01 · Référence
Synthèse exécutive - 30 points à retenir
L’enherbement est une couverture végétale volontairement maintenue sur tout ou partie du sol viticole ; il peut être spontané ou semé, permanent ou temporaire, situé dans l’inter-rang, sous le rang ou sur presque toute la surface.
En 2019, 41 % des parcelles viticoles françaises présentaient un enherbement inter-rang permanent et 19 % un enherbement temporaire selon Agreste, chiffre repris dans la fiche VITILIENCE mise à jour en avril 2026.
Les services les plus robustes sont la protection du sol contre l’impact des pluies, la réduction du ruissellement et de l’érosion, l’amélioration de la portance et de la stabilité structurale, l’apport de biomasse et l’augmentation de niches pour la biodiversité.
Le risque principal est la concurrence pour l’eau et l’azote ; elle peut réduire vigueur et rendement, surtout sur sols superficiels, faibles réserves utiles, climats secs, vignes jeunes ou déjà peu vigoureuses. [S04, S05, S15-S18]
Sur sols profonds, la vigne peut progressivement explorer davantage les horizons profonds et la zone sous le rang ; cette compensation est beaucoup plus limitée sur sols superficiels.
02 · Référence
Définition, vocabulaire et place de l’enherbement
L’enherbement de la vigne désigne le maintien d’un couvert végétal sur le sol du vignoble. Dans l’usage technique français, le terme vise surtout le couvert de l’inter-rang, mais la pratique s’étend aujourd’hui au sous-rang, aux tournières et à des dispositifs alternés ou temporaires. Un couvert peut être issu de la flore spontanée ou d’un semis. Il…
03 · Référence
Situation française et évolution des pratiques
L’enherbement s’est développé avec la réduction du désherbage chimique en plein, les objectifs de lutte contre l’érosion et l’amélioration de la portance. Les enquêtes Agreste distinguent l’enherbement permanent et temporaire. La fiche VITILIENCE mise à jour en avril 2026 reprend les données Agreste 2019 : 41 % des parcelles viticoles françaises avaient un enherbement inter-rang permanent et 19 % un enherbement temporaire…
Les séries historiques montrent aussi que l’enherbement n’est pas uniforme : vignobles océaniques, septentrionaux, méditerranéens, sols profonds ou superficiels n’ont ni la même disponibilité en eau ni les mêmes objectifs de vigueur. SILLOVA doit donc éviter de produire une recommandation nationale unique.
04 · Référence
Enherbement spontané : valoriser la flore déjà présente
L’enherbement spontané, ou enherbement naturel maîtrisé (ENM), consiste à laisser s’installer une flore locale puis à la gérer par tonte, broyage, roulage ou alternance de travail du sol. Il évite l’achat de semences et sélectionne de fait des espèces capables de survivre au contexte pédoclimatique.
Son principal défaut est l’incertitude botanique : composition, hauteur, concurrence et calendrier de dessèchement peuvent varier d’une année à l’autre. Une flore dominée par des annuelles à cycle court peut être peu concurrentielle ; une flore dominée par certaines vivaces ou espèces agressives peut au contraire compliquer la gestion. DÉCISOL-Flore a été développé pour aider les viticulteurs à reconnaître les espèces et raisonner la fréquence d’intervention.
05 · Référence
Enherbement permanent semé : espèces et compromis
Un couvert permanent semé permet de choisir des espèces à comportement connu. L’IFV fournit des références historiques encore utiles pour comparer installation, concurrence, pérennité et tolérance à la sécheresse. Les doses ci-dessous sont des doses en plein données par l’IFV ; la dose réellement achetée doit être recalculée selon la fraction de surface effectivement semée.
La fétuque élevée se distingue par sa résistance à la sécheresse mais aussi par une concurrence forte ; elle n’est donc pas automatiquement adaptée aux sites secs. À l’inverse, le pâturin des prés est décrit comme peu concurrentiel mais plus difficile à implanter et peu résistant à la sécheresse. Le choix doit croiser objectif, sol, climat et vigueur.
06 · Référence
Couverts temporaires et engrais verts
Les engrais verts sont semés après vendanges ou en fin d’été, poussent pendant l’automne, l’hiver et le début du printemps, puis sont détruits ou roulés avant que leur concurrence devienne excessive. Ils visent davantage la production de biomasse, la couverture hivernale, le recyclage des nutriments et la structuration que la portance estivale permanente.
L’IFV rappelle qu’un hectare de vigne ne correspond généralement qu’à environ 0,50 à 0,75 ha réellement semés lorsque seuls les inter-rangs sont couverts. Les quantités de semences doivent donc être corrigées de la surface utile.
07 · Référence
Concevoir un mélange fonctionnel
Le mélange cherche à combiner des fonctions complémentaires : production de biomasse et carbone par les graminées, fixation symbiotique d’azote par les légumineuses, exploration racinaire et recyclage de certains éléments par les crucifères. Les mélanges limitent aussi le risque qu’une seule espèce échoue, mais ils exigent un semoir capable de distribuer des graines de tailles très différentes.
08 · Référence
Implantation : calendrier, préparation et semis
Pour l’enherbement permanent, l’IFV recommande de semer à l’automne, le plus rapidement possible après les vendanges ; un semis de printemps reste possible mais s’implante plus difficilement. Pour les engrais verts, la fin d’été et le début d’automne sont privilégiés afin de produire de la biomasse avant l’hiver.
Choisir la fraction de surface à couvrir : tous les rangs, un rang sur deux, bande centrale ou sous-rang.
Préparer un lit superficiel, fin mais non pulvérisé, si semis avec travail du sol ; semer direct si matériel et conditions le permettent.
09 · Référence
Surface couverte : la variable de réglage la plus puissante
Le pourcentage de surface enherbée commande directement la quantité de biomasse, la capacité d’interception de l’eau et des nutriments, le stockage de carbone potentiel et la concurrence. L’IFV conseille souvent de commencer par un inter-rang sur deux ou environ 50 % de l’inter-rang dans les situations où l’on souhaite tester l’effet.
10 · Référence
Concurrence hydrique : mécanismes et pilotage
La concurrence hydrique apparaît lorsque la transpiration du couvert réduit l’eau disponible au moment où la vigne en a besoin. Son intensité dépend de la pluie, de l’ETP, de la réserve utile, de la profondeur d’enracinement, de la date de destruction, de la fraction de surface couverte et de l’espèce. [S04, S05, S13, S16-S18]
Les travaux de Celette et collaborateurs en climat méditerranéen montrent que les interactions sont dynamiques : un couvert peut améliorer l’infiltration et la recharge hivernale tout en consommant ensuite de l’eau au printemps. Sur sols profonds, une redistribution de l’enracinement de la vigne vers la profondeur et le sous-rang peut limiter la compétition ; sur sols superficiels, cette marge d’adaptation est faible.
| Axe | Modalités | Question agronomique centrale |
|---|---|---|
| Origine | Spontané / semé | Veut-on piloter la composition botanique ou valoriser la flore locale ? |
| Durée | Permanent / temporaire | Combien de mois la concurrence est-elle acceptable ? |
| Position | Inter-rang / sous le rang / total / tournières | Quelle fraction de la surface doit être couverte ? |
| Répartition | Tous les inter-rangs / un sur deux / bandes partielles | Quel niveau de service et de concurrence vise-t-on ? |
| Fonction | Portance / anti-érosion / contrôle de vigueur / biodiversité / fertilité / engrais vert | Quel service est prioritaire ? |
| Gestion | Tonte / roulage / broyage / pâturage encadré / travail du sol / destruction | Comment arrêter ou limiter la croissance ? |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Que faut-il retenir sur synthèse exécutive - 30 points à retenir ?
L’enherbement est une couverture végétale volontairement maintenue sur tout ou partie du sol viticole ; il peut être spontané ou semé, permanent ou temporaire, situé dans l’inter-rang, sous le rang ou sur presque toute la surface. En 2019, 41 % des parcelles viticoles françaises présentaient un enherbement inter-rang permanent et 19 % un enherbement temporaire selon Agreste, chiffre repris dans la… [G01][G02]
Que faut-il retenir sur définition, vocabulaire et place de l’enherbement ?
L’enherbement de la vigne désigne le maintien d’un couvert végétal sur le sol du vignoble. Dans l’usage technique français, le terme vise surtout le couvert de l’inter-rang, mais la pratique s’étend aujourd’hui au sous-rang, aux tournières et à des dispositifs alternés ou temporaires. Un couvert peut être issu de la flore spontanée ou d… [G01][G02]
Que faut-il retenir sur situation française et évolution des pratiques ?
L’enherbement s’est développé avec la réduction du désherbage chimique en plein, les objectifs de lutte contre l’érosion et l’amélioration de la portance. Les enquêtes Agreste distinguent l’enherbement permanent et temporaire. La fiche VITILIENCE mise à jour en avril 2026 reprend les données Agreste 2019 : 41 % des parcelles viticoles françaises avaient un enherbement inter-rang permanent et 19… [G01][G02]
Que faut-il retenir sur enherbement spontané : valoriser la flore déjà présente ?
L’enherbement spontané, ou enherbement naturel maîtrisé (ENM), consiste à laisser s’installer une flore locale puis à la gérer par tonte, broyage, roulage ou alternance de travail du sol. Il évite l’achat de semences et sélectionne de fait des espèces capables de survivre au contexte pédoclimatique. Son principal défaut est l’incertitude botanique : composition, hauteur, concurrence et calendrier de dessèchement… [G01][G02]
Que faut-il retenir sur enherbement permanent semé : espèces et compromis ?
Un couvert permanent semé permet de choisir des espèces à comportement connu. L’IFV fournit des références historiques encore utiles pour comparer installation, concurrence, pérennité et tolérance à la sécheresse. Les doses ci-dessous sont des doses en plein données par l’IFV ; la dose réellement achetée doit être recalculée selon la fraction de surface effectivement semée. La fétuque élevée se distingue… [G01][G02]
Que faut-il retenir sur couverts temporaires et engrais verts ?
Les engrais verts sont semés après vendanges ou en fin d’été, poussent pendant l’automne, l’hiver et le début du printemps, puis sont détruits ou roulés avant que leur concurrence devienne excessive. Ils visent davantage la production de biomasse, la couverture hivernale, le recyclage des nutriments et la structuration que la portance estivale permanente. L’IFV rappelle qu’un hectare… [G01][G02]





