01 · Guide
Identité, classification et notion de “complexe pucerons des céréales”
“Pucerons des céréales” n’est pas une espèce unique. Il s’agit d’un ensemble d’Aphididae capables d’exploiter les Poaceae cultivées et sauvages. Les trois espèces pivots pour les céréales à paille françaises sont R. padi, S. avenae et M. dirhodum. Rhopalosiphum maidis et Schizaphis graminum peuvent entrer dans les diagnostics ou la littérature épidémiologique, mais sont moins centraux pour la décision courante sur blé/orge en France.
02 · Guide
Clé pratique d’identification au champ
Sources principales : ARVALIS et INRAE/Ephytia. La couleur seule n’est jamais suffisante : observer la forme, les cornicules, les antennes et la position sur la plante.
03 · Guide
Stades de développement : œuf, nymphes, aptères et ailés
Les pucerons sont hémimétaboles. Après l’œuf – uniquement dans les phases sexuées des cycles holocycliques – l’individu passe par plusieurs stades nymphaux ressemblant déjà à un petit puceron adulte. Il n’y a pas de pupe. Durant la reproduction parthénogénétique, la femelle donne naissance directement à des nymphes vivantes ; ce mode vivipare permet des multiplications extrêmement rapides lorsque température et qualité de l’hôte sont favorables.
04 · Guide
Profil de Rhopalosiphum padi : le vecteur automnal pivot
INRAE/Ephytia décrit R. padi comme un puceron globuleux vert foncé, reconnaissable aux taches rougeâtres autour de la base des cornicules. Son hôte primaire classique est le merisier à grappes (Prunus padus), tandis que les hôtes secondaires sont des Poaceae, notamment maïs, orge, avoine et blé. Dans les régions de céréaliculture intensive où l’hôte primaire est rare, l’anholocyclie – maintien par reproduction parthénogénétique sur graminées – est fréquente.
La dynamique saisonnière française comporte plusieurs migrations : un vol printanier vers les graminées/céréales, un déplacement estival vers des cultures en croissance comme le maïs, puis un retour automnal vers les céréales nouvellement semées. Cette dernière phase coïncide avec la période où l’inoculation de B/CYDV est la plus dommageable.
05 · Guide
Profil de Sitobion avenae : vecteur et puceron des épis
S. avenae est polymorphe en couleur : jaune, vert, rose, rouge ou violet. Les longues cornicules noires et les antennes sombres constituent des critères plus fiables que la couleur. INRAE/Ephytia indique une longueur de l’aptère autour de 2 à 2,8 mm.
06 · Guide
Profil de Metopolophium dirhodum : le puceron foliaire
M. dirhodum est généralement vert pâle, avec des appendices clairs et souvent une ligne dorsale plus soutenue. Son cycle holocyclique classique alterne des œufs hivernants sur des rosiers et une phase printanière/estivale sur céréales et graminées. Des formes actives peuvent aussi passer l’hiver sur graminées lorsque les conditions sont douces.
| Espèce | Repère signalé | Période ou hôte |
|---|---|---|
| Rhopalosiphum padi | Vert foncé, taches rougeâtres autour de la base des cornicules | Vecteur automnal pivot ; hôte primaire merisier à grappes |
| Sitobion avenae | Longues cornicules noires et antennes sombres ; aptère d’environ 2 à 2,8 mm | Colonies sur épis au printemps |
| Metopolophium dirhodum | Vert pâle, appendices clairs, ligne dorsale plus soutenue | Œufs hivernants sur rosiers ; phase sur céréales au printemps et en été |
07 · Guide
Surveiller différemment l’automne et le printemps
À l’automne, l’enjeu majeur des pucerons sur jeunes céréales est la transmission des virus responsables de la JNO. Les pièges renseignent sur les vols mais ARVALIS rappelle que l’observation des pucerons sur plantes est le meilleur indicateur de l’infestation réelle.
Au printemps, chercher plutôt les colonies de Sitobion avenae sur les épis et suivre leur évolution. Noter variété, stade, température et présence d’auxiliaires. Un seuil d’automne ne doit pas être transposé au risque sur épis ; consulter le bulletin régional et les préconisations techniques propres à la culture.
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Les pucerons des céréales forment-ils une seule espèce?
Non. Il s’agit d’un ensemble d’Aphididae. Sur céréales à paille françaises, les trois espèces pivots sont R. padi, S. avenae et M. dirhodum.
La couleur suffit-elle à identifier un puceron?
Non. La couleur seule n’est jamais suffisante : il faut observer la forme, les cornicules, les antennes et la position sur la plante.
Quelle est la principale menace à l’automne?
La transmission des virus responsables de la JNO sur jeunes céréales. L’observation des pucerons sur plantes reste le meilleur indicateur de l’infestation réelle.





