01 · Référence
De quelle « marge » parle-t-on ?
La Chambre d’agriculture des Landes définit la marge brute comme la différence entre le produit brut (quantité × prix) et les charges opérationnelles liées à la culture ; elle rappelle que cette marge doit encore couvrir les charges de structure, les remboursements et laisser du disponible. Les référentiels de gestion distinguent en outre charges opérationnelles, charges directes, charges de structure, EBE et résultat courant. [2][3]
1.1 Produit brut : partir des tonnes payées, pas des tonnes arrachées
Pour une culture contractuelle ou très qualitative, le produit brut doit être reconstruit à partir du bordereau final : tonnes acceptées, prix de base, primes de calibre/matière sèche/qualité, décotes, tare, refus, transport à charge, cotisations et éventuels coûts de tri. La récolte brute n’est qu’un potentiel physique. Les dossiers SILLOVA « Récolte de la pomme de terre » à « Qualité de la pomme de terre » montrent pourquoi blessures, terre, défauts, maturité et stockage peuvent réduire la part réellement valorisée. [13][23][49]
02 · Référence
Formules SILLOVA : rendre la marge calculable
Pour les comparaisons interannuelles, conserver simultanément €/ha et €/t. Le premier mesure la contribution de la parcelle ; le second mesure la compétitivité par unité vendue. Le même hectare peut avoir une marge €/ha correcte avec un coût €/t fragile si le rendement est exceptionnel, ou l’inverse.
03 · Référence
Conjoncture 2025-2026 : pourquoi la marge est devenue l’indicateur central
La campagne 2025 a combiné surfaces élevées et production record. La SAA provisoire Agreste chiffre à 192 099 ha la conservation et demi-saison en 2025, pour 8,351 Mt, contre 171 339 ha et 7,489 Mt en 2024. Tous types de pommes de terre de consommation confondus, la production 2025 atteint 8,883 Mt. [25]
Le retournement 2026 est brutal : Agreste estime au 7 août la production de conservation à environ 6,5 Mt, -22 % sur un an, sous l’effet de la baisse des surfaces et des rendements. Dès juin, l’enquête UNPT/CNIPT estimait 173 415 ha, soit -9,7 % par rapport à 2025. En août, l’UNPT décrit sécheresse persistante, vagues de chaleur, restrictions d’irrigation, pertes de rendement, problèmes de calibre/qualité, sénescence accélérée et difficultés d’arrachage. [9][10][11]
Sources : Agreste SAA 2025 provisoire ; Agreste Grandes cultures 7 août 2026 ; UNPT/CNIPT surfaces 25 juin 2026 ; INSEE juin 2026. [9][10][12][25]
3.1 Les prix ont beaucoup plus bougé que les charges
En février 2026, l’IPPAP pomme de terre était inférieur de 44,8 % à février 2025. En juin, la baisse annuelle s’était nettement atténuée à -8,9 %, signe d’un marché saisonnier très mobile. Parallèlement, l’IPAMPA total était encore +4,9 % sur un an en juin 2026, même après reflux des pics printaniers sur l’énergie et les engrais. [12][45]
04 · Référence
Le prix n’est pas la marge : départ ferme, expédition, GMS et industrie
La semaine 28/2026 du CNIPT montre l’écart entre stades et segments. Les cotations de courtiers assermentés en vrac nu départ ferme (semaines 23-24, lavabilité 7,5) indiquaient 130 €/t pour une consommation polyvalente et 220 €/t pour une chair ferme blanche. Les références d’expédition et de détail sont plus élevées car elles incluent davantage de services et de valeur ajoutée. [13]
La comparaison correcte se fait entre un prix et un coût au même stade : prix départ champ contre coût départ champ ; prix sortie stockage contre coût sortie stockage ; prix livré contre coût incluant tri, conditionnement et transport. [5][13][24]
05 · Référence
Références de coût : base indispensable pour une marge économique
Les projections SYSTERRE Hauts-de-France utilisées dans le dossier « Coût de production de la pomme de terre » donnent des ordres de grandeur historiques utiles : en 2023, un coût départ champ publié de 141,6 €/t pour un débouché industrie à 45,8 t/ha et de 163,7 €/t pour un débouché frais à 48,2 t/ha. Des références observées 2021 donnaient, stockage compris, environ 143,3 €/t en industrie et 202,1 €/t en frais. Ces nombres ne sont pas des coûts 2026 : ils servent de repères de structure et doivent être actualisés exploitation par exploitation. [6][7][49]
06 · Référence
Marge brute vs marge économique : le piège le plus fréquent
La pomme de terre supporte des charges spécifiques fortes : plant, fertilisation, protection, irrigation, mécanisation, arrachage, stockage et parfois conditionnement. La marge brute reste utile pour comparer des itinéraires à structure identique, mais elle ne mesure pas la rémunération finale d’un atelier capitalistique. [2][5][6]
Dans cet exemple, annoncer « 5 800 €/ha de marge » sans préciser qu’il s’agit d’une marge brute surestime fortement la rentabilité finale. Le niveau de marge à publier dans SILLOVA doit donc être un champ obligatoire.
07 · Référence
Le rendement commercialisable : multiplicateur de marge et de coût
Le rendement intervient deux fois : il multiplie le prix dans le produit, et il divise le coût à l’hectare pour produire un coût unitaire. Toute perte de rendement net payé crée donc un effet de levier défavorable. En 2026, le risque climatique signalé par Agreste et l’UNPT rend ce mécanisme particulièrement important. [9][11]
Lecture : prix d’équilibre en €/t = coût complet €/ha ÷ tonnes nettes payées/ha. Table de simulation SILLOVA, non référence de marché.
À 7 500 €/ha de coût complet, le prix d’équilibre est d’environ 214 €/t à 35 t/ha, 167 €/t à 45 t/ha et 136 €/t à 55 t/ha. Une baisse de 20 t/ha transforme donc un même contrat en économie totalement différente.
08 · Référence
Matrice prix × rendement : visualiser immédiatement la marge
Marge économique simulée en €/ha avec un coût complet fixé à 7 000 €/ha. Les prix sont des scénarios ; ils ne représentent pas une cotation unique.
La matrice montre un point essentiel : raisonner seulement le « bon prix » ou seulement le « bon rendement » est insuffisant. À 45 t/ha, 160 €/t ne laisse que +200 €/ha dans ce scénario ; à 55 t/ha, le même prix laisse +1 800 €/ha. Inversement, 130 €/t reste déficitaire même à 50 t/ha si le coût complet est 7 000 €/ha.
| Question | Indicateur | Unité | Décision |
|---|---|---|---|
| Combien la culture contribue-t-elle après intrants ? | Marge brute culturale | €/ha | Comparer itinéraires à périmètre homogène |
| Le contrat couvre-t-il le coût complet ? | Marge économique | €/ha et €/t | Planter / renégocier / réduire l’exposition |
| Quel rendement faut-il pour ne pas perdre ? | Rendement d’équilibre | t/ha | Tester le risque climatique |
| Quel prix net faut-il obtenir ? | Prix d’équilibre | €/t payée | Commercialisation / contrat |
| Stocker crée-t-il de la valeur ? | Marge de report | €/t entrée et €/ha | Vendre maintenant / stocker |
| Le risque est-il acceptable ? | Marge scénario dégradé | €/ha | Dimensionnement de surface et trésorerie |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Que faut-il retenir sur de quelle « marge » parle-t-on ? ?
La Chambre d’agriculture des Landes définit la marge brute comme la différence entre le produit brut quantité × prix et les charges opérationnelles liées à la culture elle rappelle que cette marge doit encore couvrir les charges de structure les remboursements et laisser du disponible Les référentiels de gestion distinguent en outre charges opérationnelles charges directes charges de structure EBE et résultat courant 2 3 1 1 Produit brut partir des tonnes payées pas des tonnes arrachées Pour une culture contractuelle ou très qualitative le produit brut doit être reconstruit… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur formules sillova : rendre la marge calculable ?
Pour les comparaisons interannuelles, conserver simultanément €/ha et €/t. Le premier mesure la contribution de la parcelle ; le second mesure la compétitivité par unité vendue. Le même hectare peut avoir une marge €/ha correcte avec un coût €/t fragile si le rendement est exceptionnel, ou l’inverse. [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur conjoncture 2025-2026 : pourquoi la marge est devenue l’indicateur central ?
La campagne 2025 a combiné surfaces élevées et production record La SAA provisoire Agreste chiffre à 192 099 ha la conservation et demi-saison en 2025 pour 8 351 Mt contre 171 339 ha et 7 489 Mt en 2024 Tous types de pommes de terre de consommation confondus la production 2025 atteint 8 883 Mt 25 Le retournement 2026 est brutal Agreste estime au 7 août la production de conservation à environ 6 5 Mt -22 sur un an sous l’effet de la baisse des surfaces et des rendements Dès… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur le prix n’est pas la marge : départ ferme, expédition, gms et industrie ?
La semaine 28 2026 du CNIPT montre l’écart entre stades et segments Les cotations de courtiers assermentés en vrac nu départ ferme semaines 23-24 lavabilité 7 5 indiquaient 130 t pour une consommation polyvalente et 220 t pour une chair ferme blanche Les références d’expédition et de détail sont plus élevées car elles incluent davantage de services et de valeur ajoutée 13 La comparaison correcte se fait entre un prix et un coût au même stade prix départ champ contre coût départ champ prix sortie stockage contre coût sortie stockage… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur références de coût : base indispensable pour une marge économique ?
Les projections SYSTERRE Hauts-de-France utilisées dans le dossier « Coût de production de la pomme de terre » donnent des ordres de grandeur historiques utiles en 2023 un coût départ champ publié de 141 6 t pour un débouché industrie à 45 8 t ha et de 163 7 t pour un débouché frais à 48 2 t ha Des références observées 2021 donnaient stockage compris environ 143 3 t en industrie et 202 1 t en frais Ces nombres ne sont pas des coûts 2026 ils servent de repères de structure et doivent être actualisés exploitation par exploitation… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur marge brute vs marge économique : le piège le plus fréquent ?
La pomme de terre supporte des charges spécifiques fortes : plant, fertilisation, protection, irrigation, mécanisation, arrachage, stockage et parfois conditionnement. La marge brute reste utile pour comparer des itinéraires à structure identique, mais elle ne mesure pas la rémunération finale d’un atelier capitalistique. [2][5][6] Dans cet exemple, annoncer « 5 800 €/ha de marge » sans préciser qu’il s’agit d’une marge brute surestime fortement la rentabilité finale. Le niveau de marge à publier dans SILLOVA doit donc être un champ obligatoire. [S01][S02][S03]





