Référence agronomique · France

Viticulture · Vigne, cépages et conduite

Gros Manseng

Vitis vinifera L. · Gros Manseng

Le berceau du Gros Manseng est le piémont pyrénéen occidental. Les documents réglementaires de l’AOP Jurançon rappellent que les cépages petit manseng, gros manseng, camaralet et courbu apparaissent dans les documents des États de Béarn au XVIIIe siècle. Le nom « Manseng » est donc ancien, mais les sources historiques les plus anciennes ne permettent pas toujours de distinguer…

Vérifié le 25 août 2026 Lecture 13 min
Commencer la lecture
Vue agricole consacrée à gros manseng
Gros Manseng · Photo : enneafive · CC BY
13 sources analyséesOrganismes publics et techniques
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères de campagne

Les chiffres à retenir

Chaque valeur garde son année, son statut et sa source.

01
Consolidé

Vertes à jaunes.

Jeunes feuilles

Repère à contextualiser [G01][G02]

02
Consolidé

Entre-nœuds de couleur verte.

Rameaux herbacés

Repère à contextualiser [G01][G02]

03
Consolidé

Orbiculaires, généralement entières.

Feuille adulte

Repère à contextualiser [G01][G02]

04
Consolidé

Bords légèrement chevauchants.

Sinus pétiolaire

Repère à contextualiser [G01][G02]

01 · Référence

Origine, histoire et parenté génétique

Le berceau du Gros Manseng est le piémont pyrénéen occidental. Les documents réglementaires de l’AOP Jurançon rappellent que les cépages petit manseng, gros manseng, camaralet et courbu apparaissent dans les documents des États de Béarn au XVIIIe siècle. Le nom « Manseng » est donc ancien, mais les sources historiques les plus anciennes ne permettent pas toujours de distinguer avec certitude le Gros du Petit Manseng.

Les travaux génomiques modernes donnent un résultat plus solide qu’une simple ressemblance ampélographique : l’étude de 204 génomes de Vitis vinifera publiée dans Nature Communications en 2021 identifie une relation directe parent-descendant entre Petit Manseng et Gros Manseng. L’étude ne permet pas, à elle seule, de déduire de façon certaine le sens de la filiation dans une fiche pratique. Il est donc préférable d’écrire « relation parent-descendant établie » plutôt que d’affirmer sans nuance que l’un est le père ou la mère de l’autre.

Sources de cette section [G01][G02]

02 · Référence

Phénologie et calendrier du cycle

Le Gros Manseng débourre à une époque comparable au Chasselas puis atteint la maturité environ quatre semaines après lui, soit en troisième époque. Cette combinaison — débourrement précoce et maturation tardive — structure toute la conduite : exposition possible aux gels de printemps, besoin d’une saison suffisamment longue, importance des conditions de septembre-octobre et arbitrage entre sucre, acidité et degré potentiel.

Sources de cette section [G01][G02]

03 · Référence

Vigueur, fertilité, taille et architecture

Le Gros Manseng est vigoureux et assez fertile. L’IFV et Plantgrape indiquent qu’il est généralement conduit en taille longue, mais qu’il peut également être taillé court. Cette souplesse ne signifie pas que tous les systèmes de taille sont équivalents : la charge en bourgeons doit être adaptée au terroir, à la vigueur, au mode de palissage, au rendement cible et au cahier des…

Raisonner le rognage et l’effeuillage selon le risque d’échaudage : une exposition maximale n’est pas toujours optimale en contexte chaud.

Adapter la charge à l’objectif vin : sec fruité, sec de garde, moelleux ou vendange tardive n’impliquent pas le même compromis rendement/maturité.

Se conformer en priorité aux règles de l’AOP/IGP : nombre d’yeux, densité, palissage, vendange et rendement peuvent être prescrits.

Sources de cette section [G01][G02]

04 · Référence

Sols, climat et terroirs adaptés

Aucune source officielle ne réduit le Gros Manseng à un seul type de sol. Son ancrage historique se situe toutefois dans des vignobles atlantiques et pyrénéens où la fin de saison peut être chaude et ventilée. En Jurançon, les terroirs associent notamment poudingues, flyschs, sols argileux et caillouteux sur pentes ; en Gascogne, le cépage s’est diffusé dans des contextes pédologiques plus variés.

Sources de cette section [G01][G02]

05 · Référence

Eau, sécheresse et changement climatique

Le Gros Manseng présente un intérêt évident dans un contexte de réchauffement parce qu’il conserve une acidité élevée à maturité, mais cette qualité n’en fait pas un cépage « insensible » au changement climatique. Son débourrement précoce peut accroître l’exposition aux gels tardifs, et des températures élevées en fin de cycle peuvent augmenter le degré potentiel, accélérer la perte d’acide malique ou provoquer…

Figure 1 — Essai IFV sur Gros Manseng, millésime 2021 : alcool potentiel du témoin et des modalités avec filets d’ombrage. Donnée expérimentale, non référence universelle .

Dans cet essai 2021, le témoin atteignait 14,2 % vol. potentiel, contre 13,6 % sous filet 50 % et 13,2 % sous filet 75 %. Les modalités ombrées conservaient aussi davantage d’acidité. Les auteurs montrent par ailleurs une baisse de température de surface des grappes pouvant atteindre environ 4 °C. Ces résultats indiquent une piste d’adaptation à l’échaudage et à l’excès de maturation, mais ils restent dépendants du site, du millésime, du dispositif et du niveau d’ombrage.

Sources de cette section [G01][G02]

06 · Référence

Maturité, vendange et choix de la date de récolte

La force du Gros Manseng est de pouvoir accumuler beaucoup de sucre tout en conservant une acidité marquée. Le revers est un risque de degré potentiel élevé en vin sec si la récolte est trop tardive. Le pilotage de la maturité doit donc être fondé sur plusieurs paramètres, pas sur le sucre seul.

Dans une étude de réseau de parcelles de Côtes de Gascogne, les raisins de Gros Manseng récoltés présentaient en moyenne 245 ± 13 g/L de sucres, un potentiel alcoolique calculé de 14,6 ± 0,8 % vol., un pH de 2,9 ± 0,1 et une acidité totale élevée. Ces chiffres décrivent l’échantillon expérimental, pas une norme de récolte.

Sources de cette section [G01][G02]

07 · Référence

Potentiel technologique

Plantgrape décrit des grappes moyennes et des baies très petites. Le cépage combine un bon potentiel d’accumulation des sucres avec une forte acidité, ce qui autorise plusieurs styles de vins. Le choix du rendement, de la date de récolte et de la vinification détermine si l’on recherche tension et fruit frais, gras et complexité, ou concentration pour des vins moelleux.

Sources de cette section [G01][G02]

08 · Référence

Potentiel aromatique : thiols et DMS

Le Gros Manseng possède un potentiel aromatique particulièrement documenté par la recherche du Sud-Ouest. L’IFV indique une double signature : précurseurs de thiols variétaux associés aux notes d’agrumes et de fruits exotiques, et potentiel en sulfure de diméthyle (DMS), pouvant contribuer à des notes plus évoluées, notamment truffées, au cours du vieillissement.

Les thiols 3SH et 3SHA sont associés à des notes de pamplemousse et de fruit de la passion.

Une étude 2022 classe Colombard et Gros Manseng parmi les cépages très riches en précurseurs de thiols, au même rang d’intérêt que le Sauvignon blanc pour ce caractère.

Le cuivre peut interagir avec le potentiel thiol : la conduite biologique et les traitements cupriques ont fait l’objet d’une thèse spécifique.

Le DMS n’est pas un « arôme fixe » du raisin : son expression dépend des précurseurs, de la vinification, de l’élevage et de l’âge du vin.

Sources de cette section [G01][G02]

09 · Référence

Surfaces et dynamique de plantation en France

Figure 2 — Série nationale Plantgrape : 51 ha en 1958 à 3 818 ha en 2018 .

La progression est remarquable : la surface a été multipliée par près de 75 entre 1958 et 2018. Entre 2008 et 2018, elle a encore augmenté d’environ 35 %. Cette dynamique traduit le succès du cépage au-delà de son berceau historique, notamment en Gascogne.

Dans les Pyrénées-Atlantiques, les données du Casier Viticole Informatisé 2021 publiées par la DRAAF indiquent que le Gros Manseng représente 28 % de la surface du vignoble, derrière le Petit Manseng (34 %) et devant le Tannat (23 %). En Gascogne, il fait partie des cépages blancs structurants des vins Côtes de Gascogne et a connu une forte progression historique.

Sources de cette section [G01][G02]

10 · Référence

Sélection clonale et matériel végétal

Huit clones de Gros Manseng sont officiellement agréés en France en mars 2026. Le mainteneur indiqué par FranceAgriMer est l’IFV. Plus de 200 accessions ont été mises en conservatoire : Jurançon en 1996 et Gers en 1997, ce qui constitue une réserve importante de diversité intravariétale.

L’essai a été conduit pendant six ans sur porte-greffe Gravesac. Cela ne signifie pas que Gravesac est le porte-greffe universel recommandé pour le Gros Manseng.

Repères documentés issus du dossier de référence SILLOVA.
OrganeCaractères de description
Jeunes feuillesVertes à jaunes.
Rameaux herbacésEntre-nœuds de couleur verte.
Feuille adulteOrbiculaires, généralement entières.
Sinus pétiolaireBords légèrement chevauchants.
DentsCourtes à côtés convexes.
NervuresPigmentation anthocyanique nulle.
Sources de cette section [G01][G02]

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

Que faut-il retenir sur origine, histoire et parenté génétique ?

Le berceau du Gros Manseng est le piémont pyrénéen occidental. Les documents réglementaires de l’AOP Jurançon rappellent que les cépages petit manseng, gros manseng, camaralet et courbu apparaissent dans les documents des États de Béarn au XVIIIe siècle. Le nom « Manseng » est donc ancien, mais les sources historiques les plus anciennes ne permettent pas toujours de distinguer avec certitude le Gros… [G01][G02]

Que faut-il retenir sur phénologie et calendrier du cycle ?

Le Gros Manseng débourre à une époque comparable au Chasselas puis atteint la maturité environ quatre semaines après lui, soit en troisième époque. Cette combinaison — débourrement précoce et maturation tardive — structure toute la conduite : exposition possible aux gels de printemps, besoin d’une saison suffisamment longue, importance des conditions de septembre-octobre et arbitrage entre sucre, acidité et degré potentiel. [G01][G02]

Que faut-il retenir sur vigueur, fertilité, taille et architecture ?

Le Gros Manseng est vigoureux et assez fertile. L’IFV et Plantgrape indiquent qu’il est généralement conduit en taille longue, mais qu’il peut également être taillé court. Cette souplesse ne signifie pas que tous les systèmes de taille sont équivalents : la charge en bourgeons doit être adaptée au terroir, à la vigueur, au mode de palissage, au rendement cible et… [G01][G02]

Que faut-il retenir sur sols, climat et terroirs adaptés ?

Aucune source officielle ne réduit le Gros Manseng à un seul type de sol. Son ancrage historique se situe toutefois dans des vignobles atlantiques et pyrénéens où la fin de saison peut être chaude et ventilée. En Jurançon, les terroirs associent notamment poudingues, flyschs, sols argileux et caillouteux sur pentes ; en Gascogne, le cépage s’est diffusé dans des contextes pédologiques plus… [G01][G02]

Que faut-il retenir sur eau, sécheresse et changement climatique ?

Le Gros Manseng présente un intérêt évident dans un contexte de réchauffement parce qu’il conserve une acidité élevée à maturité, mais cette qualité n’en fait pas un cépage « insensible » au changement climatique. Son débourrement précoce peut accroître l’exposition aux gels tardifs, et des températures élevées en fin de cycle peuvent augmenter le degré potentiel, accélérer la perte d’acide… [G01][G02]

Que faut-il retenir sur maturité, vendange et choix de la date de récolte ?

La force du Gros Manseng est de pouvoir accumuler beaucoup de sucre tout en conservant une acidité marquée. Le revers est un risque de degré potentiel élevé en vin sec si la récolte est trop tardive. Le pilotage de la maturité doit donc être fondé sur plusieurs paramètres, pas sur le sucre seul. Dans une étude de réseau de parcelles de Côtes… [G01][G02]

Traçabilité

Sources utilisées

Les chiffres et repères affichés sur cette page renvoient à leur organisme d’origine. Les bases vivantes sont vérifiées avant toute recommandation opérationnelle.

8 sources affichées sur 13

  1. G01

    Ministère de l’Agriculture

    Portail officiel de l’agriculture française

    2026

  2. G02
  3. G03
  4. G04
  5. G05
  6. G06
  7. G07
  8. G08