01 · Guide
Comprendre les fonctions de la prairie équine
La prairie est généralement la ressource alimentaire la moins coûteuse et la plus conforme au comportement naturel du cheval, mais elle devient rapidement contre-productive lorsqu’elle est gérée comme une simple surface de détente. Le cheval pâture longtemps, peut prélever l’herbe très près du sol et concentre ses déjections dans des zones de latrine. Cette combinaison crée une mosaïque typique: des « greens » très ras et recherchés, des refus hauts autour des crottins, puis des zones nues autour des accès, abreuvoirs, râteliers et abris. Le pilotage doit donc viser simultanément la nutrition de l’animal et la capacité de repousse du couvert.
La meilleure stratégie consiste à dissocier trois fonctions qui sont trop souvent confondues: 1) la prairie productive destinée à nourrir, 2) la surface de fauche destinée à sécuriser le stock d’hiver et absorber l’excès printanier, 3) l’aire stabilisée ou parcelle « parking » destinée à maintenir les chevaux dehors lorsque la prairie ne doit pas être pâturée (sol détrempé, sécheresse, risque métabolique, repos hivernal). Cette séparation protège le couvert et donne au gestionnaire un vrai levier d’ajustement.
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Adapter la charge animale
Pour un cheval adulte de selle, l’IFCE retient couramment une équivalence de 0,71 UGB; une poulinière de selle suitée vaut environ 1,2 UGB et un poney de 300 kg environ 0,38 UGB. Dans une région herbagère arrosée sans fertilisation azotée, les références 2026 situent souvent le besoin de surface d’un pâturage tournant autour de 40 à 50 ares/UGB au printemps et 70 à 100 ares/UGB en été selon la pousse. Ces valeurs sont des points de départ: en sol séchant, en année sèche ou sur prairie peu productive, la surface nécessaire augmente fortement.
| Catégorie | Équivalence indiquée |
|---|---|
| Cheval adulte de selle | 0,71 UGB |
| Poulinière de selle suitée | Environ 1,2 UGB |
| Poney de 300 kg | Environ 0,38 UGB |
03 · Guide
Repères de surface par saison
Les surfaces ci-dessous concernent un pâturage tournant dans une région herbagère arrosée, sans fertilisation azotée. Ce sont des points de départ, à augmenter en sol séchant, en année sèche ou sur prairie peu productive.
| Saison | Surface indiquée |
|---|---|
| Printemps | Environ 40 à 50 ares par UGB |
| Été | Environ 70 à 100 ares par UGB, selon la pousse |
04 · Guide
Distinguer prairie et paddock
Une prairie est une surface dominée par une végétation herbacée utilisée pour le pâturage, la fauche ou les deux. Elle peut être permanente lorsqu’elle reste en herbe au-delà de cinq années révolues au sens de la PAC, ou temporaire lorsqu’elle est implantée dans une rotation. La prairie pour chevaux associe la combinaison du couvert végétal, du sol, de la conduite de pâturage, des équipements et des règles sanitaires permettant à des équidés de valoriser durablement une surface en herbe.
Le paddock ne doit pas être automatiquement assimilé à une prairie. Dans de nombreuses structures, il s’agit d’abord d’une zone d’exercice ou de sortie extérieure. Si sa surface est trop faible et son utilisation trop intense, maintenir un couvert productif devient irréaliste; mieux vaut alors stabiliser les zones critiques, organiser l’affouragement et réserver de vraies parcelles à la production d’herbe. L’IFCE distingue explicitement ces fonctions dans le diagnostic prairial et la conception des paddocks.
05 · Guide
Valoriser les parcours
Le parcours, la lande, le marais, l’estive ou les milieux semi-naturels peuvent aussi être valorisés par les chevaux. Leur intérêt est souvent territorial et environnemental autant qu’alimentaire. Les équins savent valoriser des fourrages plus grossiers que les bovins dans certaines situations, mais les performances et les risques sanitaires dépendent fortement de la saison, de la ressource disponible et de la présence de plantes toxiques.
06 · Guide
Situer la filière équine française
La filière équine française présente une particularité importante pour l’interprétation des statistiques: une grande partie des équidés n’est pas détenue dans des exploitations agricoles au sens statistique. La Statistique agricole annuelle provisoire dénombre 306 284 équidés présents dans les exploitations agricoles fin 2025, dont 286 406 chevaux et 19 878 ânes, mulets et bardots. Ce décompte concerne les exploitations agricoles et ne représente pas tout le cheptel équin français.
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Un poney et un cheval de selle comptent-ils pour la même charge?
Non. L’IFCE retient environ 0,38 UGB pour un poney de 300 kg, contre 0,71 UGB pour un cheval adulte de selle.
La prairie suffit-elle pour laisser les chevaux dehors en toute saison?
Non. La prairie doit parfois être protégée lorsque le sol est détrempé, en sécheresse, à risque métabolique ou au repos hivernal. Une aire stabilisée peut alors servir de parking.
Un paddock est-il une prairie?
Pas automatiquement. Un paddock est d’abord une zone d’exercice ou de sortie. S’il est trop petit et trop utilisé, maintenir un couvert productif devient irréaliste.





