01 · Référence
Objet, périmètre et synthèse opérationnelle
Cette fiche couvre les oligoéléments de la nutrition végétale en agriculture française, avec un angle volontairement agronomique : disponibilité dans le sol, diagnostic, sensibilité des cultures, choix d’une correction, risques d’excès et cadre réglementaire. Elle ne doit pas transformer toute anomalie visuelle en “carence” ni promouvoir une fertilisation systématique. Les instituts techniques français convergent sur un principe : l’apport n’est pertinent que lorsqu’un risque ou une carence est identifié. [S1][S2][S3]
Le pH est le premier filtre de risque : sa hausse diminue généralement la disponibilité de Mn, Zn, Cu et Fe, et peut aussi pénaliser B ; le Mo devient au contraire plus disponible. [S1][S3][S23]
Il n’existe pas d’extractant universel EDTA DTPA eau chaude ou CaCl2 et acétate d’ammonium ne mesurent pas la même fraction…
02 · Référence
Vocabulaire et statut des différents éléments
Le mot “oligoélément” est utilisé de façon différente selon la physiologie végétale, l’agronomie de terrain et le droit des fertilisants. Pour SILLOVA, cette distinction doit être explicite afin d’éviter des listes contradictoires.
Figure 1 — Schéma conceptuel de la relation entre offre en micronutriment, suffisance et toxicité. La position exacte des seuils dépend de l’élément, du sol et de la culture. D’après les principes synthétisés par COMIFER et la littérature scientifique. [S2][S22]
03 · Référence
Mécanismes sol–plante : pourquoi une carence peut apparaître dans un sol “riche”
La plante ne prélève pas un stock total mais une fraction dissoute ou échangeable accessible aux racines. Les équilibres adsorption–désorption, complexation, précipitation, oxydo-réduction, transport dans l’eau du sol et activité racinaire déterminent cette fraction. La même teneur totale peut donc produire deux états nutritionnels opposés. [S1][S2][S15]
Quand le pH augmente la solubilité de Fe Mn Zn et Cu tend à diminuer ARVALIS observe aussi un risque accru pour le bore au-delà de pH élevés Le molybdène suit une tendance inverse et devient davantage disponible lorsque le pH monte En grandes cultures viser le pH le plus haut possible n’est donc pas…
04 · Référence
Diagnostic : la méthode prime sur le symptôme
Les symptômes visuels sont utiles, mais ils ne suffisent pas : maladies, phytotoxicités, froid, sécheresse, tassement et autres carences peuvent imiter une déficience. ARVALIS recommande une démarche qui combine l’échelle de la parcelle, les racines, l’historique et des analyses lorsque le doute subsiste. [S6][S26]
Figure 3 — Arbre de décision SILLOVA pour le diagnostic et la correction des carences en oligoéléments. Synthèse de la démarche ARVALIS/COMIFER. [S1][S2][S26]
05 · Référence
Analyse végétale : confirmer au bon organe et au bon stade
L’analyse foliaire mesure l’état nutritionnel réel de la plante mais sa valeur dépend du stade de l’organe prélevé de l’âge des feuilles et de la méthode du laboratoire Les résultats ne sont donc pas transférables d’une culture ou d’un stade à l’autre COMIFER rappelle que les concentrations critiques moyennes varient largement environ 50 150 mg kg pour Fe 10 20 pour Mn 3 5 pour Cu 15 20 pour Zn 0 1 1 pour Mo…
Terres Inovia recommande, en cas de symptômes non identifiés, un échantillonnage par couples : feuilles présentant les symptômes et feuilles saines de croissance comparable. Le coût moyen indiqué pour un diagnostic foliaire 11 éléments est d’environ 70 € HT dans le laboratoire cité par l’institut ; le tarif réel dépend du laboratoire et de la prestation. [S11][S13]
06 · Référence
Bore (B) : reproduction, méristèmes et forte sensibilité au stress hydrique
Le bore intervient dans la structure des parois, la croissance des méristèmes, la fécondation et le transport des assimilats. Sa mobilité dans la plante est limitée chez de nombreuses espèces : un déficit au moment critique peut donc pénaliser fortement les organes reproducteurs. Sa disponibilité est réduite dans les sols sableux, calcaires ou après sur-chaulage, et lorsque la sécheresse limite le flux d’eau vers les racines. [S9][S12][S14]
07 · Référence
Manganèse (Mn) : la carence induite emblématique
Le manganèse intervient dans le photosystème II et de nombreuses réactions enzymatiques. Il peut être abondant dans le sol mais devenir indisponible lorsque le milieu est oxydant et/ou trop alcalin. Les sols très aérés, sableux, riches en MO ou sur-chaulés sont les contextes classiques. [S1][S3][S4]
08 · Référence
Zinc (Zn) : priorité au maïs et au lin
Le zinc intervient dans la synthèse de protéines l’activité enzymatique et les régulations hormonales Il est relativement peu mobile dans le sol Sur maïs les carences vraies restent localisées mais les pseudo-carences sont fréquentes en sols sableux ou limons battants lorsque le printemps est froid…
| 8 micronutriments essentiels B Cl Cu Fe Mn Mo Ni et Zn… | 7 oligoéléments déclarables UE B Co Cu Fe Mn Mo et Zn… |
|---|---|
| pH : facteur n°1 Quand le pH augmente, Fe, Mn, Zn et Cu deviennent moins disponibles ; le Mo suit la tendance inverse. [S1][S3] | Mn : seuil indicatif < 10 mg/kg En extraction EDTA, ce repère s’emploie avec pH, MO, texture et état d’aération ; ce n’est pas un seuil universel. [S2][S3] |
| Zn maïs : < 1 ou < 2 mg/kg Repère EDTA : <1 mg/kg si pHeau<6,2 ; <2 mg/kg si pHeau>6,2. [S3][S7] | B tournesol : > 400 g/ha absorbés Environ 80 % sont absorbés entre 5 paires de feuilles et bouton floral ; la prévention est décisive en situation à risque. [S12] |
| Mn céréales : ≥ 500 g/ha foliaire ARVALIS 2026 recommande au moins 500 g Mn/ha dès apparition des symptômes, avec répétition possible. [S4] | Principe 2026 : besoin reconnu L’étiquetage UE impose pour les micronutriments ajoutés : utiliser seulement en cas de besoin reconnu et ne pas dépasser la dose. [S18] |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Que faut-il retenir sur objet, périmètre et synthèse opérationnelle ?
Cette fiche couvre les oligoéléments de la nutrition végétale en agriculture française avec un angle volontairement agronomique disponibilité dans le sol diagnostic sensibilité des cultures choix d’une correction risques d’excès et cadre réglementaire Elle ne doit pas transformer toute anomalie visuelle en carence ni promouvoir une fertilisation systématique Les instituts techniques français convergent sur un principe l’apport n’est pertinent que lorsqu’un risque ou une carence est identifié S1 S2 S3 Le pH est le premier filtre de risque sa hausse diminue généralement la disponibilité de Mn Zn Cu et Fe… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur vocabulaire et statut des différents éléments ?
Le mot “oligoélément” est utilisé de façon différente selon la physiologie végétale, l’agronomie de terrain et le droit des fertilisants. Pour SILLOVA, cette distinction doit être explicite afin d’éviter des listes contradictoires. Figure 1 — Schéma conceptuel de la relation entre offre en micronutriment, suffisance et toxicité. La position exacte des seuils dépend de l’élément, du sol et de la culture. D’après les principes synthétisés par COMIFER et la littérature scientifique. [S2][S22] [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur mécanismes sol–plante : pourquoi une carence peut apparaître dans un sol “riche” ?
La plante ne prélève pas un stock total mais une fraction dissoute ou échangeable accessible aux racines Les équilibres adsorption désorption complexation précipitation oxydo-réduction transport dans l’eau du sol et activité racinaire déterminent cette fraction La même teneur totale peut donc produire deux états nutritionnels opposés S1 S2 S15 Quand le pH augmente la solubilité de Fe Mn Zn et Cu tend à diminuer ARVALIS observe aussi un risque accru pour le bore au-delà de pH élevés Le molybdène suit une tendance inverse et devient davantage disponible lorsque le pH… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur diagnostic : la méthode prime sur le symptôme ?
Les symptômes visuels sont utiles, mais ils ne suffisent pas : maladies, phytotoxicités, froid, sécheresse, tassement et autres carences peuvent imiter une déficience. ARVALIS recommande une démarche qui combine l’échelle de la parcelle, les racines, l’historique et des analyses lorsque le doute subsiste. [S6][S26] Figure 3 — Arbre de décision SILLOVA pour le diagnostic et la correction des carences en oligoéléments. Synthèse de la démarche ARVALIS/COMIFER. [S1][S2][S26] [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur analyse végétale : confirmer au bon organe et au bon stade ?
L’analyse foliaire mesure l’état nutritionnel réel de la plante mais sa valeur dépend du stade de l’organe prélevé de l’âge des feuilles et de la méthode du laboratoire Les résultats ne sont donc pas transférables d’une culture ou d’un stade à l’autre COMIFER rappelle que les concentrations critiques moyennes varient largement environ 50 150 mg kg pour Fe 10 20 pour Mn 3 5 pour Cu 15 20 pour Zn 0 1 1 pour Mo Terres Inovia recommande en cas de symptômes non identifiés un échantillonnage par couples feuilles présentant… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur bore (b) : reproduction, méristèmes et forte sensibilité au stress hydrique ?
Le bore intervient dans la structure des parois, la croissance des méristèmes, la fécondation et le transport des assimilats. Sa mobilité dans la plante est limitée chez de nombreuses espèces : un déficit au moment critique peut donc pénaliser fortement les organes reproducteurs. Sa disponibilité est réduite dans les sols sableux, calcaires ou après sur-chaulage, et lorsque la sécheresse limite le flux d’eau vers les racines. [S9][S12][S14] [S01][S02][S03]





