01 · Référence
Synthèse exécutive
En élevage ovin, le pâturage est à la fois une ressource alimentaire, un mode d’hébergement partiel ou dominant, un levier de maîtrise des charges et un déterminant majeur de la santé parasitaire. Il peut concerner des systèmes très différents : prairies permanentes de plaine, prairies temporaires, parcours méditerranéens, landes, estives, couverts végétaux, vergers, vignes ou associations cultures-élevage. Le terme ne doit donc jamais être confondu automatiquement avec « extensif » ou « pastoral ». [S1][S5][S9][S13]
En 2024, la France compte environ 6,607 millions d’ovins, dont 4,245 millions de brebis : 3,047 millions de brebis nourrices et 1,198 million de brebis laitières. Le nombre d’exploitations détenant des ovins est estimé à 30 200, contre 44 800 en 2014. Cette contraction structurelle rend la productivité du travail, l’autonomie alimentaire et la robustesse sanitaire particulièrement importantes. [S2][S3]
La stratégie de pâturage doit être pilotée en continu. Au printemps, l’enjeu est d’entrer suffisamment tôt et de maintenir une herbe végétative ; en été, d’éviter une chute d’ingestion ou une surexploitation des parcelles ; en automne et en hiver, de valoriser les repousses, dérobées et couverts quand le sol, la météo et la réglementation le permettent. Les références de hauteur d’herbe dépendent de l’outil de mesure, du stade, du type d’animaux et du système ; elles doivent être utilisées comme repères et non comme seuils universels. [S5][S6][S7][S21]
Source / repère : Agreste, Idele/CIIRPO, INRAE, Ministère de l’Agriculture, FranceAgriMer, Telepac. [S2][S5][S10][S13][S14][S15][S16]
02 · Référence
Définir l’élevage ovin au pâturage
Un élevage ovin au pâturage est un système dans lequel des ovins prélèvent directement une part significative de leur ration sur une végétation accessible : prairie semée ou permanente, parcours, alpage, couvert végétal, repousses de cultures ou autre ressource compatible. La part pâturée peut être saisonnière ou quasi annuelle ; elle peut concerner tout le troupeau ou seulement certains lots. [S5][S9][S13]
03 · Référence
Place dans la filière ovine française
Figure 1 — Évolution du cheptel ovin français entre 2014 et 2024. Source : Agreste Graph’Agri 2025. [S2]
La baisse de cheptel n’empêche pas la coexistence de systèmes très divers. Les zones herbagères de l’Ouest et du Centre-Ouest, les plateaux et moyennes montagnes du Massif central, les parcours méditerranéens, les Pyrénées, les Alpes et la Corse mobilisent le pâturage de façons très différentes. Les bassins ovins laitiers ont eux aussi des calendriers de pâture spécifiques, articulés à la traite et aux cahiers des charges des filières. [S2][S13][S20][S21]
En viande, le pâturage structure la conduite des brebis allaitantes, la croissance des agneaux, les coûts de concentrés et la gestion sanitaire. En lait, il doit être concilié avec l’ingestion nécessaire à la production, les temps de retour à la traite, les exigences de qualité du lait et parfois des règles d’appellation. Une même race peut donc être conduite dans des systèmes pâturants très contrastés.
04 · Référence
Construire le calendrier fourrager
Le calendrier de pâturage se construit à rebours des périodes de besoins élevés. Les deux courbes essentielles sont la demande du troupeau et l’offre en herbe. La décision d’agneler en fin d’hiver, au printemps ou à l’automne modifie radicalement la capacité à couvrir la lactation par l’herbe. Un système robuste prévoit des solutions de repli : foin/enrubannage, stock sur pied, surfaces de report, dérobées, parcours, achats temporaires ou réduction de demande par allotement.
05 · Référence
Besoins par catégorie d’animaux
La ressource doit être affectée en priorité aux animaux qui transforment le mieux une herbe de haute qualité en produit : brebis en lactation, agnelles en croissance, agneaux destinés à une finition à l’herbe. Les brebis taries ou en début de gestation peuvent valoriser des couverts moins riches, sous réserve d’état corporel, de santé et de disponibilité minérale adaptés.
06 · Référence
Mesurer l’herbe et décider
Hauteur d’herbe : utiliser toujours la même méthode (herbomètre compressif, règle, repère botte) et les références correspondantes.
Disponibilité en matière sèche : convertir hauteur et densité de couvert en kg MS/ha seulement avec une calibration locale ou un référentiel adapté.
Stade et composition botanique : feuille/tige, épiaison, proportion de légumineuses, zones de refus.
Vitesse de croissance : suivre la variation entre passages pour ajuster surface et temps de retour plutôt que garder un calendrier rigide.
7.2 Repères de hauteur : pourquoi les chiffres diffèrent
07 · Référence
Printemps : exploiter le pic de pousse
Le printemps concentre souvent le meilleur potentiel alimentaire et le risque principal de gaspillage. Une mise à l’herbe suffisamment précoce crée un décalage entre parcelles, favorise le tallage des graminées et étale les repousses. Idele recommande une transition progressive : quelques heures les premiers jours puis augmentation de la durée d’accès, avec adaptation du fourrage d’appoint. [S5]
Démarrer sur parcelles portantes et proches du bâtiment pour pouvoir rentrer rapidement si la météo se dégrade.
Prioriser les brebis en lactation et les agneaux sur les meilleures parcelles.
Débrayer vers la fauche les paddocks qui dépassent le stade optimal afin de rétablir un tour cohérent.
Éviter une transition brutale d’une ration sèche riche en concentrés vers une herbe très digestible.
08 · Référence
Été : maintenir ingestion et sécurité
Quand la croissance de l’herbe ralentit, la réponse ne consiste pas seulement à augmenter la surface. Il faut vérifier l’offre réellement consommable, la qualité du couvert, la température, l’accès à l’eau et l’objectif du lot. Le report sur pied, les parcours, les légumineuses adaptées, certaines cultures fourragères estivales, les feuilles/ligneux et la complémentation peuvent sécuriser la ration. [S9][S31]
| Parcours technique | Santé, économie et outils |
|---|---|
| 1. Synthèse exécutive et chiffres-clés | 16. Parasites : stratégie intégrée au pâturage |
| 2. Définir l’élevage ovin au pâturage | 17. Autres risques sanitaires et FCO 2026 |
| 3. Place dans la filière ovine française | 18. Biosécurité, mouvements et quarantaine |
| 4. Ressources pâturables et systèmes | 19. Prédation : prévention et organisation |
| 5. Construire le calendrier fourrager | 20. Bien-être : météo, ombre, repos, observation |
| 6. Besoins par catégorie d’animaux | 21. Sols, biodiversité et services écosystémiques |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Que faut-il retenir sur synthèse exécutive ?
En élevage ovin le pâturage est à la fois une ressource alimentaire un mode d’hébergement partiel ou dominant un levier de maîtrise des charges et un déterminant majeur de la santé parasitaire Il peut concerner des systèmes très différents prairies permanentes de plaine prairies temporaires parcours méditerranéens landes estives couverts végétaux vergers vignes ou associations cultures-élevage Le terme ne doit donc jamais être confondu automatiquement avec extensif ou pastoral S1 S5 S9 S13 En 2024 la France compte environ 6 607 millions d’ovins dont 4 245 millions de brebis 3… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur définir l’élevage ovin au pâturage ?
Un élevage ovin au pâturage est un système dans lequel des ovins prélèvent directement une part significative de leur ration sur une végétation accessible : prairie semée ou permanente, parcours, alpage, couvert végétal, repousses de cultures ou autre ressource compatible. La part pâturée peut être saisonnière ou quasi annuelle ; elle peut concerner tout le troupeau ou seulement certains lots. [S5][S9][S13] [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur place dans la filière ovine française ?
Figure 1 Évolution du cheptel ovin français entre 2014 et 2024 Source Agreste Graph’Agri 2025 S2 La baisse de cheptel n’empêche pas la coexistence de systèmes très divers Les zones herbagères de l’Ouest et du Centre-Ouest les plateaux et moyennes montagnes du Massif central les parcours méditerranéens les Pyrénées les Alpes et la Corse mobilisent le pâturage de façons très différentes Les bassins ovins laitiers ont eux aussi des calendriers de pâture spécifiques articulés à la traite et aux cahiers des charges des filières S2 S13 S20 S21 En viande… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur construire le calendrier fourrager ?
Le calendrier de pâturage se construit à rebours des périodes de besoins élevés. Les deux courbes essentielles sont la demande du troupeau et l’offre en herbe. La décision d’agneler en fin d’hiver, au printemps ou à l’automne modifie radicalement la capacité à couvrir la lactation par l’herbe. Un système robuste prévoit des solutions de repli : foin/enrubannage, stock sur pied, surfaces de report, dérobées, parcours, achats temporaires ou réduction de demande par allotement. [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur besoins par catégorie d’animaux ?
La ressource doit être affectée en priorité aux animaux qui transforment le mieux une herbe de haute qualité en produit : brebis en lactation, agnelles en croissance, agneaux destinés à une finition à l’herbe. Les brebis taries ou en début de gestation peuvent valoriser des couverts moins riches, sous réserve d’état corporel, de santé et de disponibilité minérale adaptés. [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur mesurer l’herbe et décider ?
Hauteur d’herbe : utiliser toujours la même méthode (herbomètre compressif, règle, repère botte) et les références correspondantes. Disponibilité en matière sèche : convertir hauteur et densité de couvert en kg MS/ha seulement avec une calibration locale ou un référentiel adapté. Stade et composition botanique : feuille/tige, épiaison, proportion de légumineuses, zones de refus. Vitesse de croissance : suivre la variation entre passages pour ajuster surface et temps de retour plutôt que garder un calendrier rigide. 7.2 Repères de hauteur : pourquoi les chiffres diffèrent [S01][S02][S03]





