Référence agronomique · France

Agroforesterie · Systèmes agricoles

Agroforesterie

L’agroforesterie associe arbres, cultures ou animaux sur un même espace agricole. Le choix des essences, des distances et des usages conditionne la production et les services attendus.

Mis à jour le 03/10/2026 Lecture 5 min
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Agroforesterie — illustration documentaire (Agroforesterie, Systèmes agricoles)
Agroforesterie · Photographie documentaire SILLOVA
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères essentiels

Quatre points pour guider la lecture.

Association

Arbres et agriculture

Implantation

Selon la parcelle

Usages

Production et abri

Suivi

Effets à mesurer

01 · Repère

Comprendre l’agroforesterie

L’agroforesterie est une famille de systèmes agricoles dans lesquels des ligneux pérennes — arbres, arbustes et autres ligneux — sont volontairement intégrés à des cultures et/ou à des animaux, sur une même unité de gestion et avec des interactions écologiques et économiques recherchées. Elle ne correspond donc ni à une essence particulière, ni à une densité unique, ni à une recette universelle.

02 · Guide

Choisir un système agroforestier

Le projet commence par les objectifs agricoles : protéger un parcours, produire du bois ou des fruits, créer de l’ombre ou limiter l’érosion. La place des arbres dépend de la largeur des machines, de la ressource en eau et de la lumière nécessaire à la culture.

La conception doit aussi prévoir entretien, taille et renouvellement. Une plantation utile au démarrage peut devenir concurrente si la densité et la gestion ne sont pas adaptées.

03 · Guide

Définitions et terminologie

Une définition opérationnelle de l’agroforesterie est la gestion volontaire et planifiée de ligneux pérennes avec des cultures et/ou des animaux sur une même unité de gestion, simultanément ou selon une organisation spatiale ou temporelle permettant des interactions écologiques et économiques.

Une simple forêt voisine d’une parcelle sans interaction ni gestion agricole planifiée n’est pas nécessairement un système agroforestier.

Une plantation d’arbres destinée uniquement à boiser définitivement une terre et à sortir de l’usage agricole relève plutôt de la forêt ou du boisement.

En France, elle recouvre des systèmes anciens — bocages, prés-vergers, pâturages arborés, châtaigneraies ou parcours — et des formes contemporaines: alignements intraparcellaires en grandes cultures, haies multifonctionnelles, sylvopastoralisme, parcours arborés pour volailles, vitiforesterie, maraîchage sous arbres ou systèmes multiétagés ultramarins. L’arbre peut être positionné au milieu de la parcelle, en bordure, sur des talus, le long des cours d’eau ou au sein de peuplements pâturés.

Principaux systèmes agroforestiers présentés dans ce guide
SystèmeAssociation
IntraparcellaireRangées d’arbres et cultures annuelles ou pluriannuelles
Prés-vergersArbres fruitiers de haute tige et prairie
Parcours arborés en avicultureArbres et arbustes sur le parcours des volailles
VitiforesterieArbres associés à la vigne
Agroforesteries ultramarinesArbres d’ombrage, fruitiers, caféiers, cacaoyers, vanille, bananiers et cultures vivrières

04 · Guide

Agroforesterie intraparcellaire

L’intraparcellaire associe des rangées d’arbres à des cultures annuelles ou pluriannuelles. Les rangées sont souvent suffisamment espacées pour conserver les chantiers agricoles. Les décisions les plus structurantes sont l’orientation, l’espacement entre lignes, la distance entre arbres, la largeur des bandes non cultivées, le choix des essences, la conduite des houppiers et la largeur du matériel.

Bandes herbacées sous les arbres: réduisent les risques de dégâts mécaniques mais occupent une surface et demandent une gestion des adventices et rongeurs.

Conception mécanisée: la largeur d’allée doit être cohérente avec la machine la plus contraignante, pas seulement avec le semoir.

Les services recherchés sont multiples: brise-vent, ombrage, limitation du ruissellement et de l’érosion, amélioration de la structure du sol, captage ou redistribution de nutriments, stockage de carbone dans la biomasse et le sol, habitat pour la biodiversité, ressources pour pollinisateurs et auxiliaires, diversification des revenus, production de bois, fruits, fourrage ou litière. Ces services sont cependant fortement dépendants du contexte: un excès d’ombre peut réduire la biomasse herbacée ou le rendement d’une culture; des arbres mal choisis peuvent entrer en compétition pour l’eau ou gêner les machines.

05 · Guide

Prés-vergers, vergers pâturés et systèmes fruitiers

Les prés-vergers historiques associent arbres fruitiers de haute tige et prairie. Des formes modernes utilisent aussi noyers, châtaigniers ou autres espèces à fruits. La complémentarité repose sur la double production et l’entretien du couvert par les animaux, mais les contraintes de récolte, de chute des fruits, de protection des troncs, de parasitisme et d’accès aux machines doivent être anticipées.

06 · Guide

Parcours arborés en aviculture et élevages de plein air

Les arbres et arbustes peuvent favoriser l’exploration du parcours par les volailles en créant des zones d’abri et des repères. Les bénéfices dépendent de la distance au bâtiment, de la couverture, du drainage et de l’état du sol. INRAE maintient notamment un dispositif expérimental de parcours avicole arboré au Magneraud.

07 · Guide

Vitiforesterie, maraîchage et cultures spécialisées

L’association d’arbres à la vigne ou aux légumes vise souvent microclimat, biodiversité, diversification ou production de fruits/bois. Mais ces systèmes sont particulièrement sensibles à la compétition pour la lumière et l’eau, ainsi qu’aux contraintes de chantier. INRAE expérimente des systèmes viticoles combinant agroforesterie et couverts végétaux à Montpellier.

08 · Guide

Agroforesteries ultramarines

Dans les territoires tropicaux français, les agroforesteries peuvent être multistrates: arbres d’ombrage, fruitiers, caféiers/cacaoyers, vanille, bananiers et cultures vivrières partagent l’espace. Les jardins créoles et mahorais associent parfois productions végétales et animales sur de petites surfaces. Ces systèmes ne doivent pas être évalués avec les mêmes densités, cycles et indicateurs que l’agroforesterie tempérée.

Mesurer la performance en panier de produits, autoconsommation, travail et résilience, pas seulement en rendement d’une seule culture.

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

L’agroforesterie repose-t-elle sur une essence ou une densité type?

Non. Elle ne correspond ni à une essence particulière, ni à une densité unique, ni à une recette universelle.

Une forêt voisine d’une parcelle est-elle de l’agroforesterie?

Pas nécessairement. Sans interaction ni gestion agricole planifiée, une forêt voisine ne constitue pas un système agroforestier.

Quels services peut apporter un arbre en parcelle?

Brise-vent, ombrage, limitation de l’érosion, amélioration de la structure du sol, habitat pour la biodiversité, production de bois ou de fruits. Ces services dépendent fortement du contexte.

Traçabilité

Sources utilisées

Les principales références utilisées pour vérifier les repères de cette page.