01 · Référence
Synthèse exécutive
Le Chardonnay B est un cépage blanc de cuve originaire de Bourgogne. Les analyses génétiques publiées ont établi qu’il est issu d’un croisement entre Pinot et Gouais blanc, parenté confirmée par la base PlantGrape et par des travaux scientifiques fondateurs puis par le séquençage moderne du génome du Chardonnay.
Son succès tient à une combinaison rare : adaptation à de nombreux contextes, potentiel qualitatif très élevé, aptitude aux vins blancs secs comme aux effervescents, capacité à accumuler des sucres élevés tout en conservant une acidité importante, et forte plasticité vis-à-vis des choix d’élevage. Cette plasticité ne signifie toutefois pas neutralité agronomique : la précocité, la sensibilité à l’oïdium, l’expression marquée des jaunisses et le risque de pourriture grise à maturité en contexte vigoureux restent structurants.
En France, la série historique publiée par PlantGrape passe de 7 325 ha en 1958 à 54 993 ha en 2018, soit une multiplication par environ 7,5 en soixante ans. La série variétale accessible sur cette fiche s’arrête toutefois à 2018 : elle ne doit pas être présentée comme une surface 2026.
Le matériel végétal confirme une demande très forte : FranceAgriMer recense en 2023 131,0 ha de vignes-mères de greffons de Chardonnay et 27,2 millions de plants mis en œuvre en pépinière, deuxième niveau du tableau publié derrière l’Ugni blanc.
Deux pôles français sont incontournables. En Bourgogne, le BIVB indique que le Chardonnay représente 49 % des plantations régionales ; en Champagne, les chiffres clés 2025 attribuent 32 % de l’encépagement au Chardonnay sur 34 200 ha en production. La page pédagogique du Comité Champagne affiche encore 31 %, différence de millésime/arrondi qui illustre la nécessité de dater chaque statistique.
02 · Référence
Fiche d’identité
Cépage précoce : attention aux zones gélives et aux années de débourrement avancé.
Bonne compatibilité avec plusieurs styles de vinification ; ne pas attribuer au seul raisin les arômes issus de fermentation malolactique, de lies ou du bois.
Choix du porte-greffe à raisonner par profondeur du sol, calcaire actif, réserve hydrique, vigueur recherchée et objectif de maturité, et non par une règle « Chardonnay = un porte-greffe ».
03 · Référence
Nomenclature, statut réglementaire et synonymes
En France, « Chardonnay » est le nom d’inscription au Catalogue des variétés de vigne. PlantGrape le classe sur la liste A et comme variété de cuve classée. La même source ne reconnaît aucun synonyme officiel pour le matériel de multiplication en France ni dans les autres États membres de l’Union européenne mentionnés sur la fiche.
Cette absence de synonymie officielle est importante pour une base de données : des noms historiques, vernaculaires ou commerciaux rencontrés dans la littérature ne doivent pas être transformés automatiquement en synonymes réglementaires. SILLOVA doit séparer au minimum les champs « nom officiel », « synonymes réglementaires » et « noms historiques/non officiels ».
04 · Référence
Origine, histoire et diffusion
PlantGrape situe l’origine géographique du Chardonnay en Bourgogne. Le travail de Bowers et collaborateurs publié dans Science en 1999 a montré, à partir de microsatellites, que plusieurs cépages historiques du nord-est de la France — dont Chardonnay, Gamay, Aligoté et Melon — étaient compatibles avec une descendance du même couple parental Pinot × Gouais blanc.
Des travaux ultérieurs ont précisé que le Gouais blanc était le parent maternel de plusieurs de ces descendants. Le séquençage diploïde du Chardonnay publié en 2018 a, de son côté, permis d’explorer sa diversité clonale et son histoire génomique en profondeur. Ces travaux donnent un niveau de preuve génétique bien supérieur aux rapprochements purement ampélographiques historiques.
La série nationale disponible sur PlantGrape met en évidence une expansion continue après les années 1950 : 7 325 ha en 1958, 9 805 ha en 1968, 13 042 ha en 1979, 19 869 ha en 1988, 33 070 ha en 1998, 42 017 ha en 2008 et 54 993 ha en 2018. Les sources de la série combinent anciens registres viticoles, recensements agricoles et casier viticole informatisé.
05 · Référence
Parentés, génétique et diversité clonale
Le profil génétique de référence publié par PlantGrape repose sur neuf marqueurs SSR du programme GrapeGen06. Ce profil constitue un identifiant technique utile pour la vérification variétale et la gestion de ressources génétiques ; les tailles absolues peuvent varier légèrement entre laboratoires, mais les écarts relatifs entre allèles sont considérés comme stables dans le cadre de la méthode décrite.
La diversité clonale est substantielle. La France dispose de 31 clones certifiés et PlantGrape indique un conservatoire de plus de 340 clones installé en 1994 en Saône-et-Loire, complété par un conservatoire de 53 clones implanté en Champagne en 2015. Le fait qu’un cépage porte le même nom n’implique donc pas une homogénéité parfaite de vigueur, fertilité, taille de grappe, niveau de production ou expression aromatique.
06 · Référence
Surfaces et importance du Chardonnay
Entre 1958 et 2018, la surface publiée est passée de 7 325 à 54 993 ha, soit +47 668 ha et environ +651 %. Cette croissance reflète à la fois la place du Chardonnay dans ses bassins historiques et son adoption dans de nombreux vignobles français. Le chiffre ne doit toutefois pas être extrapolé mécaniquement à 2026.
FranceAgriMer apporte un signal beaucoup plus récent sur la filière plants : 131,0 ha de vignes-mères de greffons (VMG) de Chardonnay en 2023, contre 143,0 ha en 2003 et 115,4 ha en 2013. En pépinière, 27,2 millions de plants de Chardonnay ont été mis en œuvre en 2023 ; le taux « repiqué + frigo » indiqué est de 1,8 %.
Figure 2 — Principaux cépages mis en œuvre en pépinière en 2023. Le Chardonnay atteint 27,2 millions de plants. Source : FranceAgriMer.
07 · Référence
Ampélographie et critères d’identification
Ces caractères sont des éléments d’identification, non une clé suffisante à eux seuls. L’âge de la feuille, la vigueur, le milieu, l’état sanitaire et les pratiques culturales modifient l’apparence. Pour un doute variétal, la vérification doit s’appuyer sur plusieurs organes et, si nécessaire, sur l’identification génétique et la traçabilité du matériel.
Le BIVB décrit également des petites grappes allongées, des grains qui prennent une teinte dorée à la véraison et des feuilles entières ou faiblement à cinq lobes. Ces descriptions sont cohérentes avec la fiche PlantGrape, mais PlantGrape reste la référence technique prioritaire pour la base de caractères.
08 · Référence
Phénologie et niveau de précocité
À la collection de référence du Domaine de Vassal, PlantGrape positionne le débourrement du Chardonnay un jour avant celui du Chasselas et sa maturité à la première époque, environ une semaine et demie après le Chasselas. Ces repères servent à comparer les variétés ; ils ne constituent pas un calendrier de dates transposable tel quel à Bourgogne, Champagne ou Languedoc.
La précocité augmente la probabilité que des bourgeons déjà développés soient exposés à un gel tardif. Des essais historiques à Avize sur Chardonnay ont observé des niveaux de dégâts importants à des températures différentes selon le stade phénologique, ce qui illustre surtout la forte augmentation de sensibilité à mesure que les tissus se développent. Les valeurs expérimentales ne doivent pas devenir des seuils universels de déclenchement d’un moyen de lutte.
09 · Référence
Vigueur, fertilité, rendement et architecture
PlantGrape n’attribue pas au Chardonnay un rendement « universel » : le potentiel résulte de la combinaison clone × site × porte-greffe × taille × charge × alimentation hydrominérale × état sanitaire. La fiche recommande généralement la taille longue, tout en indiquant que la taille courte peut convenir dans des contextes où l’initiation florale est favorable.
Le catalogue clonal illustre l’amplitude possible. Le clone 78 est décrit comme productif, à richesse en sucre plus faible et adapté aux effervescents, alors que les clones 1066 et 1067 se caractérisent par une production faible, des grappes petites à moyennes et une richesse en sucre élevée, avec des vins plus concentrés. Le clone 76 est apprécié pour sa régularité et la qualité équilibrée des vins.
10 · Référence
Terroirs, sols, géologie et climat
PlantGrape indique une bonne adaptation du Chardonnay aux sols modérément fertiles à dominante calcaire ou marneuse. En Bourgogne, le BIVB insiste sur son affinité avec les calcaires marneux et sur sa capacité à traduire la diversité des climats viticoles. Cette relation doit être formulée avec prudence : un type de roche n’explique jamais seul la qualité d’un vin. Profondeur, texture, réserve utile, drainage, exposition…
En Champagne, le Comité Champagne explique que la craie contribue au fonctionnement hydrique par capillarité et à une alimentation en eau régulée. Le Chardonnay est principalement implanté dans la Côte des Blancs et la Côte de Sézanne, où la compatibilité entre terroir et cépage est recherchée.
| Métadonnée | Valeur |
|---|---|
| Nom officiel France | Chardonnay |
| Code de couleur | B — variété blanche |
| Espèce | Vitis vinifera L. |
| Usage | Cépage de cuve |
| Origine | Bourgogne |
| Parents | Pinot × Gouais blanc |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Que faut-il retenir sur synthèse exécutive ?
Le Chardonnay B est un cépage blanc de cuve originaire de Bourgogne. Les analyses génétiques publiées ont établi qu’il est issu d’un croisement entre Pinot et Gouais blanc, parenté confirmée par la base PlantGrape et par des travaux scientifiques fondateurs puis par le séquençage moderne du génome du Chardonnay. Son succès tient à une combinaison rare : adaptation à de nombreux… [W01][W02]
Que faut-il retenir sur fiche d’identité ?
Cépage précoce : attention aux zones gélives et aux années de débourrement avancé. Bonne compatibilité avec plusieurs styles de vinification ; ne pas attribuer au seul raisin les arômes issus de fermentation malolactique, de lies ou du bois. [W01][W02]
Que faut-il retenir sur nomenclature, statut réglementaire et synonymes ?
En France, « Chardonnay » est le nom d’inscription au Catalogue des variétés de vigne. PlantGrape le classe sur la liste A et comme variété de cuve classée. La même source ne reconnaît aucun synonyme officiel pour le matériel de multiplication en France ni dans les autres États membres de l’Union européenne mentionnés sur la fiche. Cette absence de synonymie officielle est… [W01][W02]
Que faut-il retenir sur origine, histoire et diffusion ?
PlantGrape situe l’origine géographique du Chardonnay en Bourgogne. Le travail de Bowers et collaborateurs publié dans Science en 1999 a montré, à partir de microsatellites, que plusieurs cépages historiques du nord-est de la France — dont Chardonnay, Gamay, Aligoté et Melon — étaient compatibles avec une descendance du même couple parental Pinot × Gouais blanc. Des travaux ultérieurs ont précisé que le… [W01][W02]
Que faut-il retenir sur parentés, génétique et diversité clonale ?
Le profil génétique de référence publié par PlantGrape repose sur neuf marqueurs SSR du programme GrapeGen06. Ce profil constitue un identifiant technique utile pour la vérification variétale et la gestion de ressources génétiques ; les tailles absolues peuvent varier légèrement entre laboratoires, mais les écarts relatifs entre allèles sont considérés comme stables dans le cadre de la méthode décrite. La diversité clonale est… [W01][W02]
Que faut-il retenir sur surfaces et importance du chardonnay ?
Entre 1958 et 2018, la surface publiée est passée de 7 325 à 54 993 ha, soit +47 668 ha et environ +651 %. Cette croissance reflète à la fois la place du Chardonnay dans ses bassins historiques et son adoption dans de nombreux vignobles français. Le chiffre ne doit toutefois pas être extrapolé mécaniquement à 2026. FranceAgriMer apporte un signal beaucoup plus… [W01][W02]





