01 · Référence
Définition, catégories et place du broutard dans la filière
Dans la pratique française, le terme « broutard » désigne un jeune bovin de type viande, généralement issu d’un troupeau allaitant, sevré ou proche du sevrage, vendu vivant comme animal maigre destiné à poursuivre sa croissance puis à être engraissé. Le mot ne correspond pas à une catégorie réglementaire unique : les statistiques et cotations distinguent notamment des broutards légers, des génisses de plus de 300 kg, des mâles de plus de 300 kg, ainsi que des cotations commerciales par race, âge, poids et conformation. [S2][S3]
La conduite des broutards se situe à l’interface de plusieurs métiers : naisseur, opérateur de mise en marché, transporteur, engraisseur français ou étranger. L’éleveur naisseur vend donc une aptitude future à l’engraissement. Un animal très lourd mais mal préparé, hétérogène, malade ou difficile à alimenter peut être moins intéressant qu’un animal un peu plus léger mais régulier, sain et adapté au cahier des charges.
Les frontières exactes dépendent du dispositif statistique, du marché et du cahier des charges. Ne pas transformer ces catégories pratiques en seuils juridiques universels.
02 · Référence
Repères France 2025-2026 : offre, exportations et cotations
Agreste comptabilise 941 000 broutards exportés en 2025, contre 960 000 en 2024 (-2,0 %). L’Italie représentait 751 000 têtes en 2025, contre 790 000 en 2024 (-5,0 %). Ces ordres de grandeur confirment le rôle déterminant du marché italien dans la valorisation des animaux maigres français. [S3]
La contraction s’est accentuée au début de 2026. Le diaporama FranceAgriMer du 30 juin 2026 indique, pour les quatre premiers mois, des exportations de broutards de plus de 160 kg en baisse de 16,1 % sur un an. L’Italie représente 81 % du cumul et recule de 13,6 % ; l’Espagne représente 15 % et recule de 25,4 %. Le même document relève une baisse de 3,3 % des naissances de veaux allaitants au premier quadrimestre 2026 par rapport à 2025, soit environ 35 600 naissances en moins. [S2]
2.2 Cotations : ne jamais publier sans date
En 2025, la cotation annuelle Agreste/FranceAgriMer du broutard mâle Charolais 6-12 mois s’établit à 5,51 €/kg vif, soit +45,3 % par rapport à 2024. En semaine 24 de 2026 (8 au 14 juin), FranceAgriMer affichait 5,51 €/kg vif pour le Charolais U 6-12 mois de 350 kg et 5,13 €/kg vif pour le Charolais U 12-24 mois de 450 kg. Les courbes montrent une stabilisation au printemps 2026 après un début d’année très haut. [S2][S3]
03 · Référence
Les produits : léger, lourd, repoussé, broutarde et débouchés
La diversité des produits explique pourquoi une ration “type broutard” n’existe pas. Le débouché peut rechercher un jeune maigre léger, un mâle lourd de 400-450 kg, un broutard repoussé de fin d’hiver, une femelle maigre ou, à l’inverse, un animal conservé pour finition sur l’exploitation. La formation IDELE mise à jour en juillet 2026 place précisément la diversité de l’offre française, les prix, les périodes de vente, la complémentation sous la mère et les régimes de repousse au cœur du raisonnement. [S5]
04 · Référence
Construire l’itinéraire à partir du débouché
La conduite efficace raisonne “à rebours”. On fixe d’abord un produit cible : destination, fenêtre de vente, poids, type racial, conformation, statut sanitaire et tolérances de l’acheteur. On en déduit le poids à atteindre au sevrage, le GMQ nécessaire, l’intérêt de complémenter sous la mère, le nombre de jours de repousse et la date à laquelle le lot doit être stabilisé avant transport.
Destination. Italie, Espagne, engraissement français, marché local ou finition maison ?
Période. Vendre au printemps, au creux de juin-juillet, à l’automne ou après une repousse hivernale ?
Poids cible. Quel poids vif réel et quelle tolérance d’hétérogénéité ?
Sexe / race / conformation. Le cahier des charges valorise-t-il un profil précis ?
05 · Référence
Mesurer la croissance : poids, PAT210, GMQ, homogénéité
Le poids est la variable centrale car il relie biologie, marché et économie. Le PAT210 (poids à âge type 210 jours) sert à comparer des veaux à âge standardisé ; le GMQ mesure la dynamique entre deux pesées. Le référentiel Bovins Croissance 2024, publié en octobre 2025, rassemble plus de 8 100 élevages et montre que les performances de croissance ont reculé de 3 à 10 kg de PAT dans la plupart des races par rapport à la campagne précédente, dans un contexte fourrager et sanitaire défavorable. [S8][S9]
06 · Référence
Alimentation sous la mère : lait, herbe et complémentation
Le veau allaitant combine trois ressources : lait maternel, herbe/fourrage et éventuel concentré. Le poids obtenu au sevrage dépend de leur complémentarité. Lorsque l’herbe est abondante et de qualité, les veaux peuvent remplacer une partie du concentré par davantage d’ingestion de fourrage. À l’inverse, si l’herbe est rare ou fibreuse, réduire le concentré se traduit directement par une perte de croissance. [S6][S7]
07 · Référence
Pâturage des broutards et creep-grazing
Le pâturage est le premier levier de coût Le veau sélectionne une herbe jeune et feuillue et n’a pas exactement les mêmes besoins que la vache Un creep-grazing accès sélectif des veaux à une repousse ou à une parcelle plus riche peut augmenter la qualité…
08 · Référence
Sevrage : préparer sans casser la croissance
Le sevrage modifie simultanément alimentation relation sociale et souvent logement Le dossier SILLOVA « Sevrage des veaux allaitants » détaille les méthodes pour la conduite du broutard le point central est la continuité Le veau doit connaître avant séparation l’eau le fourrage et s’il y en a le concentré qui…
| Terme | Sens opérationnel | Conséquence de conduite |
|---|---|---|
| Broutard léger | jeune bovin maigre de poids encore modéré ; Agreste isole notamment 160-300 kg dans les échanges | priorité à l’autonomie alimentaire, à la santé et au coût du kilo gagné |
| Broutard lourd | mâle maigre plus lourd, souvent >300 kg et commercialisé plus tard | croissance soutenue, complémentation/repousse à chiffrer |
| Broutard repoussé | broutard conservé après sevrage pour une phase de croissance supplémentaire | atelier de repousse à raisonner comme une production distincte |
| Broutarde | femelle vendue maigre pour engraissement, hors femelle conservée en renouvellement | tri précoce renouvellement/vente et conduite adaptée |
| Jeune bovin fini | animal engraissé jusqu’à l’abattage | ce n’est plus le même produit ni la même économie que le broutard |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Que faut-il retenir sur définition, catégories et place du broutard dans la filière ?
Dans la pratique française le terme broutard désigne un jeune bovin de type viande généralement issu d’un troupeau allaitant sevré ou proche du sevrage vendu vivant comme animal maigre destiné à poursuivre sa croissance puis à être engraissé Le mot ne correspond pas à une catégorie réglementaire unique les statistiques et cotations distinguent notamment des broutards légers des génisses de plus de 300 kg des mâles de plus de 300 kg ainsi que des cotations commerciales par race âge poids et conformation S2 S3 La conduite des broutards se situe… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur repères france 2025-2026 : offre, exportations et cotations ?
Agreste comptabilise 941 000 broutards exportés en 2025 contre 960 000 en 2024 -2 0 L’Italie représentait 751 000 têtes en 2025 contre 790 000 en 2024 -5 0 Ces ordres de grandeur confirment le rôle déterminant du marché italien dans la valorisation des animaux maigres français S3 La contraction s’est accentuée au début de 2026 Le diaporama FranceAgriMer du 30 juin 2026 indique pour les quatre premiers mois des exportations de broutards de plus de 160 kg en baisse de 16 1 sur un an L’Italie représente 81 du… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur les produits : léger, lourd, repoussé, broutarde et débouchés ?
La diversité des produits explique pourquoi une ration “type broutard” n’existe pas. Le débouché peut rechercher un jeune maigre léger, un mâle lourd de 400-450 kg, un broutard repoussé de fin d’hiver, une femelle maigre ou, à l’inverse, un animal conservé pour finition sur l’exploitation. La formation IDELE mise à jour en juillet 2026 place précisément la diversité de l’offre française, les prix, les périodes de vente, la complémentation sous la mère et les régimes de repousse au cœur du raisonnement. [S5] [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur construire l’itinéraire à partir du débouché ?
La conduite efficace raisonne à rebours On fixe d’abord un produit cible destination fenêtre de vente poids type racial conformation statut sanitaire et tolérances de l’acheteur On en déduit le poids à atteindre au sevrage le GMQ nécessaire l’intérêt de complémenter sous la mère le nombre de jours de repousse et la date à laquelle le lot doit être stabilisé avant transport Destination Italie Espagne engraissement français marché local ou finition maison Période Vendre au printemps au creux de juin-juillet à l’automne ou après une repousse hivernale Poids cible Quel… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur mesurer la croissance : poids, pat210, gmq, homogénéité ?
Le poids est la variable centrale car il relie biologie, marché et économie. Le PAT210 (poids à âge type 210 jours) sert à comparer des veaux à âge standardisé ; le GMQ mesure la dynamique entre deux pesées. Le référentiel Bovins Croissance 2024, publié en octobre 2025, rassemble plus de 8 100 élevages et montre que les performances de croissance ont reculé de 3 à 10 kg de PAT dans la plupart des races par rapport à la campagne précédente, dans un contexte fourrager et sanitaire défavorable. [S8][S9] [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur alimentation sous la mère : lait, herbe et complémentation ?
Le veau allaitant combine trois ressources lait maternel herbe fourrage et éventuel concentré Le poids obtenu au sevrage dépend de leur complémentarité Lorsque l’herbe est abondante et de qualité les veaux peuvent remplacer une partie du concentré par davantage d’ingestion de fourrage À l’inverse si l’herbe est rare ou fibreuse réduire le concentré se traduit directement par une perte de croissance S6 S7 IDELE rapporte qu’une réduction de 1 kg j de concentré peut diminuer la croissance de l’ordre de 120 à 300 g j suivant la disponibilité en herbe… [S01][S02][S03]





