01 · Référence
— Résumé exécutif : les décisions qui comptent
Sur orge, les ravageurs les plus déterminants ne sont pas nécessairement ceux que l’on voit le plus. À l’automne, quelques pucerons ou cicadelles peuvent transmettre des virus dont les conséquences ne deviennent visibles qu’au printemps. À l’inverse, les limaces détruisent directement graines et plantules et leur nuisibilité dépend fortement du microclimat de surface, du travail du sol et de la vitesse de levée. Au printemps, les criocères, pucerons des épis, thrips ou tordeuses sont souvent moins réguliers mais peuvent justifier une surveillance ciblée selon stade et région.
La période la plus critique pour l’orge d’hiver s’étend de la germination à la fin du tallage. La JNO (jaunisse nanisante de l’orge, BYDV) peut provoquer des pertes très fortes lorsque l’infection intervient tôt ; ARVALIS cite couramment des pertes de 20 à 30 q/ha pour les viroses transmises par vecteurs, avec des situations dépassant ce niveau. L’orge d’hiver et l’avoine sont particulièrement sensibles à la JNO. Les variétés tolérantes, le décalage de date de semis lorsque le contexte le permet, la destruction des repousses et la surveillance sur plantes réduisent le risque sans le supprimer.
La logique SILLOVA doit toujours être : 1) identifier le stade et le type d’orge ; 2) qualifier la pression de fond de la parcelle ; 3) observer le ravageur avec la bonne méthode ; 4) comparer aux seuils indicatifs et au BSV ; 5) agir d’abord sur les leviers préventifs et seulement ensuite sur une protection autorisée si le risque le justifie ; 6) enregistrer la décision et son résultat pour améliorer le diagnostic de la parcelle les années suivantes.
Sources / repères : ARVALIS 2025-2026 ; BSV grandes cultures 2025-2026 ; Choisir & Décider Orge d’hiver 2025/26 et 2026/27.
02 · Référence
— Place de l’orge en France et contexte 2025-2026
L’orge reste l’une des grandes céréales françaises, avec des débouchés fourragers et brassicoles. La récolte 2025 a été élevée : FranceAgriMer et ARVALIS estimaient la production totale à environ 11,99 Mt, pour un rendement moyen de 67,1 q/ha, soit un niveau supérieur à la moyenne 2020-2024. Pour 2026, Agreste estimait en juillet la production autour de 11,1 Mt, en baisse d’environ 6 % sur un an, dans un contexte de rendements hétérogènes et de conditions climatiques contrastées. Ces chiffres de campagne donnent le contexte économique de la protection : la valeur du potentiel à préserver varie selon rendement, débouché et qualité brassicole.
En 2025, les surfaces d’orge d’hiver étaient proches de 1,2 million d’hectares pour une production autour de 8,4 Mt selon les synthèses FranceAgriMer/ARVALIS. L’orge d’hiver entre très tôt dans la période de risque des ravageurs automnaux, surtout lorsqu’elle est semée précocement et lève sous températures douces. L’orge de printemps est beaucoup moins exposée aux vecteurs automnaux, mais sa phase plantule peut coïncider avec des limaces, tipules, mouches ou taupins et son cycle court peut la rendre moins apte à compenser certaines défoliations de printemps.
Sources / repères : Agreste, conjoncture grandes cultures, 15 juillet 2026 ; FranceAgriMer/ARVALIS, qualité de la récolte 2025 ; ARVALIS, guides orges 2026.
03 · Référence
— Ravageur, vecteur, virus : ne pas confondre
Un ravageur peut nuire directement par consommation ou indirectement en transmettant un agent pathogène. Les pucerons d’automne, notamment Rhopalosiphum padi, et les cicadelles Psammotettix alienus sont surtout redoutés comme vecteurs. La JNO est une virose transmise par plusieurs pucerons ; la maladie des pieds chétifs est associée au Wheat dwarf virus (WDV) transmis par la cicadelle. Un insecticide, lorsqu’il est justifié et autorisé, vise le vecteur présent : il ne guérit pas une plante déjà infectée par un virus.
Cette distinction structure le diagnostic. Une parcelle jaune au printemps peut présenter une virose, une carence, une asphyxie racinaire, un accident herbicide, des dégâts de nématodes ou un stress climatique. Le diagnostic ne doit pas repartir du symptôme seul : il faut reconstituer le calendrier d’exposition, les observations d’automne, la répartition des foyers et, en cas d’enjeu important, envisager une confirmation par laboratoire.
Sources / repères : INRAE e-Phytia ; ARVALIS, ravageurs des céréales à paille.
04 · Référence
— Calendrier synthétique des ravageurs de l’orge
Sources / repères : ARVALIS ; BSV Auvergne-Rhône-Alpes, Lorraine, Bourgogne-Franche-Comté et autres régions, 2025-2026.
05 · Référence
— Matrice de décision : ravageurs majeurs, symptômes et seuils
Les seuils sont des repères, pas des automatismes. Leur valeur économique dépend du potentiel, du stade, de la dynamique du ravageur, du risque de transmission virale, de la météo, du coût de l’intervention et de l’efficacité attendue. Pour les ravageurs sans seuil robuste, le suivi de l’historique de parcelle et des foyers vaut davantage qu’un chiffre isolé.
Sources / repères : ARVALIS, BSV 2025-2026 ; INRAE e-Phytia ; repères historiques ARVALIS pour ravageurs de printemps.
06 · Référence
— Pucerons d’automne : principaux vecteurs de la JNO
Plusieurs pucerons peuvent transmettre les virus de la jaunisse nanisante de l’orge. Rhopalosiphum padi, le puceron du merisier à grappes, est l’un des principaux vecteurs et constitue une espèce de référence pour la surveillance d’automne. INRAE e-Phytia rappelle que ses pics d’activité se situent notamment de septembre à novembre et que l’orge fait partie des hôtes sur lesquels la virose se traduit par jaunissement et nanisme. Metopolophium dirhodum et Sitobion avenae peuvent également intervenir dans la dynamique des viroses selon les situations.
Le risque résulte d’une chaîne : présence de réservoirs végétaux infectés, vol de pucerons ailés vers les jeunes céréales, acquisition/transmission du virus, puis multiplication d’aptères dans la parcelle. Les repousses de céréales et autres graminées assurent une continuité verte entre récolte et semis. Un semis précoce augmente la durée de concomitance entre une céréale très sensible et une période encore favorable aux vols et à la reproduction des pucerons.
07 · Référence
— JNO : nuisibilité, symptômes et diagnostic
La JNO est un ensemble de viroses affectant les céréales à paille L’orge d’hiver et l’avoine sont particulièrement sensibles Une infection très précoce peut réduire fortement le nombre d’épis la fertilité et le remplissage avec des pertes parfois spectaculaires ARVALIS indique que les viroses transmises…
08 · Référence
— Pucerons : protocole d’observation et seuil de décision
Les plaques engluées ou pièges aspirants permettent de détecter les vols régionaux mais ne mesurent pas la colonisation de la parcelle ARVALIS insiste en 2025 sur un point pour décider l’observation sur plantes est la référence car les insecticides disponibles en végétation agissent essentiellement par…
| Type de dommage | Exemples | Moment de décision | Ce qu’il faut observer |
|---|---|---|---|
| Direct sur graine/plantule | Limaces, taupins, zabre, tipules, mouches | Avant semis à 3-4 feuilles | manques, grains rongés, plantules sectionnées, larves, piégeage |
| Indirect par virus | Pucerons/JNO, cicadelles/WDV | Levée à tallage-début montaison selon vecteur | vecteurs sur plantes ou pièges, météo, semis, réservoirs |
| Défoliation | Criocères, mineuses | Montaison à épiaison | surface foliaire détruite, larves/tige, feuilles supérieures |
| Attaque d’épis/grains | Pucerons des épis, thrips, Cnephasia | Épiaison-remplissage | colonisation des épis, larves, grains avortés |
| Racinaire chronique | Heterodera avenae, Meloidogyne naasi | Diagnostic de parcelle/rotation | foyers, racines, analyses sol/racines |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Que faut-il retenir sur — résumé exécutif : les décisions qui comptent ?
Sur orge les ravageurs les plus déterminants ne sont pas nécessairement ceux que l’on voit le plus À l’automne quelques pucerons ou cicadelles peuvent transmettre des virus dont les conséquences ne deviennent visibles qu’au printemps À l’inverse les limaces détruisent directement graines et plantules et leur nuisibilité dépend fortement du microclimat de surface du travail du sol et de la vitesse de levée Au printemps les criocères pucerons des épis thrips ou tordeuses sont souvent moins réguliers mais peuvent justifier une surveillance ciblée selon stade et région La période la… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur — place de l’orge en france et contexte 2025-2026 ?
L’orge reste l’une des grandes céréales françaises avec des débouchés fourragers et brassicoles La récolte 2025 a été élevée FranceAgriMer et ARVALIS estimaient la production totale à environ 11 99 Mt pour un rendement moyen de 67 1 q ha soit un niveau supérieur à la moyenne 2020-2024 Pour 2026 Agreste estimait en juillet la production autour de 11 1 Mt en baisse d’environ 6 sur un an dans un contexte de rendements hétérogènes et de conditions climatiques contrastées Ces chiffres de campagne donnent le contexte économique de la protection… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur — ravageur, vecteur, virus : ne pas confondre ?
Un ravageur peut nuire directement par consommation ou indirectement en transmettant un agent pathogène Les pucerons d’automne notamment Rhopalosiphum padi et les cicadelles Psammotettix alienus sont surtout redoutés comme vecteurs La JNO est une virose transmise par plusieurs pucerons la maladie des pieds chétifs est associée au Wheat dwarf virus WDV transmis par la cicadelle Un insecticide lorsqu’il est justifié et autorisé vise le vecteur présent il ne guérit pas une plante déjà infectée par un virus Cette distinction structure le diagnostic Une parcelle jaune au printemps peut présenter une… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur — calendrier synthétique des ravageurs de l’orge ?
Sources / repères : ARVALIS ; BSV Auvergne-Rhône-Alpes, Lorraine, Bourgogne-Franche-Comté et autres régions, 2025-2026. [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur — matrice de décision : ravageurs majeurs, symptômes et seuils ?
Les seuils sont des repères, pas des automatismes. Leur valeur économique dépend du potentiel, du stade, de la dynamique du ravageur, du risque de transmission virale, de la météo, du coût de l’intervention et de l’efficacité attendue. Pour les ravageurs sans seuil robuste, le suivi de l’historique de parcelle et des foyers vaut davantage qu’un chiffre isolé. Sources / repères : ARVALIS, BSV 2025-2026 ; INRAE e-Phytia ; repères historiques ARVALIS pour ravageurs de printemps. [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur — pucerons d’automne : principaux vecteurs de la jno ?
Plusieurs pucerons peuvent transmettre les virus de la jaunisse nanisante de l’orge Rhopalosiphum padi le puceron du merisier à grappes est l’un des principaux vecteurs et constitue une espèce de référence pour la surveillance d’automne INRAE e-Phytia rappelle que ses pics d’activité se situent notamment de septembre à novembre et que l’orge fait partie des hôtes sur lesquels la virose se traduit par jaunissement et nanisme Metopolophium dirhodum et Sitobion avenae peuvent également intervenir dans la dynamique des viroses selon les situations Le risque résulte d’une chaîne présence de réservoirs… [S01][S02][S03]





