Référence agronomique · France

Cultures · Grandes cultures · Oléagineux

Lin oléagineux

Linum usitatissimum L.

Monographie du lin oléagineux (Linum usitatissimum) : culture de graine riche en huile et en oméga-3, 17 500 ha en France en 2025 après un pic à 38 000 ha en 2021, 17,7 q/ha, plus de 90 % de la production sous contrat, répartition 55 % hiver / 45 % printemps, fort effet précédent pour le blé et marché alimentaire et technique structuré.

Vérifié le 19 août 2026 Lecture 14 min
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Capsules de lin oléagineux arrivées à maturité dans une parcelle française
Lin oléagineux · Image SILLOVA
12 sources analyséesOrganismes publics et techniques
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères de campagne

Les chiffres à retenir

Chaque valeur garde son année, son statut et sa source.

01
Consolidé

17 500 ha

Surface France 2025

−21 % sur 2024 · après un pic à ≈ 38 000 ha en 2021 [S02]

02
Consolidé

17,7 q/ha

Rendement national 2025

Bilan de marché de la filière [S02]

03
Consolidé

> 90 %

Production sous contrat

Diagnostic de filière 2025 publié en 2026 [S01]

04
Consolidé

38-40 %

Teneur en huile

Dont 54-60 % d’acide alpha-linolénique (oméga-3) [S01]

01 · Identité

Le lin cultivé pour sa graine

Le lin oléagineux est Linum usitatissimum L. sélectionné et conduit pour sa graine, riche en huile et en acide alpha-linolénique — l’oméga-3 ALA —, et non pour sa fibre.

La graine contient 38 à 40 % d’huile, dont 54 à 60 % d’ALA, et environ 21 % de protéines sur matière sèche. Elle alimente quatre familles de débouchés : alimentation humaine (graines, huile vierge), alimentation animale (graines et tourteaux), usages techniques (huile pour peintures, linoléum, encres) et cosmétiques.

La domestication du lin est ancienne : les travaux de génétique sur le locus sad2 documentent une histoire évolutive commune aux formes fibres et oléagineuses, la sélection moderne ayant ensuite spécialisé les deux types. Ne pas confondre les itinéraires : densité, variété, hauteur de récolte et cahier des charges diffèrent totalement du lin fibre.

Sources de cette section [S01][S11][S12]

02 · France

Des surfaces en recul depuis le pic de 2021

La culture a connu un cycle marqué : environ 32 000 ha en 2020, un pic proche de 38 000 ha en 2021, puis un repli à 23 200 ha en 2024 et 17 500 ha en 2025 — soit −21 % sur un an.

Ce paradoxe structure la réflexion de la filière : la demande en graines françaises se renforce — alimentation, oméga-3, local — alors que les surfaces reculent. La récolte 2025 est le dernier millésime consolidé au 19 août 2026 ; le rendement national s’y établit à 17,7 q/ha.

La structure évolue : en 2024, les surfaces se répartissaient autour de 55 % de lin d’hiver et 45 % de lin de printemps, le printemps se spécialisant vers l’agriculture biologique. Le biologique représentait environ 7 600 ha, soit près de 35 % de la surface — un poids remarquable pour une grande culture.

Lin oléagineux en France : évolution des surfaces (série filière, arrondis).
CampagneSurfaceLecture
2020≈ 32 000 haSérie Terres Univia / SSP
2021≈ 38 000 haPic récent de la série
2022≈ 29 000 haRecul après pic
202423 200 ha · 17,4 q/haBilan de campagne
202517 500 ha · 17,7 q/haBilan de marché, −21 % de surface
Sources de cette section [S01][S02][S05]

03 · Systèmes

Hiver ou printemps : deux logiques d’implantation

Le lin d’hiver se sème à l’automne pour une récolte estivale précoce ; le lin de printemps se sème de mars à avril, sur un créneau qui se spécialise en agriculture biologique.

Pour le lin d’hiver, l’implantation réussie conditionne la survie et le redémarrage : lit de semences préparé, densité maîtrisée, fertilisation d’automne raisonnée. En cas de printemps sec, l’irrigation peut sécuriser la reprise et la floraison.

Pour le lin de printemps, l’implantation est décrite par Terres Inovia comme l’étape clé de la conduite : levée rapide et homogène sur sol réchauffé, concurrence adventice maîtrisée dès le départ. Le lin supporte mal le salissement, surtout en bio où le désherbage mécanique doit être anticipé.

Sources de cette section [S03][S04]

04 · Fertilisation

Des besoins azotés modérés

Le lin oléagineux est sobre : ses besoins azotés sont modérés comparativement aux céréales, et l’excès expose à la verse et aux maladies.

La fertilisation d’automne du lin d’hiver se raisonne en apports mesurés ; Terres Inovia recommande de fractionner l’apport d’azote lorsque la dose dépasse 80 unités. Phosphore et potassium se calent sur analyse de sol et exportations.

La sobriété de la culture est un argument de système : peu d’intrants, pas d’irrigation systématique, et un précédent apprécié. L’effet sur le blé suivant est chiffré par la filière à environ +200 €/ha de marge brute en comparaison d’un deuxième blé — un ordre de grandeur de références 2025, pas une garantie.

Sources de cette section [S01][S03]

05 · Santé

Altises au départ, maladies à floraison

Comme le lin fibre, le lin oléagineux subit les altises en début de cycle ; thrips, maladies de la floraison et verse complètent la surveillance.

Les évolutions réglementaires des spécialités fongicides à floraison, effectives au 1er janvier 2026, modifient l’offre de protection : la base E-Phy de l’ANSES est la seule référence opérationnelle à jour, à consulter au moment de chaque intervention.

Le projet METALLIN, lancé en octobre 2024 pour 42 mois par Terres Inovia, travaille sur les contaminants métalliques du lin oléagineux — un enjeu qualité pour les débouchés alimentaires. La conduite intégrée — rotation, variété, densité — reste le premier niveau de prévention.

Sources de cette section [S04][S09]

06 · Récolte

Moissonner à maturité, gérer la paille

La récolte s’effectue à la moissonneuse lorsque les capsules ont bruni et que la graine est sèche ; la préparation du chantier — réglages, plateau, vitesse — conditionne pertes et qualité.

La graine petite et très glissante exige des réglages soignés : fuites au sol et grains cassés pénalisent directement un lot dont la valeur est élevée au quintal. L’humidité de stockage et la propreté déterminent la conformité au contrat.

La paille de lin oléagineux n’a pas la valeur de celle du lin fibre : sa gestion — exportation, broyage, incorporation — fait partie de l’itinéraire et du bilan. Terres Inovia publie des références dédiées à la récolte et à la gestion des résidus.

Sources de cette section [S04]

07 · Qualité

Huile, oméga-3 et graines brunes ou jaunes

La qualité d’un lot de lin oléagineux se juge sur la teneur en huile, le profil en acides gras, la propreté, l’humidité et, pour l’alimentation humaine, l’aspect de la graine.

Le marché de la graine entière se segmente : la graine brune domine avec environ 80 % du marché ; la graine jaune, recherchée pour son aspect en alimentation humaine, représente environ 20 % et bénéficiait d’une prime observée de 50 à 100 €/t dans le diagnostic 2025 — au prix de rendements parfois inférieurs.

Sur le plan nutritionnel, l’ANSES documente la composition de la graine et de l’huile de lin dans la table Ciqual : la richesse en ALA en fait l’une des sources végétales d’oméga-3 les plus concentrées, argument central des débouchés alimentaires.

Sources de cette section [S01][S10]

08 · Économie

Une culture de contrat, pas de marché spot

Plus de 90 % de la production française est contractualisée : le lin oléagineux se sème avec un débouché, un cahier des charges et un prix ou une formule de prix définis.

Le diagnostic de filière chiffre les charges opérationnelles entre 350 et 450 €/ha et cite une marge brute possible supérieure à 800 €/ha dans des cas de rendements conventionnels usuels et de prix adaptés — un scénario, pas une promesse. La marge réelle se construit avec l’effet précédent sur la culture suivante.

La filière investit dans l’amont : l’initiative Technolin, annoncée en décembre 2025, unit les acteurs pour accélérer la sélection variétale. Le catalogue progresse, avec des variétés proposées à l’inscription documentées par le GEVES/CTPS et un outil de choix variétal accessible sur MyVar.

Sources de cette section [S01][S07][S08]

Repères documentés

Repères datés du lin oléagineux

Ces données donnent un point de comparaison daté, à interpréter avec leur année, leur périmètre et leur statut.

Repères documentés — consulter la source et le millésime avant comparaison.
IndicateurValeur / situationRéférenceSource / lecture
Surface France17 500 haRécolte 2025 · −21 %Terres Univia
Rendement national17,7 q/haRécolte 2025Terres Univia
Répartition55 % hiver · 45 % printemps2024Diagnostic de filière
Surface bio≈ 7 600 ha · ≈ 35 %2024Diagnostic de filière
Sous contrat> 90 % de la production2025Diagnostic de filière
Effet précédent blé≈ +200 €/ha de marge bruteRéférences 2025Terres Univia
Sources de cette section [S01][S02]

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

Quelle différence entre lin oléagineux et lin fibre ?

Même espèce, deux cultures : le lin oléagineux est conduit pour sa graine riche en huile, le lin fibre pour sa tige textile. Variétés, densités, récolte et cahiers des charges diffèrent totalement. [S01]

Quelle surface occupe le lin oléagineux en France ?

17 500 hectares en 2025, en recul de 21 % sur 2024, après un pic proche de 38 000 ha en 2021. Le rendement national 2025 est de 17,7 q/ha. [S02]

Faut-il un contrat pour semer du lin oléagineux ?

Dans la pratique, oui : plus de 90 % de la production française est contractualisée. Le débouché, le cahier des charges et la formule de prix doivent être sécurisés avant le semis. [S01]

Lin d’hiver ou lin de printemps ?

En 2024, la répartition était d’environ 55 % d’hiver et 45 % de printemps. Le lin d’hiver offre une récolte précoce ; le printemps se spécialise en agriculture biologique. Le choix dépend de la zone, du système et du contrat. [S03][S04]

Quelle richesse en oméga-3 ?

La graine contient 38 à 40 % d’huile, dont 54 à 60 % d’acide alpha-linolénique (ALA). C’est l’une des sources végétales d’oméga-3 les plus concentrées, argument central des débouchés alimentaires. [S01][S10]

Quel effet sur la culture suivante ?

La filière chiffre l’effet précédent sur un blé à environ +200 €/ha de marge brute en comparaison d’un deuxième blé, selon des références 2025. C’est un ordre de grandeur, pas une garantie. [S01]

Graine brune ou graine jaune ?

La brune domine avec environ 80 % du marché de la graine entière. La jaune, recherchée en alimentation humaine, bénéficiait d’une prime de 50 à 100 €/t en 2025, avec des rendements parfois inférieurs. [S01]

Traçabilité

Sources utilisées

Les chiffres et repères affichés sur cette page renvoient à leur organisme d’origine. Les bases vivantes sont vérifiées avant toute recommandation opérationnelle.

8 sources affichées sur 12

  1. S01
  2. S02
  3. S03
  4. S04
  5. S05
  6. S06
  7. S07
  8. S08