01 · Référence
À retenir
Le sursemis vise d’abord à densifier ou rééquilibrer une prairie sans remise à zéro complète du couvert.
Un échec de sursemis est souvent le symptôme d’une cause de dégradation non corrigée : surpâturage, sous-exploitation, piétinement, hydromorphie, compaction, fertilisation inadaptée, sécheresse, ravageurs ou espèces mal adaptées.
Avant de semer, il faut savoir ce que l’on veut corriger : manque de densité, déficit de légumineuses, pertes localisées, baisse de valeur alimentaire, ou adaptation climatique.
Un minimum de vides dans le couvert est indispensable. La littérature technique cite fréquemment plus de 10 % de sol nu comme repère favorable ; sans espaces libres, la jeune plantule est étouffée.
Une végétation courte est un prérequis : les références recommandent de rabattre fortement le couvert, souvent autour de 5 cm ou moins selon la méthode, afin de donner de la lumière aux plantules.
02 · Référence
Définition : qu’est-ce qu’un sursemis de prairie?
Le sursemis consiste à introduire des semences fourragères dans une prairie existante sans détruire totalement le couvert. Il se distingue d’une rénovation totale, dans laquelle la végétation est détruite puis réimplantée. La technique est aussi appelée regarnissage lorsqu’elle vise surtout à combler des vides, même si les usages professionnels ne sont pas parfaitement uniformes.
Le sursemis peut être ponctuel, ciblé sur des zones dénudées, ou généralisé à toute la parcelle. Il peut viser une seule espèce - par exemple du trèfle blanc - ou un mélange. Il peut être réalisé en prairie permanente, en prairie temporaire vieillissante, après sécheresse ou dégâts de ravageurs, ou pour modifier progressivement la composition fonctionnelle du couvert.
03 · Référence
Pourquoi sursemer? Objectifs agronomiques et zootechniques
Le sursemis n’est pas une fin en soi. Il est pertinent lorsque l’objectif est explicite et compatible avec l’état de la prairie. Les motifs classiques sont : combler des vides, restaurer une proportion d’espèces de bonne valeur, introduire une légumineuse, prolonger la durée de vie d’une prairie temporaire, réparer des dégâts localisés, améliorer l’appétence ou mieux étaler la production.
04 · Référence
Le sol nu : un indicateur central de la réussite
Le pourcentage de sol nu ne doit pas être interprété isolément : 15 % de vides dans un sol sec et compacté ne vaut pas 15 % de vides dans un sol humide, ressuyé et structuré. Le diagnostic doit associer espace libre, humidité, finesse de la couche superficielle et niveau de concurrence du couvert ancien.
05 · Référence
Arbre de décision : entretien, sursemis ou rénovation totale?
La prairie répond-elle encore à l’objectif de production et de qualité? Si oui, privilégier l’entretien et la conduite.
Existe-t-il au moins environ 10 % d’espaces réellement accessibles aux graines, ou peut-on les créer?
Si plusieurs réponses sont négatives, comparer le coût/risque d’une rénovation totale plutôt que de répéter un sursemis voué à l’échec.
06 · Référence
Choix variétal : aller au-delà du nom de l’espèce
Le choix variétal doit porter sur la précocité, la pérennité, la ploïdie, la souplesse d’exploitation, la résistance aux maladies, la tolérance aux stress et l’usage. ARVALIS rappelle notamment que les RGA diploïdes tallent davantage, alors que les tétraploïdes sont plus riches en eau ; le choix dépend du pâturage ou de la fauche.
Choisir l’espèce et la variété selon le sol, la durée attendue et l’usage de la prairie. Comparer les résultats d’essais disponibles et vérifier que la semence peut s’implanter dans un couvert vivant ; le choix ne se limite pas à ajouter l’espèce absente du mélange initial.
| Type de RGA | Caractère cité |
|---|---|
| RGA diploïde | Tallage plus important |
| RGA tétraploïde | Plus riche en eau |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Quand faut-il sursemer une prairie?
Lorsque l’objectif est explicite et compatible avec l’état de la prairie : combler des vides, introduire une légumineuse, prolonger une prairie temporaire ou réparer des dégâts localisés.
Quel taux de sol nu viser?
La littérature technique cite fréquemment plus de 10 % de sol nu comme repère favorable. Ce pourcentage ne se lit pas seul : l’humidité et la structure du sol comptent autant.
Sursemis ou rénovation totale?
Si la prairie répond encore à l’objectif, on privilégie l’entretien et la conduite. Si plusieurs réponses sont négatives, il faut comparer le coût et le risque d’une rénovation totale.





