Référence agronomique · France

Élevage · Bovins · Races bovines

Lourdaise

Bos taurus — Race Lourdaise

Fiche complète de la race bovine Lourdaise : origine des Hautes-Pyrénées et du Lavedan, format moyen, polyvalence historique (travail, lait, viande), orientation allaitante actuelle, veau sous la mère, reproduction, conservation et effectifs. Données sourcées et datées.

Vérifié le 19 août 2026 Lecture 18 min
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Vache Lourdaise dans les paysages des Hautes-Pyrénées
Lourdaise en prairie montagnarde · Image SILLOVA
15 sources analyséesOrganismes publics et techniques
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères de campagne

Les chiffres à retenir

Chaque valeur garde son année, son statut et sa source.

01
Consolidé

135 cm

Hauteur au garrot femelle

Races de France · repère racial [S01]

02
Consolidé

650 – 700 kg

Poids vif femelle

Races de France · adulte [S01]

03
Consolidé

900 – 1 000 kg

Poids vif mâle

Races de France · adulte [S01]

04
Consolidé

Race locale menacée

Statut de conservation

Programme de conservation actif · ANRBL [S02]

01 · Identité

Identité et classification

La Lourdaise est une race bovine locale des Hautes-Pyrénées, issue des vallées du Lavedan et de la Bigorre. C'est la seule race bovine issue uniquement de ce département. Elle est aujourd'hui classée comme race locale menacée.

Le nom « Lourdaise » renvoie à Lourdes, mais l'aire historique est plus large. L'ANRBL présente la population comme la seule race bovine issue uniquement des Hautes-Pyrénées et indique que l'appellation « variété du Lavedan » décrirait mieux son implantation historique.

L'appellation ne doit pas être confondue avec la brebis Lourdaise, race ovine distincte. L'espèce doit toujours accompagner le nom de race lors d'une première mention.

Repères identitaires de la Lourdaise
CaractéristiqueValeur
OrigineHautes-Pyrénées · Lavedan · Bigorre
Appellation historiqueVariété du Lavedan
OrientationPolyvalente historique · allaitante actuelle
StatutRace locale menacée · conservation active
Organisme de raceANRBL
Sources de cette section [S01][S02][S03]

02 · Origine

Origine, berceau et histoire

L'histoire de la Lourdaise illustre le mécanisme classique de l'érosion de la biodiversité domestique : une population locale polyvalente perd ses fonctions économiques lorsque la traction animale disparaît et que les filières laitières et bouchères se spécialisent.

La Lourdaise appartient au patrimoine bovin blond du Sud-Ouest. L'ANRBL indique qu'une partie de sa génétique, avec la Garonnaise et la Blonde du Quercy, a contribué à la constitution de la Blonde d'Aquitaine en 1962. Cette affirmation relève d'un récit de race et doit être présentée comme telle.

La conservation ne consiste donc pas seulement à augmenter le nombre d'animaux : elle doit recréer des fonctions et des débouchés compatibles avec l'agriculture contemporaine.

Sources de cette section [S02][S03]

03 · Morphologie

Morphologie, format et standard racial

La Lourdaise est une vache de format moyen, fonctionnelle, agile et adaptée aux déplacements. Son type vise un équilibre entre rusticité et productivité.

Races de France publie une hauteur au garrot de 135 cm pour les femelles et 140 cm pour les mâles. Les poids adultes de référence sont de 650 à 700 kg pour les femelles et de 900 à 1 000 kg pour les mâles. L'ANRBL indique que des femelles peuvent dépasser le format habituel et cite des observations jusqu'à 900 kg ; cette valeur ne doit pas remplacer la plage de référence.

Mensurations de référence
ParamètreFemelleMâle
Garrot135 cm140 cm
Poids vif adulte650 – 700 kg900 – 1 000 kg
RobeBlonde fromentBlonde froment
Sources de cette section [S01][S02]

04 · Aptitudes

Aptitudes historiques et orientation actuelle

La Lourdaise était une véritable race de ferme polyvalente. Elle travaillait au labour et au transport, fournissait du lait et produisait un veau. Cette combinaison explique sa morphologie moins spécialisée que celle d'une race à viande moderne.

La valorisation bouchère contemporaine est principalement fondée sur le veau élevé par sa mère, sur les animaux de réforme et, plus ponctuellement, sur des bœufs à cycle long. L'ANRBL présente le veau sous la mère en race pure ou en croisement comme un débouché moderne.

Races de France rappelle que la Lourdaise avait autrefois la réputation d'être la meilleure laitière du Sud-Ouest. Aujourd'hui, le potentiel laitier est surtout visible par l'aptitude des mères à élever leur veau. Aucune moyenne nationale récente et robuste de lactation spécifique n'a été identifiée.

Sources de cette section [S02][S03]

05 · Reproduction

Reproduction, fertilité et conduite des vêlages

La conservation d'une race à très petit effectif place la reproduction au centre de la stratégie. Le premier objectif est d'obtenir régulièrement des veaux vivants tout en évitant l'augmentation trop rapide de la parenté moyenne.

Pour la campagne 2020, les données publiées par l'Institut de l'Élevage portaient sur 45 vêlages dans 13 troupeaux ; 91 % des vêlages étaient classés « faciles » et 9 % « faciles avec aide », sans vêlage difficile ni césarienne dans cet échantillon. L'intervalle moyen tous vêlages était de 425 jours sur 29 intervalles utilisables. Ces chiffres reposent sur des nombres faibles.

L'ANRBL indique sur sa page de race que 17 taureaux sont disponibles à l'insémination. Un reportage de juin 2025 évoque 13 taureaux d'insémination et une dizaine de taureaux de monte naturelle.

Indicateurs de reproduction 2020 (races à petits effectifs)
IndicateurValeur
Vêlages suivis45 dans 13 troupeaux
Vêlages faciles91 %
Vêlages faciles avec aide9 %
Intervalle vêlage-vêlage425 jours
Sources de cette section [S04]

06 · Conservation

Conservation, effectifs et dispositifs

La Lourdaise bénéficie d'un programme de conservation actif porté par l'ANRBL et des éleveurs engagés. Les dispositifs de soutien réglementaires compensent en partie les contraintes économiques.

La race est classée comme locale menacée d'abandon. Elle bénéficie des MAEC PRM et d'autres dispositifs régionaux. La vente directe de viande et de veaux sous la mère constitue un débouché économique important pour la survie de la race.

Des reportages 2025 montrent des fermes qui commercialisent directement veaux, vaches ou bœufs et cherchent à réduire les charges par l'herbe et l'autonomie. Un exemple mentionne des veaux sous la mère de 4 à 5 mois autour de 150 kg de carcasse et un prix moyen de 7,50 €/kg — observation de terrain, non cotation nationale.

Sources de cette section [S02][S06]

07 · Alimentation

Systèmes herbagers et autonomie fourragère

La Lourdaise est historiquement adaptée aux systèmes pastoraux des Pyrénées. L'herbe, le foin de montagne et la complémentarité entre fonds de vallée et estives structurent son alimentation.

La race est décrite comme sobre et capable de valoriser des ressources fourragères de qualité moyenne. Les distances de parcours, la qualité des chemins et l'accès à l'eau sont des déterminants de la réussite en système pastoral.

Dans les systèmes modernes, la complémentation ciblée en fin de gestation et pendant la lactation permet de soutenir la production tout en préservant l'autonomie fourragère de base.

Repères de conduite au pâturage
EnjeuRecommandation
Herbe disponiblePiloter la hauteur d'entrée/sortie selon la saison
DistancesLimiter les marches inutiles et sécuriser les chemins
ComplémentAdapter au stade physiologique et à la qualité de l'herbe
EauPréserver l'accès continu à une eau propre
EstivePlanifier montée/descente selon la végétation
Sources de cette section [S02][S15]

08 · Économie

Débouchés et valorisation

La valorisation économique repose sur le veau sous la mère, la viande de réforme et les circuits courts. La vente directe est fréquente et permet de capter une plus-value sur la rusticité et l'origine locale.

Le veau sous la mère en race pure ou en croisement constitue le débouché principal. La viande de bœuf à cycle long et la vache de réforme complètent les débouchés. Les circuits courts, la vente directe et les AMAP sont des leviers de valorisation.

La rentabilité dépend de la maîtrise des charges, de l'autonomie fourragère, de la mortalité et de la capacité à vendre à prix valorisant. La race seule ne constitue pas un signe officiel de qualité, mais elle peut être valorisée dans des démarches de différenciation.

Sources de cette section [S06][S10]

Repères approfondis

Éléments techniques et contexte de référence

Les repères suivants complètent la lecture opérationnelle avec des éléments issus du dossier de recherche dédié à cette production.

Pour une population aussi réduite, une différence de définition peut modifier fortement un chiffre : « vaches », « mères », « femelles reproductrices », « animaux inscrits », « animaux présents », « élevages adhérents » et « troupeaux détenant au moins un animal » ne sont pas interchangeables. Le dossier conserve donc l’année, la source et la catégorie de chaque valeur. Lorsque deux sources récentes divergent, l’écart est signalé au lieu de produire une moyenne artificielle.

Sources de cette section [S01][S02]

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

La Lourdaise est-elle une race française ?

Oui, c'est une race bovine locale originaire des Hautes-Pyrénées, plus précisément du Lavedan et de la Bigorre.

Quelle est la différence avec la brebis Lourdaise ?

La Lourdaise bovine et la Lourdaise ovine sont deux espèces et deux races distinctes. L'une est un bovin, l'autre un ovins. [S02]

Quel est son format adulte ?

Races de France donne 135 cm au garrot et 650-700 kg pour une femelle adulte ; 140 cm et 900-1 000 kg pour un mâle. [S01]

Quel est le débouché principal actuel ?

L'orientation principale est allaitante, avec production de veau sous la mère en race pure ou en croisement. [S02]

Est-elle adaptée à la montagne ?

Oui, elle est historiquement adaptée aux systèmes pastoraux pyrénéens, avec estive et valorisation de fourrages variés. [S02]

Combien y a-t-il de Lourdaises en France ?

Les effectifs exacts ne sont pas publiés annuellement de façon centralisée. La race est classée comme locale menacée et fait l'objet d'un programme de conservation actif porté par l'ANRBL. [S02]

Quels dispositifs de soutien existent ?

Les MAEC PRM et d'autres dispositifs régionaux soutiennent les éleveurs de races locales menacées, notamment en Occitanie. [S09]

Produit-elle du lait ?

Historiquement oui, avec la réputation d'être la meilleure laitière du Sud-Ouest. Aujourd'hui, le potentiel laitier se manifeste surtout par l'aptitude des mères à élever leur veau. [S02]

Quelle est sa facilité de vêlage ?

Dans l'échantillon 2020 des races à petits effectifs, 91 % des vêlages Lourdaise étaient classés « faciles » sur 45 vêlages dans 13 troupeaux. [S04]

Où la trouve-t-on principalement ?

Dans les Hautes-Pyrénées, le Lavedan et la Bigorre, avec des élevages également présents dans d'autres départements pyrénéens. [S02][S07]

Traçabilité

Sources utilisées

Les chiffres et repères affichés sur cette page renvoient à leur organisme d’origine. Les bases vivantes sont vérifiées avant toute recommandation opérationnelle.

8 sources affichées sur 15

  1. S01
  2. S02
  3. S03
  4. S04

    Rapport d'activités races à petits effectifs

    Rapport d'activités races à petits effectifs — campagne 2020

    2025

  5. S05
  6. S06
  7. S07
  8. S08