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Élevage · Bovins · Races bovines

Maraîchine

Bos taurus — Race Maraîchine

Fiche complète de la race bovine locale Maraîchine : origine des marais de l'Ouest, triple aptitude historique, systèmes herbagers extensifs, valorisation de prairies humides, qualité de viande et conservation d'une ressource zoogénétique rare. Données sourcées et datées.

Vérifié le 19 août 2026 Lecture 20 min
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Vache Maraîchine dans un marais de l'Ouest
Maraîchine dans son berceau marais · Image SILLOVA
12 sources analyséesOrganismes publics et techniques
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères de campagne

Les chiffres à retenir

Chaque valeur garde son année, son statut et sa source.

01
Consolidé

Marais de l'Ouest

Origine géographique

Vendée · Charente-Maritime · marais littoraux et arrière-littoraux [S01]

02
Consolidé

2024

Standard révisé

Association Maraîchine · rédaction Idele [S01]

03
Consolidé

Allaitante/viande

Orientation actuelle

Anciennement triple aptitude (traction, lait, viande) [S01]

04
Consolidé

Reconnu 2024

GIEE filière

Association Maraîchine · LPO Vendée · Biocoop [S10]

01 · Identité

Identité et classification

La Maraîchine est une race bovine locale de l'Ouest, originaire des marais littoraux et arrière-littoraux. Historiquement à triple aptitude (traction, lait, viande), elle est aujourd'hui principalement conduite en système allaitant.

Son berceau se situe dans un ensemble de marais caractérisés par des sols souvent hydromorphes, des réseaux de fossés/canaux et des prairies naturelles. Le fonctionnement de ces territoires repose sur une gestion collective de l'eau.

La population actuelle provient d'un noyau reconstitué à la fin des années 1980 à partir d'animaux correspondant au type traditionnel du marais. Elle constitue à la fois une ressource zoogénétique, un outil de production agricole et un patrimoine vivant.

Repères identitaires de la Maraîchine
CaractéristiqueValeur
OrigineMarais de Vendée et Charente-Maritime
StandardRévisé en 2024
OrientationAllaitante/viande (anciennement triple aptitude)
Organisme de sélectionOS RBLPE / Association Maraîchine
Code race58
Sources de cette section [S01][S03]

02 · Origine

Origine, berceau et histoire

Les sources historiques décrivent au XIXe siècle des bovins de l'Ouest appartenant au vaste ensemble de Vendée, de Parthenay ou de Cholet. Le type des marais se serait différencié sous l'effet des conditions d'élevage.

L'association souligne un gabarit important, une aptitude laitière remarquée et une rusticité supérieure à celle du type plus homogénéisé du bocage. La mécanisation a supprimé la fonction de travail, tandis que la spécialisation des filières a marginalisé les races mixtes locales.

Le standard 2024 décrit néanmoins une race qui « reste de type mixte » : la production actuelle est majoritairement allaitante, mais les capacités laitières des mères contribuent à la croissance du veau au pis.

Sources de cette section [S01]

03 · Morphologie

Morphologie et standard 2024

Le standard révisé en 2024 est la référence la plus précise disponible. Il s'appuie sur les descriptions historiques et sur l'état contemporain de la population.

La sélection de conservation ne vise pas une homogénéisation excessive : elle doit maintenir le type racial tout en préservant la variabilité utile. Historiquement, l'ancienne utilisation comme animal de travail a laissé une représentation fonctionnelle centrée sur l'agilité, l'endurance, la docilité et la capacité de déplacement.

Ces traits sont aujourd'hui intéressants pour la conduite au pâturage, les déplacements entre parcelles et la manipulation. Le standard décrit explicitement la capacité à mobiliser ses réserves et à reprendre rapidement de l'état lorsque les conditions redeviennent favorables.

Sources de cette section [S01]

04 · Reproduction

Reproduction, fertilité et qualités maternelles

Le standard 2024 attribue à la race de bonnes facilités de vêlage, une bonne fertilité, une précocité sexuelle élevée et un comportement maternel marqué.

Un jeu de données Recherche Data Gouv publié en 2022 rassemble les suivis de reproduction du troupeau expérimental Maraîchin de Transi'marsh de 2010 à 2021. Au total, 727 vaches-campagnes ont été mises à la reproduction.

La Maraîchine est décrite comme sexuellement précoce mais plutôt tardive dans son développement corporel. L'âge à la première mise à la reproduction doit être raisonné à partir du poids, du développement et de l'état corporel, et non d'un âge fixe générique.

Sources de cette section [S05][S01]

05 · Croissance

Croissance et performances de viande

La Maraîchine n'est pas conçue comme une race terminale visant exclusivement croissance maximale et conformation extrême. Son intérêt économique repose sur la cohérence d'un système.

Un échantillon de 30 veaux provenant de 8 élevages a permis d'étudier la qualité de viande selon deux régimes. Le poids de carcasse moyen était de 157 kg. Un article de synthèse rapporte pour un lot étudié un poids de carcasse moyen d'environ 409 kg, un état d'engraissement proche de 2,9 et un âge moyen d'environ 46 mois.

Les projets 2018-2022 ont comparé des animaux élevés/finis à l'herbe et des animaux recevant une complémentation. Les résultats mettent en évidence des différences nutritionnelles et sensorielles.

Sources de cette section [S04]

06 · Alimentation

Alimentation, pâturage et autonomie fourragère

La Maraîchine est d'abord documentée comme une race d'herbage. Sur Transi'marsh, les adultes et génisses sont alimentés avec les ressources produites sur la ferme : foin de prairie, enrubannage de méteil et grains de méteil.

Ce cas illustre une forte autonomie alimentaire, mais il ne constitue pas une ration standard de la race. Les exploitations peuvent avoir des systèmes très différents : tout herbe, polyculture-élevage, vente de foin, pâturage de marais, surfaces plus sèches en complément.

Le berceau se caractérise par une forte variabilité hydrique saisonnière. Le changement climatique ajoute des sécheresses estivales plus fréquentes, ce qui augmente l'intérêt de systèmes flexibles.

Sources de cette section [S04][S11]

07 · Santé

Rusticité, santé et bien-être

Le terme « rusticité » recouvre plusieurs dimensions : maintien de l'état corporel, capacité de marche, aptitude à exploiter des fourrages hétérogènes, résistance aux contraintes climatiques et sanitaires.

Le standard 2024 décrit explicitement la capacité de la Maraîchine à mobiliser ses réserves et à reprendre rapidement de l'état. Cela ne signifie ni absence de besoins, ni immunité sanitaire.

Les besoins en eau, énergie, protéines, minéraux et confort restent ceux de bovins dont les exigences augmentent en fin de gestation, début de lactation, croissance ou finition.

  • Surveiller l'état corporel des vaches plutôt que de se fier à la seule apparence de rusticité.
  • Prévoir l'accès à l'eau propre en quantité suffisante.
  • Gérer les compléments minéraux sur analyses de fourrages et risques locaux.
  • Adapter le chargement et le calendrier de pâturage aux conditions hydriques.
Sources de cette section [S01][S11]

08 · Conservation

Conservation génétique et gestion de population

La conservation d'une race à petit effectif ne consiste pas à sélectionner uniquement les animaux les plus conformes. Elle doit préserver une diversité de lignées et limiter la consanguinité.

Le noyau de sauvegarde constitué à partir d'une trentaine de femelles implique un goulot d'étranglement historique. La croissance des effectifs ne fait pas disparaître ce risque.

Un séminaire CREGENE de 2025 a présenté des analyses génomiques sur un petit échantillon de 17 animaux, suggérant une diversité encore intéressante et une proximité forte avec la Parthenaise. Ces résultats constituent une piste scientifique, non une mesure définitive.

Sources de cette section [S03][S09]

09 · Filière

Filière, débouchés et valorisation

La valorisation contemporaine repose sur la cohérence d'un système : valorisation de l'herbe, longue période de pâturage, production de veaux rosés, bœufs ou vaches, circuits courts et différenciation territoriale.

Le pilotage associe l'association Maraîchine, des magasins Biocoop et la LPO Vendée. Le cahier des charges inclut organisation collective, état des animaux, calendrier, prise en compte de la biodiversité et formations.

La démarche est reconnue comme GIEE depuis 2024. La différenciation repose sur la possibilité de relier la viande à un système d'élevage herbager et à des milieux de marais.

Sources de cette section [S10]

10 · Effectifs

Effectifs, répartition et dynamique

La population demeure concentrée dans son aire de développement historique. CREGENE indique qu'environ 90 % des élevages professionnels sont dans le berceau de race.

L'association signale une diffusion vers des régions limitrophes ou apparentées historiquement — Limousin, Centre, Périgord — ce qui peut contribuer à la sécurisation géographique à condition de maintenir les échanges de reproducteurs.

La comparaison avec la Nantaise et la Parthenaise est pertinente : ces trois races partagent un héritage commun de l'Ouest mais ont connu des trajectoires de sélection très différentes.

Sources de cette section [S02][S03]

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

La Maraîchine est-elle une race de marais ?

Oui, son berceau est dans les marais littoraux et arrière-littoraux de Vendée et Charente-Maritime, caractérisés par des sols hydromorphes, des prairies naturelles et une forte variabilité hydrique saisonnière. [S01]

Quelle est son orientation productive ?

Aujourd'hui principalement allaitante/viande, bien que le standard 2024 décrive une race qui « reste de type mixte » avec des capacités laitières maternelles pour le veau. [S01]

Quelle est la qualité de sa viande ?

Les études montrent des différences nutritionnelles et sensorielles selon le régime d'élevage. La différenciation repose sur le lien avec un système herbager et des milieux de marais. [S04]

Quel est le standard de race ?

Le standard a été révisé en 2024 par l'Association avec rédaction Idele. Il s'appuie sur les descriptions historiques et l'état contemporain de la population. [S01]

Est-elle reconnue GIEE ?

Oui, la démarche filière est reconnue comme GIEE depuis 2024, avec un pilotage associant l'Association Maraîchine, Biocoop et la LPO Vendée. [S10]

Quel est le principal débouché ?

Circuits courts, vente directe, restauration et magasins spécialisés. La valorisation repose sur le lien race-prairie-biodiversité. [S10]

Quels sont les enjeux de conservation ?

Le faible effectif efficace, la concentration géographique, la gestion des lignées mâles et la pérennité économique des élevages. Le goulot d'étranglement historique des années 1980 reste un risque génétique. [S03][S09]

Est-elle rustique ?

Le standard décrit une capacité à fonctionner dans des systèmes herbagers et à valoriser des ressources hétérogènes, mais cela ne signifie ni absence de besoins ni immunité sanitaire. [S01]

Quelle est sa différence avec la Nantaise ?

La Nantaise partage le statut de race locale de l'Ouest à petit effectif mais a une trajectoire distincte. La Parthenaise est historiquement apparentée mais a connu une forte spécialisation viande. [S02]

Quel est le code racial ?

Le code racial est 58, classé dans la catégorie « viande » pour l'application de certaines aides, bien que le standard zootechnique décrive une race anciennement à triple aptitude. [S06]

Traçabilité

Sources utilisées

Les chiffres et repères affichés sur cette page renvoient à leur organisme d’origine. Les bases vivantes sont vérifiées avant toute recommandation opérationnelle.

8 sources affichées sur 12

  1. S01
  2. S02
  3. S03
  4. S04
  5. S05
  6. S06
  7. S07
  8. S08