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Élevage · Ovins · Races ovines

Solognote

Ovis aries — Race Solognote

La Solognote est une race ovine locale au pelage roux, issue de Sologne. Sa rusticité et son aptitude à valoriser des milieux naturels expliquent son emploi en élevage extensif et pour l’entretien des espaces ; les effectifs doivent être datés.

Mis à jour le 02/10/2026 Lecture 7 min
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Brebis Solognote en écopâturage dans la Sologne
Solognote en écopâturage · Image SILLOVA
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères essentiels

Une lecture synthétique des informations à retenir avant d’entrer dans le détail.

Berceau

Sologne

Robe

Rousse

Conduite

Élevage extensif

Usage

Entretien des espaces

01 · Identité

Identité et classification

La Solognote est une race ovine locale française emblématique de la Sologne et du patrimoine pastoral du Centre de la France.

Son nom renvoie directement au territoire de Sologne. La race est issue d'une ancienne population ovine régionale bigarrée et très rustique. À partir du début du XIXe siècle, les éleveurs privilégient les animaux roux.

Dans la typologie SILLOVA, elle se caractérise comme : rustique, locale, allaitante, maternelle et adaptée à l'écopâturage.

Repères identitaires de la Solognote
CaractéristiqueValeur
OrigineSologne / Centre-Val de Loire
OrientationAllaitante rustique
RobeTête et membres châtain-roux · toison bise/gris-beige
Code race20

02 · Origine

Origine, berceau et histoire

La présence d'un élevage ovin important en Sologne est ancienne, liée au commerce de la laine dès la Renaissance.

Vers 1850, la population est estimée à environ 300 000 têtes. La zone d'élevage dépassait largement la Sologne stricte et s'étendait au Val de Loire, à la Beauce et au Gâtinais.

Le déclin s'amorce à la fin du XIXe siècle : drainage, reboisement, évolution des systèmes agricoles, exode rural et croisements. En 1910 : environ 50 000 individus ; vers 1940 : quasi-disparition. Les dispositifs de sauvegarde, la création du livre généalogique et le schéma en dix familles ont permis son redéploiement.

03 · Morphologie

Morphologie, robe et standard

Le standard GEODE décrit une race rustique et robuste, productrice de viande et de laine.

Le type est immédiatement reconnaissable par la coloration châtain-roux de la tête et des membres, contrastant avec une toison bise/gris-beige. La tête est fine, sans cornes et dépourvue de laine. Les oreilles sont de taille moyenne, horizontales à légèrement dressées.

La présence de cornes, une toison envahissant la face ou les membres, des taches blanches ou jaunâtres à la face ou aux membres et un jarre abondant dans la toison constituent des défauts éliminatoires.

Mensurations de référence
ParamètreValeur
Poids brebis55 – 65 kg
Poids bélier80 – 90 kg
ToisonBise ou gris-beige · qualité ordinaire · assez courte

04 · Reproduction

Reproduction, désaisonnement et prolificité

La Solognote est réputée pour un désaisonnement naturel élevé et une précocité sexuelle.

Le bélier est actif toute l'année et les agnelles atteignent la maturité sexuelle autour de huit mois. L'absence d'œstrus induit et d'insémination artificielle dans les données OS 2023-2025 confirme que les performances reposent principalement sur la reproduction naturelle.

Sur la campagne 2025 OS, 2 351 mises-bas sont enregistrées pour 2 340 femelles ayant agnelé au moins une fois. La prolificité adulte sur œstrus naturel atteint 1,459 agneau par mise-bas ; la moyenne des dix meilleurs élevages est de 1,731.

05 · Croissance

Croissance des agneaux et aptitudes bouchères

Les données de croissance spécifiques à la Solognote sont moins complètes que pour certaines grandes races bouchères.

Pour la campagne 2020 des élevages OS, des poids à âge type (PAT) à 30 jours de 11,4 kg pour les mâles simples, 8,6 kg pour les mâles doubles, 10,5 kg pour les femelles simples et 7,8 kg pour les femelles doubles. Ces données sont utiles comme caractérisation historique du type.

GEODE décrit des agneaux de carcasse moyenne, sans excès de gras. L'URGC mentionne une chair dense, très rouge et un gigot fin et élancé, ainsi qu'une reconnaissance de la qualité gustative par l'Arche du Goût de Slow Food.

06 · Alimentation

Alimentation, pâturage et autonomie

La Solognote est historiquement associée à des milieux où la qualité fourragère peut être faible.

GEODE et le CRAPAL insistent sur son aptitude à utiliser des sous-bois, des landes, des bords de rivière et des végétations ligneuses. L'expression locale « régime accordéon » désigne sa capacité à supporter des variations de niveau alimentaire et à récupérer ensuite.

La ration doit être calculée à partir des besoins physiologiques réels : entretien, gestation, lactation, croissance et finition. La complémentation minérale doit être raisonnée à partir du contexte géologique et des analyses de fourrages.

07 · Écopâturage

Écopâturage et services écosystémiques

L'écopâturage est aujourd'hui l'un des usages majeurs de la Solognote, avec une progression historique de 189 % entre les deux études INRAE comparées.

L'expertise INRAE 2023 sur la valorisation des races locales identifie la Solognote pour l'entretien du paysage et l'ouverture du milieu. Le Domaine national de Chambord a mis en place un troupeau de Solognotes en écopâturage : 75 brebis et 70 agneaux en 2022.

Tout déplacement d'ovins doit être accompagné d'un document de circulation. L'instruction technique DGAL/SDSBEA/2025-690 encadre spécifiquement l'enregistrement des exploitations et les mouvements dans le cadre de l'écopâturage.

08 · Santé

Santé fonctionnelle et rusticité

La rusticité ne dispense pas du diagnostic sanitaire. Les mentions de « résistance aux parasites » doivent être comprises comme des aptitudes relatives observées et non comme une immunité.

GEODE et le CRAPAL décrivent une tolérance aux maladies et parasites et une faculté de récupération. L'expertise INRAE 2023 retient l'aptitude « résistance parasites » et classe la Solognote parmi les races rustiques, tout en soulignant les limites de quantification.

À partir de 2002, le schéma a intégré le génotypage de résistance à la tremblante et l'utilisation de béliers résistants. La fièvre catarrhale ovine (FCO) reste un risque sanitaire majeur : au 13 août 2026, 613 foyers de sérotype 3 sont rapportés depuis le 1er juin 2026.

  • Surveiller état corporel et croissance.
  • Raisonner pâturage et traitements parasitaires.
  • Gérer la tremblante par sélection.
  • Suivre la FCO et les mouvements.

09 · Effectifs

Effectifs, répartition et dynamique

Plusieurs périmètres coexistent et doivent être distingués.

L'URGC indique 5 300 femelles inscrites au livre généalogique en 2024, dont 3 000 en Centre-Val de Loire, et 27 éleveurs professionnels en Sologne.

Dans les élevages OS du contrôle de performances, le nombre de femelles ayant agnelé passe de 4 036 en 2023 à 3 161 en 2024 puis 2 340 en 2025. Le nombre de troupeaux concernés passe de 58 à 34. Cette contraction rapide est cohérente avec l'alerte de l'URGC sur les effectifs depuis 2024.

10 · Sélection

Sélection, génétique et conservation

La gestion génétique repose depuis 1976 sur un dispositif de rotation entre dix familles.

Un groupe de mâles d'une famille est attribué à des femelles d'une autre famille et les produits nés restent dans la famille de leur mère. L'objectif est de conserver la diversité et de limiter l'accumulation de consanguinité dans une population de taille réduite.

Le centre d'élevage de jeunes béliers, créé en 1979, constitue un outil important de maîtrise des reproducteurs mâles. Historiquement, une quarantaine de jeunes mâles sont élevés chaque année.

11 · Compléments

Éléments techniques et contexte de référence

Les repères suivants complètent la lecture opérationnelle avec des éléments issus du dossier de recherche dédié à cette production.

La Solognote est une race ovine française emblématique de la Sologne et, plus largement, du patrimoine pastoral du Centre de la France. Sa trajectoire résume à elle seule plusieurs enjeux contemporains : conservation de la biodiversité domestique, adaptation à des milieux pauvres ou humides, conduite extensive, écopâturage, valorisation d’une viande identitaire et maintien d’une diversité génétique dans une population de taille limitée. Vers 1850, la population est estimée à environ 300 000 têtes ; elle chute ensuite fortement, jusqu’à frôler la disparition au XXe siècle. Les dispositifs de sauvegarde, la création du livre généalogique, la mise en réserve génétique puis l’organisation du schéma en dix familles ont permis son redéploiement.

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

La Solognote est-elle une race française?

Oui. C'est une race ovine locale française historiquement liée à la Sologne et reconnue dans la liste nationale des races ovines.

Combien pèse une brebis Solognote?

Le standard GEODE indique 55 à 65 kg pour les brebis et 80 à 90 kg pour les béliers.

A-t-elle des cornes?

Non. La présence de cornes est un défaut éliminatoire dans le standard GEODE.

Traçabilité

Sources utilisées

Les principales références utilisées pour vérifier les repères de cette page.