Référence agronomique · France

Élevage · Aviculture · Palmipèdes gras

Canard gras

Cairina moschata × Anas platyrhynchos (mulard)

La filière du canard gras associe élevage, phase d’engraissement et transformation de produits sous cahier des charges. L’origine des animaux, la santé du lot, l’hébergement et les débouchés doivent être suivis à chaque étape.

Mis à jour le 02/10/2026 Lecture 7 min
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Canards dans un élevage de palmipèdes gras du Sud-Ouest
Élevage de canards gras · Image SILLOVA
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères essentiels

Une lecture synthétique des informations à retenir avant d’entrer dans le détail.

Filière

Palmipèdes gras

Produit

Foie gras et viande

Conduite

Phases distinctes

Cadre

Hébergement encadré

01 · Identité

Définition et périmètre du canard gras

Le canard gras désigne la production de canards élevés puis engraissés pour valoriser un foie gras et un ensemble de pièces de viande. Il se distingue de l'élevage de canards à rôtir.

L'article L. 654-27-1 du Code rural qualifie le foie gras de patrimoine culturel et gastronomique protégé. Il le définit comme le foie d'un canard ou d'une oie spécialement engraissé par gavage. Les produits issus d'un engraissement spontané ne relèvent donc pas automatiquement de l'appellation légale.

La filière est très territorialisée : 80 % des capacités d'élevage étaient localisées en 2022 dans le Sud-Ouest et 18 % dans le Grand Ouest. Deux schémas économiques coexistent : une filière longue intégrée et des circuits courts fermiers.

02 · Génétique

Espèces, types génétiques et hybrides

Le mulard domine la filière française, mais le Barbarie et le Pékin occupent chacun une place spécifique dans la chaîne de production.

Le mulard résulte le plus souvent du croisement d'un mâle de Barbarie (Cairina moschata) avec une cane Pékin (Anas platyrhynchos). Cet hybride est stérile, ce qui impose une production continue à partir des lignées parentales. Sa croissance, sa capacité d'ingestion et son aptitude à la stéatose hépatique expliquent sa place dominante.

Dans la vaccination IAHP 2024-2025, 57 % des canards vaccinés étaient des mulards, 39 % des Barbarie et 4 % des Pékins. Le Barbarie peut lui-même être élevé et engraissé ; le Pékin est avant tout une lignée maternelle pour produire le mulard.

03 · Cycle

Du caneton au palmipède gras

Le cycle de production comporte quatre blocs : démarrage, croissance, préparation alimentaire puis phase d'engraissement.

Le ministère décrit pour le canard gras une période d'élevage de l'ordre de 11 à 14 semaines avant la phase d'engraissement. Les cahiers des charges IGP et Label Rouge peuvent imposer des durées plus longues.

La phase de préparation utilise la capacité des palmipèdes à adapter leur comportement alimentaire à des prises importantes et espacées. La conduite doit éviter les ruptures brutales et surveiller l'état corporel.

04 · Gavage

Phase d'engraissement : principes techniques

L'engraissement est court et très intensif en observation. L'objectif est un compromis entre poids, qualité technologique du foie et conformation de la carcasse.

Le ministère indique que l'acte de distribution est bref lorsqu'il est correctement réalisé et que les canards reçoivent généralement deux à trois repas par jour. Les pratiques précises dépendent de l'espèce, du système et du matériel.

Un foie trop fragile ou présentant une forte fonte lipidique à la cuisson peut être économiquement moins valorisé malgré un poids élevé. La qualité technologique du foie est donc aussi importante que son poids.

05 · Logement

Bâtiments, ambiance et bien-être

L'arrêté du 21 avril 2015 fixe des normes minimales pour l'hébergement des palmipèdes en phase de gavage.

L'arrêté impose notamment un minimum de trois animaux par logement et la possibilité de déployer les ailes et d'effectuer des mouvements verticaux hors contention ponctuelle. Ces règles ont conduit à la généralisation des logements collectifs.

Le canard est particulièrement sensible à l'ambiance lorsque sa production de chaleur et son ingestion sont élevées. Un système de ventilation dimensionné pour la période la plus critique, avec alarme et solution de secours, est indispensable.

  • Ventilation dimensionnée sur humidité, CO₂, ammoniac et charge animale.
  • Réparer immédiatement toute fuite d'eau ; stabiliser et drainer les zones d'abreuvement.
  • Litière sèche, friable, non glissante et régulièrement entretenue.
  • En période chaude : vitesse d'air, ombrage et accès permanent à l'eau.

06 · Santé

Biosécurité et influenza aviaire

Les crises IAHP ont restructuré la filière. La vaccination préventive a profondément modifié la gestion sanitaire depuis octobre 2023.

La troisième campagne de vaccination court du 1er octobre 2025 au 30 septembre 2026. Elle cible les canards mulards, de Barbarie et Pékin. La stratégie prévoit la vaccination préventive obligatoire des élevages commerciaux concernés, notamment ceux détenant plus de 250 canards en production.

Le ministère souligne que la vaccination est un outil complémentaire. Un élevage vacciné reste soumis aux mesures de biosécurité et de surveillance ; un foyer confirmé entraîne les mesures sanitaires de lutte prévues par la réglementation.

07 · Transformation

Foie gras, magret et co-produits

L'économie du canard gras repose sur la valorisation de l'animal entier. Le foie est emblématique mais le magret, les cuisses, les aiguillettes et la graisse représentent une part essentielle de la valeur.

Le foie cru est trié pour orienter sa destination : vente en frais, foie gras entier, produits transformés ou autres usages. Les critères incluent espèce, poids, couleur, texture, absence d'hématomes et aptitude à la cuisson.

Les SIQO du Sud-Ouest encadrent plusieurs produits. L'IGP « Canard à foie gras du Sud-Ouest » couvre une gamme de viandes, foie gras et produits de confisage. Le Label Rouge LA 19/02 vise des produits transformés de canard mulard gavé.

08 · Économie

Production, marché et atelier

La filière a rebondi en 2024 après les crises IAHP, mais ne reconstitue pas encore son niveau d'avant-crise.

FranceAgriMer estime la production française de foie gras cru à 12 200 tonnes en 2024, en hausse de 27 % sur un an mais encore 35 % sous la moyenne 2011-2015. La consommation apparente est estimée à 11 900 tonnes, soit environ 175 g par habitant.

La saisonnalité reste extrême : 52 % des achats des ménages se concentrent entre novembre et janvier. Parmi les formes achetées, environ 11 % de foie gras cru, 67 % de semi-cuit et 20 % de conserves.

09 · Environnement

Empreinte et adaptation climatique

L'empreinte du canard gras provient principalement de l'alimentation, des bâtiments, de l'énergie et de la gestion des effluents.

Les travaux ITAVI utilisant l'analyse de cycle de vie montrent l'intérêt de comparer les systèmes complets plutôt que de juger un seul poste. La valorisation de l'animal entier est un élément important : affecter l'ensemble des impacts au foie seul donnerait une vision biaisée.

Les vagues de chaleur augmentent le risque de baisse d'ingestion, d'hyperthermie et de mortalité. Ce risque est critique en fin de cycle, lorsque les animaux ont un métabolisme élevé.

10 · Perspectives

Tendances 2026-2035

La filière doit consolider sa résilience tout en répondant aux attentes sur le bien-être, l'environnement et la traçabilité.

Les tendances structurantes incluent : consolidation de la stratégie vaccinale IAHP, renforcement de la surveillance post-vaccinale, mesure plus systématique du bien-être avec des indicateurs centrés sur l'animal, recherche sur des méthodes d'engraissement alternatives, sélection intégrant robustesse et efficience, bâtiments plus résilients aux vagues de chaleur, diversification des matières premières alimentaires, et pression croissante pour documenter empreinte carbone et conditions d'élevage.

11 · Compléments

Comparaison de performances en canard gras

Ces données donnent un point de comparaison daté. Elles doivent être interprétées avec leur année, leur périmètre et le système de production concerné.

Un écart par rapport à ces repères ne constitue pas, à lui seul, un diagnostic. Il doit être rapproché des objectifs de l’atelier, du type d’animaux, des conditions de logement, de l’alimentation et du débouché.

Repères documentés — consulter la source et le millésime avant comparaison.
IndicateurIGP Sud-Ouest 2022France standard 2022
Taille moyenne du lot6 707 canards7 920 canards
Lots par atelier / an2,21,8
Durée d’élevage86,44 jours82,24 jours
Aliment consommé16,9 kg/canard15,4 kg/canard
Poids vif sortie PAE3,98 kg3,66 kg
Indice de consommation4,25 kg aliment/kg vif4,20
Pertes3,71 %3,38 %
Prix aliment377 €/tréférence standard différente selon réseau

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

Quel canard produit la majorité du foie gras français?

Le canard mulard domine. FranceAgriMer indique que 99 % du foie gras français est issu du canard, l'oie étant devenue très minoritaire.

Les canards gras doivent-ils être logés individuellement pendant le gavage?

Non. L'arrêté du 21 avril 2015 impose un minimum de trois palmipèdes par logement et la possibilité de déployer les ailes.

La vaccination IAHP est-elle obligatoire?

Pour la campagne 2025-2026, la stratégie nationale cible les élevages commerciaux de canards concernés, notamment au-delà de 250 canards en production.

Traçabilité

Sources utilisées

Les principales références utilisées pour vérifier les repères de cette page.