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Grandes cultures · Conduite de l’orge

Ravageurs de l’orge

Sur orge, pucerons et cicadelles transmettent des viroses dès l’automne. Identifier le ravageur, observer sa présence dans la parcelle et tenir compte du stade et du risque local évite les traitements systématiques.

Mis à jour le 03/10/2026 Lecture 6 min
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Ravageurs de l’orge — illustration documentaire (Grandes cultures, Conduite de l’orge)
Ravageurs de l’orge · Photographie documentaire SILLOVA
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères essentiels

Quatre points pour guider la lecture.

Pucerons

Vecteurs de JNO

Cicadelles

Risque pieds chétifs

Observation

Sur les plantes

Décision

Selon le risque

01 · Guide

Identifier les ravageurs de l’orge

Sur orge, les ravageurs les plus déterminants ne sont pas nécessairement ceux que l’on voit le plus. À l’automne, quelques pucerons ou cicadelles peuvent transmettre des virus dont les conséquences ne deviennent visibles qu’au printemps. À l’inverse, les limaces détruisent directement graines et plantules et leur nuisibilité dépend fortement du microclimat de surface, du travail du sol et de la vitesse de levée. Au printemps, les criocères, pucerons des épis, thrips ou tordeuses sont souvent moins réguliers mais peuvent justifier une surveillance ciblée selon stade et région.

La période la plus critique pour l’orge d’hiver s’étend de la germination à la fin du tallage. La JNO (jaunisse nanisante de l’orge, BYDV) peut provoquer des pertes très fortes lorsque l’infection intervient tôt; ARVALIS cite couramment des pertes de 20 à 30 q/ha pour les viroses transmises par vecteurs, avec des situations dépassant ce niveau. L’orge d’hiver et l’avoine sont particulièrement sensibles à la JNO. Les variétés tolérantes, le décalage de date de semis lorsque le contexte le permet, la destruction des repousses et la surveillance sur plantes réduisent le risque sans le supprimer.

La décision suit un ordre précis: 1) identifier le stade et le type d’orge; 2) qualifier la pression de fond de la parcelle; 3) observer le ravageur avec la bonne méthode; 4) comparer aux seuils indicatifs et au BSV; 5) agir d’abord sur les leviers préventifs et seulement ensuite sur une protection autorisée si le risque le justifie; 6) enregistrer la décision et son résultat pour améliorer le diagnostic de la parcelle les années suivantes.

02 · Guide

Repérer les périodes de risque selon le type d’orge

L’orge d’hiver entre tôt dans la période de risque des ravageurs automnaux, surtout lorsqu’elle est semée précocement et lève sous températures douces. Les pucerons et cicadelles doivent être recherchés sur les jeunes plantes pendant cette période, même si les symptômes de virose n’apparaissent que plus tard.

L’orge de printemps est moins exposée aux vecteurs de l’automne. Sa phase plantule peut toutefois coïncider avec des limaces ou des ravageurs du sol, selon le précédent et le climat. Les observations et les bulletins sanitaires locaux permettent d’adapter la surveillance au stade réel de la culture.

03 · Guide

Ravageur, vecteur, virus : ne pas confondre

Un ravageur peut nuire directement par consommation ou indirectement en transmettant un agent pathogène. Les pucerons d’automne, notamment Rhopalosiphum padi, et les cicadelles Psammotettix alienus sont surtout redoutés comme vecteurs. La JNO est une virose transmise par plusieurs pucerons; la maladie des pieds chétifs est associée au Wheat dwarf virus (WDV) transmis par la cicadelle. Un insecticide, lorsqu’il est justifié et autorisé, vise le vecteur présent: il ne guérit pas une plante déjà infectée par un virus.

Cette distinction structure le diagnostic. Une parcelle jaune au printemps peut présenter une virose, une carence, une asphyxie racinaire, un accident herbicide, des dégâts de nématodes ou un stress climatique. Le diagnostic ne doit pas repartir du symptôme seul: il faut reconstituer le calendrier d’exposition, les observations d’automne, la répartition des foyers et, en cas d’enjeu important, envisager une confirmation par laboratoire.

04 · Guide

Matrice de décision : ravageurs majeurs, symptômes et seuils

Les seuils sont des repères, pas des automatismes. Leur valeur économique dépend du potentiel, du stade, de la dynamique du ravageur, du risque de transmission virale, de la météo, du coût de l’intervention et de l’efficacité attendue. Pour les ravageurs sans seuil robuste, le suivi de l’historique de parcelle et des foyers vaut davantage qu’un chiffre isolé.

05 · Guide

Pucerons d’automne : principaux vecteurs de la JNO

Plusieurs pucerons peuvent transmettre les virus de la jaunisse nanisante de l’orge. Rhopalosiphum padi, le puceron du merisier à grappes, est l’un des principaux vecteurs et constitue une espèce de référence pour la surveillance d’automne. Ses pics d’activité se situent notamment à l’automne, période pendant laquelle la surveillance des jeunes orges est nécessaire. Metopolophium dirhodum et Sitobion avenae peuvent également intervenir dans la dynamique des viroses selon les situations.

Le risque résulte d’une chaîne: présence de réservoirs végétaux infectés, vol de pucerons ailés vers les jeunes céréales, acquisition/transmission du virus, puis multiplication d’aptères dans la parcelle. Les repousses de céréales et autres graminées assurent une continuité verte entre récolte et semis. Un semis précoce augmente la durée de concomitance entre une céréale très sensible et une période encore favorable aux vols et à la reproduction des pucerons.

06 · Guide

Pucerons : protocole d’observation et seuil de décision

L’observation directe des pucerons sur les plantes reste nécessaire avant toute décision de protection.

Repères à vérifier dans la parcelle ou le contrat.
Type de dommageExemplesMoment de décisionCe qu’il faut observer
Direct sur graine/plantuleLimaces, taupins, zabre, tipules, mouchesAvant semis à 3-4 feuillesmanques, grains rongés, plantules sectionnées, larves, piégeage
Indirect par virusPucerons/JNO, cicadelles/WDVLevée à tallage-début montaison selon vecteurvecteurs sur plantes ou pièges, météo, semis, réservoirs
DéfoliationCriocères, mineusesMontaison à épiaisonsurface foliaire détruite, larves/tige, feuilles supérieures
Attaque d’épis/grainsPucerons des épis, thrips, CnephasiaÉpiaison-remplissagecolonisation des épis, larves, grains avortés
Racinaire chroniqueHeterodera avenae, Meloidogyne naasiDiagnostic de parcelle/rotationfoyers, racines, analyses sol/racines

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

Les pucerons détruisent-ils surtout l’orge par leur consommation?

Ils sont surtout redoutés comme vecteurs de virus. La JNO, transmise par plusieurs pucerons, peut provoquer des pertes très fortes lorsque l’infection intervient tôt.

Un insecticide guérit-il une plante déjà infectée?

Non. Un insecticide, lorsqu’il est justifié et autorisé, vise le vecteur présent. Il ne guérit pas une plante déjà infectée par un virus.

Quels ravageurs surveiller au printemps?

Criocères, pucerons des épis, thrips ou tordeuses sont souvent moins réguliers, mais peuvent justifier une surveillance ciblée selon le stade et la région.

Traçabilité

Sources utilisées

Les principales références utilisées pour vérifier les repères de cette page.