01 · Référence
Ce que signifie « bien stocker » une pomme de terre
L’objectif n’est pas seulement de « conserver des tonnes ». Il s’agit de livrer à une date donnée un lot encore conforme à son débouché, avec le moins possible de pertes de masse et de déclassements. Un bon stockage maîtrise cinq grandeurs liées : température, humidité relative, circulation d’air, état sanitaire et état physiologique. La conduite doit aussi préserver la matière sèche, le calibre, l’intégrité de la peau, la couleur de friture, l’absence de germination et la traçabilité des traitements. [1][29]
02 · Référence
Contexte français 2025–2026 et enjeu économique du stockage
La France a connu en 2025 une production record de pommes de terre de conservation : environ 8,58 Mt selon l’UNPT/CNIPT, avec 43,5 t/ha de rendement moyen national. Pour 2026, Agreste anticipe à début août une production de 6,5 Mt, soit -22 % sur un an, principalement sous l’effet de la baisse des surfaces et des rendements. Les Hauts-de-France restent le cœur du bassin de production ; l’UNPT estimait fin juin 2026 que cette région regroupait près de 61 % des surfaces de conservation. [10][11][12]
Le stockage joue un rôle économique d’autant plus fort que les volumes sont contractualisés ou doivent être étalés sur plusieurs mois. Une tonne conservée n’a de valeur que si elle répond au cahier des charges au déstockage. En 2025, des références de Chambres d’agriculture montrent des charges de stockage très dépendantes du type de bâtiment, des antigerminatifs et surtout du prix de l’électricité ; ces chiffres doivent être utilisés comme repères de structure, non comme barème national 2026. [30]
03 · Référence
Physiologie du tubercule : respiration, transpiration, dormance et vieillissement
Après récolte, la pomme de terre respire : elle consomme de l’oxygène, oxyde des réserves carbonées et rejette du CO₂, de l’eau et de la chaleur. Elle transpire également par la peau et les blessures. ARVALIS estime que la transpiration explique environ 90 % des pertes de poids en conservation. L’intensité respiratoire est minimale autour de 4–8 °C, mais la température optimale du stockage dépend du débouché car le froid peut provoquer le sucrage des tubercules destinés à la friture. [1]
Une blessure augmente brutalement les pertes d’eau et ouvre une porte aux pathogènes. La cicatrisation produit une couche subérisée puis un périderme de blessure ; la recherche confirme que ce processus est un déterminant majeur de la résistance à la dessiccation et aux infections. Des températures trop basses ralentissent cette cicatrisation. [24]
Chaque variété possède une dormance et une vitesse de vieillissement propres. La saison de culture, la maturité, les températures en végétation et le stress influencent la durée avant reprise de germination. Une cellule peut donc être correctement refroidie et pourtant devenir difficile à piloter si des variétés à repos végétatif très différent sont mélangées. Le suivi du point blanc doit commencer avant l’apparition de germes longs. [3][4]
04 · Référence
Les six phases de conduite d’un stockage
La conduite n’est pas strictement linéaire : un lot humide peut nécessiter un retour au séchage ; un foyer de pourriture peut imposer davantage de ventilation et une sortie anticipée ; une germination précoce peut modifier le programme antigerminatif. [1][3][21]
05 · Référence
Décider si un lot mérite un stockage long : score de risque
Avant de raisonner les consignes, SILLOVA doit décider si le lot est « stockable longtemps ». Une grille simple évite de traiter tous les lots comme équivalents. Le score ci-dessous est une proposition de structuration SILLOVA, construite à partir des facteurs de risque décrits par ARVALIS/CNIPT ; ce n’est pas une norme réglementaire.
06 · Référence
De l’arrachage au bâtiment : la qualité se joue avant la porte
Le stockage ne répare pas une mauvaise récolte. Les pommes de terre destinées à conservation doivent arriver avec une peau suffisamment mûre, peu de blessures et le moins possible de terre humide. ARVALIS recommande de privilégier des températures d’arrachage tempérées ; les manipulations à basse température accroissent le risque de fractures et de noircissement interne. [2][17][18]
Limiter toutes les hauteurs de chute, les vitesses de tapis excessives et les transitions brutales ; un défaut mécanique invisible au remplissage peut apparaître plusieurs jours plus tard sous forme de noircissement interne.
Trier à la mise en stockage les tubercules pourris, fortement blessés ou issus de zones asphyxiées ; ne pas « cacher » un foyer à l’intérieur d’un tas inaccessible.
Répartir la tare terre : une poche de terre réduit la perméabilité à l’air et peut devenir un point chaud et humide.
Remplir les cellules le plus groupé possible ; ARVALIS conseille idéalement de limiter l’intervalle entre début et fin de remplissage à 8–10 jours pour homogénéiser la conduite. [2]
07 · Référence
Vrac, palox, ventilation extérieure, froid : choisir l’architecture
ARVALIS rappelle en 2026 que les techniques de longue conservation se distinguent de plus en plus selon le débouché : vrac ventilé pour une partie de l’industrie, stockage réfrigéré en caisses-palettes pour les plants et le frais lavable. [29]
08 · Référence
Bâtiment : obscurité, isolation, étanchéité et circulation d’air
Un bon bâtiment doit isoler le produit du rayonnement et des variations extérieures, guider l’air là où il est utile et éviter les fuites. Les anciennes prescriptions FranceAgriMer exigeaient pour consommation/plant un bâtiment obscur, étanche, isotherme et ventilé, avec sol bétonné et circuit de ventilation adapté. Même lorsqu’elles ne constituent plus une obligation d’aide, ces prescriptions restent un bon référentiel de conception. [13]
L’isolation réduit la charge frigorifique, stabilise la température et limite les condensations sur parois froides. Les ponts thermiques sont des zones à risque : ils favorisent ruissellement, condensation et hétérogénéité du tas. Pour les bâtiments réfrigérés, la qualité de l’étanchéité devient également importante pour les traitements par diffusion et la maîtrise des échanges d’air. [5][15]
La lumière provoque le verdissement et s’accompagne d’une hausse potentielle des glycoalcaloïdes. Pour les pommes de terre destinées au frais, l’obscurité durant stockage et manutention prolongée est un impératif de qualité et de sécurité alimentaire. L’EFSA a évalué en 2020 le risque associé aux glycoalcaloïdes, notamment α-solanine et α-chaconine. [23]
| Objectif | Indicateur opérationnel | Échec typique si mal piloté |
|---|---|---|
| Conserver la masse | Freinte (%) / masse nette livrée | Flétrissement, faces planes, perte directe de tonnes |
| Conserver la qualité sanitaire | % pourritures / foyers / odeur / humidité | Pourriture molle, Fusarium, Pythium, mildiou tubercule |
| Conserver la qualité visuelle | Turgescence, peau, gale argentée, dartrose, germes | Déclassement frais / lavage difficile |
| Conserver la qualité technologique | Sucres réducteurs, couleur friture, matière sèche | Frites/chips foncées, acrylamide accru |
| Conserver la valeur commerciale | Tonnage conforme × prix net | Pertes de marché, ventes précipitées, surcoûts énergie/traitements |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Que faut-il retenir sur ce que signifie « bien stocker » une pomme de terre ?
L’objectif n’est pas seulement de « conserver des tonnes ». Il s’agit de livrer à une date donnée un lot encore conforme à son débouché, avec le moins possible de pertes de masse et de déclassements. Un bon stockage maîtrise cinq grandeurs liées : température, humidité relative, circulation d’air, état sanitaire et état physiologique. La conduite doit aussi préserver la matière sèche, le calibre, l’intégrité de la peau, la couleur de friture, l’absence de germination et la traçabilité des traitements. [1][29] [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur contexte français 2025–2026 et enjeu économique du stockage ?
La France a connu en 2025 une production record de pommes de terre de conservation environ 8 58 Mt selon l’UNPT CNIPT avec 43 5 t ha de rendement moyen national Pour 2026 Agreste anticipe à début août une production de 6 5 Mt soit -22 sur un an principalement sous l’effet de la baisse des surfaces et des rendements Les Hauts-de-France restent le cœur du bassin de production l’UNPT estimait fin juin 2026 que cette région regroupait près de 61 des surfaces de conservation 10 11 12 Le stockage… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur physiologie du tubercule : respiration, transpiration, dormance et vieillissement ?
Après récolte la pomme de terre respire elle consomme de l’oxygène oxyde des réserves carbonées et rejette du CO₂ de l’eau et de la chaleur Elle transpire également par la peau et les blessures ARVALIS estime que la transpiration explique environ 90 des pertes de poids en conservation L’intensité respiratoire est minimale autour de 4 8 C mais la température optimale du stockage dépend du débouché car le froid peut provoquer le sucrage des tubercules destinés à la friture 1 Une blessure augmente brutalement les pertes d’eau et ouvre une… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur les six phases de conduite d’un stockage ?
La conduite n’est pas strictement linéaire : un lot humide peut nécessiter un retour au séchage ; un foyer de pourriture peut imposer davantage de ventilation et une sortie anticipée ; une germination précoce peut modifier le programme antigerminatif. [1][3][21] [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur décider si un lot mérite un stockage long : score de risque ?
Avant de raisonner les consignes, SILLOVA doit décider si le lot est « stockable longtemps ». Une grille simple évite de traiter tous les lots comme équivalents. Le score ci-dessous est une proposition de structuration SILLOVA, construite à partir des facteurs de risque décrits par ARVALIS/CNIPT ; ce n’est pas une norme réglementaire. [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur de l’arrachage au bâtiment : la qualité se joue avant la porte ?
Le stockage ne répare pas une mauvaise récolte Les pommes de terre destinées à conservation doivent arriver avec une peau suffisamment mûre peu de blessures et le moins possible de terre humide ARVALIS recommande de privilégier des températures d’arrachage tempérées les manipulations à basse température accroissent le risque de fractures et de noircissement interne 2 17 18 Limiter toutes les hauteurs de chute les vitesses de tapis excessives et les transitions brutales un défaut mécanique invisible au remplissage peut apparaître plusieurs jours plus tard sous forme de noircissement interne Trier… [S01][S02][S03]





