Référence agronomique · France

Maraîchage · Légumes, petits fruits et systèmes de culture

Epinard

Spinacia oleracea L.

Le terme « épinard » recouvre plusieurs produits. L’épinard mature vendu frais recherche une feuille entière, saine, turgescente et visuellement homogène. Le baby spinach ou jeune pousse est récolté plus tôt avec une forte exigence de régularité. L’épinard d’industrie privilégie une biomasse uniforme, propre, compatible avec une récolte mécanisée et les spécifications de transformation ; la fabrication « en…

Vérifié le 25 août 2026 Lecture 13 min
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Vue agricole consacrée à epinard
Epinard · Illustration documentaire SILLOVA
21 sources analyséesOrganismes publics et techniques
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères de campagne

Les chiffres à retenir

Chaque valeur garde son année, son statut et sa source.

01
Consolidé

4 874 ha

Surface récoltée

5 199 ha · +6,7 % en un an. [S01][S02]

02
Consolidé

86 484 t

Production récoltée

91 667 t · +6,0 %. [S01][S02]

03
Consolidé

17,7 t/ha

Rendement moyen calculé

17,6 t/ha · Quasi stable, moyenne nationale. [S01][S02]

04
Consolidé

54 975 t

Vers transformation

59 227 t · Surgélation/conserve et autres transformations. [S01][S02]

01 · Référence

Identité botanique et définition

Le terme « épinard » recouvre plusieurs produits. L’épinard mature vendu frais recherche une feuille entière, saine, turgescente et visuellement homogène. Le baby spinach ou jeune pousse est récolté plus tôt avec une forte exigence de régularité. L’épinard d’industrie privilégie une biomasse uniforme, propre, compatible avec une récolte mécanisée et les spécifications de transformation ; la fabrication « en branches » vise davantage le limbe entier, tandis…

Sources de cette section [S06]

02 · Référence

Origine, histoire et diffusion

L’épinard est généralement rattaché à une origine d’Asie occidentale et centrale. Sa diffusion vers le bassin méditerranéen s’est faite par les échanges persans et arabes avant son implantation durable en Europe médiévale. La culture moderne s’est ensuite spécialisée autour de deux grands marchés : le frais et la transformation, cette dernière ayant favorisé des surfaces contractualisées, des parcelles mécanisables et des calendriers…

En France, la culture d’industrie est historiquement importante en Bretagne et dans le Nord-Picardie. Une référence COMIFER-UNILET de 2012 signalait déjà environ 4 500 ha destinés à l’industrie sur 6 500 ha et une forte orientation vers la surgélation. Ces chiffres sont historiques : ils ne doivent pas être substitués aux données SAA actuelles. La page du ministère consacrée à l’épinard rappelle également l’importance de la production française et sa saisonnalité.

Sources de cette section [S06][S24]

03 · Référence

Morphologie, physiologie et cycle

La plante forme d’abord une rosette de feuilles pétiolées. Le système racinaire comprend une racine principale et un réseau latéral relativement superficiel dans le volume exploité par une culture courte ; la qualité structurale et l’aération des premiers horizons sont donc déterminantes. L’asphyxie racinaire se manifeste rapidement par ralentissement, jaunissement et hétérogénéité ; les références de Chambre d’agriculture insistent sur des irrigations régulières…

La croissance foliaire devient très rapide après la couverture du sol. La fiche COMIFER-UNILET indique que 80 % de l’azote peut être absorbé durant les deux dernières semaines du cycle et cite, à l’approche de la récolte, une mobilisation pouvant atteindre environ 10 kg N/ha/jour dans ses conditions de référence. Cette dynamique explique pourquoi une carence tardive est difficile à rattraper et pourquoi, inversement, un excès d’azote en fin de cycle augmente le risque de nitrates sans gain proportionnel de rendement.

La montaison est l’un des risques agronomiques majeurs. Elle est favorisée par l’allongement du jour, les températures élevées, certains stress et la sensibilité variétale. Dans le schéma historique d’épinard d’industrie français, la période mai-juillet est explicitement identifiée comme à risque. Une culture qui monte perd vite sa valeur : le pétiole s’allonge, la feuille se modifie, la biomasse commercialisable baisse et les lots deviennent hétérogènes.

Sources de cette section [S10][S06]

04 · Référence

Types commerciaux et usages

Une fiche maraîchage de Chambre d’agriculture mise à jour en 2025 décrit aussi une conduite plantée à 13-15 plants/m², généralement pour deux ou trois coupes, avec attention à laisser environ 3 cm de pétiole pour préserver l’apex lors d’une coupe feuille. Ce modèle n’est pas celui de l’industrie de plein champ et doit être distingué dans la base…

Sources de cette section [S10]

05 · Référence

Agriculture française : surfaces, volumes et débouchés

La Statistique agricole annuelle place l’épinard parmi les légumes-feuilles à poids significatif, avec 4 874 ha et 86 484 t en 2024, puis 5 199 ha et 91 667 t en 2025 provisoire. La hausse de surface est plus forte que celle du volume, ce qui traduit un rendement national calculé proche de 17,6-17,7 t/ha.

La transformation absorbe la majorité du volume : 54 975 t en 2024 et 59 227 t en 2025 provisoire, soit 63,6 % puis 64,6 % de la production récoltée selon calcul SILLOVA. Cette structure distingue nettement l’épinard de nombreuses cultures maraîchères davantage centrées sur le frais.

Sources de cette section [S05][S01][S02][S06]

06 · Référence

Géographie de production en France

Figure 3 - Parts régionales 2023 : Bretagne 36 %, Hauts-de-France 26 %, autres régions 38 %. Sources DRAAF/Agreste.

En 2023, la Bretagne a produit 28 804 t d’épinards, soit 36 % de la production métropolitaine, et occupait le premier rang national. Les Hauts-de-France représentaient 26 % de la production nationale selon la DRAAF régionale. À eux deux, ces bassins totalisaient ainsi environ 62 % du volume métropolitain, ce qui illustre la concentration de la culture autour des filières de plein champ et de transformation.

Dans le Grand Ouest, le BSV légumes de transformation 2024 décrit une zone couvrant Bretagne, Loire-Atlantique et Vendée ; l’ensemble des légumes d’industrie y représente environ 70 300 ha et 802 000 t, soit environ un tiers de la production française de légumes de transformation. L’épinard figure parmi les principales espèces industrielles bretonnes.

Sources de cette section [S03][S04][S05][S11]

07 · Référence

Comparaison européenne

En 2024, l’Union européenne a récolté 62,2 Mt de légumes frais, en hausse de 6 % sur 2023 ; Espagne, Italie et France étaient les trois premiers producteurs de légumes frais au sens large, avec 14,8 Mt, 13,9 Mt et 5,8 Mt. Cette donnée ne constitue pas un classement spécifique de l’épinard.

La Commission européenne identifie néanmoins explicitement la Belgique, l’Italie, l’Espagne et la France parmi les pays où l’épinard est largement cultivé. Les comparaisons inter-pays doivent être faites avec prudence : certains systèmes sont plus orientés vers le baby leaf frais, d’autres vers le surgelé, et les calendriers climatiques diffèrent fortement.

Sources de cette section [S13][S14]

08 · Référence

Marchés, cotations et économie de filière

Le Réseau des nouvelles des marchés (FranceAgriMer) fournit des cours à différents stades : production, expédition, gros ou détail. Au MIN de Rungis, la cotation grossiste du 18 août 2026 affichait 2,70 € HT/kg pour « ÉPINARD France cat. I ». Ce prix n’est ni un prix producteur national ni un prix d’industrie : il correspond à un marché, une catégorie, un stade commercial et une…

La filière française de fruits et légumes transformés représente un écosystème d’usines, de contrats et de planification. Le panorama FranceAgriMer 2022 recensait environ 14 700 exploitations engagées dans les fruits et légumes transformés, plus de 152 000 ha et environ 1,6 Mt livrées aux usines, avec 224 sites industriels et 26 000 emplois directs. Ces chiffres concernent l’ensemble de la filière, pas l’épinard seul, mais expliquent la logique de proximité usine-parcelle et de régularité des approvisionnements.

Sources de cette section [S12][S19]

09 · Référence

Variétés, semences et critères de choix

Le matériel variétal est un levier central parce que l’épinard combine cycle court, qualité visuelle stricte et pression évolutive du mildiou. Le GEVES référence Spinacia oleracea L. parmi les espèces potagères relevant des dispositifs de catalogue et de ressources génétiques ; les semences font l’objet de méthodes officielles de contrôle, dont l’analyse de germination.

Les catalogues commerciaux annoncent souvent des résistances à des races nommées de mildiou. Une publication scientifique de 2024 rappelle cependant que de nouvelles races de P. effusa continuent d’apparaître et que la résistance variétale doit être actualisée. La future page SILLOVA devrait donc dater le paquet de résistances plutôt que d’afficher une mention générique « résistant au mildiou ».

Sources de cette section [S08]

10 · Référence

Rotation et choix de la parcelle

Pour l’industrie, la fiche COMIFER insiste sur une sélection rigoureuse : parcelles irrigables, propres, homogènes et sans cailloux. Ces critères sont cohérents avec une culture récoltée près du sol, où terre, pierres, adventices et relief augmentent le risque de corps étrangers et de pertes. Une structure de sol fine mais non battante, une bonne portance et un drainage fonctionnel sont des prérequis.

La rotation sert plusieurs objectifs : casser les cycles de maladies telluriques, réduire le stock d’adventices, gérer les repousses et valoriser les reliquats azotés. L’épinard laisse des résidus verts riches en azote et peut être suivi rapidement d’une autre culture. Le COMIFER recommande d’intégrer cet effet précédent au bilan N et, en l’absence de culture suivante, d’implanter rapidement une CIPAN pour piéger l’azote.

Augmentation du risque de fontes de semis et maladies racinaires lorsque les sols restent humides et fortement sollicités.

Repères documentés issus du dossier de référence SILLOVA.
Indicateur2024 définitif2025 provisoireLecture
Surface récoltée4 874 ha5 199 ha+6,7 % en un an.
Production récoltée86 484 t91 667 t+6,0 %.
Rendement moyen calculé17,7 t/ha17,6 t/haQuasi stable, moyenne nationale.
Vers transformation54 975 t59 227 tSurgélation/conserve et autres transformations.
Part vers transformation63,6 %64,6 %Calcul SILLOVA à partir SAA.
Sources de cette section [S06]

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

Que faut-il retenir sur identité botanique et définition ?

Le terme « épinard » recouvre plusieurs produits. L’épinard mature vendu frais recherche une feuille entière, saine, turgescente et visuellement homogène. Le baby spinach ou jeune pousse est récolté plus tôt avec une forte exigence de régularité. L’épinard d’industrie privilégie une biomasse uniforme, propre, compatible avec une récolte mécanisée et les spécifications de transformation ; la fabrication « en branches » vise davantage le… [S06]

Que faut-il retenir sur origine, histoire et diffusion ?

L’épinard est généralement rattaché à une origine d’Asie occidentale et centrale. Sa diffusion vers le bassin méditerranéen s’est faite par les échanges persans et arabes avant son implantation durable en Europe médiévale. La culture moderne s’est ensuite spécialisée autour de deux grands marchés : le frais et la transformation, cette dernière ayant favorisé des surfaces contractualisées, des parcelles mécanisables… [S06][S24]

Que faut-il retenir sur morphologie, physiologie et cycle ?

La plante forme d’abord une rosette de feuilles pétiolées. Le système racinaire comprend une racine principale et un réseau latéral relativement superficiel dans le volume exploité par une culture courte ; la qualité structurale et l’aération des premiers horizons sont donc déterminantes. L’asphyxie racinaire se manifeste rapidement par ralentissement, jaunissement et hétérogénéité ; les références de Chambre d’agriculture insistent sur… [S10][S06]

Que faut-il retenir sur types commerciaux et usages ?

Une fiche maraîchage de Chambre d’agriculture mise à jour en 2025 décrit aussi une conduite plantée à 13-15 plants/m², généralement pour deux ou trois coupes, avec attention à laisser environ 3 cm de pétiole pour préserver l’apex lors d’une coupe feuille. Ce modèle n’est pas celui de l’industrie de plein champ et doit être distingué… [S10]

Que faut-il retenir sur agriculture française : surfaces, volumes et débouchés ?

La Statistique agricole annuelle place l’épinard parmi les légumes-feuilles à poids significatif, avec 4 874 ha et 86 484 t en 2024, puis 5 199 ha et 91 667 t en 2025 provisoire. La hausse de surface est plus forte que celle du volume, ce qui traduit un rendement national calculé proche de 17,6-17,7 t/ha. La… [S05][S01][S02][S06]

Que faut-il retenir sur géographie de production en france ?

Figure 3 - Parts régionales 2023 : Bretagne 36 %, Hauts-de-France 26 %, autres régions 38 %. Sources DRAAF/Agreste. En 2023, la Bretagne a produit 28 804 t d’épinards, soit 36 % de la production métropolitaine, et occupait le premier rang national. Les Hauts-de-France représentaient 26 % de la production nationale selon la DRAAF régionale. À eux deux, ces bassins totalisaient ainsi environ… [S03][S04][S05][S11]

Traçabilité

Sources utilisées

Les chiffres et repères affichés sur cette page renvoient à leur organisme d’origine. Les bases vivantes sont vérifiées avant toute recommandation opérationnelle.

8 sources affichées sur 21

  1. S01
  2. S02

    Agreste, Statistique agricole annuelle 2024

    chiffres définitifs, 2025.

    2025

  3. S03
  4. S04

    DRAAF Hauts-de-France / Agreste, « Hauts-de-France : une agriculture…

    », données 2023, page mise à jour 2026. Part épinard : 26 % du national.

    2026

  5. S05

    DRAAF Bretagne / Chambre régionale d’agriculture / UNILET, BSV Légumes de…

    bilan 2024, 15 p. Pressions anthracnose, mildiou, noctuelle gamma, limaces et effets météo.

    2024

  6. S06
  7. S07
  8. S08

    GEVES, ressources / espèces potagères : Spinacia oleracea L

    (Épinard), consultation 20/08/2026.

    2026