Référence agronomique · France

Élevage bovin · Conduite du troupeau laitier

Coût alimentaire des vaches laitières

Référence technique · Coût alimentaire des vaches laitières

Dans son sens technico-économique le coût alimentaire mesure la valeur des ressources alimentaires mobilisées pour produire le lait Le noyau commun comprend les concentrés minéraux et compléments achetés ou autoconsommés les fourrages achetés et les fourrages produits sur l’exploitation Les divergences portent surtout sur la manière de valoriser les fourrages et sur l’inclusion ou non de la mécanisation du stockage de la distribution du travail des vaches taries et du renouvellement Pour une base de connaissances il faut donc enregistrer le périmètre de coût comme une donnée à part entière Un chiffre de 110 1 000 L calculé en charges opérationnelles n’est pas directement comparable à un chiffre de 150 1 000 L incluant récolte…

Vérifié le 25 août 2026 Lecture 12 min
Commencer la lecture
Vue agricole consacrée à coût alimentaire des vaches laitières
Coût alimentaire des vaches laitières · Photographie documentaire SILLOVA
12 sources analyséesOrganismes publics et techniques
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères de campagne

Les chiffres à retenir

Chaque valeur garde son année, son statut et sa source.

01
Consolidé

2023

Observatoire lait Bretagne

124 €/1 000 L vendus · +36 € vs 2021 ; 73 % des charges opérationnelles de l’atelier ; hausse surtout concentrés [S01][S02]

02
Consolidé

2023

Observatoire lait Bretagne (2)

340 €/1 000 L · Marge sur coût alimentaire moyenne publiée [S01][S02]

03
Consolidé

2020

Réseaux d’élevage Idele

230 g concentrés/L · Moyenne conventionnelle ; 165 g/L en bio ; environ 75 % des concentrés achetés [S01][S02]

04
Consolidé

2023

GAEC Losser – Idele

146 €/1 000 L · Cas intensif à 28 000 L/ha SFP avec coproduits humides ; exemple, pas objectif universel [S01][S02]

01 · Référence

Définition et périmètres de calcul

Dans son sens technico-économique, le coût alimentaire mesure la valeur des ressources alimentaires mobilisées pour produire le lait. Le noyau commun comprend les concentrés, minéraux et compléments achetés ou autoconsommés, les fourrages achetés et les fourrages produits sur l’exploitation. Les divergences portent surtout sur la manière de valoriser les fourrages et sur l’inclusion ou non de la mécanisation, du stockage, de la distribution, du travail, des vaches taries et du renouvellement.

Pour une base de connaissances, il faut donc enregistrer le « périmètre de coût » comme une donnée à part entière. Un chiffre de 110 €/1 000 L calculé en charges opérationnelles n’est pas directement comparable à un chiffre de 150 €/1 000 L incluant récolte, stockage, distribution et pertes.

Sources de cette section [S01][S02][S03]

02 · Référence

Pourquoi l’alimentation pèse autant dans l’économie laitière

L’alimentation est à la fois une dépense et le principal levier technique de transformation des fourrages en lait. La Chambre d’agriculture de Bretagne indique qu’en 2023 le poste alimentation représentait en moyenne 73 % des charges opérationnelles de l’atelier lait dans son observatoire de 142 exploitations conventionnelles. Historiquement, les sources de conseil convergent sur le fait qu’il constitue le premier poste de charges opérationnelles.

Ce poids ne signifie pas qu’il faut couper uniformément les apports. L’Institut de l’Élevage a montré, lors de la flambée de 2022, que la réduction d’un concentré de production pouvait dans certains cas préserver l’économie malgré une petite baisse de lait, alors qu’une réduction trop forte du correcteur azoté pouvait provoquer une perte de lait beaucoup plus pénalisante. La valeur économique dépend donc de la fonction de l’aliment dans la ration.

Figure 3 — Contribution publiée à la hausse du coût alimentaire breton entre 2021 et 2023 : +33 €/1 000 L sur le poste concentrés et +2 € sur le poste fourrages, pour +36 € au total. Source : Chambre d’agriculture de Bretagne.

Sources de cette section [S01][S02][S03]

03 · Référence

Valoriser correctement les fourrages produits

La valorisation des fourrages est la principale source d’incomparabilité entre outils. Une méthode minimale retient semences, engrais, produits phytosanitaires, travaux par tiers et éventuellement irrigation. Une méthode « rendu silo » ajoute les opérations de récolte et de stockage. Une méthode « rendu auge » ajoute les pertes de conservation, la reprise, le mélange et la distribution. Le coût complet peut encore intégrer amortissements, entretien, foncier et travail.

Pour piloter une ration, la valeur pertinente est le coût de la matière sèche réellement ingérée. Si un ensilage coûte 70 €/t MS au stockage mais perd 15 % entre conservation, échauffement et refus, le coût de la tonne réellement ingérée devient 82,4 €/t MS avant même d’ajouter la distribution.

Figure 4 — Illustration mathématique : coût rendu ingéré = coût produit ÷ (1 − taux de pertes). Hypothèse : 70 €/t MS au départ. Cette figure n’est pas une référence de pertes souhaitables.

Sources de cette section [S01][S02][S03]

04 · Référence

Concentrés, minéraux, coproduits et aliments achetés

Les aliments achetés sont simples à chiffrer en apparence, mais le prix facture ne suffit pas. Le coût utile doit être ramené à la matière sèche et, pour l’arbitrage nutritionnel, à l’unité d’énergie ou de protéine réellement apportée. Les frais de transport, stockage, freinte, mélange et éventuelles pertes doivent être ajoutés s’ils diffèrent selon les options.

Les coproduits humides peuvent être économiquement intéressants près des sites de production, mais une comparaison au prix brut par tonne fraîche est trompeuse. Il faut corriger la matière sèche, la valeur alimentaire, les pertes, la conservation et le coût logistique. Le cas du GAEC Losser publié par l’Institut de l’Élevage illustre une stratégie basée sur le mélange et le stockage de coproduits humides, avec un coût alimentaire 2023 de 146 €/1 000 L dans un système très productif : ce chiffre est un résultat de ferme, pas une cible générale.

Sources de cette section [S01][S02][S03]

05 · Référence

Vaches traites, taries et renouvellement : ne pas mélanger les périmètres

La MSCA quotidienne porte le plus souvent sur les vaches traites. Les coûts des taries et des génisses de renouvellement sont alors hors périmètre. À l’échelle annuelle de l’atelier lait, de nombreuses GTE intègrent au contraire tout ou partie du renouvellement et des surfaces qui lui sont affectées. Cette différence peut expliquer plusieurs dizaines d’euros d’écart sans aucune différence technique réelle.

SILLOVA doit donc stocker séparément au moins trois groupes : vaches en lactation, vaches taries et génisses. Les aliments, surfaces et litres de lait associés doivent être affectés explicitement. Un coût « vaches traites » ne doit jamais être utilisé pour conclure sur le coût d’alimentation du troupeau complet.

Sources de cette section [S01][S02][S03]

06 · Référence

Calcul complet du coût alimentaire

Exemple pédagogique : 620 000 L de lait ; 45 000 € de concentrés et minéraux ; 22 000 € de coût de surfaces fourragères ; 6 000 € d’achats de fourrages/coproduits. Total = 73 000 €, soit 117,7 €/1 000 L. Si 9 000 € de reprise/distribution sont ajoutés pour passer à une logique « rendu auge », le coût devient 132,3 €/1 000 L. Les deux chiffres sont corrects, mais ils ne répondent pas à la même question.

Sources de cette section [S01][S02][S03]

07 · Référence

Marge sur coût alimentaire : la boussole de court terme

La marge sur coût alimentaire (MSCA) correspond, dans sa version la plus courante pour les vaches traites, au produit lait moins le coût de la ration. Elle peut être calculée par vache et par jour ou aux 1 000 L. Son intérêt est sa réactivité : elle permet de tester une modification de ration sans attendre la clôture comptable.

Sources de cette section [S01][S02][S03]

08 · Référence

Effet du niveau de lait et piège du dénominateur

Un même coût quotidien peut donner des coûts très différents aux 1 000 L Une ration à 4 80 VL j représente 200 1 000 L à 24 L j mais 133 1 000 L à 36 L j Ce phénomène explique pourquoi les systèmes…

Repères documentés issus du dossier de référence SILLOVA.
Source / systèmeAnnéeRepèreLecture
Observatoire lait Bretagne2023124 €/1 000 L vendus+36 € vs 2021 ; 73 % des charges opérationnelles de l’atelier ; hausse surtout concentrés
Observatoire lait Bretagne2023340 €/1 000 LMarge sur coût alimentaire moyenne publiée
Réseaux d’élevage Idele2020230 g concentrés/LMoyenne conventionnelle ; 165 g/L en bio ; environ 75 % des concentrés achetés
GAEC Losser – Idele2023146 €/1 000 LCas intensif à 28 000 L/ha SFP avec coproduits humides ; exemple, pas objectif universel
GAEC des Chênes – CA Bretagneréf. publiée 202576 €/1 000 LSystème très autonome/pâturant ; 7 600 L/VL/an ; exemple de ferme
AgresteT4 2025-6,3 % sur un anPrix des aliments composés pour bovins ; production d’aliments VL +6,6 %
Sources de cette section [S01][S02][S03]

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

Que faut-il retenir sur définition et périmètres de calcul ?

Dans son sens technico-économique le coût alimentaire mesure la valeur des ressources alimentaires mobilisées pour produire le lait Le noyau commun comprend les concentrés minéraux et compléments achetés ou autoconsommés les fourrages achetés et les fourrages produits sur l’exploitation Les divergences portent surtout sur la manière de valoriser les fourrages et sur l’inclusion ou non de la mécanisation du stockage de la distribution du travail des vaches taries et du renouvellement Pour une base de connaissances il faut donc enregistrer le périmètre de coût comme une donnée à part entière… [S01][S02][S03]

Que faut-il retenir sur pourquoi l’alimentation pèse autant dans l’économie laitière ?

L’alimentation est à la fois une dépense et le principal levier technique de transformation des fourrages en lait La Chambre d’agriculture de Bretagne indique qu’en 2023 le poste alimentation représentait en moyenne 73 des charges opérationnelles de l’atelier lait dans son observatoire de 142 exploitations conventionnelles Historiquement les sources de conseil convergent sur le fait qu’il constitue le premier poste de charges opérationnelles Ce poids ne signifie pas qu’il faut couper uniformément les apports L’Institut de l’Élevage a montré lors de la flambée de 2022 que la réduction d’un concentré… [S01][S02][S03]

Que faut-il retenir sur valoriser correctement les fourrages produits ?

La valorisation des fourrages est la principale source d’incomparabilité entre outils Une méthode minimale retient semences engrais produits phytosanitaires travaux par tiers et éventuellement irrigation Une méthode rendu silo ajoute les opérations de récolte et de stockage Une méthode rendu auge ajoute les pertes de conservation la reprise le mélange et la distribution Le coût complet peut encore intégrer amortissements entretien foncier et travail Pour piloter une ration la valeur pertinente est le coût de la matière sèche réellement ingérée Si un ensilage coûte 70 t MS au stockage mais… [S01][S02][S03]

Que faut-il retenir sur concentrés, minéraux, coproduits et aliments achetés ?

Les aliments achetés sont simples à chiffrer en apparence mais le prix facture ne suffit pas Le coût utile doit être ramené à la matière sèche et pour l’arbitrage nutritionnel à l’unité d’énergie ou de protéine réellement apportée Les frais de transport stockage freinte mélange et éventuelles pertes doivent être ajoutés s’ils diffèrent selon les options Les coproduits humides peuvent être économiquement intéressants près des sites de production mais une comparaison au prix brut par tonne fraîche est trompeuse Il faut corriger la matière sèche la valeur alimentaire les pertes… [S01][S02][S03]

Que faut-il retenir sur vaches traites, taries et renouvellement : ne pas mélanger les périmètres ?

La MSCA quotidienne porte le plus souvent sur les vaches traites Les coûts des taries et des génisses de renouvellement sont alors hors périmètre À l’échelle annuelle de l’atelier lait de nombreuses GTE intègrent au contraire tout ou partie du renouvellement et des surfaces qui lui sont affectées Cette différence peut expliquer plusieurs dizaines d’euros d’écart sans aucune différence technique réelle SILLOVA doit donc stocker séparément au moins trois groupes vaches en lactation vaches taries et génisses Les aliments surfaces et litres de lait associés doivent être affectés explicitement Un… [S01][S02][S03]

Que faut-il retenir sur calcul complet du coût alimentaire ?

Exemple pédagogique : 620 000 L de lait ; 45 000 € de concentrés et minéraux ; 22 000 € de coût de surfaces fourragères ; 6 000 € d’achats de fourrages/coproduits. Total = 73 000 €, soit 117,7 €/1 000 L. Si 9 000 € de reprise/distribution sont ajoutés pour passer à une logique « rendu auge », le coût devient 132,3 €/1 000 L. Les deux chiffres sont corrects, mais ils ne répondent pas à la même question. [S01][S02][S03]

Traçabilité

Sources utilisées

Les chiffres et repères affichés sur cette page renvoient à leur organisme d’origine. Les bases vivantes sont vérifiées avant toute recommandation opérationnelle.

8 sources affichées sur 12

  1. S01
  2. S02
  3. S03
  4. S04
  5. S05
  6. S06
  7. S07
  8. S08