Référence agronomique · France

Cultures fourragères · Prairies et pâturage

Prairie naturelle

Référence technique · Prairie naturelle

Le terme prairie naturelle est utile pour décrire une prairie ancienne dominée par une flore spontanée façonnée par le milieu et par des décennies de fauche ou de pâturage L’INRAE rattache d’ailleurs prairie naturelle exploitée et surface toujours en herbe au concept de prairie permanente défini comme un couvert herbacé installé depuis de nombreuses années riche en espèces spontanées et en équilibre sous l’effet conjoint du milieu et des pratiques S01 Mais les catégories ne sont pas synonymes au sens strict La statistique agricole SAA classe en STH les prairies semées de longue durée et les prairies naturelles productives la PAC emploie une définition juridique de prairie pâturage permanent fondée notamment sur la présence durable…

Vérifié le 25 août 2026 Lecture 12 min
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Vue agricole consacrée à prairie naturelle
Prairie naturelle · Photographie documentaire SILLOVA
24 sources analyséesOrganismes publics et techniques
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères de campagne

Les chiffres à retenir

Chaque valeur garde son année, son statut et sa source.

01
Consolidé

Couvert herbacé ancien dominé par des espèces spontanées généralement jamais retourné ou non ressemé depuis longtemps souvent inclus…

Qu’appelle-t-on prairie naturelle ?

Ne pas confondre terme agronomique/écologique et statut PAC. [S01-S03] [S01][S02]

02
Consolidé

En 2023 8 714 Mha de STH dans les exploitations métropolitaines plus 1 656 Mha de STH hors…

Combien en France ?

Ordre de grandeur national robuste, mais la STH englobe plus que les seules « prairies naturelles ». [S04] [S01][S02]

03
Consolidé

Entrer sur un couvert suffisamment portant et feuillu en pâturage tournant laitier 10-12 cm herbomètre et sortie 5-6…

Quand pâturer ?

Priorité : résiduel suffisant, pas de piétinement, rotation ajustée à la pousse. [S18-S19] [S01][S02]

04
Consolidé

Plus tôt meilleure valeur alimentaire mais rendement et floraison moindres plus tard plus de biomasse fibres et davantage…

Quand faucher ?

Choisir la date selon qualité recherchée, stocks, biodiversité et cahiers des charges. [S01][S02]

01 · Référence

Définition : prairie naturelle, permanente et STH

Le terme « prairie naturelle » est utile pour décrire une prairie ancienne dominée par une flore spontanée, façonnée par le milieu et par des décennies de fauche ou de pâturage. L’INRAE rattache d’ailleurs « prairie naturelle exploitée » et « surface toujours en herbe » au concept de prairie permanente, défini comme un couvert herbacé installé depuis de nombreuses années, riche en espèces spontanées et en équilibre sous l’effet conjoint du milieu et des pratiques. [S01]

Mais les catégories ne sont pas synonymes au sens strict. La statistique agricole (SAA) classe en STH les prairies semées de longue durée et les prairies naturelles productives ; la PAC emploie une définition juridique de prairie/pâturage permanent fondée notamment sur la présence durable d’herbe ou d’autres plantes fourragères herbacées pendant au moins cinq années révolues. Ainsi, une vieille prairie semée peut être « permanente » sans être « naturelle » au sens botanique. [S02-S03]

Sources de cette section [S01][S02][S03]

02 · Référence

Place en France et chiffres clés

Les prairies structurent une part majeure de l’agriculture française, surtout dans les bassins d’élevage et les zones de montagne. La SAA 2023 recense en France métropolitaine 8 713 982 ha de surfaces toujours en herbe au sein des exploitations, pour 26 640 760 ha de SAU des exploitations. Cela représente environ 32,7 % de cette SAU. S’y ajoutent 1 656 485 ha de STH hors exploitations (surfaces collectives et hors champ statistique des exploitations). [S04]

Ces chiffres ne doivent pas être assimilés à une superficie de « prairies naturelles » : la STH inclut aussi des prairies semées de longue durée. À l’inverse, la catégorie Teruti « surfaces toujours en herbe » repose sur une logique d’occupation du sol différente ; les écarts entre sources viennent donc en partie des nomenclatures et des champs d’observation. [S04-S05]

Sources de cette section [S01][S02][S03]

03 · Référence

Campagne fourragère 2026 : le retournement météo

La campagne 2026 illustre pourquoi une prairie ne se pilote jamais sur une « moyenne annuelle » seule. Au 20 avril, la pousse cumulée des prairies permanentes était supérieure de 53 % à la référence 1989-2018 et en avance d’environ quinze jours. Au 20 mai, l’excédent restait de 20 %. Au 20 juin, le cumul était revenu à la normale, mais la pousse du dernier mois avait fortement ralenti. [S07-S09]

La rupture intervient ensuite : -15 % au 30 juin, -30 % au 31 juillet, puis environ -33 % au 10 août. Agreste attribue cette dégradation à la succession de chaleur, canicules et sécheresse, avec une pousse quasiment bloquée dans de nombreuses régions. Cette séquence impose une gestion adaptative : débrayer des paddocks au printemps excédentaire, constituer des stocks, puis réduire le chargement instantané et protéger les résiduels quand la pousse s’effondre. [S08-S11]

Sources de cette section [S01][S02][S03]

04 · Référence

Origine, histoire et dynamique d’une prairie naturelle

Sous une grande partie des climats français, une surface herbacée laissée sans utilisation tend à évoluer vers la friche, le fourré puis le boisement. Beaucoup de prairies dites naturelles sont donc en réalité des écosystèmes semi-naturels maintenus par l’activité agricole : fauche, pâturage, restitution de déjections, épandages organiques et entretien des ligneux. [S06-S13]

Leur flore garde la mémoire des pratiques. Une première fauche tardive favorise des espèces capables de monter à graines ; une fauche très précoce et répétée sélectionne davantage d’espèces tolérantes à la défoliation. Un pâturage ras et fréquent favorise des plantes de petite taille, des rosettes et des espèces tolérant le piétinement ; à l’inverse, la sous-utilisation favorise refus, hautes herbes et ligneux. [S13-S14]

Stabilité ne veut pas dire immobilité : la composition botanique fluctue avec météo, fertilisation, date de première utilisation et intensité du pâturage.

La banque de graines et les propagules locales comptent : une restauration botanique peut prendre plusieurs années, surtout si les espèces sources ont disparu du paysage.

Le sol porte une partie de la mémoire : matière organique, structure, acidité et hydromorphie changent lentement ; corriger la cause vaut mieux que resemer sans diagnostic.

Sources de cette section [S01][S02][S03]

05 · Référence

Typologie agroécologique

Il n’existe pas une « prairie naturelle type ». Les typologies françaises croisent altitude, humidité, fertilité, pH, régime d’exploitation, pente et composition botanique. Le CBN Massif central a recensé 68 types dans son travail, dont 60 intégrés à la typologie multifonctionnelle, nourrie par des centaines de relevés et des suivis de parcelles. [S12]

Sources de cette section [S01][S02][S03]

06 · Référence

Composition botanique et groupes fonctionnels

La valeur d’une prairie naturelle vient de la complémentarité des espèces Les graminées construisent l’essentiel de la biomasse et de la fibre les légumineuses peuvent fixer de l’azote atmosphérique et relever la teneur en protéines les dicotylédones non légumineuses apportent diversité de racines minéraux secondaires…

Sources de cette section [S01][S02][S03]

07 · Référence

Lire la prairie par les plantes indicatrices

Une plante isolée ne prouve rien L’intérêt du diagnostic botanique vient des assemblages d’espèces de leur abondance de leur distribution et de l’historique de la parcelle Les outils du CBN Massif central utilisent justement des groupes indicateurs pour interpréter humidité fertilité acidité intensité d’utilisation et…

Sources de cette section [S01][S02][S03]

08 · Référence

Sol, pH, structure, hydromorphie et fertilité

La prairie permanente protège le sol par un couvert quasi continu et un réseau racinaire dense Mais sa portance et sa productivité dépendent de la profondeur exploitable de la texture de la teneur en matière organique de la réserve utile de l’aération et de la…

Repères documentés issus du dossier de référence SILLOVA.
QuestionRepère de travailDécision SILLOVA
Qu’appelle-t-on prairie naturelle ?Couvert herbacé ancien dominé par des espèces spontanées, généralement jamais retourné ou non ressemé depuis longtemps ; souvent inclus dans les prairies permanentes/STH.Ne pas confondre terme agronomique/écologique et statut PAC. [S01-S03]
Combien en France ?En 2023 : 8,714 Mha de STH dans les exploitations métropolitaines, plus 1,656 Mha de STH hors exploitations.Ordre de grandeur national robuste, mais la STH englobe plus que les seules « prairies naturelles ». [S04]
Quand pâturer ?Entrer sur un couvert suffisamment portant et feuillu en pâturage tournant laitier 10-12 cm herbomètre et sortie 5-6 cm constituent un repère fréquent à adapter à la flore…Priorité : résiduel suffisant, pas de piétinement, rotation ajustée à la pousse. [S18-S19]
Quand faucher ?Plus tôt = meilleure valeur alimentaire mais rendement et floraison moindres ; plus tard = plus de biomasse/fibres et davantage de reproduction florale.Choisir la date selon qualité recherchée, stocks, biodiversité et cahiers des charges.
Faut-il fertiliser ?Oui si le diagnostic montre un besoin et si l’objectif productif le justifie. En prairie riche en espèces, l’excès d’azote simplifie la flore.Raisonner N/P/K sur analyses, exportations, légumineuses et effluents ; éviter la dose automatique. [S20-S22]
Faut-il retourner une prairie dégradée ?Rarement en première intention.Diagnostiquer d’abord tassement, pH, hydromorphie, sous/surpâturage, fertilisation et espèces indésirables ; vérifier PAC/Natura 2000 avant toute intervention. [S32-S35]
Sources de cette section [S01][S02][S03]

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

Que faut-il retenir sur définition : prairie naturelle, permanente et sth ?

Le terme prairie naturelle est utile pour décrire une prairie ancienne dominée par une flore spontanée façonnée par le milieu et par des décennies de fauche ou de pâturage L’INRAE rattache d’ailleurs prairie naturelle exploitée et surface toujours en herbe au concept de prairie permanente défini comme un couvert herbacé installé depuis de nombreuses années riche en espèces spontanées et en équilibre sous l’effet conjoint du milieu et des pratiques S01 Mais les catégories ne sont pas synonymes au sens strict La statistique agricole SAA classe en STH les prairies… [S01][S02][S03]

Que faut-il retenir sur place en france et chiffres clés ?

Les prairies structurent une part majeure de l’agriculture française surtout dans les bassins d’élevage et les zones de montagne La SAA 2023 recense en France métropolitaine 8 713 982 ha de surfaces toujours en herbe au sein des exploitations pour 26 640 760 ha de SAU des exploitations Cela représente environ 32 7 de cette SAU S’y ajoutent 1 656 485 ha de STH hors exploitations surfaces collectives et hors champ statistique des exploitations S04 Ces chiffres ne doivent pas être assimilés à une superficie de prairies naturelles la STH… [S01][S02][S03]

Que faut-il retenir sur campagne fourragère 2026 : le retournement météo ?

La campagne 2026 illustre pourquoi une prairie ne se pilote jamais sur une moyenne annuelle seule Au 20 avril la pousse cumulée des prairies permanentes était supérieure de 53 à la référence 1989-2018 et en avance d’environ quinze jours Au 20 mai l’excédent restait de 20 Au 20 juin le cumul était revenu à la normale mais la pousse du dernier mois avait fortement ralenti S07-S09 La rupture intervient ensuite -15 au 30 juin -30 au 31 juillet puis environ -33 au 10 août Agreste attribue cette dégradation à la… [S01][S02][S03]

Que faut-il retenir sur origine, histoire et dynamique d’une prairie naturelle ?

Sous une grande partie des climats français une surface herbacée laissée sans utilisation tend à évoluer vers la friche le fourré puis le boisement Beaucoup de prairies dites naturelles sont donc en réalité des écosystèmes semi-naturels maintenus par l’activité agricole fauche pâturage restitution de déjections épandages organiques et entretien des ligneux S06-S13 Leur flore garde la mémoire des pratiques Une première fauche tardive favorise des espèces capables de monter à graines une fauche très précoce et répétée sélectionne davantage d’espèces tolérantes à la défoliation Un pâturage ras et fréquent favorise… [S01][S02][S03]

Que faut-il retenir sur typologie agroécologique ?

Il n’existe pas une « prairie naturelle type ». Les typologies françaises croisent altitude, humidité, fertilité, pH, régime d’exploitation, pente et composition botanique. Le CBN Massif central a recensé 68 types dans son travail, dont 60 intégrés à la typologie multifonctionnelle, nourrie par des centaines de relevés et des suivis de parcelles. [S12] La typologie est une simplification opérationnelle. Pour un diagnostic botanique fin, utiliser les clés du CBN, les typologies régionales et un relevé de terrain. [S12-S14] [S01][S02][S03]

Que faut-il retenir sur composition botanique et groupes fonctionnels ?

La valeur d’une prairie naturelle vient de la complémentarité des espèces. Les graminées construisent l’essentiel de la biomasse et de la fibre ; les légumineuses peuvent fixer de l’azote atmosphérique et relever la teneur en protéines ; les dicotylédones non légumineuses apportent diversité de racines, minéraux secondaires, appétence ou composés bioactifs. Une flore très diverse peut contenir plusieurs dizaines d’espèces par mètre carré. [S06-S15] [S01][S02][S03]

Traçabilité

Sources utilisées

Les chiffres et repères affichés sur cette page renvoient à leur organisme d’origine. Les bases vivantes sont vérifiées avant toute recommandation opérationnelle.

8 sources affichées sur 24

  1. S01

    INRAE. Thésaurus INRAE - « prairie permanente » : définition et termes associés

    S01] INRAE. Thésaurus INRAE - « prairie permanente » : définition et termes associés. 2023.

    2026

  2. S02

    Agreste Méthodologie de la Statistique agricole annuelle - prairies temporaires…

    S02] Agreste. Méthodologie de la Statistique agricole annuelle - prairies temporaires et surfaces toujours en herbe. 2026.

    2026

  3. S03
  4. S04

    Agreste Statistique agricole annuelle 2023 définitive - répartition du territoire…

    S04] Agreste. Statistique agricole annuelle 2023 définitive - répartition du territoire, STH et SAU. nov. 2024.

    2026

  5. S05

    Agreste Teruti 2023 - occupation et utilisation du territoire moyenne…

    S05] Agreste. Teruti 2023 - occupation et utilisation du territoire (moyenne 2022-2024). mai 2025.

    2026

  6. S06
  7. S07

    Agreste INRAE Météo-France Pousse de l’herbe pas d’amélioration déficit au…

    S08] Agreste / INRAE / Météo-France. Pousse de l’herbe : pas d’amélioration, déficit au 10 août 2026. 18 août 2026.

    2026

  8. S08

    Agreste INRAE Météo-France La pousse cumulée de l’herbe reste importante…

    S09] Agreste / INRAE / Météo-France. La pousse cumulée de l’herbe reste importante au 20 mai 2026. 28 mai 2026.

    2026