Référence agronomique · France

Cultures · Prairies, fourrages & couverts

Trèfle blanc

Trifolium repens L.

Monographie du trèfle blanc (Trifolium repens) : légumineuse pérenne des prairies pâturées, associée au ray-grass anglais à 3-5 kg/ha, repère visuel de 30 % du couvert au printemps et 50 % en été, jusqu’à 1,09 UFL et 249 g de matière azotée au stade végétatif, moteur de l’autonomie azotée et protéique des élevages herbagers.

Vérifié le 19 août 2026 Lecture 14 min
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Capitules blancs de trèfle blanc dans une prairie pâturée
Trèfle blanc · Image SILLOVA
14 sources analyséesOrganismes publics et techniques
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères de campagne

Les chiffres à retenir

Chaque valeur garde son année, son statut et sa source.

01
Consolidé

3-5 kg/ha

Dose en association

Association RGA–trèfle blanc · repère des guides français [S01]

02
Consolidé

30 % printemps · 50 % été

Part visée en prairie

Repère visuel Herbe-book · ni seuil ni cible absolue [S01][S03]

03
Consolidé

1,09 UFL · 249 g MAT

Valeur au stade végétatif

Repères Herbe-book d’après les tables INRAE [S01]

04
Consolidé

17-33 % PB/MS

Protéines

≈ 23 % en moyenne · Feedipedia · l’analyse du lot prévaut [S07]

01 · Identité

La légumineuse des prairies pâturées

Le trèfle blanc, Trifolium repens L., est une Fabaceae pérenne à stolons : il s’étale horizontalement, s’enracine aux nœuds et forme avec les graminées le couvert des prairies pâturées tempérées.

Allotétraploïde, l’espèce présente une diversité structurée en types — petits, moyens, grands — aux usages différents : les petits types supportent le pâturage serré et prolongé, les grands types conviennent mieux à la fauche et aux associations productives.

Sa valeur technique dépend presque toujours de son association : une donnée mesurée sur un mélange ray-grass anglais–trèfle blanc n’est pas un rendement de trèfle pur, et une valeur alimentaire de trèfle pur ne décrit pas l’herbe effectivement ingérée. Cette page distingue systématiquement les deux.

Sources de cette section [S01][S07]

02 · Contexte

Une espèce partout, comptée nulle part

Il n’existe pas de statistique nationale de surface de trèfle blanc : la SAA 2025 révisée mesure les catégories prairiales — 606 289 ha de prairies artificielles et 1 872 954 ha de prairies temporaires en 2025 provisoire — sans isoler l’espèce.

La surface toujours en herbe approche 10,51 millions d’hectares en 2025, prairies permanentes et parcours compris : le trèfle blanc peut y être spontané ou semé. Écrire « la France compte 2,48 millions d’hectares de trèfle blanc » serait une erreur — ce chiffre correspond aux prairies non permanentes de toutes compositions.

Le contexte climatique compte aussi : le bilan conjoncturel Agreste 2025 documente l’effet de la chaleur et de la sécheresse sur la pousse de l’herbe, paramètre qui pèse directement sur la persistance des légumineuses dans les couverts.

Contexte prairial français (Agreste SAA 2025 provisoire révisée) — catégories, pas surfaces d’espèce.
Catégorie20242025 provisoireLecture
Prairies artificielles632 145 ha606 289 haPeuvent inclure des légumineuses
Prairies temporaires1 902 280 ha1 872 954 haMélanges semés de courte durée
Prairies non permanentes2 534 425 ha2 479 243 haSomme des deux catégories
Toujours en herbe10 515 582 ha10 510 033 haPrairies > 5 ans et parcours
Sources de cette section [S10][S11]

03 · Association

Le duo ray-grass anglais – trèfle blanc

En association, les doses de trèfle sont faibles : les guides français proposent fréquemment 3 à 5 kg/ha de trèfle blanc dans les associations RGA–trèfle blanc, avec variantes selon la taille de graine, le type et l’objectif.

La logique est complémentaire : la graminée produit et structure le couvert, le trèfle apporte l’azote par fixation symbiotique et la valeur alimentaire. ARVALIS indique que les légumineuses jouent pleinement leur rôle de moteur azoté lorsqu’elles atteignent 40 à 50 % de la matière sèche en été.

Herbe-book propose comme repère visuel environ 30 % de trèfle au printemps et 50 % en été : ni seuil réglementaire ni cible absolue. Au-delà, le risque de météorisation augmente et la compétition peut déséquilibrer le couvert au détriment des graminées.

Sources de cette section [S01][S03]

04 · Implantation

Semer fin, semer superficiel

La graine est minuscule : le semis s’effectue à environ 1 cm de profondeur au maximum, avec un contact terre-graine soigné et un lit fin, dans une fenêtre où l’humidité est assurée.

Le pH est un préalable : le trèfle blanc supporte mal l’acidité forte, et un chaulage correctif précède le semis sur sol insuffisant. La concurrence des graminées et des adventices en début d’installation doit être maîtrisée par le choix de la fenêtre et de l’association.

Le sursemis dans une prairie existante, à 3-5 kg/ha, est une technique documentée pour enrichir un couvert appauvri : SEMAE détaille le positionnement de la graine et le choix variétal. Corriger d’abord la cause de l’absence — pH, ombrage, sécheresse, fertilité — sinon le sursemis échoue comme le semis initial.

Sources de cette section [S02][S06]

05 · Conduite

Pâturage raisonné, phosphore-potassium entretenu

Le trèfle blanc supporte le pâturage répété grâce à ses stolons, mais sa persistance dépend de la conduite : hauteur d’herbe à l’entrée et à la sortie, repos entre rotations et lutte contre l’ombrage.

La fertilisation azotée se raisonne autrement avec des légumineuses : ARVALIS rappelle que même avec du trèfle, une prairie peut avoir besoin d’apports raisonnés — la fixation ne couvre pas tout, partout, toute l’année. Phosphore, potassium et pH s’entretiennent sur analyse de sol.

L’eau pilote la persistance : le trèfle blanc, peu enraciné en profondeur, marque le coup les étés secs, où la graminée associée prend le relais. En zones sèches, le choix d’espèces et de variétés plus adaptées s’impose dès la conception de la prairie.

Sources de cette section [S03][S09]

06 · Valeur alimentaire

Très digestible, très riche, mais attention à la météorisation

Herbe-book rapporte jusqu’à 1,09 UFL et 249 g de matière azotée au stade végétatif d’après les tables INRAE ; Feedipedia décrit 17 à 33 % de protéines brutes sur matière sèche, environ 23 % en moyenne, avec une forte richesse minérale.

Ces valeurs élevées font du trèfle un atout pour la production animale au pâturage — lait, croissance, finition — à condition que l’herbe ingérée soit bien le mélange attendu : l’analyse du couvert réellement récolté ou pâturé guide la ration.

Le risque associé est la météorisation, fermentation rapide dans le rumen provoquant un ballonnement : la prévention repose sur la proportion raisonnée de trèfle, la fibre disponible, l’accès progressif aux parcelles riches et la surveillance des animaux sensibles.

Sources de cette section [S01][S07]

07 · Variétés

Petits, moyens et grands types

Le catalogue officiel distingue les trèfles blancs par taille : petits types pour le pâturage prolongé, types moyens polyvalents, grands types pour la fauche et les associations productives — avec des critères d’agressivité, de pérennité et de vigueur évalués en essais.

Les propositions CTPS « Plantes fourragères 2024 » illustrent le renouvellement, avec des variétés comme Jamie et Munida proposées à l’inscription — leur statut se vérifiant après publication au Journal officiel. Le choix se fait sur les résultats pluriannuels de l’Herbe-book, dont le mode de calcul a été modernisé par le GEVES.

La sélection avance aussi à l’échelle européenne : le projet BELIS coordonne les efforts sur les légumineuses, dont le trèfle blanc, pour la compétitivité du secteur.

Sources de cette section [S04][S05][S12]

08 · Systèmes

Le moteur de l’autonomie des herbagers

L’INRAE rappelle le rôle des légumineuses fourragères dans l’autonomie : fixation symbiotique, économie d’engrais azotés, protéines produites sur place et réduction de la dépendance aux tourteaux.

Le trèfle blanc est la première de ces légumineuses en prairie pâturée : une prairie RGA–trèfle bien conduite produit une herbe riche sans azote minéral ou avec des apports très réduits, à condition que la proportion de trèfle se maintienne.

Sur le plan administratif, les prairies avec légumineuses relèvent de codes PAC spécifiques — TRE, MLG, PTR dans la notice 2026 — et peuvent contribuer aux exigences de l’écorégime selon les règles de l’année. La protection éventuelle du couvert se vérifie dans la base E-Phy de l’ANSES.

Sources de cette section [S08][S13][S14]

Repères documentés

Repères datés du trèfle blanc

Ces données donnent un point de comparaison daté, à interpréter avec leur année, leur périmètre et leur statut.

Repères documentés — consulter la source et le millésime avant comparaison.
IndicateurValeur / situationRéférenceSource / lecture
Dose en association3-5 kg/ha avec RGAGuides techniquesHerbe-book / Chambres
Part en prairie≈ 30 % printemps · 50 % étéRepère visuelHerbe-book
Moteur azoté40-50 % de la MS en étéRepère techniqueARVALIS
Valeur végétative1,09 UFL · 249 g MATTables INRAEHerbe-book
Protéines17-33 % PB/MS · ≈ 23 %Repère moyenFeedipedia
Prairies non permanentes2 479 243 ha2025 provisoireAgreste SAA · contexte
Sources de cette section [S01][S03][S07][S10]

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

Pourquoi associer le trèfle blanc au ray-grass anglais ?

La graminée produit et structure le couvert, le trèfle apporte l’azote par fixation symbiotique et une valeur alimentaire élevée : c’est le couple de base des prairies pâturées tempérées. [S01][S03]

Quelle dose de trèfle blanc semer ?

Les guides français proposent 3 à 5 kg/ha en association avec le ray-grass anglais, et 3 à 5 kg/ha en sursemis dans une prairie existante, à environ 1 cm de profondeur maximum. [S01][S02]

Quelle proportion de trèfle viser dans une prairie ?

Herbe-book propose comme repère visuel environ 30 % au printemps et 50 % en été. Les légumineuses jouent pleinement leur rôle de moteur azoté à 40-50 % de la matière sèche en été selon ARVALIS. [S01][S03]

Faut-il fertiliser une prairie avec du trèfle en azote ?

La fixation couvre une partie des besoins, pas tout : ARVALIS rappelle qu’une prairie avec légumineuses peut avoir besoin d’apports raisonnés. Phosphore, potassium et pH s’entretiennent sur analyse. [S09]

Qu’est-ce que la météorisation ?

Un ballonnement du rumen provoqué par la fermentation rapide de fourrages très riches, dont le trèfle. La prévention passe par une proportion raisonnée, de la fibre disponible et un accès progressif des animaux. [S07]

Quelle différence entre petits et grands types de trèfle blanc ?

Les petits types supportent le pâturage serré et prolongé ; les grands types conviennent à la fauche et aux associations productives. Le choix croise usage, agressivité et pérennité évalués en essais. [S04]

Existe-t-il une statistique de surface de trèfle blanc en France ?

Non : la statistique agricole mesure les catégories de prairies — artificielles, temporaires, toujours en herbe — sans isoler l’espèce. Aucun chiffre national de surface de trèfle blanc n’existe. [S10]

Traçabilité

Sources utilisées

Les chiffres et repères affichés sur cette page renvoient à leur organisme d’origine. Les bases vivantes sont vérifiées avant toute recommandation opérationnelle.

8 sources affichées sur 14

  1. S01
  2. S02
  3. S03
  4. S04
  5. S05
  6. S06
  7. S07
  8. S08