Référence agronomique · France

Viticulture · Vigne, cépages et conduite

Enherbement de la vigne

Vitis vinifera L. · Enherbement de la vigne

L’enherbement est une couverture végétale volontairement maintenue sur tout ou partie du sol viticole ; il peut être spontané ou semé, permanent ou temporaire, situé dans l’inter-rang, sous le rang ou sur presque toute la surface.

Mis à jour le 04/10/2026 Lecture 6 min
Commencer la lecture

Connectez-vous pour enregistrer cette ressource

Enherbement de la vigne — illustration documentaire (Viticulture, Vigne, cépages et conduite)
Enherbement de la vigne · Photo : ustung · CC BY
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères essentiels

Une lecture synthétique des informations à retenir avant d’entrer dans le détail.

Couvert

Spontané ou semé

Durée

Temporaire ou permanent

Position

Inter-rang ou sous le rang

Réglage

Selon l’eau disponible

01 · Guide

Choisir une stratégie d’enherbement

L’enherbement est une couverture végétale volontairement maintenue sur tout ou partie du sol viticole ; il peut être spontané ou semé, permanent ou temporaire, situé dans l’inter-rang, sous le rang ou sur presque toute la surface.

Les services les plus robustes sont la protection du sol contre l’impact des pluies, la réduction du ruissellement et de l’érosion, l’amélioration de la portance et de la stabilité structurale, l’apport de biomasse et l’augmentation de niches pour la biodiversité.

Le risque principal est la concurrence pour l’eau et l’azote ; elle peut réduire vigueur et rendement, surtout sur sols superficiels, faibles réserves utiles, climats secs, vignes jeunes ou déjà peu vigoureuses.

Sur sols profonds, la vigne peut progressivement explorer davantage les horizons profonds et la zone sous le rang ; cette compensation est beaucoup plus limitée sur sols superficiels.

02 · Guide

Situation française et évolution des pratiques

Les séries historiques montrent aussi que l’enherbement n’est pas uniforme : vignobles océaniques, septentrionaux, méditerranéens, sols profonds ou superficiels n’ont ni la même disponibilité en eau ni les mêmes objectifs de vigueur. La surface enherbée doit donc être décidée parcelle par parcelle.

03 · Guide

Enherbement spontané : valoriser la flore déjà présente

L’enherbement spontané, ou enherbement naturel maîtrisé (ENM), consiste à laisser s’installer une flore locale puis à la gérer par tonte, broyage, roulage ou alternance de travail du sol. Il évite l’achat de semences et sélectionne de fait des espèces capables de survivre au contexte pédoclimatique.

Son principal défaut est l’incertitude botanique : composition, hauteur, concurrence et calendrier de dessèchement peuvent varier d’une année à l’autre. Une flore dominée par des annuelles à cycle court peut être peu concurrentielle ; une flore dominée par certaines vivaces ou espèces agressives peut au contraire compliquer la gestion. DÉCISOL-Flore a été développé pour aider les viticulteurs à reconnaître les espèces et raisonner la fréquence d’intervention.

04 · Guide

Enherbement permanent semé : espèces et compromis

Un couvert permanent semé permet de choisir des espèces à comportement connu. L’IFV fournit des références historiques encore utiles pour comparer installation, concurrence, pérennité et tolérance à la sécheresse. Les doses ci-dessous sont des doses en plein données par l’IFV ; la dose réellement achetée doit être recalculée selon la fraction de surface effectivement semée.

La fétuque élevée se distingue par sa résistance à la sécheresse mais aussi par une concurrence forte ; elle n’est donc pas automatiquement adaptée aux sites secs. À l’inverse, le pâturin des prés est décrit comme peu concurrentiel mais plus difficile à implanter et peu résistant à la sécheresse. Le choix doit croiser objectif, sol, climat et vigueur.

05 · Guide

Couverts temporaires et engrais verts

Les engrais verts sont semés après vendanges ou en fin d’été, poussent pendant l’automne, l’hiver et le début du printemps, puis sont détruits ou roulés avant que leur concurrence devienne excessive. Ils visent davantage la production de biomasse, la couverture hivernale, le recyclage des nutriments et la structuration que la portance estivale permanente.

L’IFV rappelle qu’un hectare de vigne ne correspond généralement qu’à environ 0,50 à 0,75 ha réellement semés lorsque seuls les inter-rangs sont couverts. Les quantités de semences doivent donc être corrigées de la surface utile.

Surface réellement semée selon le mode de couverture
SituationDonnée citée
Engrais verts sur inter-rangs seulementenviron 0,50 à 0,75 ha semés par hectare de vigne
Premier essai de couverture conseilléun inter-rang sur deux, ou environ 50 % de l’inter-rang
Enherbement permanent semésemis à l’automne, le plus rapidement possible après les vendanges

06 · Guide

Concevoir un mélange fonctionnel

Le mélange cherche à combiner des fonctions complémentaires : production de biomasse et carbone par les graminées, fixation symbiotique d’azote par les légumineuses, exploration racinaire et recyclage de certains éléments par les crucifères. Les mélanges limitent aussi le risque qu’une seule espèce échoue, mais ils exigent un semoir capable de distribuer des graines de tailles très différentes.

07 · Guide

Implantation : calendrier, préparation et semis

Pour l’enherbement permanent, l’IFV recommande de semer à l’automne, le plus rapidement possible après les vendanges ; un semis de printemps reste possible mais s’implante plus difficilement. Pour les engrais verts, la fin d’été et le début d’automne sont privilégiés afin de produire de la biomasse avant l’hiver.

Choisir la fraction de surface à couvrir : tous les rangs, un rang sur deux, bande centrale ou sous-rang.

Préparer un lit superficiel, fin mais non pulvérisé, si semis avec travail du sol ; semer direct si matériel et conditions le permettent.

08 · Guide

Surface couverte : la variable de réglage la plus puissante

Le pourcentage de surface enherbée commande directement la quantité de biomasse, la capacité d’interception de l’eau et des nutriments, le stockage de carbone potentiel et la concurrence. L’IFV conseille souvent de commencer par un inter-rang sur deux ou environ 50 % de l’inter-rang dans les situations où l’on souhaite tester l’effet.

09 · Guide

Concurrence hydrique : mécanismes et pilotage

La concurrence hydrique apparaît lorsque la transpiration du couvert réduit l’eau disponible au moment où la vigne en a besoin. Son intensité dépend de la pluie, de l’ETP, de la réserve utile, de la profondeur d’enracinement, de la date de destruction, de la fraction de surface couverte et de l’espèce.

Les travaux de Celette et collaborateurs en climat méditerranéen montrent que les interactions sont dynamiques : un couvert peut améliorer l’infiltration et la recharge hivernale tout en consommant ensuite de l’eau au printemps. Sur sols profonds, une redistribution de l’enracinement de la vigne vers la profondeur et le sous-rang peut limiter la compétition ; sur sols superficiels, cette marge d’adaptation est faible.

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

L’enherbement spontané est-il sans risque?

Non. Son principal défaut est l’incertitude botanique : composition, hauteur, concurrence et calendrier de dessèchement peuvent varier d’une année à l’autre.

Un couvert peut-il concurrencer la vigne pour l’eau?

Oui. La concurrence dépend de la pluie, de l’ETP, de la réserve utile, de la profondeur d’enracinement et de la date de destruction. Sur sols superficiels, la marge d’adaptation de la vigne est faible.

Faut-il couvrir tous les rangs?

Pas forcément. Il faut choisir la fraction à couvrir : tous les rangs, un rang sur deux, une bande centrale ou le sous-rang. Les semences doivent être corrigées de la surface réellement semée.

Traçabilité

Sources utilisées

Les principales références utilisées pour vérifier les repères de cette page.