01 · Guide
Identifier les ravageurs de l’orge
Sur orge, les ravageurs les plus déterminants ne sont pas nécessairement ceux que l’on voit le plus. À l’automne, quelques pucerons ou cicadelles peuvent transmettre des virus dont les conséquences ne deviennent visibles qu’au printemps. À l’inverse, les limaces détruisent directement graines et plantules et leur nuisibilité dépend fortement du microclimat de surface, du travail du sol et de la vitesse de levée. Au printemps, les criocères, pucerons des épis, thrips ou tordeuses sont souvent moins réguliers mais peuvent justifier une surveillance ciblée selon stade et région.
La période la plus critique pour l’orge d’hiver s’étend de la germination à la fin du tallage. La JNO (jaunisse nanisante de l’orge, BYDV) peut provoquer des pertes très fortes lorsque l’infection intervient tôt; ARVALIS cite couramment des pertes de 20 à 30 q/ha pour les viroses transmises par vecteurs, avec des situations dépassant ce niveau. L’orge d’hiver et l’avoine sont particulièrement sensibles à la JNO. Les variétés tolérantes, le décalage de date de semis lorsque le contexte le permet, la destruction des repousses et la surveillance sur plantes réduisent le risque sans le supprimer.
La décision suit un ordre précis: 1) identifier le stade et le type d’orge; 2) qualifier la pression de fond de la parcelle; 3) observer le ravageur avec la bonne méthode; 4) comparer aux seuils indicatifs et au BSV; 5) agir d’abord sur les leviers préventifs et seulement ensuite sur une protection autorisée si le risque le justifie; 6) enregistrer la décision et son résultat pour améliorer le diagnostic de la parcelle les années suivantes.
02 · Guide
Repérer les périodes de risque selon le type d’orge
L’orge d’hiver entre tôt dans la période de risque des ravageurs automnaux, surtout lorsqu’elle est semée précocement et lève sous températures douces. Les pucerons et cicadelles doivent être recherchés sur les jeunes plantes pendant cette période, même si les symptômes de virose n’apparaissent que plus tard.
L’orge de printemps est moins exposée aux vecteurs de l’automne. Sa phase plantule peut toutefois coïncider avec des limaces ou des ravageurs du sol, selon le précédent et le climat. Les observations et les bulletins sanitaires locaux permettent d’adapter la surveillance au stade réel de la culture.
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Ravageur, vecteur, virus : ne pas confondre
Un ravageur peut nuire directement par consommation ou indirectement en transmettant un agent pathogène. Les pucerons d’automne, notamment Rhopalosiphum padi, et les cicadelles Psammotettix alienus sont surtout redoutés comme vecteurs. La JNO est une virose transmise par plusieurs pucerons; la maladie des pieds chétifs est associée au Wheat dwarf virus (WDV) transmis par la cicadelle. Un insecticide, lorsqu’il est justifié et autorisé, vise le vecteur présent: il ne guérit pas une plante déjà infectée par un virus.
Cette distinction structure le diagnostic. Une parcelle jaune au printemps peut présenter une virose, une carence, une asphyxie racinaire, un accident herbicide, des dégâts de nématodes ou un stress climatique. Le diagnostic ne doit pas repartir du symptôme seul: il faut reconstituer le calendrier d’exposition, les observations d’automne, la répartition des foyers et, en cas d’enjeu important, envisager une confirmation par laboratoire.
04 · Guide
Matrice de décision : ravageurs majeurs, symptômes et seuils
Les seuils sont des repères, pas des automatismes. Leur valeur économique dépend du potentiel, du stade, de la dynamique du ravageur, du risque de transmission virale, de la météo, du coût de l’intervention et de l’efficacité attendue. Pour les ravageurs sans seuil robuste, le suivi de l’historique de parcelle et des foyers vaut davantage qu’un chiffre isolé.
05 · Guide
Pucerons d’automne : principaux vecteurs de la JNO
Plusieurs pucerons peuvent transmettre les virus de la jaunisse nanisante de l’orge. Rhopalosiphum padi, le puceron du merisier à grappes, est l’un des principaux vecteurs et constitue une espèce de référence pour la surveillance d’automne. Ses pics d’activité se situent notamment à l’automne, période pendant laquelle la surveillance des jeunes orges est nécessaire. Metopolophium dirhodum et Sitobion avenae peuvent également intervenir dans la dynamique des viroses selon les situations.
Le risque résulte d’une chaîne: présence de réservoirs végétaux infectés, vol de pucerons ailés vers les jeunes céréales, acquisition/transmission du virus, puis multiplication d’aptères dans la parcelle. Les repousses de céréales et autres graminées assurent une continuité verte entre récolte et semis. Un semis précoce augmente la durée de concomitance entre une céréale très sensible et une période encore favorable aux vols et à la reproduction des pucerons.
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Pucerons : protocole d’observation et seuil de décision
L’observation directe des pucerons sur les plantes reste nécessaire avant toute décision de protection.
| Type de dommage | Exemples | Moment de décision | Ce qu’il faut observer |
|---|---|---|---|
| Direct sur graine/plantule | Limaces, taupins, zabre, tipules, mouches | Avant semis à 3-4 feuilles | manques, grains rongés, plantules sectionnées, larves, piégeage |
| Indirect par virus | Pucerons/JNO, cicadelles/WDV | Levée à tallage-début montaison selon vecteur | vecteurs sur plantes ou pièges, météo, semis, réservoirs |
| Défoliation | Criocères, mineuses | Montaison à épiaison | surface foliaire détruite, larves/tige, feuilles supérieures |
| Attaque d’épis/grains | Pucerons des épis, thrips, Cnephasia | Épiaison-remplissage | colonisation des épis, larves, grains avortés |
| Racinaire chronique | Heterodera avenae, Meloidogyne naasi | Diagnostic de parcelle/rotation | foyers, racines, analyses sol/racines |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Les pucerons détruisent-ils surtout l’orge par leur consommation?
Ils sont surtout redoutés comme vecteurs de virus. La JNO, transmise par plusieurs pucerons, peut provoquer des pertes très fortes lorsque l’infection intervient tôt.
Un insecticide guérit-il une plante déjà infectée?
Non. Un insecticide, lorsqu’il est justifié et autorisé, vise le vecteur présent. Il ne guérit pas une plante déjà infectée par un virus.
Quels ravageurs surveiller au printemps?
Criocères, pucerons des épis, thrips ou tordeuses sont souvent moins réguliers, mais peuvent justifier une surveillance ciblée selon le stade et la région.





