Référence agronomique · France

Cultures · Prairies, fourrages & couverts

Fléole des prés

Phleum pratense L.

Monographie de la fléole des prés (Phleum pratense) : graminée vivace des sols froids et humides, semis de 3 à 7 kg/ha d’une graine minuscule au PMG de 0,4 g, 0,82 UFL et 99 g MAT/kg MS avant l’épiaison, première coupe pouvant atteindre 8 à 10 t MS/ha, foin régulier de qualité pour ruminants et équidés.

Vérifié le 19 août 2026 Lecture 13 min
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Épis cylindriques de fléole des prés dans une prairie de foin
Fléole des prés · Image SILLOVA
15 sources analyséesOrganismes publics et techniques
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères de campagne

Les chiffres à retenir

Chaque valeur garde son année, son statut et sa source.

01
Consolidé

3-7 kg/ha

Dose de semis

PMG ≈ 0,4 g · ≈ 2,5 millions de graines/kg [S01][S02]

02
Consolidé

0,82 UFL · 99 g MAT/kg MS

Avant épiaison

Premier cycle · repère AFPF [S01]

03
Consolidé

Jusqu’à 8-10 t MS/ha

Première coupe

Bonnes conditions et fertilisation élevée · repère AFPF [S01]

04
Consolidé

70-80 %

Part du premier cycle

Du rendement annuel en conditions favorables [S02][S07]

01 · Identité

La graminée des sols froids et humides

La fléole des prés, Phleum pratense L., est une Poaceae vivace à épi cylindrique dense, espèce des prairies fraîches à humides : sols lourds, climats froids, montagnes et bocages humides.

Son écologie est presque l’inverse de la fétuque élevée : elle tolère froid hivernal, excès d’eau temporaire et sols à faible réserve, mais craint la sécheresse estivale et la chaleur prolongée. C’est une espèce de sûreté en milieu frais, pas une espèce de plaine sèche.

Son utilisation dominante est la fauche — foin de qualité pour ruminants et équidés —, complétée par le pâturage ; sa pérennité est bonne lorsque le milieu lui convient, la référence étant des prairies de longue durée.

La production est fortement concentrée sur le premier cycle. Cette saisonnalité facilite une grosse récolte de printemps, mais elle oblige à ne pas surestimer les repousses estivales dans le bilan fourrager. Les stocks de sécurité se dimensionnent à partir des rendements réellement pesés et de la fréquence des étés secs.

Son épiaison tardive maintient une fenêtre de récolte intéressante pour le foin. La qualité dépend néanmoins du stade et des conditions de séchage : un fourrage resté longtemps au sol perd des feuilles et peut être contaminé, même si l’espèce était initialement de bonne valeur.

Sources de cette section [S02][S07]

02 · Implantation

La plus petite graine du mélange

La graine est minuscule : PMG d’environ 0,4 g selon Herbe-book, soit environ 2,5 millions de graines par kilogramme. La dose en pur est de 4 à 5 kg/ha selon Herbe-book, de 3 à 7 kg/ha selon l’AFPF.

Le semis doit être très superficiel, sur un lit fin et rappuyé : enfouir ces graines condamne la levée. La fléole s’installe lentement et peu agressivement, ce qui la rend compatible avec des espèces plus vives mais vulnérable au salissement précoce.

En sursemis de prairie, sa faible agressivité d’implantation limite les résultats : la rénovation complète est souvent préférable quand l’objectif est un couvert de fléole dominant.

Sources de cette section [S01][S02]

03 · Associations

Trèfle blanc, trèfle hybride et fétuques

L’AFPF propose explicitement l’association de 3 à 7 kg/ha de fléole avec 1 à 2 kg/ha de trèfle blanc : la légumineuse améliore la qualité protéique et la fixation symbiotique, surtout en pâturage sur sol frais.

En milieu très humide ou froid, le trèfle hybride est la légumineuse adaptée : tolérant aux excès d’eau et aux fortes gelées, il s’utilise à 2-4 kg/ha dans les mélanges avec fléole, fétuques et ray-grass anglais, là où la luzerne serait pénalisée.

Les mélanges fléole–fétuque des prés–trèfle sont la base des prairies de foin septentrionales et montagnardes : les références nordiques sur l’ensilage de prairies temporaires documentent ces combinaisons et leur conduite en coupes.

Sources de cette section [S01][S09]

04 · Conduite

Azote pour la première coupe, eau pour la suite

La fléole répond à l’azote, surtout concentré sur la première coupe : la règle des 200 degrés-jours guide le premier apport printanier, le reste se raisonnant sur la pousse et les exportations.

La fertilisation phospho-potassique ne doit pas être négligée : une fléole fauchée exporte beaucoup, et ARVALIS rappelle que les prairies temporaires et permanentes ne se raisonnent pas de la même façon.

L’eau commande la repousse : après une première coupe abondante, l’été sec arrête la fléole plus tôt que les espèces profondes. La conduite en deux coupes est la norme ; la troisième n’existe que les années favorables.

Sources de cette section [S04][S05]

05 · Rendement

Tout se joue sur le premier cycle

L’AFPF indique qu’une première coupe peut atteindre environ 8 à 10 t MS/ha dans de bonnes conditions avec une fertilisation élevée ; Feedipedia synthétise 2 à 9 t MS/ha au total selon maturité et conditions, avec environ 70 % du rendement dans la première coupe — jusqu’à 80 % selon Herbe-book.

Ces chiffres viennent de sources et contextes différents : ils ne se fusionnent pas en un « rendement moyen français ». L’enseignement pratique est la concentration : année après année, la première coupe fait l’essentiel du tonnage.

Le contexte national joue aussi : la pousse des prairies permanentes était déficitaire d’environ 9 % en 2025, puis très en avance au printemps 2026 (+53 % au 20 avril) avant un déficit estival proche d’un tiers au 10 août — des aléas à intégrer au calendrier de fauche.

Sources de cette section [S01][S02][S10][S11]

06 · Valeur alimentaire

Un foin de qualité, équilibré plutôt que riche

L’AFPF donne, pour le premier cycle une semaine avant l’épiaison, 99 g MAT/kg MS, 59 g MAD/kg MS, 0,82 UFL, 0,75 UFV, 62 g PDIN et 77 g PDIE par kg MS : une valeur correcte, moins riche qu’un ray-grass mais très équilibrée.

L’AFPF a documenté l’évolution de la valeur des graminées prairiales au cours de leur cycle : la fléole perd de la valeur avec la maturité comme les autres, mais son profil fibreux de qualité en fait un foin de base très sûr.

Pour les équidés, le foin de fléole est une référence : fibres de bonne qualité, poussière maîtrisée si le séchage est correct, énergie modérée adaptée aux chevaux à l’entretien ou en travail modéré.

Sources de cette section [S01][S13]

07 · Conservation

Foin d’abord, ensilage possible

Le foin est la voie naturelle de la fléole : sa teneur en eau modérée et sa texture facilitent le séchage comparativement aux espèces juteuses, à condition d’une fenêtre météo correcte.

L’ensilage est possible — les tables Feedipedia sur le silage de fléole documentent composition et digestibilité — mais l’espèce se prête mieux au foin de qualité qu’à l’ensilage jeune, du fait de son calendrier et de sa structure.

L’enrubannage sécurise les années incertaines ; dans tous les cas, l’analyse du lot conservé pilote la ration, avec MS, MAT, fibres, énergie et minéraux mesurés sur chaque lot significatif.

Sources de cette section [S07][S08]

08 · Variétés

Une dizaine de variétés évaluées

La base Herbe-book « Choisir mes variétés » affiche une dizaine de variétés de fléole des prés : précocité, production, qualité et pérennité y sont notées sur essais multi-sites.

Comme espèce relativement mineure, la fléole bénéficie de la méthode statistique Odéon, que Herbe-book applique aux espèces fourragères à réseau plus restreint : les notes se lisent avec leur protocole.

Les recherches de l’INRAE sur les prairies permanentes rappellent que la qualité d’une prairie dépend de l’altitude et de la conduite autant que de l’espèce : la fléole s’inscrit dans ces systèmes comme brique de sécurité, pas comme solution unique.

Sources de cette section [S03][S06][S12]

Repères documentés

Repères datés de la fléole des prés

Ces données donnent un point de comparaison daté, à interpréter avec leur année, leur périmètre et leur statut.

Repères documentés — consulter la source et le millésime avant comparaison.
IndicateurValeur / situationRéférenceSource / lecture
Semis pur3-7 kg/ha · PMG 0,4 gGuides techniquesAFPF / Herbe-book
Association3-7 kg/ha + 1-2 kg/ha TBRepère AFPFAvec trèfle blanc
Avant épiaison0,82 UFL · 99 g MAT/kg MSPremier cycleAFPF
Première coupe8-10 t MS/haBonnes conditionsAFPF
Part du premier cycle70-80 %Du rendement annuelFeedipedia / Herbe-book
Variétés évaluées≈ 10 variétésBase variétaleHerbe-book
Sources de cette section [S01][S02][S07]

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

Où semer de la fléole des prés ?

En sol frais à humide : sols lourds, climats froids, montagnes et bocages. Elle tolère froid et excès d’eau temporaire, mais craint la sécheresse estivale — l’inverse de la fétuque élevée. [S02][S07]

Quelle dose de semis ?

4 à 5 kg/ha en pur selon Herbe-book, 3 à 7 kg/ha selon l’AFPF, avec une graine minuscule au PMG de 0,4 g : semis très superficiel obligatoire. [S01][S02]

Quel rendement espérer ?

Une première coupe peut atteindre 8 à 10 t MS/ha dans de bonnes conditions ; le premier cycle représente 70 à 80 % du rendement annuel. Les moyennes dépendent fortement du milieu. [S01][S02]

Quelle valeur alimentaire ?

Une semaine avant l’épiaison : 99 g MAT et 0,82 UFL par kg MS — un profil équilibré, moins riche qu’un ray-grass mais très sûr, apprécié en foin pour ruminants et équidés. [S01]

Foin ou ensilage pour la fléole ?

Le foin d’abord : la texture et la teneur en eau de la fléole facilitent le séchage. L’ensilage est possible et documenté, mais l’espèce excelle en foin de qualité. [S07][S08]

Avec quelles légumineuses associer la fléole ?

Le trèfle blanc à 1-2 kg/ha en milieu frais, et le trèfle hybride à 2-4 kg/ha en milieu très humide ou froid, où la luzerne serait pénalisée. [S01][S09]

Traçabilité

Sources utilisées

Les chiffres et repères affichés sur cette page renvoient à leur organisme d’origine. Les bases vivantes sont vérifiées avant toute recommandation opérationnelle.

8 sources affichées sur 15

  1. S01
  2. S02
  3. S03
  4. S04
  5. S05
  6. S06
  7. S07
  8. S08