01 · Référence
Définition et architecture d’une vigne greffée
Une vigne greffée associe deux génotypes : le porte-greffe fournit le système racinaire et la partie basale du tronc ; le greffon fournit le cépage de production et la partie aérienne. La zone de greffe assure la continuité vasculaire entre les deux. Depuis la crise phylloxérique, cette architecture est la norme dans le vignoble français.
Risque de chlorose ferrique en sol calcaire, tolérance à l’humidité temporaire, aux chlorures ou à l’acidité.
02 · Référence
Histoire — du phylloxéra à la sélection moderne
Le développement des porte-greffes est indissociable de la crise du phylloxéra du XIXe siècle. Le puceron Daktulosphaira vitifoliae attaque les racines de Vitis vinifera ; l’utilisation de systèmes racinaires issus d’espèces américaines tolérantes a permis de reconstituer le vignoble européen. INRAE rappelle que la généralisation du greffage date de cette période et qu’aucune méthode d’éradication durable du phylloxéra n’a remplacé…
03 · Référence
Diversité génétique et grandes familles
Les porte-greffes français sont principalement issus de croisements entre espèces américaines de Vitis dont les adaptations naturelles ont été combinées : V. riparia, V. rupestris, V. berlandieri et, plus ponctuellement, d’autres espèces ou V. vinifera. Plantgrape permet aujourd’hui de filtrer le catalogue par familles de croisements : berlandieri–riparia, berlandieri–rupestris, riparia–rupestris, rupestris, berlandieri–vinifera et plusieurs combinaisons plus complexes.
04 · Référence
La pépinière française en 2025 — surfaces de vignes-mères de porte-greffes
FranceAgriMer recense en 2025 2 044,8 ha de VMPG, dont 2 017,5 ha certifiés et 27,3 ha en catégories initial/base. La surface totale recule de 252,3 ha par rapport à 2024. Le document national signale également, sur quinze ans, une diminution de 36 % du nombre de professionnels et de 37 % du nombre de pépiniéristes.
Les 14 références du tableau représentent environ 97 % du parc national de VMPG. Les dix premières représentent ~89 % du total. Cette concentration n’est pas identique à la concentration des porte-greffes présents sous le vignoble en production ; elle renseigne surtout sur l’offre de bois et la demande de multiplication du moment.
Source : FranceAgriMer 2025. Les valeurs sont des hectares de vignes-mères, pas des hectares de vignoble de production.
05 · Référence
Sols calcaires, chlorose ferrique et IPC
La chlorose ferrique est un trouble d’assimilation du fer favorisé par les sols calcaires. Plantgrape distingue calcaire total, calcaire actif et indice de pouvoir chlorosant (IPC), qui combine le calcaire actif et le fer facilement extractible. Le calcaire total seul ne suffit donc pas pour dimensionner le risque.
Source : Fiches Plantgrape individuelles. Valeurs indicatives à croiser avec l’IPC, le sol, le greffon et les références régionales.
06 · Référence
Eau, sécheresse et fonctionnement hydraulique
La tolérance à la sécheresse n’est pas un simple classement de racines « profondes » ou « superficielles ». INRAE distingue au moins trois composantes : capacité à extraire l’eau, capacité à la transférer vers le greffon et régulation des pertes par transpiration. Des différences d’architecture racinaire et de vaisseaux conducteurs ont notamment été observées entre porte-greffes.
Source : INRAE, IFV Euroviti et Plantgrape. Les classements varient selon protocole et milieu ; utiliser des tendances, pas un score absolu.
Dans les parcelles historiquement fraîches, la sécurité vis-à-vis de la sécheresse peut devenir un critère plus important qu’au moment de l’ancienne plantation.
Un porte-greffe très vigoureux peut sécuriser l’accès à l’eau mais accroître la surface foliaire et la demande en eau si la conduite n’est pas ajustée.
La date de débourrement/maturité du greffon peut être légèrement modifiée par le porte-greffe ; certains vignobles recherchent aujourd’hui des combinaisons capables de ralentir la maturation.
07 · Référence
Salinité, chlorures et qualité de l’eau
La salinité peut provenir du sol, d’eaux d’irrigation chargées, d’une remontée saline ou de contextes littoraux. Les fiches Plantgrape décrivent surtout la tolérance aux chlorures. La salinité doit être diagnostiquée par analyse de sol et d’eau : conductivité électrique, chlorures et autres ions, car la réponse ne dépend pas d’un seul sel.
Source : Plantgrape ; diagnostic de salinité à faire sur sol + eau, pas uniquement par le nom du porte-greffe.
Des travaux récents continuent de tester des porte-greffes pour les stress salins et combinés (sécheresse × salinité × cuivre). Ces résultats scientifiques servent à orienter la recherche, mais ne doivent pas être transposés automatiquement en recommandations françaises sans statut réglementaire et validation locale.
08 · Référence
Vigueur, rendement, phénologie et qualité
Le porte-greffe module la taille du système végétatif et plusieurs composantes du rendement. L’effet n’est pas indépendant du cépage : une combinaison très vigoureuse dans un sol profond fertile peut devenir difficile à maîtriser, alors que la même vigueur est utile dans un sol sec et pauvre.
L’étude de Migicovsky et al. sur 15 porte-greffes, deux cépages et cinq années attribue environ 9 % de la variation de plusieurs caractères de croissance au porte-greffe, avec des écarts dépassant 50 % entre extrêmes pour certains traits. Cela illustre un effet réel, mais inférieur ou dépendant d’autres facteurs majeurs comme le millésime et le cépage.
09 · Référence
Compatibilité greffon–porte-greffe
La compatibilité se juge à plusieurs niveaux : reprise du greffage en pépinière, soudure mécanique et cambiale, croissance relative des diamètres, circulation hydraulique et comportement agronomique à long terme. Plantgrape signale des couples présentant des problèmes de jonction, de dépérissement ou de performance.
Source : Plantgrape. La compatibilité doit être vérifiée au niveau du couple, du clone et du lot de matériel végétal.
10 · Référence
Bioagresseurs du sol — phylloxéra, nématodes, Agrobacterium et court-noué
La fonction historique essentielle du porte-greffe reste la tolérance au phylloxéra radicicole. La plupart des références courantes présentent une tolérance élevée ou très élevée, mais quelques anciennes variétés ont des niveaux plus modestes. Le maintien d’un matériel correctement greffé et l’absence de racines propres du greffon sont donc essentiels.
Les fiches Plantgrape distinguent notamment M. incognita, M. arenaria et M. hapla. La résistance est très variable : SO4 est très résistant à M. incognita et M. arenaria ; 5 C est très résistant à M. incognita ; Gravesac est sensible à M. incognita et M. arenaria ; 3309 C est également sensible à plusieurs Meloidogyne. Cette variabilité doit être intégrée dans les parcelles à historique de nématodes.
Le court-noué est une virose transmise notamment par le nématode Xiphinema index. Nemadex Alain Bouquet a été développé pour retarder la réinfection, mais l’IFV souligne des limites agronomiques importantes : faible vigueur, tolérance limitée à la sécheresse et au calcaire actif et difficultés de production/multiplication. Ce cas montre qu’une résistance ciblée ne suffit pas à faire un porte-greffe polyvalent.
Quelques fiches signalent une tolérance ou une sensibilité relative à Agrobacterium vitis ou à certains champignons telluriques. Ces informations sont utiles en historique parcellaire, mais les niveaux de preuve et la disponibilité de données sont moins homogènes que pour le phylloxéra ou le calcaire. SILLOVA doit donc conserver un champ « niveau de preuve » plutôt qu’un simple booléen résistant/sensible.
| Domaine | Agriculture • Viticulture détaillée • Matériel végétal |
|---|---|
| Périmètre | France prioritaire • sélection, sol, climat, pépinière et adaptation climatique |
| Version | 1.0 — 19 août 2026 |
| Statut | Base documentaire et base de connaissances — données évolutives datées |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Que faut-il retenir sur définition et architecture d’une vigne greffée ?
Une vigne greffée associe deux génotypes : le porte-greffe fournit le système racinaire et la partie basale du tronc ; le greffon fournit le cépage de production et la partie aérienne. La zone de greffe assure la continuité vasculaire entre les deux. Depuis la crise phylloxérique, cette architecture est la norme dans le vignoble français. Risque de chlorose ferrique en sol calcaire, tolérance… [S05][S07]
Que faut-il retenir sur histoire — du phylloxéra à la sélection moderne ?
Le développement des porte-greffes est indissociable de la crise du phylloxéra du XIXe siècle. Le puceron Daktulosphaira vitifoliae attaque les racines de Vitis vinifera ; l’utilisation de systèmes racinaires issus d’espèces américaines tolérantes a permis de reconstituer le vignoble européen. INRAE rappelle que la généralisation du greffage date de cette période et qu’aucune méthode d’éradication durable du phylloxéra… [S05]
Que faut-il retenir sur diversité génétique et grandes familles ?
Les porte-greffes français sont principalement issus de croisements entre espèces américaines de Vitis dont les adaptations naturelles ont été combinées : V. riparia, V. rupestris, V. berlandieri et, plus ponctuellement, d’autres espèces ou V. vinifera. Plantgrape permet aujourd’hui de filtrer le catalogue par familles de croisements : berlandieri–riparia, berlandieri–rupestris, riparia–rupestris, rupestris, berlandieri–vinifera et plusieurs combinaisons plus complexes. [S01]
Que faut-il retenir sur la pépinière française en 2025 — surfaces de vignes-mères de porte-greffes ?
FranceAgriMer recense en 2025 2 044,8 ha de VMPG, dont 2 017,5 ha certifiés et 27,3 ha en catégories initial/base. La surface totale recule de 252,3 ha par rapport à 2024. Le document national signale également, sur quinze ans, une diminution de 36 % du nombre de professionnels et de 37 % du nombre de pépiniéristes. Les 14 références… [S02][S14]
Que faut-il retenir sur sols calcaires, chlorose ferrique et ipc ?
La chlorose ferrique est un trouble d’assimilation du fer favorisé par les sols calcaires. Plantgrape distingue calcaire total, calcaire actif et indice de pouvoir chlorosant (IPC), qui combine le calcaire actif et le fer facilement extractible. Le calcaire total seul ne suffit donc pas pour dimensionner le risque. Source : Fiches Plantgrape individuelles. Valeurs indicatives à croiser avec l’IPC, le sol… [S12][S13][S14][S15][S16]
Que faut-il retenir sur eau, sécheresse et fonctionnement hydraulique ?
La tolérance à la sécheresse n’est pas un simple classement de racines « profondes » ou « superficielles ». INRAE distingue au moins trois composantes : capacité à extraire l’eau, capacité à la transférer vers le greffon et régulation des pertes par transpiration. Des différences d’architecture racinaire et de vaisseaux conducteurs ont notamment été observées entre porte-greffes. Source : INRAE, IFV Euroviti et Plantgrape… [S05][S07]





