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Élevage de veaux

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Guide de l'élevage de veaux en France : physiologie néonatale, colostrum, alimentation lactée, sevrage, logement, santé, bien-être, économie et débouchés. Données sourcées et datées.

Vérifié le 19 août 2026 Lecture 20 min
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Veaux en élevage bovin
Élevage de veaux · Image SILLOVA
9 sources analyséesOrganismes publics et techniques
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères de campagne

Les chiffres à retenir

Chaque valeur garde son année, son statut et sa source.

01
Consolidé

94 %

Veaux abattus

Proportion de veaux de boucherie en système intégré · FranceAgriMer [S01]

02
Consolidé

6 %

Veau sous la mère

Part des veaux élevés au pis · FranceAgriMer [S01]

03
Consolidé

-18 %

Exposition antibiotiques

Baisse entre 2011 et 2023 · Ecoantibio [S02]

04
Consolidé

≥22 %

Brix colostrum

Seuil repère de qualité · réfractomètre [S03]

01 · Identité

Définition et place dans la filière

L'élevage de veaux désigne l'ensemble des pratiques appliquées depuis la naissance jusqu'au changement de catégorie productive.

Dans un élevage laitier, le veau est un coproduit biologique de la reproduction nécessaire à la lactation. Dans les troupeaux allaitants, le veau reste souvent avec sa mère plus longtemps.

La filière française demeure largement organisée autour de l'intégration : le naisseur vend le jeune veau ; l'intégrateur organise approvisionnement, alimentation et commercialisation.

Sources de cette section [S01]

02 · Physiologie

Physiologie du jeune veau

À la naissance, le veau est fonctionnellement pré-ruminant. Le passage à un fonctionnement de ruminant dépend progressivement de la consommation d'eau, de concentrés et de fibres.

Le jeune veau naît avec une protection immunitaire dépendante du transfert d'immunoglobulines par le colostrum. La perméabilité intestinale décroît rapidement après la naissance.

Priorité n°1 : assurer respiration, thermorégulation, lien mère-veau et prise de colostrum. Priorité n°2 : réduire l'exposition infectieuse.

Sources de cette section [S04]

03 · Colostrum

Colostrum et transfert d'immunité passive

La stratégie se résume par quatre « Q » : qualité immunologique, quantité suffisante, quickness (rapidité), et quiet/clean handling.

Le réfractomètre Brix est un outil de terrain utile : un seuil autour de 22 % Brix est couramment utilisé comme repère de colostrum de bonne qualité.

Un consensus international propose quatre classes d'IgG sérique : excellent ≥25,0 g/L ; bon 18,0-24,9 g/L ; moyen 10,0-17,9 g/L ; faible <10 g/L.

Sources de cette section [S03][S04]

04 · Alimentation

Alimentation lactée et transition

Après le colostrum, l'alimentation lactée peut reposer sur lait entier, lactoremplaceur, ou allaitement au pis selon le système.

L'eau fraîche, propre et facilement accessible favorise la consommation de concentré et le développement du rumen. Juridiquement, les veaux de plus de deux semaines doivent avoir accès à de l'eau fraîche adéquate.

L'alimentation doit contenir assez de fer pour assurer un niveau moyen d'hémoglobine sanguine d'au moins 4,5 mmol/L. Pour les veaux de plus de deux semaines, une ration minimale d'aliments fibreux est obligatoire.

Sources de cette section [S05]

05 · Sevrage

Sevrage : critères et transition

Le sevrage est réussi quand le veau est capable de compenser la disparition des nutriments liquides par une consommation suffisante et stable d'aliments solides.

Une référence expérimentale française décrit un sevrage autour de 8 semaines lorsque les veaux consomment plus de 2 kg de concentré par jour.

Le muselage est interdit. La ration doit contenir une progression de fibres de 50 à 250 g/j entre 8 et 20 semaines.

Sources de cette section [S06]

06 · Logement

Logement et bien-être

L'arrêté français du 8 décembre 1997 a transposé les exigences européennes : limitation des cases individuelles au-delà de huit semaines, contacts sociaux, surfaces minimales de groupe.

Pour les veaux de plus de six mois en élevage conventionnel, il n'existe pas un unique tableau légal national de m² ; le dimensionnement s'appuie sur le cadre général de protection animale.

En agriculture biologique, la période minimale d'alimentation au lait est de 90 jours après la naissance.

Sources de cette section [S05][S07]

07 · Santé

Santé néonatale et prévention

Les diarrhées et les affections respiratoires sont les deux grands syndromes qui concentrent morbidité, traitements et mortalité chez les jeunes veaux.

Le projet VEAU2+ a ciblé ces deux ensembles dans les élevages de veaux de boucherie. La diarrhée est un syndrome et non un diagnostic étiologique.

Les maladies respiratoires sont typiquement multifactorielles : agents viraux et bactériens, immunité, stress de transport, mélange d'origines, densité et qualité de l'air.

Sources de cette section [S08]

08 · Antibiotiques

Gestion responsable des médicaments

En France, l'exposition des bovins aux antibiotiques a diminué sur la période Ecoantibio 2011-2023. Le plan Ecoantibio 3 couvre 2023-2028.

Tenir un protocole de soins avec le vétérinaire : définitions de cas, critères d'appel, prélèvements si nécessaire, réévaluation des échecs.

Analyser les consommations par motif ; un nombre de traitements sans dénominateur « veaux à risque » est peu interprétable.

Sources de cette section [S02]

09 · Économie

Économie de l'atelier

La filière française de veau de boucherie non élevé au pis est très majoritairement intégrée.

L'OFPM décrit une rémunération pouvant associer une partie fixe et une partie variable liée aux résultats techniques et économiques.

Pour piloter un atelier, il faut conserver les données par lot : nombre entré/sorti, poids, mortalité, traitements, consommations, énergie et heures de travail.

Sources de cette section [S01]

10 · Environnement

Environnement et durabilité

L'élevage de veaux mobilise des surfaces agricoles indirectes pour produire lait, céréales, protéines, fibres et litière.

Les effluents peuvent contribuer aux cycles de l'azote, du phosphore, du potassium et de la matière organique lorsqu'ils sont stockés et épandus correctement.

Les recherches RenouVeau testent des modèles de veau de boucherie combinant innovations de logement, alimentation, santé, bien-être, travail et économie.

Sources de cette section [S09]

Approfondir

Repères techniques complémentaires pour Élevage de veaux

Ces repères complètent la vue d’ensemble avec des éléments directement utilisables pour situer la production, comparer les pratiques et préparer les décisions de conduite.

La lecture de ces chiffres fait apparaître une filière importante mais structurellement en contraction, étroitement liée au cheptel laitier et aux débouchés des veaux non destinés au renouvellement. L’enjeu technique n’est donc pas seulement de « faire grandir un veau » : il s’agit de sécuriser les premières heures de vie, prévenir les maladies digestives et respiratoires, organiser une transition alimentaire réussie, satisfaire des exigences réglementaires précises et produire un animal adapté à son débouché tout en maîtrisant travail, coûts, énergie, mortalité et bien-être.

L’élevage de veaux désigne l’ensemble des pratiques appliquées depuis la naissance jusqu’au changement de catégorie productive : sevrage et entrée dans l’élevage de génisses, départ vers un atelier d’engraissement, export, poursuite en bovin viande, ou abattage en catégorie veau. Il commence donc dans l’élevage naisseur — laitier ou allaitant — et peut se poursuivre dans une exploitation distincte, parfois sous contrat d’intégration.

Historiquement, la viande de veau était fortement associée à l’allaitement maternel ou à une alimentation lactée sur l’exploitation. Le développement de la spécialisation laitière, de l’industrie des aliments d’allaitement et des circuits de collecte a favorisé au XXe siècle la constitution d’ateliers spécialisés de veaux de boucherie. La filière française actuelle demeure largement organisée autour de l’intégration : le naisseur vend le jeune veau ; l’intégrateur organise approvisionnement, alimentation, frais vétérinaires et commercialisation ; l’éleveur engraisseur fournit notamment bâtiment, travail et énergie selon le contrat.

Depuis les années 1990, la réglementation européenne et française a profondément modifié le logement et l’alimentation : limitation des cases individuelles au-delà de huit semaines, contacts sociaux, surfaces minimales de groupe, accès aux fibres, apport de fer, eau et contrôle quotidien des équipements. L’arrêté français du 8 décembre 1997 a transposé ces exigences et introduit explicitement la prise de colostrum dans les six premières heures.

Après le colostrum, l’alimentation lactée peut reposer sur lait entier, lait de vache non commercialisé dans les limites sanitaires applicables, lactoremplaceur, ou allaitement au pis selon le système. Le choix doit intégrer prix des matières, régularité de composition, équipement, main-d’œuvre, biosécurité, croissance visée et débouché. Dans les ateliers de veaux de boucherie, la conduite est fortement structurée par le plan alimentaire de l’intégrateur.

La transition vers la rumination se prépare avant le sevrage. Une eau fraîche, propre et facilement accessible favorise la consommation de concentré et le développement du rumen. Juridiquement, les veaux de plus de deux semaines doivent avoir accès à de l’eau fraîche adéquate ou à suffisamment d’autres liquides ; par temps très chaud ou en cas de maladie, l’eau potable fraîche doit être disponible en permanence. En pratique, proposer de l’eau très tôt est cohérent avec l’objectif de développement ruminal.

Le droit impose que ventilation, température, humidité relative, poussières et concentrations de gaz soient maintenues à des niveaux non nuisibles. Il ne fixe pas, dans l’arrêté veaux, un unique seuil de température ou d’ammoniac applicable à toutes les situations. Le pilotage doit donc s’appuyer sur le climat extérieur, l’âge des animaux, la vitesse d’air au niveau du veau, l’humidité du couchage, la densité, les émissions du fumier et l’état respiratoire du lot.

Sources de cette section [S02][S03][S08][S09]

Repères documentés

Repères structurants de l'élevage de veaux

Ces données donnent un point de comparaison daté. Elles doivent être interprétées avec leur année, leur périmètre et le système de production concerné.

Un écart par rapport à ces repères ne constitue pas, à lui seul, un diagnostic. Il doit être rapproché des objectifs de l’atelier, du type d’animaux, des conditions de logement, de l’alimentation et du débouché.

Repères documentés — consulter la source et le millésime avant comparaison.
IndicateurValeur / situationAnnée et portéeSource
Définition commerciale « veau »Catégorie V : bovin < 8 mois ; en France, dénomination « veau / viande de veau ».UE, version consolidée au 18/03/2026
Définition bien-être spécifiqueVeau = bovin < 6 mois dans l’arrêté français de protection.Droit en vigueur au 19/08/2026
Production française149 000 tec, soit environ 1 million de veaux.2024
Rang européenFrance : 2e producteur européen de viande de veau, derrière les Pays-Bas et devant l’Italie.2024
Évolution de production-5 % en 2024 ; nouvelle contraction en 2025, Agreste indiquant -5,9 % pour les veaux de boucherie.2024-2025
Abattages contrôlés136 218 tec de veaux dans le schéma de flux OFPM.2025
Ateliers d’engraissementEnviron 2 300 ateliers réalisent 92 % des veaux de boucherie.2024
Organisation intégréeLes veaux non élevés au pis représentent 94 % des veaux abattus ; l’intégration domine la filière de veau de boucherie.2024-2026
Sources de cette section [S07][S08]

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

Quand donner le colostrum au veau ?

Idéalement dans les premières heures après la naissance. La perméabilité intestinale aux immunoglobulines décroît rapidement. [S04]

Comment évaluer la qualité du colostrum ?

Le réfractomètre Brix est un outil rapide : un seuil autour de 22 % est couramment utilisé comme repère. [S03]

Quand sevrer un veau ?

Autour de 8 semaines lorsque les veaux consomment plus de 2 kg de concentré par jour, selon référence expérimentale française. [S06]

Les cases individuelles sont-elles autorisées ?

Au-delà de huit semaines, la réglementation limite les cases individuelles et impose des contacts sociaux. [S05]

Quelles sont les principales maladies du veau ?

Les diarrhées néonatales et les affections respiratoires sont les deux grands syndromes. Le projet VEAU2+ a ciblé ces deux ensembles. [S08]

Faut-il donner de l'eau aux veaux ?

Oui, dès les premiers jours. L'eau fraîche stimule la consommation d'aliments solides et est indispensable au développement ruminal. [S05]

Quel est le rôle de l'intégrateur ?

Dans le système intégré, l'intégrateur fournit ou prend en charge le veau et l'alimentation, tandis que l'éleveur met à disposition bâtiment, énergie et travail. [S01]

L'usage des antibiotiques a-t-il baissé ?

Oui, de 18 % entre 2011 et 2023 selon le ministère. Le plan Ecoantibio 3 couvre 2023-2028. [S02]

Quelle est la particularité du veau sous la mère ?

Il reste auprès de sa mère pour se nourrir de son lait. Il représente environ 6 % des veaux de boucherie. [S01]

Quel indicateur suivre en priorité ?

Le gain moyen quotidien (GMQ) est central mais incomplet : il faut l'associer à consommation, coût alimentaire, mortalité et résultat carcasse. [S01]

Traçabilité

Sources utilisées

Les chiffres et repères affichés sur cette page renvoient à leur organisme d’origine. Les bases vivantes sont vérifiées avant toute recommandation opérationnelle.

8 sources affichées sur 9

  1. S01
  2. S02
  3. S03
  4. S04
  5. S05

    Arrêté du 8 décembre 1997 relatif à la protection des veaux ; directive 91

    Arrêté du 8 décembre 1997 relatif à la protection des veaux ; directive 91/629/CEE modifiée

    2025

  6. S06
  7. S07
  8. S08