01 · Référence
Identité botanique, taxonomie et biologie
Le nom « kiwi » désigne le fruit de plusieurs espèces du genre Actinidia, famille des Actinidiaceae, ordre des Ericales. En production française, le cœur historique est Actinidia deliciosa, notamment le cultivar Hayward à chair verte. Actinidia chinensis regroupe de nombreux types à chair jaune ou jaune-verte, souvent diffusés sous marques ou systèmes variétaux protégés. D’autres espèces, comme A. arguta (kiwaï), existent dans des marchés…
La liane présente une forte vigueur végétative. Sans palissage et taille régulière, les pousses s’enchevêtrent, l’ombre augmente, le bois fructifère se renouvelle mal et la répartition de la charge devient hétérogène. La conduite vise donc à créer une charpente permanente, puis à renouveler chaque hiver des cannes d’un an bien réparties, capables de porter les pousses fructifères de la saison suivante.
02 · Référence
Histoire, domestication et diffusion
Les Actinidia sont originaires d’Asie orientale et le fruit était connu en Chine bien avant son développement commercial international. Le CTIFL rappelle que l’Actinidia existait à l’état sauvage en Chine depuis des millions d’années, puis a été domestiqué et sélectionné par les Néo-Zélandais au début du XXe siècle. Les formes commerciales modernes ont ensuite été diffusées à grande échelle, le…
En France, des pionniers acclimatent la culture à partir des années 1960-1970. Les communications de la filière situent en 1972 les premières commercialisations de kiwis portant une origine France vers le marché européen. La culture prend véritablement son essor dans les années 1980, notamment dans le Sud-Ouest, la vallée du Rhône et la Corse. ,
03 · Référence
Filière française, bassins, statistiques et contexte européen
La surface nationale de kiwi est restée proche de 3 900 ha entre 2019 et 2022 puis a progressé à 3 989 ha en 2023 et 4 042 ha en 2024. La production a davantage fluctué : 54 695 t en 2019, 46 027 t en 2021, puis 50 760 t en 2024. Le rendement moyen 2024 de 12,6 t/ha reste un indicateur statistique…
Les cinq départements ci-dessus totalisent 37 126 t, soit environ 73,1 % de la production française 2024. La concentration géographique est donc très forte. Les communications professionnelles situent environ trois quarts de la production dans le Sud-Ouest ; les pourcentages attribués au Sud-Est varient légèrement selon les années, le périmètre et les arrondis. , ,
04 · Référence
Systèmes de production et choix du site
Le choix de la parcelle est déterminant car les erreurs de site se corrigent difficilement après implantation du palissage et du verger. Un bon site combine une saison suffisamment longue, un niveau de froid hivernal adapté au cultivar, un faible risque de gel au débourrement et à la floraison, une ressource en eau sécurisée, une faible exposition au vent et un sol profond, structuré, non…
Le kiwi vert Hayward possède un besoin de froid hivernal relativement élevé. La littérature scientifique montre toutefois que la « quantité de froid » dépend de la méthode de calcul, du matériel végétal et du critère observé. Une publication cite plus de 950 h de froid pour les bourgeons végétatifs et environ 1 150 h pour une floraison optimale de Hayward dans le système d’heures considéré ; d’autres modèles donnent des valeurs différentes. Pour SILLOVA, il est donc préférable de stocker des indicateurs de froid par modèle et par source plutôt qu’un seuil unique. ,
05 · Référence
Matériel végétal, espèces, variétés et plants
Le marché français reste historiquement dominé par Hayward, cultivar femelle à chair verte d’Actinidia deliciosa, réputé pour sa conservation et son aptitude à la longue campagne commerciale. Le RNM estime cependant que la part de Hayward dans la production française est passée de 86 % en 2023 à 82 % en 2024, au profit notamment de kiwis à chair jaune, commercialisés plus tôt.
La sélection du cultivar doit partir du débouché : opérateur, station, marque, fenêtre commerciale, exigences de calibre, durée de conservation et système de licence éventuel. Les critères agronomiques suivent : besoin de froid, date de débourrement, date de floraison, synchronisation avec le mâle, vigueur, sensibilité au Psa, fertilité, potentiel de calibre, maturité et comportement post-récolte.
06 · Référence
Pollinisation, fécondation et nouaison
La pollinisation est un déterminant majeur du rendement commercial et du calibre. Chez le kiwi dioïque, les fleurs mâles et femelles sont portées par des plantes distinctes. Le pollen doit être transféré en quantité suffisante sur les nombreux stigmates de la fleur femelle. Les travaux scientifiques montrent une relation étroite entre pollinisation, nombre de graines et dimensions du fruit. ,
La littérature récente sur les besoins polliniques du kiwi confirme qu’une fleur femelle doit recevoir un très grand nombre de grains de pollen distribués sur l’ensemble du système stigmatique pour maximiser la nouaison et le nombre de graines. Un article de synthèse estime qu’un fruit pleinement fécondé peut nécessiter de l’ordre de 10 600 à 13 250 grains de pollen déposés sur les stigmates/styles ; ce chiffre est un repère scientifique, pas une dose opérationnelle à transposer directement au verger.
07 · Référence
Implantation, densité, palissage et architecture du verger
Le verger de kiwi est une infrastructure autant qu’une plantation : la liane nécessite des poteaux, fils, ancrages et une structure capable de reprendre le poids de la végétation et des fruits, ainsi que les contraintes de vent et parfois d’aspersion antigel. Les dimensions doivent être calculées avant plantation, avec une marge de sécurité suffisante et une maintenance planifiée.
Le cahier des charges Kiwi de Corse exige un T-bar à au moins 3 fils et une densité totale inférieure ou égale à 1 000 pieds/ha. Celui du Kiwi de l’Adour prévoit 300 à 800 pieds femelles/ha et 100 à 160 pieds mâles/ha, avec des distances de 2,5 à 6 m sur le rang et 4 à 6 m entre rangs. Ces valeurs documentent des systèmes régionaux certifiés ; un projet hors SIQO doit être dimensionné selon vigueur, matériel, mécanisation, eau et stratégie de pollinisation. ,
08 · Référence
Sol, enracinement, drainage et gestion de l’inter-rang
Le kiwi préfère les sols profonds, structurés et bien aérés. Les racines charnues réagissent rapidement à la saturation en eau. Les conditions hydromorphes, compactes ou fortement calcaires peuvent générer asphyxie, chloroses et dépérissements. L’IGP Kiwi de Corse proscrit les conditions asphyxiantes ou chlorosantes, impose un calcaire actif inférieur à 5 % et, pour les nouvelles plantations, une argile ≤30 % ; ces seuils sont spécifiques à ce…
L’enherbement de l’inter-rang améliore portance, limitation de l’érosion et circulation, mais consomme de l’eau et des nutriments. Dans les zones sèches ou sur sols à faible réserve, la concurrence doit être pilotée par fauche, roulage, choix d’espèces et largeur enherbée. L’IGP Kiwi de Corse impose l’inter-rang enherbé et régulièrement broyé. Sous le rang, la stratégie peut associer travail mécanique, paillage, couverture ou autres solutions autorisées selon le système.
09 · Référence
Eau, irrigation, protection antigel et humidité
L’Actinidia est très sensible au déficit hydrique. EPHYTIA indique un besoin d’eau de l’ordre de 700 à 800 mm, pouvant atteindre 1 000 mm en climat méditerranéen, hors lutte antigel. Ce chiffre représente un ordre de grandeur du besoin total et ne doit pas être confondu avec une dose d’irrigation : la pluie efficace, la réserve du sol, le climat, le couvert…
Un essai scientifique sur Hayward a montré qu’un stress hydrique imposé tôt dans la saison réduisait d’environ 25 % le poids à la récolte par rapport aux témoins dans ses conditions expérimentales. Ce résultat illustre la sensibilité du calibre à l’eau, mais ne doit pas être converti en seuil universel de pilotage.
10 · Référence
Cycle annuel et calendrier technique
Le calendrier varie fortement entre Sud-Ouest, vallée du Rhône, Corse et variétés plus précoces. Le tableau ci-dessous est un calendrier indicatif de Hayward en climat français tempéré ; il doit être recalé localement par les observations phénologiques de l’année.
Pour Hayward origine France, l’accord interprofessionnel en vigueur depuis le 1er octobre 2025 interdit la récolte avant le 10 octobre et la commercialisation au détail avant le 6 novembre. Les dates IGP peuvent être plus restrictives : le cahier du Kiwi de l’Adour prévoit une récolte à partir du 25 octobre à ≥6,5 °Brix. , ,
| Indicateur | Valeur de référence | Année / portée |
|---|---|---|
| Surface récoltée France | 4 042 ha | 2024, Agreste/FranceAgriMer |
| Production France | 50 760 t | 2024, Agreste/FranceAgriMer |
| Rendement moyen national | 12,6 t/ha | 2024 |
| Importations | 76 255 t ; 234,6 M€ | 2024 |
| Exportations | 10 397 t ; 26,8 M€ | 2024 |
| Solde commercial | 65 858 t ; -207,8 M€ | 2024 |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Que faut-il retenir sur identité botanique, taxonomie et biologie ?
Le nom « kiwi » désigne le fruit de plusieurs espèces du genre Actinidia, famille des Actinidiaceae, ordre des Ericales. En production française, le cœur historique est Actinidia deliciosa, notamment le cultivar Hayward à chair verte. Actinidia chinensis regroupe de nombreux types à chair jaune ou jaune-verte, souvent diffusés sous marques ou systèmes variétaux protégés. D’autres espèces, comme A. arguta (kiwaï), existent… [S04][S14][S16][S18]
Que faut-il retenir sur histoire, domestication et diffusion ?
Les Actinidia sont originaires d’Asie orientale et le fruit était connu en Chine bien avant son développement commercial international. Le CTIFL rappelle que l’Actinidia existait à l’état sauvage en Chine depuis des millions d’années, puis a été domestiqué et sélectionné par les Néo-Zélandais au début du XXe siècle. Les formes commerciales modernes ont ensuite été diffusées à… [S04][S09]
Que faut-il retenir sur filière française, bassins, statistiques et contexte européen ?
La surface nationale de kiwi est restée proche de 3 900 ha entre 2019 et 2022 puis a progressé à 3 989 ha en 2023 et 4 042 ha en 2024. La production a davantage fluctué : 54 695 t en 2019, 46 027 t en 2021, puis 50 760 t en 2024. Le rendement moyen 2024 de 12,6 t/ha reste… [S01][S09][S08]
Que faut-il retenir sur systèmes de production et choix du site ?
Le choix de la parcelle est déterminant car les erreurs de site se corrigent difficilement après implantation du palissage et du verger. Un bon site combine une saison suffisamment longue, un niveau de froid hivernal adapté au cultivar, un faible risque de gel au débourrement et à la floraison, une ressource en eau sécurisée, une faible exposition au vent et un sol… [S16][S18][S20][S27][S28]
Que faut-il retenir sur matériel végétal, espèces, variétés et plants ?
Le marché français reste historiquement dominé par Hayward, cultivar femelle à chair verte d’Actinidia deliciosa, réputé pour sa conservation et son aptitude à la longue campagne commerciale. Le RNM estime cependant que la part de Hayward dans la production française est passée de 86 % en 2023 à 82 % en 2024, au profit notamment de kiwis à chair jaune, commercialisés plus tôt… [S02][S11][S13]
Que faut-il retenir sur pollinisation, fécondation et nouaison ?
La pollinisation est un déterminant majeur du rendement commercial et du calibre. Chez le kiwi dioïque, les fleurs mâles et femelles sont portées par des plantes distinctes. Le pollen doit être transféré en quantité suffisante sur les nombreux stigmates de la fleur femelle. Les travaux scientifiques montrent une relation étroite entre pollinisation, nombre de graines et dimensions du fruit. , La littérature récente… [S25][S26]





