01 · Guide
Physiologie de la vigne et conséquences du déficit hydrique
La fermeture stomatique protège le système hydraulique mais réduit l’assimilation carbonée. Si la contrainte se prolonge, la croissance des rameaux ralentit puis s’arrête, la surface foliaire fonctionnelle peut diminuer, les baies restent plus petites et la maturation peut se déséquilibrer. Lors de stress sévères combinés à de fortes chaleurs, l’échauffement des feuilles et des grappes devient également critique. Les travaux récents d’INRAE montrent une variabilité importante de résistance hydraulique entre génotypes, ce qui confirme qu’une stratégie uniforme n’est pas pertinente.
02 · Guide
Stades phénologiques et sensibilité à l’eau
Le développement du feuillage et des futures inflorescences exige une alimentation hydrique suffisante. Un déficit très précoce peut réduire la croissance, la surface foliaire et le potentiel de production avant même que la saison sèche ne soit installée. À l’inverse, un excès d’eau associé à une forte disponibilité azotée peut provoquer une vigueur excessive. Le pilotage doit donc viser une croissance régulière sans stimuler inutilement la végétation.
03 · Guide
Diagnostic de l’état hydrique : plante, sol, climat et télédétection
La chambre à pression de Scholander mesure la tension nécessaire pour faire apparaître la sève au niveau du pétiole d’une feuille. Le résultat, exprimé en MPa et négatif, est directement lié à l’état hydrique de la plante : plus la valeur est négative, plus la contrainte est forte. L’IFV considère cette famille de mesures comme une référence pour caractériser l’état hydrique de la vigne.
04 · Guide
Bilan hydrique et calcul des besoins
ET0 représente la demande évaporative de référence calculée à partir du rayonnement, de la température, de l’humidité et du vent. Le coefficient cultural Kc transforme cette demande en consommation d’un couvert donné. Pour la vigne, Kc varie au cours de la saison et dépend fortement de la surface foliaire, de l’écartement des rangs, de la hauteur de feuillage, de l’enherbement et du mode de conduite. Une valeur copiée d’un autre vignoble peut donc fausser les volumes de plusieurs dizaines de pourcents.
05 · Guide
Stratégies d’irrigation et objectifs de production
Une stratégie RDI robuste ne se définit donc pas par un pourcentage fixe de l’ETc pour toute la saison. Elle doit préciser : la période de déficit recherchée, la classe de stress maximale acceptable, la fréquence de mesure, la règle de déclenchement, la dose plafond par événement et la règle d’arrêt avant vendange compte tenu du droit applicable.
06 · Guide
Systèmes d’irrigation et choix du matériel
Les rampes peuvent être posées au sol, suspendues sur un fil ou enterrées selon le système et les règles applicables. Cela ne signifie pas que toutes les configurations sont autorisées partout : les cahiers des charges et contraintes environnementales restent à vérifier.
07 · Guide
Dimensionnement hydraulique et conception du réseau
Le débit d’un secteur peut être calculé directement : nombre de goutteurs × débit nominal. Avec des rangs espacés de 2,0 m, un hectare comporte environ 5 000 m linéaires de rang. Des goutteurs espacés de 1 m donnent donc environ 5 000 goutteurs/ha. À 2 L/h, le débit théorique est 10 m³/h/ha. Une dose de 10 mm, soit 100 m³/ha, nécessite alors environ 10 h d’ouverture à débit nominal, hors correction d’uniformité et pertes.
| Élément | Valeur de l’exemple |
|---|---|
| Écartement des rangs | 2,0 m |
| Longueur de rang par hectare | environ 5 000 m linéaires |
| Goutteurs espacés de 1 m | environ 5 000 goutteurs/ha |
| Débit théorique à 2 L/h | 10 m³/h/ha |
| Dose de 10 mm (100 m³/ha) | environ 10 h à débit nominal, hors pertes |
08 · Guide
Qualité de l’eau, salinité et prévention du colmatage
Sous irrigation localisée, l’eau est prélevée par les racines mais les sels restent majoritairement dans le sol et se concentrent à la périphérie du bulbe humide. Des irrigations répétées avec une eau moyennement saline peuvent donc créer des gradients de salinité même si le volume total d’eau semble suffisant. L’IFV recommande de diagnostiquer les zones salines, de suivre la salinité, d’adapter le porte-greffe et de raisonner irrigation, drainage et éventuellement lessivage en période hivernale lorsque la ressource et la réglementation le permettent.
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Quelle mesure permet de suivre l’état hydrique?
La chambre à pression de Scholander mesure la tension de sève au pétiole, exprimée en MPa et négative. Plus la valeur est négative, plus la contrainte hydrique est forte.
Peut-on reprendre le Kc d’un autre vignoble?
Il vaut mieux l’éviter. Le Kc dépend de la surface foliaire, de l’écartement des rangs, de la hauteur de feuillage, de l’enherbement et du mode de conduite. Une valeur copiée peut fausser les volumes de plusieurs dizaines de pourcents.
Faut-il vérifier le cadre réglementaire avant d’irriguer?
Oui. La règle d’arrêt avant vendange doit tenir compte du droit applicable, et les cahiers des charges ainsi que les contraintes environnementales restent à vérifier.





