01 · Référence
Résumé exécutif : les points clés pour une serre française
La serre transforme une culture saisonnière très sensible au froid en système pilotable. Elle ne supprime pas les risques : elle déplace une partie des contraintes vers l’énergie, l’hygrométrie, la main-d’œuvre, l’eau, la nutrition et la biosécurité.
La tomate est la principale culture de serre hors-sol en France. Agreste estimait au 1er mai 2025 444,4 kt sous serre sur 1 976 ha ; la production française totale de frais a finalement été estimée à 497,6 kt au 1er novembre 2025.
Les serres verre chauffées à haute technicité visent des cycles longs et une forte productivité. Le projet CTIFL PERTOMCO retient, pour ses ACV, 60 kg/m² en tomate grappe hors-sol, 38 kg/m² en cerise et 48 kg/m² pour un segment ‘ancienne’, contre 25 kg/m² en tomate grappe en sol.
Le climat doit maintenir un équilibre génératif-végétatif. Les consignes sont dynamiques : davantage de température avec plus de lumière, prévention de la condensation, maîtrise du VPD et protection de la floraison en période chaude.
Le CO₂ enrichi augmente le potentiel photosynthétique, mais il a un coût et une empreinte. Le CTIFL a montré qu’un outil de pilotage pouvait réduire fortement le CO₂ liquide dans certains essais sans appliquer une consigne fixe toute la journée.
02 · Référence
Histoire et évolution technique
En France, le développement moderne des serres maraîchères s’accélère après la Seconde Guerre mondiale. La recherche de précocité puis de régularité d’approvisionnement conduit à l’extension des serres chauffées, du palissage vertical, des hybrides indéterminés, puis du hors-sol. La généralisation de l’irrigation fertilisante, du chauffage piloté et de la lutte biologique modifie profondément la productivité et le calendrier.
Depuis les années 2000, l’évolution ne se résume plus à ‘chauffer davantage’. Les systèmes recherchent simultanément productivité, goût, réduction des pesticides, précision de l’eau, moindre consommation de chaleur et décarbonation. Les projets CTIFL SERRES+, COOLCCB, DENVER, ACOR, ADOPT-IPM et PERTOMCO illustrent cette transition vers une serre pilotée comme un écosystème technique : énergie, plante, auxiliaires, eau et données sont interdépendants.
03 · Référence
Botanique et physiologie utiles au pilotage sous serre
La tomate est une Solanacée à croissance potentiellement indéterminée. Les hybrides de serre poursuivent l’émission de feuilles et de bouquets tant que l’apex reste actif. Ce fonctionnement justifie la conduite sur fil haut : suppression régulière des axillaires, enroulage ou clipsage, effeuillage progressif, descente et couchage de la tige lorsque la plante atteint le fil.
La production dépend du bilan source-puits. Les feuilles interceptent le rayonnement et produisent des assimilats ; les apex, racines et fruits les consomment. Un excès de vigueur végétative retarde ou fragilise la nouaison, tandis qu’une plante trop générative manque de surface foliaire et de réserves. Le pilotage de température, EC, irrigation, densité et charge de fruits vise donc un équilibre continu, pas une valeur isolée.
04 · Référence
Typologie des systèmes de serre
Le choix d’un système doit être fait à partir du débouché et non de la technologie disponible. Le coût du kilogramme, la fenêtre de prix, l’accès à une énergie bas carbone, le bassin logistique, la disponibilité en main-d’œuvre et le niveau de risque sanitaire sont aussi importants que le rendement théorique.
05 · Référence
La filière française de tomate sous serre
La tomate fraîche française est très majoritairement une production sous serre. Au 1er mai 2025, Agreste estimait 1 976 ha sous serre et 798 ha en plein air ; les volumes correspondants étaient 444,4 kt et 47,4 kt. Ainsi, la serre représentait environ 71,2 % de la surface mais 90,4 % du volume prévu. Cette différence reflète la durée de cycle et l’intensité…
Le Guide RHD du CTIFL, vérifié le 26 février 2026, situe les principaux bassins en Bretagne, dans le Sud et dans les Pays de la Loire. L’AOPn Tomates et Concombres de France annonce plus de 500 producteurs, 22 adhérents, environ 1 000 ha de production dont plus de 90 % sous serre et 6 000 emplois permanents ; ces chiffres décrivent son périmètre d’adhérents, pas l’ensemble statistique national.
06 · Référence
Bassins de production français
Les rendements apparents par bassin sont calculés à partir de l’estimation Agreste de mai 2025. Ils servent à comparer des structures de production à grande échelle, pas à évaluer une exploitation. Un bassin comportant davantage de serres verre chauffées et de cycles longs affichera mécaniquement une production par hectare supérieure à un bassin riche en tunnels non chauffés.
07 · Référence
Segments commerciaux et objectifs de qualité
La serre française s’est fortement segmentée pour sortir de la seule tomate ronde standard. Le choix du segment modifie le potentiel de rendement, la charge par bouquet, le nombre de passages de récolte, le coût de conditionnement et le prix moyen.
Le règlement délégué (UE) 2023/2429 classe les tomates fraîches en quatre types commerciaux réglementaires : rondes, côtelées, oblongues/allongées et cerises/cocktails. Cette typologie juridique ne recouvre pas toutes les catégories marketing utilisées par les opérateurs.
08 · Référence
Variétés : critères de choix et résistances
En serre, une variété doit être évaluée comme un ensemble ‘génotype × conduite × créneau × porte-greffe’. Les caractères recherchés incluent vigueur, longueur d’entre-nœud, vitesse de floraison, potentiel de rendement, calibre, homogénéité de grappe, fermeté, Brix, sensibilité au cracking, tenue après récolte et résistance aux bioagresseurs.
Le choix de résistances est devenu particulièrement stratégique avec ToBRFV. Les résistances/tolérances variétales réduisent le risque mais ne remplacent pas la biosécurité. En 2025, un essai CTIFL de 18 tomates cerises multicolores résistantes au ToBRFV a montré des rendements de 9,2 à 20,2 kg/m² sur le protocole considéré, ce qui illustre l’amplitude entre matériels végétaux au sein d’un même segment.
09 · Référence
Plants greffés et porte-greffes
Le greffage associe un greffon correspondant au segment commercial à un porte-greffe choisi pour la vigueur et la résistance aux pathogènes telluriques. En sol, son intérêt premier peut être sanitaire ; en hors-sol, il peut sécuriser la vigueur et permettre une conduite à deux têtes ou une densité de plants physiques plus faible.
Le bénéfice n’est pas automatique. Un porte-greffe trop vigoureux sous faible lumière ou forte fertilisation peut déséquilibrer la plante. À l’inverse, sous cycle long, charge élevée ou stress racinaire, une vigueur insuffisante réduit le potentiel en fin de culture. La compatibilité doit être évaluée sur le couple greffon/porte-greffe et sur plusieurs périodes de production.
10 · Référence
Pépinière, réception et qualité du plant
Le plant de serre doit arriver homogène, trapu, avec apex actif, système racinaire blanc et sain, absence de symptômes viraux, point de greffe cicatrisé et traçabilité complète du lot. Les erreurs de pépinière se propagent sur un cycle long ; la réception est donc une étape de contrôle et non une simple livraison.
Prévoir une zone propre pour l’entrée des plants ; les équipes et chariots qui ont circulé dans une serre en production ne doivent pas contaminer la zone de réception.
| Terme | Définition pratique | Conséquence agronomique |
|---|---|---|
| Serre chauffée | Abri équipé pour maintenir des températures de consigne au-delà du simple hors-gel. | Cycle plus long, précocité, maîtrise du climat ; forte sensibilité au coût/empreinte de l’énergie. |
| Abri froid / tunnel | Protection sans chauffage structurel, parfois hors-gel ponctuel. | Saison plus courte, forte dépendance au climat extérieur ; investissement énergétique moindre. |
| Hors-sol | Racines dans un substrat ou système non relié au sol ; solution nutritive pilotée. | Précision eau/nutrition et hygiène ; nécessité de gérer drainage, salinité et désinfection. |
| Culture en sol | Racines dans la terre de la serre. | Réserve tampon et biologie du sol ; rotation, salinité, maladies telluriques et structure du sol importantes. |
| Serre semi-fermée | Ventilation naturelle réduite, refroidissement/déshumidification et recirculation d’air renforcés. | Meilleure conservation du CO₂ et potentiel de climat estival ; équipements et réglages complexes. |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Que faut-il retenir sur résumé exécutif : les points clés pour une serre française ?
La serre transforme une culture saisonnière très sensible au froid en système pilotable. Elle ne supprime pas les risques : elle déplace une partie des contraintes vers l’énergie, l’hygrométrie, la main-d’œuvre, l’eau, la nutrition et la biosécurité. La tomate est la principale culture de serre hors-sol en France. Agreste estimait au 1er mai 2025 444,4 kt… [W01][W02]
Que faut-il retenir sur histoire et évolution technique ?
En France, le développement moderne des serres maraîchères s’accélère après la Seconde Guerre mondiale. La recherche de précocité puis de régularité d’approvisionnement conduit à l’extension des serres chauffées, du palissage vertical, des hybrides indéterminés, puis du hors-sol. La généralisation de l’irrigation fertilisante, du chauffage piloté et de la lutte biologique modifie profondément la productivité et le calendrier… [W01][W02]
Que faut-il retenir sur botanique et physiologie utiles au pilotage sous serre ?
La tomate est une Solanacée à croissance potentiellement indéterminée. Les hybrides de serre poursuivent l’émission de feuilles et de bouquets tant que l’apex reste actif. Ce fonctionnement justifie la conduite sur fil haut : suppression régulière des axillaires, enroulage ou clipsage, effeuillage progressif, descente et couchage de la tige lorsque la plante atteint le fil. La production dépend du bilan source… [W01][W02]
Que faut-il retenir sur typologie des systèmes de serre ?
Le choix d’un système doit être fait à partir du débouché et non de la technologie disponible. Le coût du kilogramme, la fenêtre de prix, l’accès à une énergie bas carbone, le bassin logistique, la disponibilité en main-d’œuvre et le niveau de risque sanitaire sont aussi importants que le rendement théorique. [W01][W02]
Que faut-il retenir sur la filière française de tomate sous serre ?
La tomate fraîche française est très majoritairement une production sous serre. Au 1er mai 2025, Agreste estimait 1 976 ha sous serre et 798 ha en plein air ; les volumes correspondants étaient 444,4 kt et 47,4 kt. Ainsi, la serre représentait environ 71,2 % de la surface mais 90,4 % du volume prévu. Cette différence reflète la durée de cycle… [W01][W02]
Que faut-il retenir sur bassins de production français ?
Les rendements apparents par bassin sont calculés à partir de l’estimation Agreste de mai 2025. Ils servent à comparer des structures de production à grande échelle, pas à évaluer une exploitation. Un bassin comportant davantage de serres verre chauffées et de cycles longs affichera mécaniquement une production par hectare supérieure à un bassin riche en tunnels non chauffés. [W01][W02]





