Référence agronomique · France

Maraîchage · Légumes, petits fruits et systèmes de culture

Concombre

Cucumis sativus L.

Le concombre se cultive en plein champ ou sous abri selon le marché. Repères sur les variétés, la biologie florale, la conduite et la filière française.

Mis à jour le 03/10/2026 Lecture 6 min
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Concombre — illustration documentaire (Maraîchage, Légumes, petits fruits et systèmes de culture)
Concombre · Illustration documentaire SILLOVA
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères essentiels

Une lecture synthétique des informations à retenir avant d’entrer dans le détail.

Espèce

Cucumis sativus

Conduite

Abri ou plein champ

Fruit

Récolté immature

Pilotage

Eau et climat

01 · Référence

L’essentiel sur concombre

La campagne 2026 illustre le poids de la météo sur l’offre et la demande : Agreste estime au 1er juin la production française à 194 100 t, soit +1 % par rapport à 2025. Les surfaces sont rapportées à environ 1 105 ha, +1 % sur un an. En mai 2026, les prix sont supérieurs de 14 % à mai 2025 et de 21 % à la moyenne 2021-2025, les fortes chaleurs de fin mai ayant soutenu la consommation.

L’espèce cultivée possède 2n = 14 chromosomes ; C. sativus var. hardwickii est généralement considéré comme un proche parent/progéniteur du concombre cultivé.

Les données phylogénétiques et floristiques situent l’origine asiatique de l’espèce, du sous-continent indien à l’Himalaya et à l’Asie du Sud-Est.

02 · Référence

Identité, définition et botanique

La plante produit des fleurs mâles, femelles ou, selon le génotype, des combinaisons sexuelles plus complexes. La sélection moderne a exploité la gynoécie, la parthénocarpie, la longueur des entrenœuds, la vigueur, la couleur du fruit, l’absence d’amertume et les résistances aux bioagresseurs pour créer des hybrides adaptés à des systèmes très spécialisés.

03 · Référence

Le concombre en France : surfaces, production, bassins et dynamique 2019-2026

FranceAgriMer rassemble les données Agreste de surface et de production. En 2024, la série publiée indique 1 044 ha, 170 423 t et un rendement statistique moyen de 163,2 t/ha. Ce rendement moyen national agrège des systèmes extrêmement hétérogènes et ne doit pas être utilisé comme objectif technique d’une serre ou d’un tunnel.

Pour 2026, Agreste prévoit au 1er juin 194 100 t, soit +2 600 t et +1 % par rapport à 2025. La demande a été très météo-sensible : après un printemps contrasté, les fortes températures de fin mai ont accéléré les achats. Cette élasticité météo doit être intégrée aux analyses économiques : un épisode chaud peut simultanément stimuler la demande et accélérer la croissance des fruits, donc concentrer les volumes à récolter.

Le CTIFL décrit les Pays de la Loire comme la première région française de concombre dans son chemin d’impact 2026, avec un secteur de serres chauffées historiquement structuré en Loire-Atlantique. Dans le Sud, les Pyrénées-Orientales, le Languedoc-Roussillon et les Bouches-du-Rhône combinent des productions sous abri et des créneaux plus méditerranéens. La DRAAF Occitanie signale en 2026 une hausse des surfaces et un démarrage retardé par manque de lumière, puis une accélération avec l’amélioration du rayonnement.

En 2024, les achats des ménages français progressent de 5,0 % en volume et de 9,8 % en dépenses par rapport à 2023. Le concombre représente environ 3 % de la valeur des importations de légumes frais hors pomme de terre et 1 % de la valeur des exportations dans la décomposition FranceAgriMer.

Repères statistiques du concombre en France
IndicateurValeur publiée
Surface 20241 044 ha
Production 2024170 423 t
Rendement statistique moyen 2024163,2 t/ha
Production 2026, estimation au 1er juin194 100 t

04 · Référence

Types commerciaux, usages et segmentation du marché

Un “concombre” de serre fil haut et un type court de plein champ ne répondent ni au même calibre, ni à la même cadence de récolte, ni au même coût de main-d’œuvre.

05 · Référence

Biologie florale : gynoécie, parthénocarpie et pollinisation

Le sexe floral du concombre est un caractère complexe. Les plantes peuvent porter des fleurs mâles, femelles ou hermaphrodites selon le génotype. Les voies hormonales, notamment l’éthylène, ainsi que la température, la lumière et la photopériode modulent l’expression sexuelle. Les génotypes gynoïques sont privilégiés en production intensive car ils concentrent les fleurs femelles, donc le potentiel de fruits.

La parthénocarpie correspond au développement du fruit sans fécondation. Chez le concombre, elle a été fortement sélectionnée pour la serre : elle permet des fruits sans graines et une nouaison plus régulière lorsque pollinisation, lumière, température ou humidité ne sont pas favorables. Les recherches récentes confirment que le caractère résulte de réseaux génétiques et hormonaux complexes plutôt que d’un mécanisme unique.

06 · Référence

Calendrier cultural et fenêtres de production

Le calendrier est une variable économique : il détermine le niveau de prix potentiel, la concurrence d’Espagne et des Pays-Bas, l’énergie nécessaire, les risques sanitaires et la disponibilité de main-d’œuvre. La conjoncture 2026 montre que quelques semaines de décalage dues à la lumière peuvent déplacer significativement l’offre.

07 · Référence

Semis, pépinière, qualité du plant et greffage

Le greffage est utilisé pour modifier la vigueur et la tolérance aux contraintes racinaires. Les porte-greffes interspécifiques de Cucurbita sont fréquents en cucurbitacées. Le GRAB a comparé Flexifort et Cobalt en concombre sous abri bio dans son essai REDUC’EAU. Le greffage ne remplace toutefois ni la rotation, ni l’hygiène, ni le diagnostic des nématodes ou pathogènes telluriques.

08 · Référence

Rotation, précédent cultural, hygiène et préparation de l’abri

La répétition des Cucurbitaceae accroît la pression de maladies racinaires, nématodes et virus persistants. Les rotations, couverts d’interculture, solarisation dans les contextes adaptés, élimination des racines et désinfection raisonnée du matériel sont des leviers structurants. APREL maintient des fiches dédiées à la solarisation, aux nématodes à galles et aux virus pour les cultures sous abri.

Nettoyer outils de taille, clips, chariots et surfaces de contact lorsque le risque de transmission mécanique est élevé.

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

Quel niveau de production est attendu en 2026?

Agreste estime au 1er juin 2026 la production française à 194 100 t, soit +1 % par rapport à 2025. Les surfaces sont rapportées à environ 1 105 ha.

Le rendement moyen national peut-il servir d’objectif?

Non. Le rendement statistique moyen de 163,2 t/ha agrège des systèmes très hétérogènes et ne doit pas servir d’objectif technique pour une serre ou un tunnel.

Le greffage remplace-t-il la rotation?

Non. Le greffage modifie la vigueur et la tolérance aux contraintes racinaires, mais il ne remplace ni la rotation, ni l’hygiène, ni le diagnostic des nématodes ou pathogènes telluriques.

Traçabilité

Sources utilisées

Les principales références utilisées pour vérifier les repères de cette page.