01 · Référence
Synthèse exécutive
Le dossier distingue systématiquement quatre niveaux qui sont souvent confondus : 1) la prairie comme végétation fourragère ; 2) la prairie permanente comme objet agronomique et écologique ; 3) la STH comme catégorie statistique Agreste ; 4) la prairie/pâturage permanent comme catégorie PAC. Cette distinction est essentielle pour éviter les erreurs de conseil et de données dans SILLOVA.
Source des surfaces/rendements : SAA 2025 provisoire révisée, mai 2026. Le ratio STH/SAU est un calcul SILLOVA, non un indicateur officiel publié tel quel.
Diagnostiquer d’abord la flore, l’état de la surface, la portance et le potentiel hydrique : deux prairies permanentes de même superficie peuvent avoir des fonctions et des capacités très différentes.
Piloter le pâturage sur l’offre réelle d’herbe et non sur un calendrier fixe : hauteur, croissance, jours d’avance, chargement, temps de séjour et temps de repos sont des variables opérationnelles.
02 · Référence
Histoire et évolution des prairies en France
L’histoire récente des prairies françaises reflète l’évolution des objectifs agricoles. Après 1945, la priorité est de restaurer la production alimentaire et d’augmenter l’offre en lait et viande. La recherche agronomique développe la sélection des espèces fourragères, la fertilisation, le pâturage rationné et la conservation des excédents printaniers. L’approche s’intéresse alors fortement à la productivité, à la précocité et à…
À partir des décennies suivantes, le développement du maïs fourrage, la spécialisation des systèmes, la motorisation, le drainage et la conversion de certaines prairies modifient les équilibres. En parallèle, la recherche sur les prairies permanentes progresse : leur composition botanique, leur valeur fourragère, leur capacité de résilience et les services environnementaux deviennent des objets d’étude à part entière.
03 · Référence
Place actuelle dans l’agriculture française
Les surfaces toujours en herbe constituent l’un des principaux usages agricoles du territoire. En 2025, la SAA révisée chiffre le total STH à 10,510 millions d’hectares en France. Sur ce total, 8,670 millions d’hectares relèvent des prairies naturelles ou semées depuis plus de cinq ans et 1,749 million d’hectares des STH peu productives.
La SAA 2025 comptabilise 8,845 millions d’hectares de STH dans les exploitations et 1,665 million hors exploitations. Cette dernière catégorie traduit notamment l’importance des alpages, surfaces collectives ou surfaces utilisées pour le pâturage mais juridiquement ou statistiquement hors du périmètre classique d’une exploitation.
Les chiffres 2025 sont provisoires et la publication de mai 2026 a été révisée pour corriger notamment des données de prairies dans le Grand Est. SILLOVA doit stocker un champ de statut « provisoire/définitif » pour toute statistique annuelle.
04 · Référence
Typologies nationales et diversité des prairies permanentes
Le programme CASDAR lancé en 2008 par l’Institut de l’Élevage et l’INRA a constitué une base de 1 500 prairies permanentes à partir de 78 exploitations d’herbivores dans 25 départements. Un réseau de 190 parcelles a été suivi pendant deux années : relevés botaniques, production, composition fonctionnelle et valeur nutritive ont été mesurés à quatre dates au cours de la saison. Les…
La typologie ne dit pas qu’un type est « meilleur » qu’un autre. Elle vise à relier potentiel fourrager, dynamique saisonnière, qualité et intérêt environnemental à des conditions de milieu et d’usage. Les types les plus productifs au printemps peuvent aussi perdre plus vite en digestibilité, tandis que des prairies riches en légumineuses et dicotylédones conservent parfois une qualité plus régulière au cours de la saison.
05 · Référence
Composition botanique et groupes fonctionnels
Une prairie permanente est un peuplement multi-espèces dynamique. La composition dépend du stock de graines, de la reproduction végétative, du sol, du climat, de la fertilisation, de la fréquence de coupe, de la pression de pâturage, du piétinement et de la compétition entre espèces. Il est donc plus pertinent de raisonner en groupes fonctionnels et traits qu’en une liste fixe de plantes.
La richesse spécifique n’est pas synonyme à elle seule de bonne valeur fourragère. Une prairie très diversifiée peut être peu productive mais écologiquement remarquable ; une prairie dominée par quelques graminées peut être productive mais moins riche en habitats. L’objectif SILLOVA doit être de caractériser le bouquet de fonctions attendu par l’exploitant et le territoire, pas d’imposer une composition universelle.
06 · Référence
Sols, structure, pH et hydromorphie
Le potentiel d’une prairie permanente dépend fortement de la profondeur de sol, de la texture, de la réserve utile, du drainage, du pH et de la disponibilité des nutriments. La permanence du couvert protège généralement la surface contre l’érosion et entretient une forte densité racinaire, mais le tassement peut être sévère sous passages répétés d’animaux ou d’engins en conditions humides.
ARVALIS rappelle qu’en prairie permanente ou de longue durée, le maintien d’un pH eau de surface au-dessus d’environ 5 constitue un repère de sécurité agronomique, avec des exigences plus élevées pour certaines graminées et sols. Un chaulage excessif peut toutefois modifier la disponibilité de plusieurs éléments et la flore ; toute correction doit partir d’un diagnostic.
07 · Référence
Climat, altitude et potentiel productif
Température, somme de températures, rayonnement et disponibilité en eau pilotent la reprise de végétation, le pic de printemps, le ralentissement estival et la repousse automnale. En altitude, la période de végétation est plus courte mais la qualité peut se maintenir plus longtemps au printemps. En climat océanique, la pousse peut être plus longue et régulière si l’eau reste disponible. En climat continental ou méditerranéen…
INRAE indique pour les espèces prairiales tempérées un optimum physiologique autour de 25 °C ; au-delà d’environ 30 °C, la photosynthèse et la croissance peuvent fortement s’arrêter dans les conditions étudiées. Ce repère explique pourquoi une prairie bien alimentée au printemps peut basculer rapidement en déficit lors d’une séquence chaude et sèche.
08 · Référence
Croissance de l’herbe et saisonnalité
La production annuelle n’est pas régulière. Elle est concentrée au printemps, puis dépend des pluies et températures d’été et d’automne. Le pilotage doit donc suivre la vitesse de croissance en kg MS/ha/j, le stock sur pied et le nombre de jours d’avance plutôt que se contenter d’une date de rotation fixe.
Herbomètre ou règle : mesure de hauteur moyenne avant entrée et après sortie.
09 · Référence
Aléas 2025-2026 : sécheresse et chaleur
Les campagnes 2025 et 2026 illustrent la forte variabilité intra-annuelle des prairies permanentes. Agreste/ISOP estime qu’en 2025 la pousse annuelle a terminé avec un déficit moyen national de 9 % par rapport à la référence 1989-2018.
En 2026, la campagne a d’abord été très favorable : au 20 avril, la production cumulée était supérieure de 53 % à la référence 1989-2018 et la pousse avait environ quinze jours d’avance. Au 20 mai, l’excédent était encore de 20 %. Mais la situation s’est ensuite renversée : au 20 juillet, la pousse cumulée était inférieure de 26 % à la référence ; au 31 juillet, le déficit atteignait 30 %, avec une croissance quasiment à l’arrêt depuis fin mai sous l’effet de conditions exceptionnellement chaudes et sèches.
10 · Référence
Eau, réserve hydrique et résilience
La réponse à la sécheresse dépend de la réserve utile du sol, de la profondeur des racines, de la composition floristique et de l’historique de gestion. Des espèces à enracinement plus profond ou à stratégies de dormance peuvent maintenir plus longtemps leur fonctionnement ; d’autres privilégient une forte croissance de printemps puis entrent en repos en été.
INRAE souligne que les sécheresses extrêmes peuvent affecter la production au-delà de l’année de l’événement et, dans certains dispositifs expérimentaux, pendant deux ans. Les réponses diffèrent entre espèces et communautés, d’où l’intérêt des prairies diversifiées et d’une gestion laissant suffisamment de réserves aux plantes.
| Indicateur | 2024 | 2025 | Lecture |
|---|---|---|---|
| Prairies naturelles ou semées depuis >5 ans | 8 691 916 ha | 8 670 371 ha | 0,2 % de surface |
| Rendement de cette catégorie | 7,0 t MS/ha | 5,5 t MS/ha | fort recul productif |
| Production disponible | 60,66 Mt MS | 47,94 Mt MS | 79 % du volume 2024 |
| STH peu productives | 1 732 364 ha | 1 749 172 ha | parcours, landes, alpages |
| Total STH | 10 515 582 ha | 10 510 033 ha | surface quasi stable |
| Production totale STH | 63,25 Mt MS | 50,12 Mt MS | 79,2 % de 2024 |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Que faut-il retenir sur synthèse exécutive ?
Le dossier distingue systématiquement quatre niveaux qui sont souvent confondus : 1) la prairie comme végétation fourragère ; 2) la prairie permanente comme objet agronomique et écologique ; 3) la STH comme catégorie statistique Agreste ; 4) la prairie/pâturage permanent comme catégorie PAC. Cette distinction est essentielle pour éviter les erreurs de conseil et de données dans SILLOVA. Source des surfaces/rendements : SAA 2025 provisoire… [S02]
Que faut-il retenir sur histoire et évolution des prairies en france ?
L’histoire récente des prairies françaises reflète l’évolution des objectifs agricoles. Après 1945, la priorité est de restaurer la production alimentaire et d’augmenter l’offre en lait et viande. La recherche agronomique développe la sélection des espèces fourragères, la fertilisation, le pâturage rationné et la conservation des excédents printaniers. L’approche s’intéresse alors fortement à la productivité, à la… [S07][S08][S16]
Que faut-il retenir sur place actuelle dans l’agriculture française ?
Les surfaces toujours en herbe constituent l’un des principaux usages agricoles du territoire. En 2025, la SAA révisée chiffre le total STH à 10,510 millions d’hectares en France. Sur ce total, 8,670 millions d’hectares relèvent des prairies naturelles ou semées depuis plus de cinq ans et 1,749 million d’hectares des STH peu productives. La SAA… [S02]
Que faut-il retenir sur typologies nationales et diversité des prairies permanentes ?
Le programme CASDAR lancé en 2008 par l’Institut de l’Élevage et l’INRA a constitué une base de 1 500 prairies permanentes à partir de 78 exploitations d’herbivores dans 25 départements. Un réseau de 190 parcelles a été suivi pendant deux années : relevés botaniques, production, composition fonctionnelle et valeur nutritive ont été mesurés à quatre dates au cours de… [S25][S08]
Que faut-il retenir sur composition botanique et groupes fonctionnels ?
Une prairie permanente est un peuplement multi-espèces dynamique. La composition dépend du stock de graines, de la reproduction végétative, du sol, du climat, de la fertilisation, de la fréquence de coupe, de la pression de pâturage, du piétinement et de la compétition entre espèces. Il est donc plus pertinent de raisonner en groupes fonctionnels et traits qu’en une liste fixe… [S02][S03]
Que faut-il retenir sur sols, structure, ph et hydromorphie ?
Le potentiel d’une prairie permanente dépend fortement de la profondeur de sol, de la texture, de la réserve utile, du drainage, du pH et de la disponibilité des nutriments. La permanence du couvert protège généralement la surface contre l’érosion et entretient une forte densité racinaire, mais le tassement peut être sévère sous passages répétés d’animaux ou d’engins en… [S11]





