01 · Identité
Identité et classification
La Mirandaise est l'ancienne population « Gasconne aréolée » du Gers. Le qualificatif aréolé vient de la pigmentation particulière des muqueuses autour de la vulve et de l'anus : centre sombre, périphérie rose.
Le terme Mirandaise s'est imposé pour éviter qu'une même appellation « Gasconne » désigne deux populations historiquement et géographiquement distinctes. La Mirandaise est plus grande et plus claire que la Gasconne des Pyrénées.
Les oreilles de la Mirandaise ne sont pas bordées de noir et les muqueuses génitales/anales sont aréolées. La race est de plaine et de coteau du Gers, alors que la Gasconne à muqueuses noires a été sélectionnée dans des zones plus montagneuses.
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Origine | Gers · vallée du Gers · Astarac |
| Ancienne appellation | Gasconne aréolée |
| Orientation | Traction historique · allaitante actuelle |
| Statut | Race locale menacée · conservation active |
| Distinction | Muqueuses aréolées · oreilles non bordées de noir |
02 · Origine
Origine, berceau et histoire
Le berceau se situe dans la vallée du Gers, de Masseube à Fleurance, avec une forte présence dans l'arrondissement d'Auch et le sud des arrondissements de Mirande et Lombez.
Un livre généalogique de la race bovine Gasconne aréolée, section du Gers, a été créé le 12 juin 1897. En 1908, le Herd-Book interdépartemental est divisé en deux sections. En 1955, les Herd-Books Gasconne à muqueuses noires et Gasconne aréolée fusionnent administrativement, mais les deux populations restent largement indépendantes génétiquement et géographiquement.
Dans les années 1960, des croisements avec des taureaux Piémontais culards ont été tentés pour modifier les aptitudes bouchères. L'histoire impose une lecture généalogique et génomique plutôt qu'une vision « pureté absolue » simpliste.
03 · Sauvetage
Effondrement démographique et sauvetage
La mécanisation agricole a supprimé la principale fonction historique de la Mirandaise : la traction. Au début des années 1980, la population est proche de la disparition.
L'inventaire de l'ITEB recensé par Races de France retient 150 vaches et un seul taureau pur en service à l'insémination, MILORD, en 1983. En 1984, le taureau TABAC est mis en service à la demande de l'ITEB et un fichier des animaux et élevages restants est constitué.
En 1997, le Lycée Agricole de Mirande constitue un troupeau pilote en rachetant l'un des derniers troupeaux historiques. À partir de 2018, un dispositif « tiers temps » vise à structurer une marque collective, une charte de production et des débouchés de proximité.
04 · Morphologie
Morphologie et standard fonctionnel
La Mirandaise est une vache de format moyen à grand, puissante, dotée de bons membres. Son standard historique valorise un animal apte à la traction et aujourd'hui recherché pour ses qualités fonctionnelles et bouchères.
Races de France donne comme repères un poids adulte d'environ 700 kg pour les femelles et 900 à 1 200 kg pour les mâles, avec 140 cm au garrot chez les femelles et 145 cm chez les mâles. Ces données positionnent la Mirandaise parmi les races locales de grand format.
La tête est expressive, le corps long et profond, les membres solides. La rusticité et la capacité de déplacement sur les coteaux gascons restent des qualités recherchées.
| Paramètre | Femelle | Mâle |
|---|---|---|
| Garrot | 140 cm | 145 cm |
| Poids vif adulte | ~700 kg | 900 – 1 200 kg |
| Robe | Froment clair à fauve | Froment clair à fauve |
05 · Aptitudes
Aptitudes historiques et orientation actuelle
La Mirandaise était une race de travail de grand format développée pour les sols lourds du Gers. Les bœufs étaient réputés pour leur force, la qualité de leurs membres et leur résistance à la chaleur.
L'orientation actuelle est allaitante, avec valorisation du veau sous la mère et de la viande de bœuf à cycle long. Le lycée agricole de Mirande développe une marque collective et des débouchés de proximité pour donner une valeur économique à la race.
La forte territorialisation (environ 98 % des élevages dans le Gers selon une estimation de presse 2025) est un atout d'identité et de filière courte, mais aussi un risque démographique et sanitaire lorsque trop d'animaux sont exposés au même aléa.
06 · Reproduction
Reproduction et conservation génétique
La conservation d'une race à très petit effectif impose une gestion rigoureuse des accouplements, la limitation de la consanguinité et la diffusion contrôlée des reproducteurs.
Le programme de conservation repose sur le repérage des animaux, la création de nouvelles lignées mâles et la coordination des accouplements. La filiation est suivie pour éviter la concentration excessive sur quelques reproducteurs.
L'insémination artificielle et la monte naturelle sont utilisées selon les disponibilités. L'objectif est de maintenir la diversité génétique tout en améliorant progressivement les caractères fonctionnels.
07 · Alimentation
Systèmes herbagers et autonomie
La Mirandaise est adaptée aux coteaux et aux sols lourds du Gers. Les systèmes herbagers, le pâturage tournant et la valorisation de l'herbe structurent l'alimentation.
La race valorise les prairies permanentes et temporaires, ainsi que les fourrages conservés. Dans les systèmes modernes, une complémentation ciblée en fin de gestation et pendant la lactation permet de soutenir la production.
La gestion du pâturage doit tenir compte de la portance des sols, particulièrement sur les coteaux argileux du Gers. L'accès à l'eau et la limitation des distances de parcours sont des facteurs de réussite.
08 · Économie
Débouchés et filières courtes
La valorisation économique repose sur les filières courtes, la vente directe et la marque collective développée par le lycée agricole de Mirande. Le veau sous la mère et la viande de bœuf à cycle long sont les débouchés principaux.
Le dispositif « tiers temps » porté par l'enseignement agricole vise à structurer une charte de production, des outils de communication et des débouchés de proximité. Cette articulation entre formation, conservation et développement économique est particulièrement intéressante pour la pérennité de la race.
La race seule ne constitue pas un signe officiel de qualité, mais elle peut être valorisée dans des démarches de différenciation territoriale et de circuit court.
Repères approfondis
Éléments techniques et contexte de référence
Les repères suivants complètent la lecture opérationnelle avec des éléments issus du dossier de recherche dédié à cette production.
Races de France insiste sur la distinction : la Mirandaise est plus grande et plus claire que la Gasconne. La fiche Laurent Avon ajoute deux critères pratiques : les oreilles de la Mirandaise ne sont pas bordées de noir et les muqueuses génitales/anales sont aréolées. La Mirandaise est décrite comme une race de plaine et de coteau du Gers, alors que la Gasconne à muqueuses noires — aujourd’hui Gasconne des Pyrénées — a été sélectionnée dans des zones plus montagneuses.
L’inventaire de l’ITEB recensé par Races de France et la fiche Avon retient 150 vaches et un seul taureau pur en service à l’insémination, MILORD, en 1983. En 1984, le taureau TABAC est mis en service à la demande de l’ITEB et un fichier des animaux et élevages restants est constitué. La conservation repose alors sur le repérage des derniers animaux, la création de nouvelles lignées mâles et la coordination des accouplements.
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
La Mirandaise est-elle une race française ?
Oui, c'est une race bovine locale originaire du Gers, en Gasconne. Elle est issue de l'ancienne population Gasconne aréolée.
Quelle est la différence avec la Gasconne ?
La Mirandaise (Gasconne aréolée) est plus grande et plus claire que la Gasconne des Pyrénées. Ses muqueuses sont aréolées (centre sombre, périphérie rose) et ses oreilles ne sont pas bordées de noir. [S02]
Quel est son format adulte ?
Races de France donne environ 700 kg pour une femelle et 900-1 200 kg pour un mâle, avec 140 cm au garrot chez la femelle. [S01]
Quel est le débouché principal actuel ?
L'orientation principale est allaitante, avec production de veau sous la mère et viande de bœuf à cycle long. Des filières courtes et une marque collective sont développées. [S02]
Où se trouve-t-elle principalement ?
La race reste fortement concentrée dans le Gers, avec environ 98 % des élevages selon une estimation récente. [S02]
Combien y a-t-il de Mirandaises ?
Les effectifs exacts ne sont pas publiés annuellement. La race a frôlé la disparition dans les années 1980 avec seulement 150 vaches recensées. Un programme de conservation actif est en cours. [S02]
Quel rôle joue le lycée agricole de Mirande ?
Le lycée constitue un troupeau pilote depuis 1997 et développe depuis 2018 une marque collective, une charte de production et des débouchés de proximité. [S05]
Quelle est son histoire de traction ?
La Mirandaise était une race de travail réputée pour sa force et la qualité de ses membres sur les sols lourds du Gers. La mécanisation a supprimé cette fonction dans les années 1960-1980. [S02]
Est-elle adaptée aux coteaux ?
Oui, elle est historiquement adaptée aux coteaux gascons et aux sols argileux. Sa rusticité et sa capacité de déplacement en font une race cohérente avec ces milieux. [S02]
Quels sont les risques pour sa conservation ?
La forte concentration géographique dans le Gers expose la race aux mêmes aléas climatiques et sanitaires. La petitesse de la population limite aussi la diversité génétique. [S02]





