01 · Référence
Synthèse décisionnelle et seuils de vigilance
La récolte réussie est un compromis entre maturité physiologique, état sanitaire, risque météo, caractéristiques du sol, exigences du marché et capacité du chantier. L’objectif n’est pas de maximiser la vitesse instantanée, mais de maximiser les tonnes conformes et stockables par heure tout en limitant les pertes au champ, les impacts et la dégradation de la structure du sol.
Matrice « GO / AJUSTER / STOP »
Source / précision : Matrice SILLOVA de synthèse construite à partir des recommandations ARVALIS et CNIPT [1][2][5][7][8]. Les colonnes ne constituent pas des seuils réglementaires automatiques.
02 · Référence
Place de la récolte dans la filière française et contexte 2026
La France dispose d’une filière pomme de terre très diversifiée : frais, industrie de la frite et de la spécialité surgelée, chips, féculerie, plants, primeurs et multiples cahiers des charges. Cela explique qu’il n’existe pas une unique « bonne récolte ». Un lot destiné au lavage et à la présentation visuelle n’est pas conduit exactement comme un lot destiné à une transformation à forte matière sèche ou comme un lot de plants.
L’UNPT estime à 173 415 ha les surfaces françaises de pommes de terre de conservation en 2026, contre 192 099 ha en 2025. Les Hauts-de-France concentrent environ 61 % de ces surfaces. Ces chiffres sont des estimations de campagne et doivent être distingués des statistiques définitives. [10]
Pour disposer d’un point de comparaison consolidé, Agreste indique qu’en 2024 la seule production de pommes de terre de conservation et de demi-saison a atteint environ 7,4 Mt, soit plus de 80 % de la récolte totale de pommes de terre ; la production féculière était d’environ 0,5 Mt et les primeurs autour de 0,48 Mt. [12]
Conséquence opérationnelle : SILLOVA doit raisonner la récolte à partir de variables locales datées — pluviométrie récente, état de la butte, température du tubercule, maturité, variété, destination et capacité de stockage — et non à partir d’un seul repère national.
03 · Référence
Objectifs de récolte selon le débouché
Le « bon » réglage est celui qui protège les critères réellement payés ou pénalisés par le débouché. Avant d’entrer dans la parcelle, le chef de chantier doit connaître les spécifications contractuelles : calibre, tare terre, défauts externes, matière sèche, couleur de friture, sucre réducteur, taux de tubercules verts, déformations, blessures, maladies et conditions de livraison.
04 · Référence
Maturité, peau et aptitude à l’arrachage
4.1. Pourquoi la maturité de peau est déterminante
La peau du tubercule correspond au périderme. À mesure que le tubercule mûrit, l’activité du phellogène cesse et le périderme adhère plus fortement aux tissus sous-jacents : c’est le « skin-set ». Un périderme immature se détache facilement lors des frottements, ce qui augmente la perte d’eau, les défauts visuels et l’exposition aux agents pathogènes. La littérature physiologique confirme que la maturation de la peau est une transition structurale, pas seulement un changement d’aspect. [18]
ARVALIS recommande, pour les lots de conservation, d’attendre une peau bien formée. L’ordre de grandeur d’environ trois semaines après défanage est souvent cité, mais le délai doit être validé par l’état réel des tubercules. Un défanage précoce, une fertilisation azotée excessive ou une récolte sur sol très sec augmentent le risque d’écorchure. [1][2]
05 · Référence
Noter la proportion de tubercules qui pèlent facilement et la surface touchée. Répéter à plusieurs dates.
4. Compléter par un mini-arrachage : la peau peut sembler correcte à la main mais se dégrader dans la chaîne de séparation si le réglage est agressif.
Ce test ne remplace pas les critères de maturité du cahier des charges. Il sert de signal opérationnel : si la peau se détache encore facilement, le lot est vulnérable aux tapis, rouleaux, chutes et manutentions.
La destruction ou la sénescence du feuillage ne garantit pas automatiquement une peau mature. Des tubercules peuvent rester immatures après un défanage récent ; inversement, une parcelle fortement sénescente peut présenter d’autres risques : maladies, repousses physiologiques après retour de pluie, ou évolution rapide de la teneur en sucres. La décision doit combiner plante, tubercule et sol.
06 · Référence
Choisir la date et le créneau horaire
La date de récolte résulte d’une hiérarchie de contraintes. À l’échelle de la campagne : maturité, évolution sanitaire, risque de gel/pluie/chaleur, calendrier contractuel et capacité de stockage. À l’échelle de la journée : température réelle des tubercules, ressuyage du sol, humidité, rosée et disponibilité logistique.
07 · Référence
Vérifier la maturité et la tenue de peau ; relier la date au défanage et à l’état de la variété.
3. Examiner 5 à 10 jours de météo prévisionnelle et, surtout, l’état actuel du sol : une fenêtre « sèche » après fortes pluies peut rester impropre à l’arrachage.
08 · Référence
Réaliser un essai de quelques dizaines de mètres, contrôler les blessures et la tare terre, puis ajuster avant de lancer le chantier.
6. Réévaluer au cours de la journée : la température et la friabilité du sol changent, donc un réglage valable à 9 h peut être mauvais à 16 h.
| Paramètre | Repère pratique | Interprétation / action |
|---|---|---|
| Maturité de peau | Peau bien adhérente ; faible « skinning » au frottement | Condition clé pour la conservation. La tenue de peau se met généralement en place après l’arrêt de croissance ; vérifier directement sur un échantillon du champ. [1][18] |
| Délai après défanage | Ordre de grandeur souvent proche de 2–3 semaines pour la conservation | Le temps exact dépend de la variété de la maturité du sol et du débouché Pour le frais lavé éviter aussi des maintiens excessifs en sol favorisant dartrose… |
| Température des tubercules | 12–18 °C privilégiés ; vigilance renforcée hors de cette plage | Le froid accroît les fractures noircissement de choc la chaleur augmente stress respiration et difficultés de refroidissement ARVALIS cite aussi 8 20 C comme plage pratique plus large… |
| Hauteur de chute | ≤ 25–30 cm à chaque rupture de flux | Contrôler arracheuse, élévateur, trémie, remorque, déterrage, réception et mise en cellule. Une seule chute excessive peut annuler les bénéfices des autres réglages. [1][7][8] |
| Premier tapis | Vitesse proche de la vitesse d’avancement ; VRC/VAC ≈ 1 | ARVALIS donne environ 0,8 en sol léger/sec à 1,2 en sol humide/limono-argileux. Garder assez de terre fine pour amortir sans saturer la séparation. [1] |
| Sol | Ni saturé/collant, ni desséché avec mottes dures | Humide : terre collante, tri plus sévère, risque de structure et pourritures. Trop sec : mottes dures et impacts. [1][5] |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Que faut-il retenir sur synthèse décisionnelle et seuils de vigilance ?
La récolte réussie est un compromis entre maturité physiologique, état sanitaire, risque météo, caractéristiques du sol, exigences du marché et capacité du chantier. L’objectif n’est pas de maximiser la vitesse instantanée, mais de maximiser les tonnes conformes et stockables par heure tout en limitant les pertes au champ, les impacts et la dégradation de la structure du sol. Matrice « GO / AJUSTER / STOP » Source / précision : Matrice SILLOVA de synthèse construite à partir des recommandations ARVALIS et CNIPT [1][2][5][7][8]. Les colonnes ne constituent pas des seuils réglementaires automatiques. [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur place de la récolte dans la filière française et contexte 2026 ?
La France dispose d’une filière pomme de terre très diversifiée frais industrie de la frite et de la spécialité surgelée chips féculerie plants primeurs et multiples cahiers des charges Cela explique qu’il n’existe pas une unique bonne récolte Un lot destiné au lavage et à la présentation visuelle n’est pas conduit exactement comme un lot destiné à une transformation à forte matière sèche ou comme un lot de plants L’UNPT estime à 173 415 ha les surfaces françaises de pommes de terre de conservation en 2026 contre 192 099 ha… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur objectifs de récolte selon le débouché ?
Le « bon » réglage est celui qui protège les critères réellement payés ou pénalisés par le débouché. Avant d’entrer dans la parcelle, le chef de chantier doit connaître les spécifications contractuelles : calibre, tare terre, défauts externes, matière sèche, couleur de friture, sucre réducteur, taux de tubercules verts, déformations, blessures, maladies et conditions de livraison. [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur maturité, peau et aptitude à l’arrachage ?
4 1 Pourquoi la maturité de peau est déterminante La peau du tubercule correspond au périderme À mesure que le tubercule mûrit l’activité du phellogène cesse et le périderme adhère plus fortement aux tissus sous-jacents c’est le skin-set Un périderme immature se détache facilement lors des frottements ce qui augmente la perte d’eau les défauts visuels et l’exposition aux agents pathogènes La littérature physiologique confirme que la maturation de la peau est une transition structurale pas seulement un changement d’aspect 18 ARVALIS recommande pour les lots de conservation d’attendre une… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur noter la proportion de tubercules qui pèlent facilement et la surface touchée. répéter à plusieurs dates. ?
4 Compléter par un mini-arrachage la peau peut sembler correcte à la main mais se dégrader dans la chaîne de séparation si le réglage est agressif Ce test ne remplace pas les critères de maturité du cahier des charges Il sert de signal opérationnel si la peau se détache encore facilement le lot est vulnérable aux tapis rouleaux chutes et manutentions La destruction ou la sénescence du feuillage ne garantit pas automatiquement une peau mature Des tubercules peuvent rester immatures après un défanage récent inversement une parcelle fortement sénescente peut… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur choisir la date et le créneau horaire ?
La date de récolte résulte d’une hiérarchie de contraintes. À l’échelle de la campagne : maturité, évolution sanitaire, risque de gel/pluie/chaleur, calendrier contractuel et capacité de stockage. À l’échelle de la journée : température réelle des tubercules, ressuyage du sol, humidité, rosée et disponibilité logistique. [S01][S02][S03]





