Référence agronomique · France

Santé des productions · Ravageurs et parasites

Altises des brassicacées

Les petites altises des brassicacées regroupent plusieurs espèces : identifier les perforations, suivre la levée et privilégier la prévention.

Mis à jour le 02/10/2026 Lecture 5 min
Commencer la lecture

Connectez-vous pour enregistrer cette ressource

Altises des brassicacées — illustration documentaire (Santé des productions, Ravageurs et parasites)
Altises des brassicacées · Photographie documentaire SILLOVA
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères essentiels

Une lecture synthétique des informations à retenir avant d’entrer dans le détail.

Groupe

Phyllotreta spp.

Plusieurs espèces proches peuvent coexister.

Dégâts

Feuilles perforées

La levée est la période à suivre.

Diagnostic

Voir les adultes

Ne pas attribuer chaque trou à une altise.

Gestion

Culture vigoureuse

La rapidité de croissance réduit la vulnérabilité.

01 · Référence

Résumé opérationnel

Appliquer à tous les choux un seuil trouvé pour le colza: le seuil Terres Inovia « 8 plantes sur 10 mordues + 25 % de surface consommée » est un repère colza, pas une règle universelle en maraîchage.

Considérer toutes les larves de Phyllotreta comme des mineuses de feuilles: P. nemorum peut miner les feuilles, alors que P. atra se nourrit surtout sur les racines avant la nymphose dans le sol.

02 · Référence

Définition et périmètre : que recouvre « altises des brassicacées »?

Le périmètre ne doit pas être confondu avec la grosse altise du colza, Psylliodes chrysocephala, autre Chrysomelidae plus grand, dont la biologie larvaire et la problématique de résistance aux pyréthrinoïdes justifient une fiche distincte.

Appliquer à tous les choux un seuil trouvé pour le colza: le seuil Terres Inovia « 8 plantes sur 10 mordues + 25 % de surface consommée » est un repère colza, pas une règle universelle en maraîchage.

03 · Référence

Taxonomie et complexe d’espèces

Taxonomiquement, ces insectes appartiennent à l’ordre des Coleoptera, à la famille des Chrysomelidae et au groupe des Alticini/Galerucinae selon les classifications utilisées. Pour un diagnostic de terrain, l’identification au genre suffit souvent pour déclencher une surveillance, mais l’identification à l’espèce devient utile lorsque l’on cherche à comprendre la biologie larvaire, les périodes d’émergence ou à capitaliser des données épidémiologiques.

Considérer toutes les larves de Phyllotreta comme des mineuses de feuilles: P. nemorum peut miner les feuilles, alors que P. atra se nourrit surtout sur les racines avant la nymphose dans le sol.

04 · Référence

Identification des adultes

L’adulte est le stade le plus visible et le plus nuisible. Le premier caractère pratique est le saut: lorsqu’on approche ou secoue la plante, l’insecte disparaît brutalement par un bond. Cette réaction explique pourquoi les comptages sont difficiles et pourquoi il est utile d’observer calmement avant de manipuler le feuillage.

La couleur seule est insuffisante: plusieurs espèces sont sombres, et l’éclat métallique change avec l’éclairage. Pour des données de réseau, photographier l’adulte avec une échelle, noter la culture, le stade et le lieu, puis confirmer sous loupe si nécessaire. Une donnée « Phyllotreta sp. » correctement contextualisée vaut mieux qu’une identification d’espèce incertaine.

Poser un filet après l’installation des altises ou sur une parcelle où des adultes peuvent émerger du précédent Brassicaceae: le filet peut alors enfermer le ravageur avec la culture.

05 · Référence

Œufs, larves et nymphes

Les stades immatures sont moins souvent observés en maraîchage que les adultes, car les œufs sont petits et déposés près de la plante ou sur celle-ci selon l’espèce, les larves sont souvent discrètes et la nymphose se produit dans le sol. Leur localisation est néanmoins essentielle pour éviter les généralisations abusives.

06 · Référence

Diagnostics différentiels

Le diagnostic doit intégrer la temporalité: des trous anciens peuvent subsister alors que la population a quitté la parcelle, tandis que des adultes présents ne signifient pas forcément une progression des dégâts si la culture croît rapidement. La décision se fonde donc sur la combinaison « présence actuelle + dégâts frais + stade + vitesse de croissance ».

07 · Référence

Cycle biologique général

Les adultes ayant passé l’hiver reprennent leur activité au printemps lorsque les températures redeviennent favorables; plusieurs références indiquent une reprise autour de 10-15 °C pour le complexe.

Après alimentation et accouplement, les femelles pondent au voisinage des Brassicaceae; la localisation précise varie selon l’espèce.

Les larves se développent plusieurs semaines, soit sur racines/sol pour certaines espèces, soit dans les feuilles pour P. nemorum.

08 · Référence

Hivernation, reprise d’activité et dispersion

Les adultes passent l’hiver dans des abris proches des zones de culture: sol, mottes, débris et litière, bordures, haies ou végétation. Au retour de températures plus douces, ils gagnent les Brassicaceae disponibles. Les migrations entre repousses, adventices, engrais verts, cultures voisines et nouvelles plantations expliquent une partie des attaques en bordure.

Le saut est un mécanisme de fuite et de déplacement à courte distance; le vol permet aussi la colonisation. FREDON indique que l’activité de vol et d’alimentation augmente en conditions chaudes et sèches, tandis que le frais, l’humidité et le vent poussent davantage les adultes à se réfugier.

Repères pratiques : altises des brassicacées.
PointRepère opérationnel
Ravageur principalAdultes de Phyllotreta spp. ; 2 à 5 mm selon espèces, capables de bonds rapides grâce aux fémurs postérieurs développés.
Cultures à risqueChoux, chou-fleur, brocoli, chou de Bruxelles, radis, navet, roquette et autres Brassicaceae; colza à traiter sur les pages dédiées.
Symptôme cléPetites morsures circulaires de l’ordre de 1 à 2 mm, d’abord superficielles puis perforantes; aspect « criblé » des cotylédons/jeunes feuilles.
Période critiquePlantation/levée jusqu’à environ 6-8 feuilles selon les références régionales; qualité marchande sensible plus longtemps sur feuilles vendues.
Climat favorableTemps chaud, sec et ensoleillé; activité réduite par temps frais, humide ou venteux.
SurveillanceObservation directe des plants et bordures, idéalement quotidienne sous forte pression; panneaux/cuvettes = détection, pas décision unique.

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

Les trous suffisent-ils à identifier une altise?

Non. Des trous anciens peuvent subsister alors que la population a quitté la parcelle. Il faut combiner présence actuelle, dégâts frais, stade et vitesse de croissance.

Un seuil du colza s’applique-t-il aux choux?

Non. Le seuil Terres Inovia « 8 plantes sur 10 mordues + 25 % de surface consommée » est un repère colza, pas une règle universelle en maraîchage.

Quel est le signe le plus visible de l’adulte?

Le saut. Lorsqu’on approche ou secoue la plante, l’insecte disparaît brutalement par un bond. La couleur seule ne suffit pas à identifier l’espèce.

Traçabilité

Sources utilisées

Les principales références utilisées pour vérifier les repères de cette page.