01 · Référence
Définir correctement « variétés d’épeautre »
Le dossier 802 traite le grand épeautre, généralement nommé Triticum spelta L. dans les textes réglementaires ou Triticum aestivum L. subsp. spelta dans la littérature taxonomique moderne. INRAE rappelle que T. aestivum est une espèce hexaploïde (2n = 42) qui comprend les blés tendres à grains nus et le grand épeautre à grain vêtu. Il s’agit d’une céréale principalement autogame ; les variétés commerciales sont donc le plus souvent des lignées stabilisées et non des hybrides F1 au sens du maïs. [S13]
Il faut séparer quatre notions souvent mélangées : le grand épeautre (T. aestivum subsp. spelta), le petit épeautre ou engrain (T. monococcum), l’amidonnier/emmer (T. turgidum subsp. dicoccum) et le blé tendre. Le questionnaire Agreste 2025 demande désormais explicitement quel type d’épeautre a été semé : petit épeautre/engrain, grand épeautre ou épeautre de Tartarie/amidonnier. Cette granularité est importante car les statistiques historiques et les catalogues commerciaux peuvent avoir regroupé plusieurs catégories. [S12]
02 · Référence
L’épeautre en France : petite surface, forte composante biologique
La statistique française disponible est moins robuste et moins homogène que pour le blé. Le recensement agricole 2020 permet néanmoins d’isoler une ligne « Épeautre » dans plusieurs régions. Les surfaces recensées sont très majoritairement non irriguées et la part en agriculture biologique est élevée. [S08-S10]
*Addition documentaire des trois régions uniquement. Ce total ne représente ni la France entière ni une estimation nationale. La part AB agrégée est calculée sur ces seules surfaces. [S08-S10]
La campagne 2024 en Bourgogne-Franche-Comté illustre un autre problème : les données Agence Bio y distinguent simultanément « Épeautre » (110 ha), « Petit Épeautre » (1 180 ha) et « Grand Épeautre » (1 110 ha), après des valeurs 2023 très différentes. Une baisse apparente de 93 % de la catégorie générique « Épeautre » coexiste donc avec des catégories spécifiques. SILLOVA doit conserver le libellé statistique exact et éviter de comparer mécaniquement deux séries dont la nomenclature a changé. [S11]
03 · Référence
Catalogue officiel, Catalogue UE et disponibilité commerciale
Le Catalogue officiel français relève du ministère chargé de l’Agriculture ; les décisions d’inscription et de radiation sont publiées au Journal officiel sur proposition du CTPS après études gérées par le GEVES. Une variété inscrite dans un catalogue national d’un État membre peut être portée au Catalogue commun de l’Union et commercialisée dans l’UE. SEMAE met à disposition une base professionnelle qui agrège les variétés françaises et celles d’autres États membres produites ou commercialisées en France, mais précise que cette base n’a pas de valeur juridique. [S02-S05]
Pour l’épeautre, cette distinction est particulièrement importante : de nombreuses références visibles en France sont inscrites en Belgique, Suisse, Allemagne ou ailleurs en Europe. La présence d’une variété sur un site de semencier français prouve une disponibilité commerciale à une date donnée ; elle ne prouve pas une inscription française. À l’inverse, une inscription légale ne garantit ni la disponibilité de semences ni un débouché. [S05,S16-S22]
04 · Référence
Génétique et sélection : « traditionnel » et « moderne » ne sont pas binaires
L’histoire de la sélection explique une grande partie des écarts de comportement. Les premières améliorations ont consisté à sélectionner des plantes dans des populations locales, donnant des références comme Oberkulmer Rotkorn, Lignée 24 ou Bauländer Spelz. À partir du milieu du XXe siècle, des croisements entre épeautres et, dans plusieurs programmes, avec du blé tendre ont servi à gagner en rendement, raccourcir la paille, réduire la verse et améliorer certaines qualités technologiques. Le CRA-W cite notamment Cosmos, Sérénité, Alkor, Zollernspelz et Badenkrone parmi les épeautres modernes comportant une part d’ascendance blé. [S25,S32]
05 · Référence
Les débouchés structurent le choix variétal
Le grand épeautre est utilisé en alimentation humaine sous forme de farine pain pâtes biscuits céréales de petit-déjeuner et grain décortiqué ainsi qu’en alimentation animale Le Bundessortenamt rappelle aussi l’usage en Grünkern grain récolté immature et séché dans les pays germanophones En France les semenciers…
06 · Référence
Précocité, alternativité et date d’implantation
Les gammes françaises montrent plusieurs profils d’hiver ALKOR et SÉRÉNITÉ sont plutôt demi-tardifs CONVOITISE et COURTOISE se situent autour de demi-tardif à demi-précoce ASTURIN est plus précoce COSMOS et ZOLLERNSPELZ sont généralement présentés comme demi-précoces Ces repères viennent des fiches commerciales et doivent être confrontés…
07 · Référence
Hauteur, tallage, verse et fertilisation : éviter le piège de la paille
La verse est l’un des caractères qui différencient le plus les épeautres anciens et modernes Les travaux de sélection ont en moyenne raccourci les plantes et amélioré la tenue de tige Les fiches françaises 2026 présentent ASTURIN comme de taille moyenne avec une résistance à…
08 · Référence
Maladies : rouille jaune, rouille brune, septoriose, oïdium et fusariose
Les réseaux européens montrent que la rusticité supposée de l’épeautre ne dispense pas du choix sanitaire La rouille jaune peut devenir très agressive sur certaines variétés des avertissements wallons ont par exemple signalé Cosmos et Badensonne parmi les plus sensibles dans certaines campagnes tandis que…
| Référence | Contenu |
|---|---|
| Sujet SILLOVA | 802 - Variétés d’épeautre (grand épeautre / Triticum aestivum subsp. spelta) |
| Périmètre | Variétés de grand épeautre d’hiver ou alternatives pertinentes pour la France ; alimentation humaine, meunerie/panification, alimentation animale. Le petit épeautre/engrain est traité séparément au dossier 803. |
| Actualisation documentaire | 21 août 2026 |
| Repères France | RA2020 : 2 214 ha en Auvergne-Rhône-Alpes, 1 991 ha en Nouvelle-Aquitaine et 1 567 ha en Occitanie ; forte présence AB. Données régionales, pas un total national. [S08-S10] |
| Références variétales | France : GEVES/SEMAE + disponibilités 2026 ; essais indépendants : Livre Blanc Céréales 2025, FiBL ; comparaison officielle : Bundessortenamt 2026. |
| Connexions SILLOVA | Épeautre • Semences et variétés agricoles • Agriculture biologique • Panification • Fusariose • Rouille jaune • Décorticage • Petit épeautre/engrain (803) |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Que faut-il retenir sur définir correctement « variétés d’épeautre » ?
Le dossier 802 traite le grand épeautre généralement nommé Triticum spelta L dans les textes réglementaires ou Triticum aestivum L subsp spelta dans la littérature taxonomique moderne INRAE rappelle que T aestivum est une espèce hexaploïde 2n 42 qui comprend les blés tendres à grains nus et le grand épeautre à grain vêtu Il s’agit d’une céréale principalement autogame les variétés commerciales sont donc le plus souvent des lignées stabilisées et non des hybrides F1 au sens du maïs S13 Il faut séparer quatre notions souvent mélangées le grand épeautre… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur l’épeautre en france : petite surface, forte composante biologique ?
La statistique française disponible est moins robuste et moins homogène que pour le blé Le recensement agricole 2020 permet néanmoins d’isoler une ligne Épeautre dans plusieurs régions Les surfaces recensées sont très majoritairement non irriguées et la part en agriculture biologique est élevée S08-S10 Addition documentaire des trois régions uniquement Ce total ne représente ni la France entière ni une estimation nationale La part AB agrégée est calculée sur ces seules surfaces S08-S10 La campagne 2024 en Bourgogne-Franche-Comté illustre un autre problème les données Agence Bio y distinguent simultanément Épeautre… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur catalogue officiel, catalogue ue et disponibilité commerciale ?
Le Catalogue officiel français relève du ministère chargé de l’Agriculture les décisions d’inscription et de radiation sont publiées au Journal officiel sur proposition du CTPS après études gérées par le GEVES Une variété inscrite dans un catalogue national d’un État membre peut être portée au Catalogue commun de l’Union et commercialisée dans l’UE SEMAE met à disposition une base professionnelle qui agrège les variétés françaises et celles d’autres États membres produites ou commercialisées en France mais précise que cette base n’a pas de valeur juridique S02-S05 Pour l’épeautre cette distinction… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur génétique et sélection : « traditionnel » et « moderne » ne sont pas binaires ?
L’histoire de la sélection explique une grande partie des écarts de comportement Les premières améliorations ont consisté à sélectionner des plantes dans des populations locales donnant des références comme Oberkulmer Rotkorn Lignée 24 ou Bauländer Spelz À partir du milieu du XXe siècle des croisements entre épeautres et dans plusieurs programmes avec du blé tendre ont servi à gagner en rendement raccourcir la paille réduire la verse et améliorer certaines qualités technologiques Le CRA-W cite notamment Cosmos Sérénité Alkor Zollernspelz et Badenkrone parmi les épeautres modernes comportant une part d’ascendance… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur les débouchés structurent le choix variétal ?
Le grand épeautre est utilisé en alimentation humaine sous forme de farine pain pâtes biscuits céréales de petit-déjeuner et grain décortiqué ainsi qu’en alimentation animale Le Bundessortenamt rappelle aussi l’usage en Grünkern grain récolté immature et séché dans les pays germanophones En France les semenciers positionnent surtout leurs variétés sur meunerie panification alimentation animale et systèmes biologiques S16 S27 Le débouché doit être fixé avant la variété car les mêmes qualités ne sont pas recherchées Un meunier peut privilégier force boulangère sédimentation Hagberg et comportement de pâte un élevage valorise… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur précocité, alternativité et date d’implantation ?
Les gammes françaises montrent plusieurs profils d’hiver ALKOR et SÉRÉNITÉ sont plutôt demi-tardifs CONVOITISE et COURTOISE se situent autour de demi-tardif à demi-précoce ASTURIN est plus précoce COSMOS et ZOLLERNSPELZ sont généralement présentés comme demi-précoces Ces repères viennent des fiches commerciales et doivent être confrontés au comportement local S16-S22 La date de semis interagit avec la verse le développement automnal les maladies et la maturité Le positionnement commercial d’ALKOR indique des semis d’octobre et novembre Pour les autres références SILLOVA ne doit pas transposer automatiquement une fenêtre de blé tendre… [S01][S02][S03]





