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Élevage · Ovins · Races ovines

Solognote

Ovis aries — Race Solognote

Fiche complète de la race ovine Solognote : origine dans la Sologne, rusticité, écopâturage, désaisonnement naturel, gestion génétique en dix familles, filière Agneau de Sologne et conservation d'une race locale emblématique du Centre de la France.

Vérifié le 19 août 2026 Lecture 18 min
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Brebis Solognote en écopâturage dans la Sologne
Solognote en écopâturage · Image SILLOVA
21 sources analyséesOrganismes publics et techniques
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères de campagne

Les chiffres à retenir

Chaque valeur garde son année, son statut et sa source.

01
Consolidé

5 300

Femelles inscrites au LG 2024

Livre généalogique · URGC [S05]

02
Consolidé

2 340

Femelles OS ayant agnelé 2025

Contrôle performances · élevages OS · Idele [S06]

03
Consolidé

1,459

Prolificité adulte ON 2025

Agneau par mise-bas · œstrus naturel · OS [S06]

04
Consolidé

55 – 65 kg

Poids brebis

Standard GEODE [S03]

01 · Identité

Identité et classification

La Solognote est une race ovine locale française emblématique de la Sologne et du patrimoine pastoral du Centre de la France.

Son nom renvoie directement au territoire de Sologne. La race est issue d'une ancienne population ovine régionale bigarrée et très rustique. À partir du début du XIXe siècle, les éleveurs privilégient les animaux roux.

Dans la typologie SILLOVA, elle se caractérise comme : rustique, locale, allaitante, maternelle et adaptée à l'écopâturage.

Repères identitaires de la Solognote
CaractéristiqueValeur
OrigineSologne / Centre-Val de Loire
OrientationAllaitante rustique
RobeTête et membres châtain-roux · toison bise/gris-beige
Code race20
Sources de cette section [S02][S03]

02 · Origine

Origine, berceau et histoire

La présence d'un élevage ovin important en Sologne est ancienne, liée au commerce de la laine dès la Renaissance.

Vers 1850, la population est estimée à environ 300 000 têtes. La zone d'élevage dépassait largement la Sologne stricte et s'étendait au Val de Loire, à la Beauce et au Gâtinais.

Le déclin s'amorce à la fin du XIXe siècle : drainage, reboisement, évolution des systèmes agricoles, exode rural et croisements. En 1910 : environ 50 000 individus ; vers 1940 : quasi-disparition. Les dispositifs de sauvegarde, la création du livre généalogique et le schéma en dix familles ont permis son redéploiement.

Sources de cette section [S04][S05]

03 · Morphologie

Morphologie, robe et standard

Le standard GEODE décrit une race rustique et robuste, productrice de viande et de laine.

Le type est immédiatement reconnaissable par la coloration châtain-roux de la tête et des membres, contrastant avec une toison bise/gris-beige. La tête est fine, sans cornes et dépourvue de laine. Les oreilles sont de taille moyenne, horizontales à légèrement dressées.

La présence de cornes, une toison envahissant la face ou les membres, des taches blanches ou jaunâtres à la face ou aux membres et un jarre abondant dans la toison constituent des défauts éliminatoires.

Mensurations de référence
ParamètreValeur
Poids brebis55 – 65 kg
Poids bélier80 – 90 kg
ToisonBise ou gris-beige · qualité ordinaire · assez courte
Sources de cette section [S03][S04]

04 · Reproduction

Reproduction, désaisonnement et prolificité

La Solognote est réputée pour un désaisonnement naturel élevé et une précocité sexuelle.

Le bélier est actif toute l'année et les agnelles atteignent la maturité sexuelle autour de huit mois. L'absence d'œstrus induit et d'insémination artificielle dans les données OS 2023-2025 confirme que les performances reposent principalement sur la reproduction naturelle.

Sur la campagne 2025 OS, 2 351 mises-bas sont enregistrées pour 2 340 femelles ayant agnelé au moins une fois. La prolificité adulte sur œstrus naturel atteint 1,459 agneau par mise-bas ; la moyenne des dix meilleurs élevages est de 1,731.

Sources de cette section [S02][S06]

05 · Croissance

Croissance des agneaux et aptitudes bouchères

Les données de croissance spécifiques à la Solognote sont moins complètes que pour certaines grandes races bouchères.

Pour la campagne 2020 des élevages OS, des poids à âge type (PAT) à 30 jours de 11,4 kg pour les mâles simples, 8,6 kg pour les mâles doubles, 10,5 kg pour les femelles simples et 7,8 kg pour les femelles doubles. Ces données sont utiles comme caractérisation historique du type.

GEODE décrit des agneaux de carcasse moyenne, sans excès de gras. L'URGC mentionne une chair dense, très rouge et un gigot fin et élancé, ainsi qu'une reconnaissance de la qualité gustative par l'Arche du Goût de Slow Food.

Sources de cette section [S09][S05]

06 · Alimentation

Alimentation, pâturage et autonomie

La Solognote est historiquement associée à des milieux où la qualité fourragère peut être faible.

GEODE et le CRAPAL insistent sur son aptitude à utiliser des sous-bois, des landes, des bords de rivière et des végétations ligneuses. L'expression locale « régime accordéon » désigne sa capacité à supporter des variations de niveau alimentaire et à récupérer ensuite.

La ration doit être calculée à partir des besoins physiologiques réels : entretien, gestation, lactation, croissance et finition. La complémentation minérale doit être raisonnée à partir du contexte géologique et des analyses de fourrages.

Sources de cette section [S02][S04]

07 · Écopâturage

Écopâturage et services écosystémiques

L'écopâturage est aujourd'hui l'un des usages majeurs de la Solognote, avec une progression historique de 189 % entre les deux études INRAE comparées.

L'expertise INRAE 2023 sur la valorisation des races locales identifie la Solognote pour l'entretien du paysage et l'ouverture du milieu. Le Domaine national de Chambord a mis en place un troupeau de Solognotes en écopâturage : 75 brebis et 70 agneaux en 2022.

Tout déplacement d'ovins doit être accompagné d'un document de circulation. L'instruction technique DGAL/SDSBEA/2025-690 encadre spécifiquement l'enregistrement des exploitations et les mouvements dans le cadre de l'écopâturage.

Sources de cette section [S14][S15][S21]

08 · Santé

Santé fonctionnelle et rusticité

La rusticité ne dispense pas du diagnostic sanitaire. Les mentions de « résistance aux parasites » doivent être comprises comme des aptitudes relatives observées et non comme une immunité.

GEODE et le CRAPAL décrivent une tolérance aux maladies et parasites et une faculté de récupération. L'expertise INRAE 2023 retient l'aptitude « résistance parasites » et classe la Solognote parmi les races rustiques, tout en soulignant les limites de quantification.

À partir de 2002, le schéma a intégré le génotypage de résistance à la tremblante et l'utilisation de béliers résistants. La fièvre catarrhale ovine (FCO) reste un risque sanitaire majeur : au 13 août 2026, 613 foyers de sérotype 3 sont rapportés depuis le 1er juin 2026.

  • Surveiller état corporel et croissance.
  • Raisonner pâturage et traitements parasitaires.
  • Gérer la tremblante par sélection.
  • Suivre la FCO et les mouvements.
Sources de cette section [S02][S04][S13][S19]

09 · Effectifs

Effectifs, répartition et dynamique

Plusieurs périmètres coexistent et doivent être distingués.

L'URGC indique 5 300 femelles inscrites au livre généalogique en 2024, dont 3 000 en Centre-Val de Loire, et 27 éleveurs professionnels en Sologne.

Dans les élevages OS du contrôle de performances, le nombre de femelles ayant agnelé passe de 4 036 en 2023 à 3 161 en 2024 puis 2 340 en 2025. Le nombre de troupeaux concernés passe de 58 à 34. Cette contraction rapide est cohérente avec l'alerte de l'URGC sur les effectifs depuis 2024.

Sources de cette section [S05][S06]

10 · Sélection

Sélection, génétique et conservation

La gestion génétique repose depuis 1976 sur un dispositif de rotation entre dix familles.

Un groupe de mâles d'une famille est attribué à des femelles d'une autre famille et les produits nés restent dans la famille de leur mère. L'objectif est de conserver la diversité et de limiter l'accumulation de consanguinité dans une population de taille réduite.

Le centre d'élevage de jeunes béliers, créé en 1979, constitue un outil important de maîtrise des reproducteurs mâles. Historiquement, une quarantaine de jeunes mâles sont élevés chaque année.

Sources de cette section [S02][S04]

Repères approfondis

Éléments techniques et contexte de référence

Les repères suivants complètent la lecture opérationnelle avec des éléments issus du dossier de recherche dédié à cette production.

La Solognote est une race ovine française emblématique de la Sologne et, plus largement, du patrimoine pastoral du Centre de la France. Sa trajectoire résume à elle seule plusieurs enjeux contemporains : conservation de la biodiversité domestique, adaptation à des milieux pauvres ou humides, conduite extensive, écopâturage, valorisation d’une viande identitaire et maintien d’une diversité génétique dans une population de taille limitée. Vers 1850, la population est estimée à environ 300 000 têtes ; elle chute ensuite fortement, jusqu’à frôler la disparition au XXe siècle. Les dispositifs de sauvegarde, la création du livre généalogique, la mise en réserve génétique puis l’organisation du schéma en dix familles ont permis son redéploiement.

Sources de cette section [S02][S04][S05]

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

La Solognote est-elle une race française ?

Oui. C'est une race ovine locale française historiquement liée à la Sologne et reconnue dans la liste nationale des races ovines. [S10]

Combien pèse une brebis Solognote ?

Le standard GEODE indique 55 à 65 kg pour les brebis et 80 à 90 kg pour les béliers. [S03]

A-t-elle des cornes ?

Non. La présence de cornes est un défaut éliminatoire dans le standard GEODE. [S03]

Quelle est sa prolificité récente ?

Dans les élevages OS en 2025, la prolificité des femelles de plus de 19 mois en œstrus naturel est de 1,459 agneau par mise-bas. [S06]

Combien existe-t-il de Solognotes ?

L'URGC mentionne 5 300 femelles inscrites au livre généalogique en 2024 ; Idele suit 2 340 femelles ayant agnelé en élevages OS en 2025. [S05][S06]

La race est-elle officiellement menacée en 2026 ?

Au 19 août 2026, l'arrêté national consolidé la classe comme race reconnue et locale mais pas dans la colonne des races menacées. L'URGC signale toutefois une baisse récente et une démarche de réévaluation. [S05][S10]

À quoi servent les dix familles ?

Elles organisent les accouplements et la circulation des mâles afin de conserver de la diversité génétique et de maîtriser la consanguinité. [S02][S04]

Est-elle adaptée à l'écopâturage ?

Oui, c'est aujourd'hui l'un de ses usages majeurs. Elle est citée par l'INRAE pour l'entretien du paysage et utilisée sur des sites comme le Domaine national de Chambord. [S14][S15]

Sa viande est-elle spécifique ?

Les organismes de race décrivent une viande dense, rouge, goûteuse, avec des carcasses moyennes et sans excès de gras. [S02][S05]

Désaisonne-t-elle naturellement ?

Oui, GEODE décrit une aptitude élevée au désaisonnement naturel ; les campagnes OS 2023-2025 enregistrent des reproductions naturelles sans IA. [S02][S06]

Traçabilité

Sources utilisées

Les chiffres et repères affichés sur cette page renvoient à leur organisme d’origine. Les bases vivantes sont vérifiées avant toute recommandation opérationnelle.

8 sources affichées sur 21

  1. S01
  2. S02
  3. S03
  4. S04

    CRAPAL

    CRAPAL — Mouton Solognot

    19 août 2026

  5. S05

    URGC / Trésors vivants du Centre

    URGC / Trésors vivants du Centre — Le mouton solognot

    19 août 2026

  6. S06
  7. S07
  8. S08