01 · Identité
Le lin cultivé pour sa graine
Le lin oléagineux est Linum usitatissimum L. sélectionné et conduit pour sa graine, riche en huile et en acide alpha-linolénique — l’oméga-3 ALA —, et non pour sa fibre.
La graine contient 38 à 40 % d’huile, dont 54 à 60 % d’ALA, et environ 21 % de protéines sur matière sèche. Elle alimente quatre familles de débouchés : alimentation humaine (graines, huile vierge), alimentation animale (graines et tourteaux), usages techniques (huile pour peintures, linoléum, encres) et cosmétiques.
La domestication du lin est ancienne : les travaux de génétique sur le locus sad2 documentent une histoire évolutive commune aux formes fibres et oléagineuses, la sélection moderne ayant ensuite spécialisé les deux types. Ne pas confondre les itinéraires : densité, variété, hauteur de récolte et cahier des charges diffèrent totalement du lin fibre.
02 · France
Des surfaces en recul depuis le pic de 2021
La culture a connu un cycle marqué : environ 32 000 ha en 2020, un pic proche de 38 000 ha en 2021, puis un repli à 23 200 ha en 2024 et 17 500 ha en 2025 — soit −21 % sur un an.
Ce paradoxe structure la réflexion de la filière : la demande en graines françaises se renforce — alimentation, oméga-3, local — alors que les surfaces reculent. La récolte 2025 est le dernier millésime consolidé au 19 août 2026 ; le rendement national s’y établit à 17,7 q/ha.
La structure évolue : en 2024, les surfaces se répartissaient autour de 55 % de lin d’hiver et 45 % de lin de printemps, le printemps se spécialisant vers l’agriculture biologique. Le biologique représentait environ 7 600 ha, soit près de 35 % de la surface — un poids remarquable pour une grande culture.
| Campagne | Surface | Lecture |
|---|---|---|
| 2020 | ≈ 32 000 ha | Série Terres Univia / SSP |
| 2021 | ≈ 38 000 ha | Pic récent de la série |
| 2022 | ≈ 29 000 ha | Recul après pic |
| 2024 | 23 200 ha · 17,4 q/ha | Bilan de campagne |
| 2025 | 17 500 ha · 17,7 q/ha | Bilan de marché, −21 % de surface |
03 · Systèmes
Hiver ou printemps : deux logiques d’implantation
Le lin d’hiver se sème à l’automne pour une récolte estivale précoce ; le lin de printemps se sème de mars à avril, sur un créneau qui se spécialise en agriculture biologique.
Pour le lin d’hiver, l’implantation réussie conditionne la survie et le redémarrage : lit de semences préparé, densité maîtrisée, fertilisation d’automne raisonnée. En cas de printemps sec, l’irrigation peut sécuriser la reprise et la floraison.
Pour le lin de printemps, l’implantation est décrite par Terres Inovia comme l’étape clé de la conduite : levée rapide et homogène sur sol réchauffé, concurrence adventice maîtrisée dès le départ. Le lin supporte mal le salissement, surtout en bio où le désherbage mécanique doit être anticipé.
04 · Fertilisation
Des besoins azotés modérés
Le lin oléagineux est sobre : ses besoins azotés sont modérés comparativement aux céréales, et l’excès expose à la verse et aux maladies.
La fertilisation d’automne du lin d’hiver se raisonne en apports mesurés ; Terres Inovia recommande de fractionner l’apport d’azote lorsque la dose dépasse 80 unités. Phosphore et potassium se calent sur analyse de sol et exportations.
La sobriété de la culture est un argument de système : peu d’intrants, pas d’irrigation systématique, et un précédent apprécié. L’effet sur le blé suivant est chiffré par la filière à environ +200 €/ha de marge brute en comparaison d’un deuxième blé — un ordre de grandeur de références 2025, pas une garantie.
05 · Santé
Altises au départ, maladies à floraison
Comme le lin fibre, le lin oléagineux subit les altises en début de cycle ; thrips, maladies de la floraison et verse complètent la surveillance.
Les évolutions réglementaires des spécialités fongicides à floraison, effectives au 1er janvier 2026, modifient l’offre de protection : la base E-Phy de l’ANSES est la seule référence opérationnelle à jour, à consulter au moment de chaque intervention.
Le projet METALLIN, lancé en octobre 2024 pour 42 mois par Terres Inovia, travaille sur les contaminants métalliques du lin oléagineux — un enjeu qualité pour les débouchés alimentaires. La conduite intégrée — rotation, variété, densité — reste le premier niveau de prévention.
06 · Récolte
Moissonner à maturité, gérer la paille
La récolte s’effectue à la moissonneuse lorsque les capsules ont bruni et que la graine est sèche ; la préparation du chantier — réglages, plateau, vitesse — conditionne pertes et qualité.
La graine petite et très glissante exige des réglages soignés : fuites au sol et grains cassés pénalisent directement un lot dont la valeur est élevée au quintal. L’humidité de stockage et la propreté déterminent la conformité au contrat.
La paille de lin oléagineux n’a pas la valeur de celle du lin fibre : sa gestion — exportation, broyage, incorporation — fait partie de l’itinéraire et du bilan. Terres Inovia publie des références dédiées à la récolte et à la gestion des résidus.
07 · Qualité
Huile, oméga-3 et graines brunes ou jaunes
La qualité d’un lot de lin oléagineux se juge sur la teneur en huile, le profil en acides gras, la propreté, l’humidité et, pour l’alimentation humaine, l’aspect de la graine.
Le marché de la graine entière se segmente : la graine brune domine avec environ 80 % du marché ; la graine jaune, recherchée pour son aspect en alimentation humaine, représente environ 20 % et bénéficiait d’une prime observée de 50 à 100 €/t dans le diagnostic 2025 — au prix de rendements parfois inférieurs.
Sur le plan nutritionnel, l’ANSES documente la composition de la graine et de l’huile de lin dans la table Ciqual : la richesse en ALA en fait l’une des sources végétales d’oméga-3 les plus concentrées, argument central des débouchés alimentaires.
08 · Économie
Une culture de contrat, pas de marché spot
Plus de 90 % de la production française est contractualisée : le lin oléagineux se sème avec un débouché, un cahier des charges et un prix ou une formule de prix définis.
Le diagnostic de filière chiffre les charges opérationnelles entre 350 et 450 €/ha et cite une marge brute possible supérieure à 800 €/ha dans des cas de rendements conventionnels usuels et de prix adaptés — un scénario, pas une promesse. La marge réelle se construit avec l’effet précédent sur la culture suivante.
La filière investit dans l’amont : l’initiative Technolin, annoncée en décembre 2025, unit les acteurs pour accélérer la sélection variétale. Le catalogue progresse, avec des variétés proposées à l’inscription documentées par le GEVES/CTPS et un outil de choix variétal accessible sur MyVar.
Repères documentés
Repères datés du lin oléagineux
Ces données donnent un point de comparaison daté, à interpréter avec leur année, leur périmètre et leur statut.
| Indicateur | Valeur / situation | Référence | Source / lecture |
|---|---|---|---|
| Surface France | 17 500 ha | Récolte 2025 · −21 % | Terres Univia |
| Rendement national | 17,7 q/ha | Récolte 2025 | Terres Univia |
| Répartition | 55 % hiver · 45 % printemps | 2024 | Diagnostic de filière |
| Surface bio | ≈ 7 600 ha · ≈ 35 % | 2024 | Diagnostic de filière |
| Sous contrat | > 90 % de la production | 2025 | Diagnostic de filière |
| Effet précédent blé | ≈ +200 €/ha de marge brute | Références 2025 | Terres Univia |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Quelle différence entre lin oléagineux et lin fibre ?
Même espèce, deux cultures : le lin oléagineux est conduit pour sa graine riche en huile, le lin fibre pour sa tige textile. Variétés, densités, récolte et cahiers des charges diffèrent totalement. [S01]
Quelle surface occupe le lin oléagineux en France ?
17 500 hectares en 2025, en recul de 21 % sur 2024, après un pic proche de 38 000 ha en 2021. Le rendement national 2025 est de 17,7 q/ha. [S02]
Faut-il un contrat pour semer du lin oléagineux ?
Dans la pratique, oui : plus de 90 % de la production française est contractualisée. Le débouché, le cahier des charges et la formule de prix doivent être sécurisés avant le semis. [S01]
Lin d’hiver ou lin de printemps ?
En 2024, la répartition était d’environ 55 % d’hiver et 45 % de printemps. Le lin d’hiver offre une récolte précoce ; le printemps se spécialise en agriculture biologique. Le choix dépend de la zone, du système et du contrat. [S03][S04]
Quelle richesse en oméga-3 ?
La graine contient 38 à 40 % d’huile, dont 54 à 60 % d’acide alpha-linolénique (ALA). C’est l’une des sources végétales d’oméga-3 les plus concentrées, argument central des débouchés alimentaires. [S01][S10]
Quel effet sur la culture suivante ?
La filière chiffre l’effet précédent sur un blé à environ +200 €/ha de marge brute en comparaison d’un deuxième blé, selon des références 2025. C’est un ordre de grandeur, pas une garantie. [S01]
Graine brune ou graine jaune ?
La brune domine avec environ 80 % du marché de la graine entière. La jaune, recherchée en alimentation humaine, bénéficiait d’une prime de 50 à 100 €/t en 2025, avec des rendements parfois inférieurs. [S01]





