Référence agronomique · France

Viticulture · Vigne, cépages et conduite

Mourvèdre

Vitis vinifera L. · Mourvèdre

Le point le plus important pour l'utilisation agronomique de cette fiche est de ne pas résumer le Mourvèdre à un simple « cépage de sécheresse ». L'information officielle française insiste au contraire sur un besoin de sols suffisamment profonds pour maintenir une alimentation en eau limitée mais régulière, ainsi que sur la nécessité de très fortes températures à…

Vérifié le 25 août 2026 Lecture 13 min
Commencer la lecture
Vue agricole consacrée à mourvèdre
Mourvèdre · Photo : EPLEFPA Perpignan Roussillon · CC BY-NC-SA
24 sources analyséesOrganismes publics et techniques
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères de campagne

Les chiffres à retenir

Chaque valeur garde son année, son statut et sa source.

01
Consolidé

19 août 2026

Date de rédaction

Repère à contextualiser [S01][S02]

02
Consolidé

19 août 2026

Date limite de vérification des sources

Repère à contextualiser [S01][S02]

03
Consolidé

France en priorité; comparaison Espagne/UE lorsque pertinente

Périmètre

Repère à contextualiser [S01][S02]

04
Consolidé

Document de recherche - à revalider à chaque évolution réglementaire…

Statut

Repère à contextualiser [S01][S02]

01 · Référence

Résumé exécutif

Le point le plus important pour l'utilisation agronomique de cette fiche est de ne pas résumer le Mourvèdre à un simple « cépage de sécheresse ». L'information officielle française insiste au contraire sur un besoin de sols suffisamment profonds pour maintenir une alimentation en eau limitée mais régulière, ainsi que sur la nécessité de très fortes températures à la maturation. Son adaptation aux climats futurs…

Sources de cette section [S01][S18][S19]

02 · Référence

Identité botanique, réglementaire et nomenclature

La synonymie est importante pour les recherches internationales et pour éviter les doublons dans une base de données. Plantgrape reconnaît officiellement Monastrell pour l'Espagne et Mataro pour Chypre comme noms alternatifs du Mourvèdre pour le matériel de multiplication. Dans une base SILLOVA, le nom canonique français doit rester « Mourvèdre N » et les synonymes doivent être stockés comme alias, avec pays et statut.

Deux variantes de couleur sont désormais cataloguées en France : Mourvèdre blanc B et Mourvèdre gris G. Elles possèdent leurs propres fiches et clones agréés. Mourvèdre blanc B est inscrit depuis 2023 et dispose du clone 1380; Mourvèdre gris G dispose du clone 1381, également sélectionné en 2023. Plantgrape indique des aptitudes et un comportement sanitaire comparables à ceux du Mourvèdre, tout en donnant des profils technologiques distincts. Ces variantes doivent être traitées comme des entrées variétales séparées et non comme de simples synonymes.

Sources de cette section [S01][S07][S08]

03 · Référence

Origine, histoire et diffusion

La source variétale officielle Plantgrape situe l'origine du Mourvèdre en Espagne et considère qu'il a probablement été introduit en France à la fin du Moyen Âge. Cette formulation est volontairement prudente : elle constitue le niveau de preuve à retenir dans une fiche de référence.

La diffusion méditerranéenne s'explique par la compatibilité du cépage avec des zones chaudes et par son intérêt pour des vins structurés. En France, il est fortement associé à la Provence et au pourtour méditerranéen, mais sa présence et son statut dans les appellations sont variables. Il ne faut donc pas transformer une association culturelle forte avec Bandol en exclusivité géographique.

Le cahier des charges officiel de l'AOC Bandol documente un ancrage ancien. Il rappelle qu'en 1827 Tolozan décrivait le Mourvèdre comme le raisin dominant et l'essence des vins de Bandol. Après le phylloxéra, la reconstitution du vignoble a maintenu la dominance du Mourvèdre N, secondé notamment par Grenache N et Cinsaut N. Cette continuité historique aide à comprendre pourquoi l'appellation impose aujourd'hui des proportions minimales élevées de Mourvèdre dans son encépagement.

La série Plantgrape montre une expansion spectaculaire du Mourvèdre en France au cours de la seconde moitié du XXe siècle : de 617 ha en 1958 à 9 149 ha en 2018, soit une multiplication par environ 14,8 (+1 383 %). Entre 2008 et 2018, la série passe de 9 164 à 9 149 ha, ce qui correspond à un plateau quasi parfait (-0,16 %).

Sources de cette section [S01][S10]

04 · Référence

Parenté, génétique, identité moléculaire et conservation

4.1 Parenté : ce que la source officielle permet réellement d'affirmer

Plantgrape fournit l'empreinte de neuf marqueurs microsatellites (SSR) utilisés dans le programme européen GrapeGen06. Ces marqueurs sont utiles à l'identification variétale, au contrôle de collections et aux travaux de génétique. Les tailles absolues d'allèles peuvent légèrement varier selon les laboratoires, mais les différences relatives sont stables.

Sources de cette section [S01]

05 · Référence

Ampélographie et critères d’identification

L'identification ampélographique ci-dessous reprend les principaux descripteurs officiels Plantgrape, établis avec les codes de référence OIV/UPOV/OCVV/Bioversity. Elle vise à différencier le Mourvèdre de cépages proches au vignoble; une identification définitive peut être complétée par l'analyse génétique.

Plantgrape ne donne pas un poids moyen mesuré spécifique au Mourvèdre, mais classe ses grappes de « moyennes à grosses » et ses baies de « moyennes ». Sur la grille utilisée pour les cépages de cuve, une grappe moyenne correspond à 200-250 g et une grosse grappe à 250-400 g; une baie moyenne correspond à 2-2,5 g. Ces plages sont des classes de référence, pas des moyennes garanties au vignoble.

Sources de cette section [S01]

06 · Référence

Phénologie, précocité et calendrier annuel

Pour rendre les variétés comparables entre années et sites, Plantgrape exprime la phénologie par rapport au Chasselas observé au Domaine de Vassal. Le Chasselas y débourre en moyenne le 17 mars et atteint la maturité autour du 12 août sur une moyenne de 70 ans. Le Mourvèdre débourre 14 jours après le Chasselas et mûrit environ quatre semaines et demie après lui. Il est classé…

Risque de maturation incomplète lorsque les températures de fin d’été et de début d’automne sont insuffisantes, notamment les températures minimales nocturnes.

Sources de cette section [S01]

07 · Référence

Port, vigueur, fertilité et comportement de rendement

Le Mourvèdre présente un port érigé et un comportement acrotone. Plantgrape recommande une taille courte. Le cépage peut être conduit en cordon, avec un palissage réduit, ou en gobelet ouvert. Son feuillage est décrit comme peu abondant et d'efficacité modérée : l'objectif de conduite est donc moins de « supprimer du feuillage » que de conserver une surface foliaire fonctionnelle et bien exposée.

Plantgrape recommande d'éviter un rognage excessif afin de limiter la formation de gros grappillons, susceptibles d'entrer en compétition avec la récolte principale. La production par souche doit rester faible pour réduire le risque d'épuisement, et une alternance de fertilité peut être observée.

Sources de cette section [S01]

08 · Référence

Exigences pédoclimatiques et choix du terroir

La recommandation officielle la plus spécifique est une bonne adaptation aux sols calcaires suffisamment profonds pour fournir une alimentation hydrique limitée mais régulière. Cette formule doit être interprétée en termes fonctionnels : le sol doit permettre à la fois le drainage, la maîtrise de vigueur et l'accès des racines à une réserve en eau utile au cours de la maturation.

Le Mourvèdre n'est donc pas un cépage à installer mécaniquement sur le sol le plus sec et le plus superficiel. Une parcelle très pierreuse et drainante peut convenir si sa profondeur effective et sa réserve hydrique sont suffisantes; à l'inverse, un sol trop fertile ou trop alimenté en eau peut accroître la vigueur et retarder la maturation. L'analyse de sol doit inclure texture, profondeur exploitable, pierrosité, calcaire total et actif, matière organique, pH, CEC, potassium et magnésium, plus une appréciation physique de l'enracinement et de la compaction.

Sources de cette section [S01][S10]

09 · Référence

Eau, sécheresse, chaleur et accidents climatiques

La bibliographie méditerranéenne montre que le Mourvèdre/Monastrell peut fonctionner sous déficit hydrique et que sa réponse dépend du clone et du porte-greffe. Cependant, la fiche officielle française ne le décrit pas comme indifférent au manque d'eau : elle recherche une alimentation limitée mais régulière. La stratégie de terrain consiste donc à gérer l'équilibre entre restriction hydrique modérée, maturation et maintien de la…

Une étude de quatre saisons (2018-2021) en Espagne du Sud-Est a comparé sept clones de Monastrell en conditions témoin et stress hydrique. Elle met en évidence une forte variabilité intravariétale de l'efficience d'utilisation de l'eau et des réponses physiologiques, avec des différences qui peuvent devenir des leviers de sélection. Les numéros de clones de cette étude espagnole ne correspondent pas au catalogue français : ils ne doivent pas être assimilés aux clones 233, 369, 1069, etc.

Un travail conduit dans le Sud de la France sur cinq cépages, dont Mourvèdre, a montré des différences variétales de réponse stomatique à l'état hydrique du sol et au déficit de pression de vapeur de l'air. Pour SILLOVA, ce résultat justifie un pilotage fondé sur des mesures locales - état hydrique du sol, potentiel hydrique lorsque disponible, observation du feuillage, météo et vigueur - plutôt que sur une étiquette binaire « tolérant / sensible ».

Sources de cette section [S01][S18][S19]

10 · Référence

Nutrition minérale, fertilité du sol et équilibre K/Mg

Le point minéral explicitement signalé par Plantgrape est l'équilibre entre potassium et magnésium. Un excès relatif de potassium ou une disponibilité insuffisante du magnésium peut favoriser l'apparition de carences. La conduite ne doit pas se limiter à une dose standard d'engrais : elle doit s'appuyer sur l'analyse de sol, l'historique des apports, la vigueur et, lorsque nécessaire, des analyses foliaires…

1. Avant plantation : analyse physique et chimique complète, profondeur, calcaire actif, pH, CEC, matière organique, P-K-Mg et contraintes d’enracinement.

2. En vigne installée : observer vigueur, couleur et distribution des symptômes; distinguer carence réelle, antagonisme ionique, sécheresse et problème racinaire.

Repères documentés issus du dossier de référence SILLOVA.
Version1.0
Date de rédaction19 août 2026
Date limite de vérification des sources19 août 2026
PérimètreFrance en priorité; comparaison Espagne/UE lorsque pertinente
StatutDocument de recherche - à revalider à chaque évolution réglementaire/statistique
Sources de cette section [S01]

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

Que faut-il retenir sur résumé exécutif ?

Le point le plus important pour l'utilisation agronomique de cette fiche est de ne pas résumer le Mourvèdre à un simple « cépage de sécheresse ». L'information officielle française insiste au contraire sur un besoin de sols suffisamment profonds pour maintenir une alimentation en eau limitée mais régulière, ainsi que sur la nécessité de très fortes températures à la maturation. Son adaptation… [S01][S18][S19]

Que faut-il retenir sur identité botanique, réglementaire et nomenclature ?

La synonymie est importante pour les recherches internationales et pour éviter les doublons dans une base de données. Plantgrape reconnaît officiellement Monastrell pour l'Espagne et Mataro pour Chypre comme noms alternatifs du Mourvèdre pour le matériel de multiplication. Dans une base SILLOVA, le nom canonique français doit rester « Mourvèdre N » et les synonymes doivent être stockés comme alias, avec pays et… [S01][S07][S08]

Que faut-il retenir sur origine, histoire et diffusion ?

La source variétale officielle Plantgrape situe l'origine du Mourvèdre en Espagne et considère qu'il a probablement été introduit en France à la fin du Moyen Âge. Cette formulation est volontairement prudente : elle constitue le niveau de preuve à retenir dans une fiche de référence. La diffusion méditerranéenne s'explique par la compatibilité du cépage avec des zones chaudes et par… [S01][S10]

Que faut-il retenir sur parenté, génétique, identité moléculaire et conservation ?

4.1 Parenté : ce que la source officielle permet réellement d'affirmer Plantgrape fournit l'empreinte de neuf marqueurs microsatellites (SSR) utilisés dans le programme européen GrapeGen06. Ces marqueurs sont utiles à l'identification variétale, au contrôle de collections et aux travaux de génétique. Les tailles absolues d'allèles peuvent légèrement varier selon les laboratoires, mais les différences relatives sont stables. [S01]

Que faut-il retenir sur ampélographie et critères d’identification ?

L'identification ampélographique ci-dessous reprend les principaux descripteurs officiels Plantgrape, établis avec les codes de référence OIV/UPOV/OCVV/Bioversity. Elle vise à différencier le Mourvèdre de cépages proches au vignoble; une identification définitive peut être complétée par l'analyse génétique. Plantgrape ne donne pas un poids moyen mesuré spécifique au Mourvèdre, mais classe ses grappes de « moyennes à grosses » et… [S01]

Que faut-il retenir sur phénologie, précocité et calendrier annuel ?

Pour rendre les variétés comparables entre années et sites, Plantgrape exprime la phénologie par rapport au Chasselas observé au Domaine de Vassal. Le Chasselas y débourre en moyenne le 17 mars et atteint la maturité autour du 12 août sur une moyenne de 70 ans. Le Mourvèdre débourre 14 jours après le Chasselas et mûrit environ quatre semaines et demie après lui… [S01]

Traçabilité

Sources utilisées

Les chiffres et repères affichés sur cette page renvoient à leur organisme d’origine. Les bases vivantes sont vérifiées avant toute recommandation opérationnelle.

8 sources affichées sur 24

  1. S01
  2. S02
  3. S03
  4. S04
  5. S05
  6. S06
  7. S07
  8. S08