Référence agronomique · France

Grandes cultures · Conduite de la betterave sucrière

Choisir une variété de betterave sucrière

Choisir une variété de betterave sucrière suppose d’identifier les risques sanitaires de la parcelle, puis de comparer rendement en sucre, richesse et stabilité des essais pluriannuels.

Mis à jour le 03/10/2026 Lecture 6 min
Commencer la lecture

Connectez-vous pour enregistrer cette ressource

Choisir une variété de betterave sucrière — illustration documentaire (Grandes cultures, Conduite de la betterave…
Choisir une variété de betterave sucrière · Photographie documentaire SILLOVA
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères essentiels

Quatre points pour guider la lecture.

Parcelle

Lister les risques

Maladies

Tolérance adaptée

Performance

Sucre et richesse

Essais

Plusieurs années

01 · Référence

place du choix variétal pour la culture

Le choix variétal intervient avant le semis mais conditionne tout le cycle: implantation, sécurité sanitaire, productivité en racines, richesse saccharine, rendement en sucre, qualité industrielle, tenue du feuillage et comportement à l’arrachage.

En betterave sucrière, la variété ne se choisit donc pas uniquement sur un “top rendement”. Les références ITB 2026 mettent explicitement en tête de la décision la situation sanitaire: cercosporiose et arrachage tardif, nématodes à kystes, forte pression rhizomanie (FPR), rhizoctone brun, puis le contexte d’adventices pour les variétés SMART. Dans les situations sans problème sanitaire dominant, l’arbitrage revient à la performance, à la richesse, à la qualité de levée et à la stabilité.

L’ITB considère l’évaluation variétale comme un pilier de la compétitivité et de la résilience de la filière. Son rapport d’activité 2025 souligne que 100 % des variétés sont aujourd’hui tolérantes à la rhizomanie, qu’environ un tiers de la sole mobilise des variétés tolérantes au nématode à kystes et qu’une part importante des surfaces utilise des variétés plus tolérantes à la cercosporiose. Le nombre de variétés évaluées est passé de moins d’une dizaine il y a environ cinquante ans à près d’une centaine aujourd’hui.

02 · Référence

Le système français d’évaluation: Catalogue, VATE et post-inscription

Le Catalogue officiel français, géré avec l’appui du GEVES et du CTPS, est la liste de référence des variétés pouvant être commercialisées selon leur statut. L’inscription sur liste A est prononcée par le ministre chargé de l’Agriculture après avis du CTPS et publiée au Journal officiel. Elle est en principe valable dix ans, renouvelable. Une variété inscrite sur un catalogue national est également portée au Catalogue commun de l’Union européenne.

Le 15 mai 2026, un arrêté publié au Journal officiel le 21 mai a effectivement inscrit les nouvelles variétés de betterave sucrière proposées par le CTPS: 17 en rubrique rhizomanie, 27 en rubrique rhizomanie+nématode et 1 en rubrique rhizomanie+rhizoctone brun. Cet arrêté est la référence juridique, plus robuste que la mention préalable “sous réserve d’inscription”.

Pour la betterave sucrière, les essais VATE (Valeur Agronomique, Technologique et Environnementale) comportent des essais rendement et des observatoires pour les maladies du feuillage et la montée à graine. Les essais rendement sont répartis dans les principales régions betteravières, avec des sites sans rhizomanie, avec rhizomanie, avec nématodes et, pour certaines rubriques, des situations FPR ou des inoculations spécifiques.

03 · Référence

La hiérarchie de décision recommandée

Le risque sanitaire observé sur la parcelle vient d’abord. Comparer ensuite les résultats en sucre, la richesse et la régularité sur plusieurs années d’essais, puis confronter la variété au calendrier d’arrachage prévu.

04 · Référence

Lire correctement les indicateurs variétaux

Le rendement racines mesure la biomasse récoltée mais ne suffit pas à caractériser la valeur d’une variété. Une variété très racine peut avoir une richesse plus faible; une variété plus riche peut compenser un rendement racines moindre. Le rendement en sucre est donc le critère synthétique central pour comparer la production utile.

L’ITB formule une règle simple: à productivité équivalente, choisir la variété la plus riche. Cette préférence sécurise la valeur industrielle et limite le risque de dépendre d’un fort tonnage de racines à transporter et à traiter.

Le ratio SM/POL représente le sucre mélasse rapporté à la teneur en sucre. Il est calculé à partir des alcalins (potassium et sodium), de l’azote alpha-aminé et du glucose. Un SM/POL plus faible traduit une meilleure pureté technologique. Le règlement VATE pénalise donc les variétés dont cet indicateur est trop élevé.

Une performance de 103 % sur une seule année ne vaut pas nécessairement une performance de 101–102 % répétée sur plusieurs années et contextes. Le nombre d’années d’expérimentation doit apparaître dans toute comparaison. Les variétés “3 ans” sont des références confirmées; les variétés “1 an” sont prometteuses mais plus incertaines, et doivent être utilisées de manière proportionnée au niveau de risque acceptable.

05 · Référence

Rhizomanie: le socle de base, puis le cas FPR

La rhizomanie est aujourd’hui contrôlée principalement par la génétique. Selon l’ITB, depuis 2008 toutes les variétés cultivées en France possèdent au moins un gène de tolérance. Dans la majorité des secteurs, une résistance monogénique reste suffisante lorsque le gène Rz1 n’est pas contourné.

Des contournements de résistance sont signalés en Centre-Val de Loire, dans le sud de l’Île-de-France, en Alsace et localement en Champagne. L’ITB relie ces situations à des historiques de forte pression de sélection, à l’irrigation, à l’ancienneté des variétés monogéniques et à des rotations traditionnellement courtes. Dans ces situations, l’institut recommande de passer à des variétés combinant deux gènes de résistance afin de sécuriser le rendement et la durabilité de la résistance.

06 · Référence

Nématodes à kystes: choisir sur la performance en terrain infesté

Le nématode à kystes Heterodera schachtii peut provoquer des pertes de rendement très fortes. L’ITB indique couramment 30 à 40 % de pertes par rapport à la moyenne régionale en l’absence de gestion, avec des foyers très infestés pouvant atteindre environ 60 %, notamment lors d’attaques précoces.

07 · Référence

Rhizoctone brun: une rubrique spécifique

En présence d’un historique de rhizoctone brun (Rhizoctonia solani), le choix doit s’effectuer dans une rubrique dédiée. Le GEVES exige à la fois des performances agronomiques et technologiques suffisantes et un indice de maladie compatible avec le niveau des témoins résistants.

08 · Référence

Cercosporiose et arrachage tardif

La sensibilité à la cercosporiose prend davantage de poids lorsque la récolte est tardive et que le feuillage doit rester actif plus longtemps. Comparer les résultats d’essais en présence de maladie avec ceux obtenus en situation saine. Une variété tolérante ne dispense pas de surveiller la parcelle pendant l’été.

09 · Référence

Comparer les indicateurs variétaux

Chaque indicateur répond à une question différente. Ils se lisent ensemble, sur plusieurs années d’essais.

Indicateurs variétaux à lire ensemble
IndicateurCe qu’il indique
Rendement racinesBiomasse récoltée, insuffisante seule pour juger une variété
RichesseTeneur en sucre, à privilégier à productivité équivalente
Rendement en sucreCritère synthétique central pour comparer la production utile
SM/POLSucre mélasse rapporté à la teneur en sucre ; plus bas, meilleure pureté
Années d’essaisTrois ans : référence confirmée ; un an : résultat plus incertain

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

Faut-il choisir une variété sur le seul rendement racines?

Non. Le rendement racines ne suffit pas à caractériser la valeur d’une variété. Le rendement en sucre est le critère synthétique central.

Comment lire une performance sur une seule année?

Avec prudence. Une variété testée sur trois ans est une référence confirmée, tandis qu’une variété testée sur un an reste plus incertaine.

Que faire en présence de nématodes à kystes?

Choisir sur la performance en terrain infesté. Sans gestion, l’ITB indique couramment 30 à 40 % de pertes par rapport à la moyenne régionale.

Traçabilité

Sources utilisées

Les principales références utilisées pour vérifier les repères de cette page.