosettes et des espèces tolérant le piétinement; à l’inverse, la sous-utilisation favorise refus, hautes herbes et ligneux.
Stabilité ne veut pas dire immobilité: la composition botanique fluctue avec météo, fertilisation, date de première utilisation et intensité du pâturage.
La banque de graines et les propagules locales comptent: une restauration botanique peut prendre plusieurs années, surtout si les espèces sources ont disparu du paysage.
Le sol porte une partie de la mémoire: matière organique, structure, acidité et hydromorphie changent lentement; corriger la cause vaut mieux que resemer sans diagnostic.
05 · Guide
Typologie agroécologique
Il n’existe pas une « prairie naturelle type ». Les typologies françaises croisent altitude, humidité, fertilité, pH, régime d’exploitation, pente et composition botanique. Le CBN Massif central a recensé 68 types dans son travail, dont 60 intégrés à la typologie multifonctionnelle, nourrie par des centaines de relevés et des suivis de parcelles.
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Suivre la pousse 2026 par date
Les repères de pousse sont exprimés par rapport à la référence 1989-2018. Ils montrent comment l’écart peut changer en quelques semaines.
| Date 2026 | Écart par rapport à 1989-2018 |
|---|---|
| 20 avril | +53 %, avec une avance d’environ quinze jours |
| 20 mai | +20 % |
| 20 juin | Cumul revenu à la normale; pousse du dernier mois fortement ralentie |
| 30 juin | -15 % |
| 31 juillet | -30 % |
| 10 août | Environ -33 % |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Une prairie permanente est-elle forcément naturelle?
Pas toujours. Une prairie permanente peut être semée. La définition PAC repose sur une présence durable d’herbe ou d’autres plantes fourragères pendant au moins cinq années révolues.
Les surfaces de STH correspondent-elles aux prairies naturelles?
Non. La STH inclut aussi des prairies semées de longue durée. La catégorie Teruti « surfaces toujours en herbe » repose sur une autre logique d’occupation du sol.
Faut-il resemer une prairie qui produit moins?
Pas sans diagnostic. Corriger la cause, notamment dans le sol ou la conduite, vaut mieux que resemer sans avoir identifié le problème.





