01 · Référence
Objet, périmètre et place du choix variétal dans l’itinéraire
La page SILLOVA « Choisir une variété de betterave sucrière » doit permettre à un planteur ou à un conseiller de passer d’un diagnostic de parcelle à un groupe de variétés cohérent, puis de départager les candidates à l’aide de critères mesurés. Le choix variétal intervient avant le semis mais conditionne tout le cycle : implantation, sécurité sanitaire, productivité en racines, richesse saccharine, rendement en sucre, qualité industrielle, tenue du feuillage et comportement à l’arrachage. [1–4]
En betterave sucrière, la variété ne se choisit donc pas uniquement sur un “top rendement”. Les références ITB 2026 mettent explicitement en tête de la décision la situation sanitaire : cercosporiose et arrachage tardif, nématodes à kystes, forte pression rhizomanie (FPR), rhizoctone brun, puis le contexte d’adventices pour les variétés SMART. Dans les situations sans problème sanitaire dominant, l’arbitrage revient à la performance, à la richesse, à la qualité de levée et à la stabilité. [2]
1.1. Pourquoi la génétique est un levier majeur
L’ITB considère l’évaluation variétale comme un pilier de la compétitivité et de la résilience de la filière. Son rapport d’activité 2025 souligne que 100 % des variétés sont aujourd’hui tolérantes à la rhizomanie, qu’environ un tiers de la sole mobilise des variétés tolérantes au nématode à kystes et qu’une part importante des surfaces utilise des variétés plus tolérantes à la cercosporiose. Le nombre de variétés évaluées est passé de moins d’une dizaine il y a environ cinquante ans à près d’une centaine aujourd’hui. [8,9]
1.2. Choisir pour une parcelle et une date d’arrachage
02 · Référence
Le système français d’évaluation : Catalogue, VATE et post-inscription
2.1. Catalogue officiel : une condition réglementaire de commercialisation
Le Catalogue officiel français, géré avec l’appui du GEVES et du CTPS, est la liste de référence des variétés pouvant être commercialisées selon leur statut. L’inscription sur liste A est prononcée par le ministre chargé de l’Agriculture après avis du CTPS et publiée au Journal officiel. Elle est en principe valable dix ans, renouvelable. Une variété inscrite sur un catalogue national est également portée au Catalogue commun de l’Union européenne. [4,6,20]
Le 15 mai 2026, un arrêté publié au Journal officiel le 21 mai a effectivement inscrit les nouvelles variétés de betterave sucrière proposées par le CTPS : 17 en rubrique rhizomanie, 27 en rubrique rhizomanie+nématode et 1 en rubrique rhizomanie+rhizoctone brun. Cet arrêté est la référence juridique, plus robuste que la mention préalable “sous réserve d’inscription”. [6]
2.2. VATE : ce que mesure le GEVES/CTPS
Pour la betterave sucrière, les essais VATE (Valeur Agronomique, Technologique et Environnementale) comportent des essais rendement et des observatoires pour les maladies du feuillage et la montée à graine. Les essais rendement sont répartis dans les principales régions betteravières, avec des sites sans rhizomanie, avec rhizomanie, avec nématodes et, pour certaines rubriques, des situations FPR ou des inoculations spécifiques. [4]
03 · Référence
La hiérarchie de décision recommandée
Le tableau suivant n’est pas une prescription ITB : c’est une proposition de structuration décisionnelle pour SILLOVA. Le poids de chaque critère doit être recalculé selon la parcelle et le contrat de livraison.
04 · Référence
Lire correctement les indicateurs variétaux
4.1. Rendement racines, richesse et rendement en sucre
Le rendement racines mesure la biomasse récoltée mais ne suffit pas à caractériser la valeur d’une variété. Une variété très racine peut avoir une richesse plus faible ; une variété plus riche peut compenser un rendement racines moindre. Le rendement en sucre est donc le critère synthétique central pour comparer la production utile. [2,4]
L’ITB formule une règle simple : à productivité équivalente, choisir la variété la plus riche. Cette préférence sécurise la valeur industrielle et limite le risque de dépendre d’un fort tonnage de racines à transporter et à traiter. [2]
Le ratio SM/POL représente le sucre mélasse rapporté à la teneur en sucre. Il est calculé à partir des alcalins (potassium et sodium), de l’azote alpha-aminé et du glucose. Un SM/POL plus faible traduit une meilleure pureté technologique. Le règlement VATE pénalise donc les variétés dont cet indicateur est trop élevé. [4]
Une performance de 103 % sur une seule année ne vaut pas nécessairement une performance de 101–102 % répétée sur plusieurs années et contextes. Le nombre d’années d’expérimentation doit apparaître dans toute comparaison SILLOVA. Les variétés “3 ans” sont des références confirmées ; les variétés “1 an” sont prometteuses mais plus incertaines, et doivent être utilisées de manière proportionnée au niveau de risque acceptable. [2,3]
05 · Référence
Rhizomanie : le socle de base, puis le cas FPR
La rhizomanie est aujourd’hui contrôlée principalement par la génétique. Selon l’ITB, depuis 2008 toutes les variétés cultivées en France possèdent au moins un gène de tolérance. Dans la majorité des secteurs, une résistance monogénique reste suffisante lorsque le gène Rz1 n’est pas contourné. [2]
Des contournements de résistance sont signalés en Centre-Val de Loire, dans le sud de l’Île-de-France, en Alsace et localement en Champagne. L’ITB relie ces situations à des historiques de forte pression de sélection, à l’irrigation, à l’ancienneté des variétés monogéniques et à des rotations traditionnellement courtes. Dans ces situations, l’institut recommande de passer à des variétés combinant deux gènes de résistance afin de sécuriser le rendement et la durabilité de la résistance. [2]
5.3. Variétés FPR conseillées pour les semis 2026
06 · Référence
Nématodes à kystes : choisir sur la performance en terrain infesté
Le nématode à kystes Heterodera schachtii peut provoquer des pertes de rendement très fortes. L’ITB indique couramment 30 à 40 % de pertes par rapport à la moyenne régionale en l’absence de gestion, avec des foyers très infestés pouvant atteindre environ 60 %, notamment lors d’attaques précoces. [2]
07 · Référence
Rhizoctone brun : une rubrique spécifique
En présence d’un historique de rhizoctone brun (Rhizoctonia solani), le choix doit s’effectuer dans une rubrique dédiée. Le GEVES exige à la fois des performances agronomiques et technologiques suffisantes et un indice de maladie compatible avec le niveau des témoins résistants. [4]
08 · Référence
Cercosporiose : le critère qui monte avec les arrachages tardifs
La cercosporiose est la principale maladie foliaire de la betterave dans de nombreux secteurs Le choix variétal est considéré par l’ITB comme le premier levier de lutte lorsque le risque est élevé Les variétés tolérantes et très tolérantes ralentissent la progression de la maladie et…
| Repère | Valeur | Lecture pour le choix variétal |
|---|---|---|
| Sole betteravière France 2026 | ≈ 378 000 ha | Estimation Agreste arrêtée au 1er mai 2026 ; -5 % sur un an. [17] |
| Sole 2025 | 397 000 ha | Base provisoire Agreste. [17,18] |
| Rendement racines 2025 | ≈ 89,6 t/ha | Récolte 2025 très productive à l’échelle nationale. [18] |
| Production 2025 | ≈ 35,6 Mt | +9,3 % vs 2024 selon Agreste. [18] |
| Rendement national 2025 à 16°S | ≈ 91,7 t/ha | Estimation filière relayée par FranceAgriMer, avec fortes disparités. [19] |
| Richesse moyenne 2025 | ≈ 18,2°S | FranceAgriMer, estimation de campagne 2025/26. [19] |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Que faut-il retenir sur objet, périmètre et place du choix variétal dans l’itinéraire ?
La page SILLOVA Choisir une variété de betterave sucrière doit permettre à un planteur ou à un conseiller de passer d’un diagnostic de parcelle à un groupe de variétés cohérent puis de départager les candidates à l’aide de critères mesurés Le choix variétal intervient avant le semis mais conditionne tout le cycle implantation sécurité sanitaire productivité en racines richesse saccharine rendement en sucre qualité industrielle tenue du feuillage et comportement à l’arrachage 1 4 En betterave sucrière la variété ne se choisit donc pas uniquement sur un top rendement Les… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur le système français d’évaluation : catalogue, vate et post-inscription ?
2 1 Catalogue officiel une condition réglementaire de commercialisation Le Catalogue officiel français géré avec l’appui du GEVES et du CTPS est la liste de référence des variétés pouvant être commercialisées selon leur statut L’inscription sur liste A est prononcée par le ministre chargé de l’Agriculture après avis du CTPS et publiée au Journal officiel Elle est en principe valable dix ans renouvelable Une variété inscrite sur un catalogue national est également portée au Catalogue commun de l’Union européenne 4 6 20 Le 15 mai 2026 un arrêté publié au… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur la hiérarchie de décision recommandée ?
Le tableau suivant n’est pas une prescription ITB : c’est une proposition de structuration décisionnelle pour SILLOVA. Le poids de chaque critère doit être recalculé selon la parcelle et le contrat de livraison. [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur lire correctement les indicateurs variétaux ?
4 1 Rendement racines richesse et rendement en sucre Le rendement racines mesure la biomasse récoltée mais ne suffit pas à caractériser la valeur d’une variété Une variété très racine peut avoir une richesse plus faible une variété plus riche peut compenser un rendement racines moindre Le rendement en sucre est donc le critère synthétique central pour comparer la production utile 2 4 L’ITB formule une règle simple à productivité équivalente choisir la variété la plus riche Cette préférence sécurise la valeur industrielle et limite le risque de dépendre d’un… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur rhizomanie : le socle de base, puis le cas fpr ?
La rhizomanie est aujourd’hui contrôlée principalement par la génétique Selon l’ITB depuis 2008 toutes les variétés cultivées en France possèdent au moins un gène de tolérance Dans la majorité des secteurs une résistance monogénique reste suffisante lorsque le gène Rz1 n’est pas contourné 2 Des contournements de résistance sont signalés en Centre-Val de Loire dans le sud de l’Île-de-France en Alsace et localement en Champagne L’ITB relie ces situations à des historiques de forte pression de sélection à l’irrigation à l’ancienneté des variétés monogéniques et à des rotations traditionnellement courtes… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur nématodes à kystes : choisir sur la performance en terrain infesté ?
Le nématode à kystes Heterodera schachtii peut provoquer des pertes de rendement très fortes L’ITB indique couramment 30 à 40 de pertes par rapport à la moyenne régionale en l’absence de gestion avec des foyers très infestés pouvant atteindre environ 60 notamment lors d’attaques précoces 2 Dès l’apparition des premiers ronds de nématodes l’ITB conseille d’emblaver l’ensemble de la sole betteravière concernée avec des variétés tolérantes Les générations récentes ont comblé une grande partie de l’écart de productivité qui existait auparavant avec les variétés rhizomanie classiques 2 Point essentiel les… [S01][S02][S03]





